‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 366 sur 595 · III. — Desattelages de vaches et de taureaux · texte numérisé non relu

III. — Desattelages de vaches et de taureaux

Onasouvent demandé s’il convenait d’atteler les vaches et de leur faire exécuter des travaux sur un élablissement rural. Beaucoup d'agriculteurs ont pensé que le travail exécuté par ces animaux était le plus économique de tous, quand cette opération était bien conduite. L’allure des vachesest plus vive, plus franche et presque aussi rapide que celle des chevaux, surtout si elles sont dressées de bonne heure; leur force moyenne est les 2/3 de celle d’un bœuf de même race; on peut les atteler pendant 3 à 4 mois de la gestation, les employer sans inconvénient à la charrue, à la herse, à l’extirpateur, aux charrois, et elles n’en donnent pas moins un veau fort et bien constitué. Le lait diminue en quantité (de 1/4 environ), mais ce produit a une valeur bien peu considérable dans beaucoup d’éta-

blissemens, et si on a l'attention d'augmenter la ration des vaches qui travaillent et de ne les fatiguer que modérément, la qualité s’améliore et sa quantité revientaisément quand la vache se repose pendant quelque temps.

D'un autre côté, on fait aux attelages de vaches les reproches suivans : Ils exigent pour le labourage des animaux de très forte race, si l’on ne veut pas perdre l’avantage de p’atteler à la charrue qu’une paire de bêtes et de la faire conduire par un seul homme, et obligent à entretenir un trop grand nombre de bêtes de trait, puisqu'elles sont moins fortes que les bœufs, font moins de travail et doivent d’ailleurs être plus ménagées que ces derniers et ne faire même qu’une attelée par jour, surtout .. elles sont pleines. Cette augmentation d'animaux de travail accroît les frais de harnais, de logement, d’aides pour les conduire et les soigner, et tous les genres de risques sur les bestiaux. Les vaches sont souvent indociles,etcommeon ne peut les faire travailler continuellement, on ne peut éviter, en les attelant au joug, de les changer de main, ce qui apporte des difficultés et des lenteurs dans le travail. Au collier, il est bien difficile de les maitriser, et elles exigent, si on ne veut pas que leur emploi devienne onéreux à l'établissement, des soins plus assidus que les autres bêtes de trait. Enfin, les bêtes de rente ayant une destination et une économie spéciales, il ne paraît pas qu’il puisse être avautageux d’exiger du travail et de tirer des produits journaliers d’un même animal.

En balançant ces argumens les uns par les autres, on reconnaît aisément qu’il n’y a guère que chez les petits exploitans chez qui l’achat et l’entretien des chevaux serait trop dispendieux et où cet animal resterait oisif la majeure partie de l’année; qu’il peut être convenable de faire travailler les vaches et de les employer à tous les travaux ruraux; que c’est là surtout qu’elles reçoivent les soins attentifs qu’elles réclament dans ce cas. C’est dans ces circonstances que les vaches sont employées dans le Cantal aux charroiïs et aux labours, qu'en Toscane, dans le val de Nievole, où l’agriculture est si florissante, on attelle constamment les vaches à la charrue, et que les petits cultivateurs des environs de Habbure labourent tous leurs fonds avec deux vaches, etc. Néanmoins quelques personnes persistent à penser que, dans les exploitations étendues, on pourrait entretenir avantageusement quelques attelages de vaches toutes dressées quiserviraient au transport de l’herbe verte, aux légers charrois, et qu’on emploierait surtout dans les sols tbe et légers lors des semailles, de la moisson et des travaux urgens.

Certains agriculteurs anglais préfèrent aux vaches ordinaires et même aux bœufs le free- Marlin, sorte de vache stérile qui naît dans une même portée avec les veaux mâles, ou bien choisissent les vaches châtrées. Les 1° animaux sont généralement robustes et actifs et

font, dit-on, quand ils sont nourris convena-

blement, presque autant d'ouvrage que les chevaux de bonne race.

Dans Yautres pays on dompte les taureaux

et on les applique aux travaux agricoles. Cet !

usage est =ommun en Italie et en Espague.

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