FORCE ET NOMBRE DES ATTELAGES
cultivateurs, Dansd’autres où l’on établit des fabriques agricoles ou des entreprises accessoires qui emploient des animaux à des charrois ou autres objets, on trouve naturellement sous sa main une ressource précieuse dans des besoins urgens, et un nombre d'attelages additionnels pour exécuter avec vigueur et célérilé des travaux qui ne souffrent ni délai , ni négligence, eic.
On a proposé plusieurs règles empiriques pour estimer approæimativement le nombre de bêtes d’attelage dont on a besoin sur un établissement rural, mais comme ces règles ne tiennent pas compte la plupart du temps des circonstances variées auxquelles il est nécessaire d’avoir égard dans cette estimation, nous pe pensons pas qu'il soit nécessaire d’en faire mention. Le plus sûr, dans l'opinion de TnAER, est toujours de dresser le tableau des travaux que dans chaque cas donné, d’après le système de culture et d'aménagement adopté, ainsi que suivant les circonstances locales, on doit exécuter à chacune des périodes de l’année agricole. On distinguera en même temps, en les plaçant dans 2 colonnes différentes, les travaux qui pourraient être exécutés d’une manière plus parfaite par des bœufs de ceux qui doivent l’être par des chevaux, et on portera dans chaque colonne, en regard de la spécification du travail, l’indication du nombre de Journées que chaque bête de trait emploiera pour l’exécuter. On déterminera ainsi avec une exactitude rigoureuse le nombre d’animaux dont onaura besoin sur l’établissement, et le rapport le plus avantageux entre le nombre des bœufs et celui des chevaux quand on veut employer simultanément au travail l’une et l’autre espèce.
Ces calculs, comme on voit, sont simples, mais ils exigent laconnaissance de la quantité deitravail que fournissent les moteurs appliqués à divers labeurs; nous renvoyons doncau chapitre qui traitera des travaux l’exemple au moyen duquel nous nous proposons d’en faire voir l’application ; mais afin de fixer les idées des agriculteurs qui débutent, nous terminerons ce chapitre par quelques exemples du nombre de bêtes de trait qui, d’aprèsle témoignage d’agronomes instruits, sont employées
ans quelques pays et dans des sysièmes variés de culture.
A. Grande culture.
Dans les pays où règne encore l'assolement triennal avec jachère complète et où on épargne les façons et les engrais à la terre, on n’emploie pas plus d'un cheval pour 20 à 24 hectares de terres labourab'es ou prai— ries.
Tuasr, qui a donné dans son agriculiure raisonnée plusieures évaluations des travaux qu’on doit exécuter sur une exploitation rurale dans des sys!emes variés de culture depuis l’assolement avec jachèré complète jusqu’aux assolemens alternes les mieux entendus, et avec nourriture du bétail à cornes à l’étable, estime que pour un domainede 360 hect. en bonne terre, dont 38 sonten prairies permanentes, et où dans l’assolement triennal 75 hect. sont en päturages, ce qui ne laisse que 250 hect. à la charrue; tandis que dans la culture alterne 80 hect. sont joints aux soles en culture, ce qui porte les terres soumises à la charrue à 300 hect., il faut de 8 à 12 chevaux (terme moyen 10), plus 16 à 24 bœufs (terme moyen 20), ne faisant qu’une attelée par jour ou en comptant comme lui, que 80 bons bœufs de re-
change font autant d'ouvrage que 41 chevaux, en tout 21 chevaux pour 560 hect., ou 4 cheval pour 17 hect. environ, les journées de charrues étant calculées pour 2 chevaux et les autres travaux par journées d’attelages de 4 bètes; mais il est nécessaire de faire observer que ce célèbre praticien compte 500 jours de 9 heures chacun de travail effectif dans l'année, et qu’on a beaucoup de peine dans les exploitations bornées et surtout quand on commence à se livrer à l’exercice de l'agriculture à établir cette distribution parfaite des travaux et du temps des agens qu’on parvient à obtenir dans des exploitations rurales très vastes, bien dirigées et depuis long-temps en activité.
À Roville, où on se sert d’une excellente charrue et de chariots attelés d’un seul cheval, le nombre des bétesde travail a varié suivant le plan de culture adopté à diverses époques. Dans ce domaine composé de 190 hect. de terres de cohésions diverses et dont 16 sont en prairies irriguées, le nombre des bêtes de trait en 1822 au moment de la formation de l'établissement et où les terres en assez mauvais état ont nécessilé des labours profonds et multipliés, a élé de 14, savoir : & chevaux et 9 bœufs, et en calculant suivant les Annales de cet établissement, que les 9 bœufs faisaient autant d'ouvrage que 7 chevaux environ, de 12 chevaux ou d'un cheval pour 46 hect. En 1828, le netloiement progressif des terres ne rendant plus nécessaires des cultures aussi multipliées, et environ 50 hect. de terres de la culture ia plus difficile ayant été consacrés à la luzerne, le nombre des chevaux a été de 8 ou 4 cheval pour 24 hect. Enfin, en 1830 les terres consacrées à la luzerne ayant été remises en culture , le nombre des bêtes de trait a été reporté à 12 chevaux comme précédemment, ou 1 cheval pour 16 hecl.
Dans l'agriculture anglaise on compte en général dans les districts bien cultivés, sur les grandes fermes en terres arables et dans divers systèmes d’assolemens, environ 4 cheval pour 41 à 43 hect. au moins et souvent davantage, parce que le climat égal et tempéré du pays permet une répartition facile des travaux dans le cours de l’année.