‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 369 sur 595 · LIV. VII · texte numérisé non relu

LIV. VII

ter Lous les travaux annuels dévolus aux attelages dépend nécessairement des conditions particulières dans lesquelles se trouve l’éta- Liisesreitée

Disons d’abord, quelle que soit la nature du domaine, que, si on veut s'attacher aux règles d’une rigoureuse économie, celle-ci prescrit, lorsqu'on a déterminé la force des attelages, de n’entretenir que le nombre de bêtes strictement nécessaire pour la bonne exécution de tous les travaux dans le cours d’une annéeagricole, Les bêtes de trait, en effet, fournissent uniquement du travail et ne donnent aucun revenu; leur nombre doit être restreint dans les limites les plus étroites; mais il est une foule de circonstances où il est impossible de ne pas faire fléchir cette règle qu’il ne faut pas néanmoins perdre de vue, et des situations où on éprouverait des peries bien plus importantes en restreignant ainsi le nombre des animaux de travail qu’en l’accroissant, quelque coûteux que leur entretien soit pour un établissement.

Cela posé, il est éviaent que le nombre des bêtes de trait dépend d’abord de l'espèce à laquelle on donne la préférence, puisque nous avons vu que la quantité de travail des bœufs est inférieure à celle des chevaux, etque pour exécuter un même travail, les 1% ont besoin d'être plus nombreux eur un même domaine. Pour une même espèce el dans les mêmes conditions, ce nombre varie ensuite avec la race, la taille, la vigueur, la docilité, le courage et l'énergie des moteurs dont on fait choix. Le mode d'alimentation, ainsi que nous l’avonsdit, influe beaucoup sur leur vigueur, en permettant aussi d’en tirer une plus grande quantité de travail, et par conséquent de diminuer leur nombre.

Le climat du pays au sein duquel le domaine est placé modifie aussi le nombre des attelages ; ainsi, lorsque ce climat est très variable et peu favorable à la végélation, qu’il faut concentrer tous les travaux de l’année sur un petit nombre de mois, et mettre promptement à profit les courts intervalles propres aux travaux des champs qui peuvent se présenter dans ces mois, on doit chercher à racheter les désavantages de cette position par une plus grande célérité dans ces travaux, ce qui ne peut s'effectuer la plupart du temps sans une augmentation dans le nombre des bêtes de trait, surtout lorsqu'on ne veut pas alors accabler de fatigue des attelages insuffisans, moyen que réprouve une sage économie et qu’on préfère par un sacrifice pénible, il est vrai, atténuer les chances de pertes considérables qui vous menacent sous un semblable climat,

Parmi les causes influentes dans l’organisation du service qui nous occupe, c’est la masse des travaux d'aitelages de toute espèce qu’il s’agit d'exécuter dans le cours d’une année qui règle le plus impérieusement le nombre des bêtes de trait. Ces travaux, qu’on peut exécuter de bien des manières diverses qui ne nécessitent pas toutes l'emploi d’une même force, peuvent en outre être plus ou moins multipliés sur des domaines qui présentent une égale surface. Lorsque nous nous sommes occupés de déterminer le nombre des travailleurs qu’il convient d'appeler pour l'exploitation d’un fonds (p. 393 ), nous avons fixé notre attention sur les causes qui peuvent accroître ou diminuer ces travaux et signalé en particulier parmi celles-ci la nature et la configuration du terrain, l'éloignement des pièces de terre et des bâtimens, l’état des chemins ruraux, le système d'exploitation, de culture et d’aménagement qu’on a adopté, le choix des instrumens, les mesures administratives plus ou moins bien entendues,

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le nombre des journées de travail de l’année, et dans chacune d’elles celui des heures de travail effectif , la force, l'intelligence, l'adresse et l’énergie des serviteurs à gages ou autres agens, elc. ; nous pouvons donc nous dispenser de revenir sur les détails d’un sujet qui se représentera d’ailleurs encore dans le cours de ce livre.

C’est ici qu'il nous paraît utile de rappeler que le nombre des bétes de trait dans les établissemens rurauxz ne crott pas dans la méme proportion que l’étendue des surfaces, même en supposant que le système d'exploitation et celui de culture y fussent les mèmes et également bien dirigés. Dans un grand établissement où s'établit naturellement la division du travail, on peut consacrer presque constamment les mêmes attelages et les mêmes serviteurs à un seul et même travail dans lequel les uns et les autres deviennent plus experts, tout en expédiant plus de besogne; on conçoit d’aiileurs qu’au moyen de cette division on peut employer des attelages mieux appariés au service auquel on les destine, leur distribuer plus régulièrement le travail pendant le cours d'une année. et que dans les grandes fermes les animaux peuvent être plus vigoureux , plus beaux et mieux nourris. Dans les petits établissemens, au contraire, la multiplicité des travaux auxquels on est obligé d'appliquer un inême attelage fait que les moteurs et les agens sont moins aptes et moins habiles pour chacun d’eux; le passage continuel de l’un à l’autre ne se fait pas sans perte de temps ou sans qu’il s’en écoule une portion assez notable avant que le nouveau travail auquel on applique l’attelage marche régulièrement et avec la célérité convenable, ce qui oblige d'entretenir proportionnellement un plus grand nombre d'animaux.

Cette différence dans le nombre des attelages nécessaires est bien plus sensible encore entre les grands et les petits établissemens, lorsque leurs modes de culture viennent à différer.

Dans les 4er, on à recours a des machines perfectionnées, d'un prix d’achat élevé , mais qui expédient beaucoup de besogne; on ne donne à la terre que les façons rigoureusement nécessaires à la production , et on cherche à restreindre le nombre des attelages et à économiser sur la main-d'œuvre, Dans les seconds, au contraire, on ne laisse jamais la terre en repos et on lui prodigue les façons; on ne craint pas de cultiver les plantes qui exigent les travaux les plus multipliés de sarclage, de binage ou autres; ce qui nécessite un nombre de moteurs quelquefois double de celui que la grande culture emploie sur la même surface.

Malgré ces attelages quelquefois nombreux, c'est cependant la pete ou la moyenne culture qui éprouve souvent le plus d’embarras dans les climats variables et dans les circonstances atmosphériques peu favorables à l’agriculture, En effet, dans les fermes moyennes et petites, où tout doit être réglé avec économie, on fixe le nombre des bêtes de trait d’après les besoins rigoureux du service, et on cherche autant qu'on le peut par un accroissement temporaire dans le travail des hommes et des animaux, à franchir heureusement les périodes chanceuses de l’anrée. Il n’en est pas de même dans les grandes fermes bien dirigées, où l’on fait souvent un commerce de gros bétail qui permet d’appliquer au travail dans les momens urgens des bœufs ou saches qu’on achète aux époques des grands labeurs, qu’on engraïsse ensuite et revend avec profit; dans ces grands établissemens qui se trouvent parfois placés au milieu de pays où la grande et la petite culture sont également réparties, on n’hésite pas à entretenir un nombre d'attelages supérieur aux besoins, parce que aux époques où on n’en fait pas usage, on loue leurs services et on les fait travailler à façon pour les petits

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