LIV. VIL
Maison double de journalier avec étage audessus et dépendances ; ce plan procure des habitations plus chaudes et plus économiques de frais de construction.
Fig. 220.
Fig. 292.
Fig. 220. Plan .du rez-de-chaussée : — a, porche avee armoire où rayous pour les outils; —b, cuisine (5m X 4m); — c, arrière-cuisine avec four où buanderie (3° x 3m); — d, garde-manger un peu enfonce en terre et en partie sous l'escalier e;-—f, bücher; — o, petit cellier ; — À, latrines; —{, toit à porc à double mur pour éviter les infiltrations; au-dessus un poulailler.
Fig. 221. Plan du 1er étage: — 2 et m, chambres (4% X 4m). ,
Fig. 222. Vue en élévation de la maison qui a 8 mètres de face, autant de profondeur ou 64 mètres carres de superficie ; | la hauteur est de 6 mètres; les dépendances n’en ont que 3 et | autant de largeur; superficie totale &es bâtimens 112 mètres carrés. : .
| Maison d’un manouvrier avec un étage audessus et dépendances pour loger 2 vaches et laiterie.
Fig. 223. et Fig. 224.
Fig. 225.
(4) Toutes les indications que nous donnerons de la superficie des btimens seront toujours dans œuvre, l'é n = 2 paisseur des murs changeant avec les pays, les matériaux et la charge qu’ils doivent porter,
Fig. 2923. Plan éu rez-de-chaussée : — a, cuisine avec escalier à l'étage supérieur (6m X 6m) ;—, chambre de réception ou de travail, parloir (6 X 3m );-—c, buanderie (3m x 2 1/2); — d, étable pour 2 vaches (3m x 3m); — L, laïterie (3m X 3m); — e, bûcher; — f, latrines.
Fig. 224. Plan du {er étage: — get h, chambres k coucher.
Fig. 295. Vue en élévation de 1a maison quia 9 mètres de facade, 6 de profondeur et qui occupe 54 mètres de superficie; sa hauteur est de 6 mètres; les dépendances n’en ont que 3 et autant de profondeur; superficie totale des bâtimens, 81 mètres carrés.
Autre maison de journalier avec étage demi-souterrain, étable pour 2 vaches et laiterie.
M. MoreL DE VINDÉ a proposé le plan suivant :
Fig. 226.
Fig. 229.
Fig. 226. Plan des fondations: — a, fournil et cellier avec son four (3x m 5m).
Fig. 227. Plan du rez-de-chaussée : —b, cuisine avec 2 lits d'enfans (5mX 4m);—c, chambre à coucher à 2 lits, avec un poêle r (5m x 3m);—d, étable pour 2 vaches (2 1/2m%x 3m);—e, laiterie (2m X 2 1/2m) —f, hangar servant de bûcher; — o, toit à porc; — x, poulailler: — 5, cases à lapins; —£, latrines.
Fig. 228. Coupe du bâtiment ou les mêmes lettres désignent les mêmes objets que dans les fig. précédentes—mm, greniers auxquels on monte par une echelle mobile
Fig. 229. Elévation de face du bâtiment qui a 13 mètres de facade, 5 de profondeur et couvre une surface de 65 mèlres carrés.
Habitation pour an manouvrier plus aisé, avec étage au-dessus, une étable pour 3 ou 4 vaches, un toit à porc et une petite grange.
Perrauis, dans son Mémoire sur Part de perfectionner les constructions rurales, a présenté le plan qui suit :
Fig. 230 et Fig. 231.
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Fig. 232.
Fig. 230. Plan du rez-de-chaussée : — a, cuisine avec four et escalier (5m X 4m); —b, cabinet pour le lin ou le chanvre de vente (3m X 3m); —c, laiterie (9m X 2m); —d, étable (4m X 5M);—e, petite grange (2m X 3m); —f, case à pores (2m X 3m); — 0, poulailler ; —}, latrines; —i, petit bûcher.
Fig. 231. Plan du 1er etage: —/, m, n, chambres diverses.
Fig. 232. Vue en elevation de la maison qui a 11 metres de facade, 5 de profondeur et qui couvre 55 mètres carrés de superficie; sa hauteur est de 6 mètres; les dépendances sont moivs élevées rt ont 3 mètres de profondeur; superficie totale 70 mètres carrés.
Habitation et dépendances pour un petit cultivateur exploitant 2 à 3 hectares de terre, exerçant un art agricole et mettant ses récoltes en meules.
Fig. 234.
Fig. 233. Plan du rez-de-chaussée: — a, porche avec toit; —b, bûcher; — ce, cuisine (6m x 6m); — d, atelier pour placer un métier ou autre machine | 4® X 9m); — 6,
arrière-cuisine ou buanderie (3m X 4m) avec escalier f conduisant au 1° etage; —0, garde-manger; —é, magasin à fourrages (3m X 2 1/2m ); — k, etable pour 2 ou 3 vaches (3m x 4m);—}/, laiterie (3m X 4m) au-dessus, ainsi que de l'etable, magasin à paille; —m, magasin aux outils et instrumens et servant aussi de cellier(3m X 4m);—n, magasin aux racines servant aussi d'aire à battre (3m X 4m); au-dessus, des grenier ;—v, réduit pour 2 ou 3 porcs (2m x 2m); — p, latrines; — r, poulailler.
Petite maison de ferme pour un propriétaire cultivateur exploitant 10 à 12 hectares de
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Fig. 237.
Fig. 235. Plan de l'étage souterrain auquel on descend par l'escalier 3 couvert par un appentis: — a, fournil; — b, cellier aux boissons; — cc, celliers aux racines.
Fig. 236. Plan de la ferme : — d, cuisine (4m X 5m ); —f, arrière.cuisine, ou buanderie avec escalier À au 1er étage (2m x 3m);—e, garde-manger (1m X 1m); —g, salle à manger ou de réception (3m X 4m);—à, cabinet du fermier (3mxam); — k, hangar aux voitures (4m x 4m); —}, laiterie (3m X 4m); —m, échaudoir pour la laiterie (4m X 11/2); —n, étable pour 5 à 6 vaches (9m X 4); — 0, toits à porcs; —p, lahines; — +», magasin à foin (5m X 4); —r. sellerie, hache-paille, coffre à avoine (2 1/25 X 4);
Le 1er étage est distribue cotnme le rez-de-chaussée.
Fig. 234. Elévation des bâtinens. Le corps principal a 10 metres de facade sur 9 de profondeur et couvre 90 mètres superficiels ; la cuisine, l'atelier sont eleves de 50 centimètres au-dessus du niveau du sol; le magasin à fourrages, la buanderie, l’etable, le toit à pore sont au niveau; la laiterie, le cellier, le magasin aux racines un peu au-dessous; hauteur du bâtiment, 6 mètres; dépendances de chaque côté, 4 mètres de profondeur ; superficie totale, 162 mètres carrés.
vi,
terres à froment de 1": classe avec récoltes en meules.
Fig. 236.
Sr TE ns Q Ÿ Ÿ f à R Ù 4x3 Ÿ | A À Y a N SE 16 | a) Nr 2x4 | F\ ed K Ÿ F N N | ee Ÿ À \ À D eg — , À V'ecaseacacenensesnee ZE EL Z7 EE RZER LL PAZ À % \E L.
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Fig. 235.
— s, écurie pour 2 chevaux (4m X 4m); —t, aire à battre avec grenier au-dessus (6m X 4"); les magasins à paille sont au-dessus de la laiterie, de la sellerie et de l'écurie ; —u, bassecour; —v, meules; — y, tas à fumier; — 7%, puits ou pompe.
Fig 237. Vue en élévation de la ferme. Le bâtiment central d'habitation a 8 mètres de face, 7 de profondeur et occupe 5G ruètres carrés de surface, sa hauteur est de 6 mètres; les dépendances couvrent de chaque côté une surface de 70 mètres carrés; superficie totale, 198 mètres carres non compris la basse-cour,
Autre modèle pour un cultivateur qui exploite la même étendue de terrain et engrange toutes ses récoltes.
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Fig. 240. Plan de l'étage à demi souterrain de la maison d'habitation ; 1, laiterie voûteée garnie de tables de pierre et dallée, avec un dégorgeoir donnant sur un puisard pour l’ecoulement des eaux. On descend à la laiterie par un escalier 3, placé sous les bâtimens d'exploitation (5m X 4 1/2); — 2 , cellier aux boissons et au charbon (4m X 4m}: — 3, celliers aux racines et pommes de terre. On descend à ces celliers par l’escalier y (4m X 4m et 5m X 5m ).
Fig. 241. Plan du rez-de-chaussée de tous les bätimens; — 4, cuisine (5m X 5 1/2m ); —5, arriere-cuisine servant de fournil et d'échaudoir pour la leiterie; un escalier conduit à
Fig. 238. Plan de la ferme: —a, cuisine (5m X 4m ); on a pratique dans le mur uve ouverture où est placée une cage d’escalier maconné qui conduit au 1er étage ; — d, buanderie ou echaudoir (3m X 4m); —c, laiterie (4m X 4m ) — b, vacherie ( 8m X 4m);— e, écurie (4m X 4m); —/f, magasin à fourrages (6m X 4m); — g, cellier à racines (2 X 4m);—h, hangars (6m X 4); —#, aire et grange (8m X 8m); — 7, autre petit hangar ( 2m X 4m); — m, toits a pores (4m X 2m); —n, poulailler (3m X 2m); — o, latrines.
Fig. 239. Vue perspective du bâtiment, Celui du centre a 8m sur 8m, ou 64 mèt. de superficie, etles appentis el dépendaoces 4 mètres de profondeur, au total 256 mètres; la hauteur du rez-de-chaussée dans la grange est de 5 mètres, celle de l'étage supérieur 3 metres: le tout couvert en tuiles ou en ardoises.
Bâtimens d’habilation et d'exploitation pour une ferme en pays de plaine où on exploite 34 hectares (100 arp. de Paris de 900 toises carrées ), en terre à froment de 1re classe et où on récolte terme moyen, dans un assolement de 5 années, 390 hectol. de froment et 210 d'orge, semence déduite, 1060 quint. mèt. de paille et autant de foin. Les bêtes de trait sont 3 chevaux de taille moyenne; les bêtes de rente, nourries constamment à l’étable, 20 vaches du poids de 350 à 400 kil. ; 1 taureau, 4 veaux, 6 porcs et des oiseaux de basse-cour.
Une partie des récoltes des céréales seule est engrangée, l’autre est miseen meules.
Fig 242
l'étage supérieur (3m X 5m ); — 6, salle de reception on à manger ( 4,75m X 3,75m); — 7, cabinet du fermier, (4,75m x 3,75m ); — a, petit hangar par où l'on enjre dans l’arrière-cuisine et l’on descend à lalanerie et qui sert a faire sécher les ustensiles de celle-ci (4m X 1,5m); — b, garde-manger (1,5m X 1,5m); — c, etable pour les vaches qui vèlent, malades ou à l'engraïs et un taureau (4m X 6m); — d, étable pour 24 vaches (14m X 6,50m);— e, etable pour 4 veaux (2m X 3m); —f, reduit pour les ustensiles de pansement des vaches; — g, magasin ou hangar à foin (9m X 4m); — À, toits pour les porcs, et i, latrines
pour les hommes ( 6m X 5m); — k, écurie pour 3 chevaux (6m X 4m ); — 1, sellerie, hache-paille, coffre à avoine (6m x 2m)s — m, hangar pour les voitures et instrumens (8m X 6m)s —n, grange ( 10m X 6m); —o, basse-cour ;—p, bûcher ; — q, latrines pour le fermier et les servestes) ; —r, niche à chien; — 5, réservoirs à urines ; —t,puits ou citernes avec auge pour abreuer les animaux ; — u, tas à fumier sous un hangar; — », fosse à purin ; — +, emplacement des meules.
Fig. 242. Vue perspective de l'etablissement. Toute la superficie du terrain qu’il occape est de 7 ares ou 700 met. car.; il a 24 mèt. de facade sur 29,50 de profondeur.
Le bâtiment d'habitation couvre 100 mèt. car. ou 1 are, et les bâtimens d'exploitation 400 mët., en tout 500 mèt. car.
Fig. 245.
Fig. 244.
La maïson d'habitation est placée à 10 mèt. en avant des bàtimens d'exploitation; dans ses élages souterrains elle ressemble à la précédente, et or y place le fournil, le cellier aux boissons et le bûcher. La laiterie peut y être également souterraine ou bien être placée avec son echaudoir au rez-dechaussée comme dépendance, et du côte du nord.
Fig. 243. Plan de la maison d'habitation: — 1, cuisine ; — 2, buanderie; — 3, cabinet du fermier ;—4, salle à manger ; —5.laiterie ; — 6, échaudoir et chambre à fromages
Fig. 244.a, sellerie, hache-paille, coffre à avoine (2m X 8m); — b, écurie pour 4 à 5 chevaux (4m X 8m); — c, étable pour 4 veaux (9m X 8m); — d, etable pour 12 vaches (7m x 8m); - e, cour à fumier avec toits à porcs; (10m X 3m); —f, étable pour 14 vaches ou bèles à l'engrais (7m x 8m), et magasin à foin au-dessus; — g, grange (10m X 7); — h, cellier aux racines (5,50m X 5m )5— ñ, hangar aux voitures (5m X 5m); — k, salle fermee aux
LIV. Vis, ou 5 ares. Le magasin à foin etles greniers au-dessus des etables, des écuries et des hangars, présentent un develophement de plus de 400 met. cubes pour le logement des fourrages, et suffisans pour 4 mois d’hivernage.
Les hauteurs sont, pour l'étage souterrain, 2m 50, le bàtiment d'habitation 6 met., les étables et ecuries 4 met. , la grange et le magasin à fourrages 5 met. .
Autre exemple pour une ferme de même étendue que la précédente, et exploitée de même.
Le major BEarson, dans son nouveau système de culture publié en 1820, a proposé comme très commode le plan suivant :
(frere ts
Fig. 248.
instrumens (2,5m x 5m); — Z, salle fermée aux outils (5m
x 2m); — m, logement d’un serviteur ou surveillant, avec un 1tr étage au besoin (4m X 3m); —n, bücher (3m — Zm ); — 0, basse-cour ; — p, latrines; — q, puits , mare ou citerne, avec auge pour les bestiaux; — 7; mare pour les pores. ,
La maison d'habitation couvre avec la laiterie 130 mèt. de superficie ; les bâtimens d'exploitation 364 ou 370 met. au Lotal 504 mèt. car. ou 5 ares comme précédemment. La superfcie totale enceinte par les bâtimens est également environ de 7 ares ; savoir : 1 are 30 pour la maison d'habitation, et 5 ares 90 pour les bätimens d'exploitation (22 me. de long. sur 27 de largeur). La grange a 70 mèt. de plancher sa hauteur est de 3 1/2 à 4 mè., sa capacité est de 250 à 300 mètres cubes. Les greniers à fourrages au-dessus des écuries, des eétables, des hangars et des salles, ont une capacité de 413 m2t cubes, et le cellier aux racines de 100 met. cub.
Dans les 2 exemples qui précèdent, nous avons établi le plan et l'étendue des bâtimens pour une ferme de 54 hect. en terre a froment de 1re classe, avec culture alterne et nourriture des bestiaux à l'étable. On sent assez que si la ferme, quoique dé même étendue, était en terre à froment de 2e, 5° ou 4e classe, ce plan pourrait être non-seulement modifié suivant les besoins, mais que l'étendue décroitrait proportionnelle ment avec le volume ou la valeur des récoltes , au point qu'une ferme de 54 hect. en terre à froment de 4° classe n'exigerait pas des bâtimens plus vastes qu'une ferme de 10 à 12 hect. en terre à froment de 4re classe, le poids des récoltes, dans les 2 cas, étant à peu près le même, et le nombre des bestiaux qu’on peut entretenir dans l’une et dans l’autre étant peu différent.
A surface égale et à classe correspondante, les récoltes, sous le rapport du volume, ne diffèrent pas beaucoup dans les terres à seigle et dans celles à froment et exigent, par conséquent, une capacité à peu près égale pour les loger; mais elles ont une bien moindre valeur, et, ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de le faire remarquer, elles ne peuvent payer, pour les bAtimens, une rente aussi élevée. Ces bâtimens doivent donc ètre plus légers et présenter moins de commodités dans leur construction, surtout relativement à la maison d'habitation qui peut être plus modeste.
Dans les terres à céréales de printemps, les récoltes étant à surface et classe égales, moindres et moins assurées, le fermage ne peut ètre aussi élevé que dans les 2 divisions précédentes, ce qui nécessite une diminution dans l'étendue et les frais de construction des bâtimens ruraux.
Nous ferons aussi observer que, dans le systéme du
Fig. 246.
Fig. 246. Plan de la ferme :maison d'habitation; — a,cuisine; — à, parloir; —c, cabinet du fermier ; — 4, salle de reception ; — e, fournil; — f, laiterie; — p, garde-manger; — h, brasserie pour les usages domestiques; — 4, bûcher ;— K, salle au charbon de terre ; — /, salles pour les cendres et divers objets de ménage; — m, salle aux débris de la cuisine ou autres pour les pores; — », remise pour un cabriolet ; — bätimens d'exploitation ; — 0, hangars pour les chars et charrettes ; —p, chambre aux outils; — 1, cinq réduits à pores; —- 2, étable pour 6 veaux ; — 3, étable pour 4 bêtes à cornes; — 4, magasins à fourrages servant aussi de passages pour distribuer les alimens aux animaux; — 5,6,7,8,9, étables pour 4 bêtesà cornes; — 10 citerne et lieu pour laver les tubercules ou les racines ; — 11, étable pour les taureaux; —
pâturage à classe et à nature de terre égales, une partie des récoltes étant consommée sur place, le matériel mort et le personnel ne sont pas, pour une même étendue, aussi considérables que dans le système de la stabulation permanente, et que les bâtimens qui servent à loger les bêtes de rente n’ont pas besoin d’être établis avec autant de frais et de soin dans ces 2 cas.
Il est encore utile de remarquer que les observations précédentes ne sont applicables qu'aux fermes d'une même localité et qu’elles ne seraient pas tou-
<Jours exactes si on les étendait à des pays différens, 11 est, par exemple, des terres à seigle en Belgique qui donnent des produits et paient un fermage 3 fois plus forts pour une surface égale que quelques terres à froment de même classe ou même de classe supérieure dans quelques départemens de la France, et où le fermier belge a droit par conséquent à des bâtimens plus spacieux, plus commodes et plus agréables.
À ces exemples trop peu nombreux de la disposition et du plan des établissemens ruraux, nous ajouterons un modèle proposé par WaisTELL dans son Architecture rurale, pour une ferme de grande dimension et où on nourrit et engraisse beaucoup de bêtes à cornes qui passent l'hiver dans de vastes cours garnies d’appentis pour les garantir des injures du temps. Nous ne donnons pas ici les mesures, parce qu’on peut aisément agrandir ou diminuer les dimensions des diverses parties, suivant l’étendue de la ferme et les besoins de l’établissement qu’on se propose de former sur ce modèle.
Fig. 247.
12, trois appentis pour les bêtes à cornes; — 13, passage pour la distributiou de la paille ; — 14, magasin à paille; — 15, machine à battre ; — 16, chambre pour le grain battu; — 17, gerbes non battues ; — 18 , manège de la machine; — 19, — salle ouverte pour usages divers ; — 20, magasin à foinet machine à hacher les fourrages; — 21, 23, ecuries pour 6 chevaux chacune ; — 22, 24, sellerie, salle aux équipages ; — 25, cour de la maison; — 26, trois cours pour les bestiaux; — 27, cour des écuries ; — 28, deux reservoirs pour les cours à bestiaux; — 29, quatre petits toils à pores, avec auges exterieures ; — 30, mares à laver les pores; — 31, écurie pour les chevaux de maitre.
Fig. 247. Vue perspective de la ferme et de ses dependances.
39 De [a construction des bâtimens ruraux.
La construction des bàtimens ruraux est un sujet important qui a donné lieu, dans les pays où l’agriculture prospère, à la publication d'ouvrages intéressans * tels sont ceux de PERTHUIS, COINTERAUX, MOREL DE VINDÉ, LASTEYRIE, LÉONHARDI, en France; WAISTELL, Goopwix, Loupon,etc., en Angleterre; Met- NERS, GiLLY, Voir, TRIEST, STURM, etc.
en Allemagne. Nous engageons ceux qui désireraient étudier plus amplement cette matière à les consulter, et nous nous bornerons ici à quelques notions sommaires sur les matériaux qui entrent dans les constructions rurales, à donner quelques conseils sur la manière de les établir.
A. Des matériaux employés aux constructions rurales.
La connaissance parfaite des diverses especes de matériaux de construction qu'on rencontre dans un pays et les ressources dont on peut disposer à cet égard est indispensable pour celui qui veut entreprendre des constructions quelconques ; il ne lui importe pas moins de connaître la qualité de ces matériaux ainsi que leur vrix rendu à pied-d'œuvre.
Les materiaux dont on se sert pour les constructions rurales sont très variés; on doit s’appliquer à faire choix, parmi les diverses espèces dont on peut queiquefois disposer, de ceux qui, à prix égal, résistent le mieux aux influences atmosphériques et aux chances de destruction et remplissent le mieux le but auquel les constructions sont destinées.
Les murs’ des bâtimens se construisent le plus communément en pierres a bâtir , de dimensions plus ou moins considérables, réunies par un mortier quelconque, en briques, en terre où en bois, ou en ces divers matériaux réunis en proporlions diverses.
La charpente est construite en bors d’essences diverses et pourrait l’être économiquement en fer dans plu- -sieurs Cas.
La toiture est en bois de charpente ou bois de petits échantillons et recouverte en tuiles, ardoises, chaume, plomb, zinc, etc.
Les pierres qui entrent dans les constructions sont: les calcaires grossiers, les marbres ou la craie, les schistes, les granits, les grès, les silex, les porphyres, les laves et autres pierres volcaniques. Ces pierres présentent des variétés infinies sous le rapport des propriétés physiques, suivant les localités, la carrière dont on les tire et le lit dont on les extrait.
Les qualités qu'on doit rechercher dans une pierre à bâtir, c’est la solidité pour résister au poids des constructions, la propriété de ne pas s'égrener à l’air ou d’éclater et de s’effleurir par la gelée, de se laisser tailler sans beaucoup de main-d'œuvre à la pointe ou au ciseau ct de soutenir le choc des outils sans se rompre; la propriété de résister au feu dans les incendies et celle de pouvoir être employée indifféremment dans tous les sens, sont aussi des qualités désirables,
Une bonne pierre a bâtir rend ua son clair quand on la frappe; elle ne se délite pas dans l’air et dans une atmosphère ou une situation humide, n’absorbe qu’une petite quantité de ce liquide. Son grain est fin, serré, homogène est d’une couleur généralement égale et uniforme ; elle ne présente pas de cavités, excepté dans quelques pierres siliceuses, telles que les meulières et les pierres volcaniques, les laves poreuses ou scorifiées.
La France est très riche en pierres pouvant être employées aux contructions et on en compte au moins 800 espèces distinctes ; presque chaque localité possède une pierre à bâtir qui lui est propre et qu'on y trouve généralement à meilleur compte que les autres.
Les dimensions sous lesquelles s’exploitent les pierres sont aussi utiles à connaitre; généralement parlant, les pierres réduites en moellons de 1/5 à 1/2 pi. cube sont d'un prix moins élevé que les pierres d’appareil de grande dimension. Elles sont aussi plus faciles à transporter, exigent moins de main-d'œuvre, se prètent plus facilement aux divers genres de constructions et sont par conséquent plus propres aux constructions rurales,
Nous comprenons dans les pierres de construction celles qui servent au pavage des salles, écuries, étables, cours , etc. ; les meilleures sont les grès, les roches graniliques, les laves et les basaltes.
Les briques sont des pierres artificielles, formées avec des terres argileuses, et durcies au moyen du feu dans des fours appropriés à cel usage. Les briques peuvent se fabriquer partout où on rencontre des terres argileuses qui ne contiennent pas de chaux, mais elles n’ont pas partout les mêmes qualités, et celles-ci varient suivant la nature des argiles mises en œuvre, le travail plus ou moins parfait auquel on les a soumises et le degré de cuisson.
Les bonnes briques sont celles qui sont bien cuites, légères relativement, dures et rendant un son clair quand on les frappe; leur surface n’est ni déformée, mi vitrifiée par un feu trop violent. Quoique les argiles, après la cuisson, affectent des couleurs souvent très différentes, cependant, les briques de bonne qualité sont le plus communément d’un rouge foncé; celles qui sont moins rouges ou d’un rouge päle sont moins sonores et moins durables. Les plus mauvaises briques sont celles qui, soumises à l'humidité, puis à la gelée, s'égrènent , se gercent et se décom posent, ou celles qui n’offrent au choc aucune résistance.
Les briques n'ont pas partout les mêmes dimensions ; celles qu'on fabrique le plus ordinairement ont 24 cent., 36 (9 po. ) de longueur, 12 cent., 48 ( 4 po. 6 lig.) de largeur et 6 cent., 40 (27 lig. ) d’épaisseur ou un volume de 1,80 décim. cube (90 po. cubes ).
Dans quelques pays, on est dans l’usage, surtout pour la clôture des propriétés rurales, d'établir les murs en maçonnerie dite à prerres sèches; maïs comme la plupart du temps on préfère lier les matériaux de construction, de façon qu’ils ne puissent se détacher d’euxmêmes ou être arrachés sans un certain effort violent, on enduit les pierres et souvent on les recouvre avec un corps pâteux ou un mélange de corps imprégnés d’eau qui a la faculté de durcir en se séchant avec le temps.
Les corps qu'on emploie à cet usage sont : la terre grasse, le plâtre et la chaux mélangée avec différentes substances.
La terre la plus propre pour assujettiret lier les matériaux de construction est celle qui est un peu grasse, de nature argileuse et qui, en se desséchant, acquiert une certaine dureté. Des constructions établies de cette manière n'offrent pas une grande solidité ou beaucoup de durée, mais clles sont économiques et faciles à réparer.
Le plâtre ou sulfate de chaux qui a éprouvé la cuisson est excellent pour lier les matériaux de construction et former des enduits, dans les endroits ou les lieux secs seulement; dans les localités humides ou dans les parties de bâtimens sujets à l'humidité 11 se détériore assez promptement. Le bon plâtre est celui qui est cuit à point et récemment préparé, qui absorbe avec avidité l’eau qu'on lui donne en quantité convenable et
CcHAP. 3°.
qu'on a garanti du contact de l’air qui lui enlève la faculté de faire corps quand on le gàche avec l’eau.
La chaux est, comme chacun sait, le produit de la calcination, dans des fours, de certaines pierres calcaires qu'on rencontre abondamment dans un grand nombre de terrains, Cette chaux, imprégnée d’eau ou éteinte, et mélangée à d’autres substances, forme alors des composés connus sous le nom de mortiers, cimens, bétons, elc., qui servent à réunir les matériaux de construction ou à les enduire, ou avec lesquels on moule ou forme des murs et des portions d’édifices.
Les substances qu'on mélange ainsi à la chaux sont des débris de briques, de carreaux, de tuiles ou poteries de grès et d'argile réduits en grains plus ou moins grossiers, les sables granitiques schisteux ou volcaniques, les arènes, les grès, les psaminites, les pouzzolanes ou sables terreux volcaniques, les cailloux, etc.
Les pierres calcaires offränt des couleurs, une contexture, une dureté et une composition susceptibles de varier à l’infini ne produisent pas des chaux également bonnes; mais aujourd’hui on parvient par des mélanges factices à améliorer beaucoup leur qualité.
Les chaux françaises, suivant M. Vicar, dont les travaux ont répandu tant de lumière sur ce sujet important, peuvent ètre classées sous 5 catégories :
4° La chaux grasse double de volume et au-delà par l'extinction ordinaire, et supporte la plus grande quantité de sable; on peut l’employer dans la maçonnerie ordinaire, quoiqu’elle durcisse lentement; mais il faut la rejeter dans les fondations, les travaux souterrains ou hydrauliques, parce qu’elle est dissoluble dans une eau fréquemment renouvelée.
20 La chaux maigre augmente peu ou point de volume à l'extinction ; elle supporte peu de sable, produit un mortier qui durcit promptement à l’air, mais elle est aussi dissoluble dans l’eau.
3° La chaux moyennement hydraulique se prend en masse après 15 à 20 jours d'immersion dans l'eau, durcit avec une grande lenteur et n’acquiert jamais qu'une faible dureté.
40 La chaux hydraulique prend en 6 ou 8 jours et acquiert en un an une dureté égale à celle de la pierre tendre.
5° La chaux éminemment hydraulique prend dans l'eau du 2° au 4e jour; au bout d’un mois elle est fort dure et au 6° mois se comporte comme des pierres caivaires d’une dur. té moyenne.
On donne aujourd'hui le nom de ciment à des mortiers naturels où à des mélanges artificiels qu'on souel à une calcination ménagée, qu'on réduit en poudre et qui se gâchent comme le plâtre. Ces cimens jouissent en général de la propriété de prendre en fort peu de temps, même sous l'eau, et d'acquérir la dureté des pierres sans qu'il s’y produise de fissures ou de retrait ; tels sont les cimens préparés à Pouilly, à Vassy, à Molème, etc.
Dans les constructions rurales, il faut autant que possible n’employer que des chaux de bonne qualité. Dans les fondations, les étages souterrains, la partie inférieure des habitations ou des bätimens, souvent même dans les enduits extérieurs et intérieurs, on fera usage de préférence des chaux hydrauliques ou des cimens qui contribuent éminemment à la conserva tion et à la salubrité des habitations.
Le béton est un mélange de chaux et de cailloux où d’éclats de pierres avec lequel on moule ou forme d’une seule pièce des murs, des caves, des fondations ou des massifsqui acquièrent avec letemps une grande solidité.