‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 353 sur 595 · LIV. VE · texte numérisé non relu

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lités et ses échantillons. Les ardoises dont on fait le plus fréquent usage à Paris, et qui viennent d'Angers, sont grandes, carrées, fortes et larges ; elles ont 50 cent. de long sur 22 de large. Il faut 54 ardoises de Fumay, pour couvrir 4 mèt. carré, et seulement 40 de celles d'Angers. Le poids des 84 est de 13 kil., et celui des 40 d'Angers de 15 kil. 50 centigr. Les charpentes sont moins chargées avec les ardoises de Fumay qu’avec celles d'Angers , mais les 4r°% exigent plus de clous. Les ardoises d’Angers durent 28 à 30 ans, celles de Fumay 100 ans et plus.

Les tuiles sont des pierres plates artificielles qui se fabriquent comme les briques et avec les mêmes terres, et qui doivent, pour être d’un bon usage, présenter les mêmes qualités que celles-ci. On en fabrique, dans un très grand nombre de lieux de la France, et, dans beaue coup d’endroits, on leur donne des formes et des dimensions particulières. En général, il faut compter 36 tuiles en grand moule par mèt. carréde toiture, ou bien un mille de tuiles couvre 27 à 38 mèt. de toiture, et 55 en pelit moule et 48 mèt. car. par mille, en supposant qu'on ne laisse à découvert que le tiers de la longueur de la tuile ; il faut 7 lattes et 52 clous pour fixer celles-ci aux chevrons par mêt. carré; en tuiles courbes ou pannes, il n’en faut que 20 par mêt. carré.

Les tortures en tuiles sont pesantes et exigent une forte charpente; mais elles sont plus durables, moins chères que l’ardoise, et plus propres à la couverture des maisons dans les localités humides ou exposées aux vents violens, Dans ces localités, on les place souvent sur un lit de mortier qui, par la pression, monte dans tous les joints; ce qui rend les combles plus salubres, dispense d’un plafonnage et conserve mieux les récoltes.

Le bois sert aussi à couvrir les maisons ; tantôt la loiture est formée de planches à joints recouverts, tantôt le bois est réduit en bardeaux ou lames de 18 millim. d'épaisseur sur 20 centim. de largeur et 32 de long ; le chène est surtout le bois qu'on emploie à ce dernier usage. Les toitures en bois sont légères, économiques, mais périssables; pour augmenter leur durée, on les recouvre de peinture ou de couches de goudron.

On fait aussi des toitures légères avec divers métaux, réduits en feuilles minces, principalement le fer, le plomb ou le zinc, Ce dernier métal, fort employé aujourd’hui, donne des toitures très légères, peu dispendieuses et très propres.

Les toits en chaume sont ceux qui recouvrent presque partout la demeure du pauvre, et dont on se sert souvent aussi pour abriter plusieurs dépendances des maisons de ferme. Le chaume est léger, exige une charpente peu coûteuse et est formé de matériaux qu'on a partout sous la main; il est chaud en hiver et frais en été, mais ces avantages sont rachetés par des inconvéniens fort graves. D’abord il n’est pas de toiture plus exposée que celle-là aux incendies si redoutables dans lea fermes. Ensuite le chaume retenant avec persistance l’eau de pluie, devient alors très pesant et charge beaucoup lesmurs d’appui et la carcasse du toit; il donne en outre naissance à des végétaux qui, en entretenant une humidité constante, le détruisent promptement ou rendent les eaux qui s’en écoulent impropres aux usages domestiques; enfin, par son peu de durée, il cause, surtout dans les bâtimens étendus, une assez grande dépense en paille, au détriment des terres et des récoltes,

On a proposé divers enduits pour rendre les toitures en chaume de paille, roseaux ou bruyères, plus durables et moins sujettes à être dévorées par les flammes. Celui de M. GAvRIAN, qui consiste en cendres de houille, briques pulvérisées ou sable fin, mélés à de

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l’argile, de la chaux en pâte, du sang de.bœuf et de la bourre paraît être réellement utile. Cet enduit ne se pose pas sur le chaume fait à l'ordinaire, mais sur des paillassons d’un pouce d'épaisseur qu'on cloue sur la charpente. Un toit ignifuge, dans ce système, revient dans nos départemens du Nord, à 4 fr. 88 c. le mèt. carré ou 7 fr. 50 c. la toise carrée et ne pèse que 22 kil. Un chaume ordinaire, de 24 cent. d'épaisseur, coûte, dans les mêmes circonstances, 7 à 8 fr. et pèse, à l’état sec, 24 à 25 kil. et plus.

Au lieu de chaume on se sert, en quelques endroits, de roseaux ou de bruyères qui sont à meilleur marché, préférables sous plusieurs points de vue, mais exposés aux mêmes accidens.

Les autres substances dont on recouvre encore la toiture des bâtimens ruraux sont : l’écorce de bouleau, qu'on emploie dans le Nord et qui forme des toits presque impérissables ; le bitume asphalte, mèlé d’une certaine dose de sable, qui sert à enduire les planches qui forment le recouvement ; les toiles imprégnées de goudron ou de bitume et clouées sur des voliges, etc.

Les planchers sont composés de diverses matériaux, suivant leur destination. Dans un grand nombre de localités ies étages inférieurs servant à l’habitation , ceux surtout qui sont au niveau du sol, sont pavés en pierres de grès, de granits ou autre, ou dallés, ou établis en carreaux ou bien en briques de champ. Il vaut mieux élever ces planchers au-dessus du sol, et les construire en planches de bois, ce qui rend les pièces plus chaudes et plus saines : parfois on les fait aussi en béton, en mortier, en résidus des salpétriers ou en plâtre. Ceux des étages supérieurs sont en bois, en plàtre ou en carreaux. Les planchers des écuries, des étables, des laiteries , etc., devraient toujours être pavés au mortier de chaux hydraulique; ceux des granges et magasins peuvent être en mortier, bétons, plâtre ou résidus des salpêtriers, etc.

Il nous resterait encore beaucoup de choses à dire sur les autres matériaux ou objets divers qui entrent dans la construction des bâtimens ruraux tels que le fer qu'on ÿ emploie sous tant de formes.diverses , le plomb qui sert pour les toitures et les conduits , les enduits, les objets de vitrerie, les badigeons, les peintures, elc., mais nous croyons devoir nous borner à ces notions générales et terminer cette section par l’énoncé de quelque règles simples et utiles à observer dans les constructions rurales.

B. Règles pratiques sur la construction des bätimens ruraux.

Nous avons vu dans le paragraphe IT de la section II, la manière dont on établit un projet de construction ; ce serait ici que nous devrions présenter des règles sur Pexécution de tous les travaux; mais ces règles, embrassant une grande partie de la science des constructions, ne peuvent être développées ici avec tous les détails qu’elles comportent et nous nous renfermerons dans celles qui sont de l'intérêt le plus général et le plus immédiat dans l’architecture rurale.

La saison la plus favorable pour élever les bAtimens ruraux est le printemps, où la température est douce et où les journées commencent à devenir longues, parce que les constructions ont le temps de sécher et les mortiers celui de durcir pendant l'été, et qu'on peut les occuper à l'automne. Les réparations doivent être faites en toute saison et aussitôt qu’elles sont devenues nécessaires.

En règle générale il ne faut jamais construire sur un terrain compressible, et les fouilles de terres pour les fondations doivent être poussées jusqu’à ce qu’on trouve un terrain incompressible où au moins assez

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