I. Chénes à feuilles caduques
Le Caëne à glands sessiles,ou rouvre (Q. robur, Lin.) (fig. 39), arbre élevé , à écorce lisse dans sa jeunesse , grisâtre et raboleuse lorsqu'il est vieux. Ses feuilles sont oblongues , sinuées et à lobes obtus ; ses g/ands sont sessiles ou sans pétiole. Le chéne noir de Fontainebleau, \e chêne à crochets qui a les fruits ramassés en bouquet, le chéne des collines, ne sont que des variétés du chène rouvre.
Le Cène à glands pédonculés (Q. pedunculata, Hoff.) acquiert une plus grande élévation et en moins de temps que le chêne ronvre, mais demande un terran plus profond et plus frais que lui. Il en diffère par ses
chars 2’:
Fig. 39.
feuilles plus élargies à leur sommet, et surtout par ses fruits qui sont portés par un pédoncule plus ou moins long. Son bois pêse 48 à 50 liv. par pied cube, tandis que celui de l’autre en pèse environ 70. Les forestiers le nomment gravelin, merrain, chéne femelle.
Son bois est moins noueux, il se fend plus aisément que celui de l’autre, de sorte qu’on le préfère pour les lattes, les parquets, les meubles et plusieurs autres ouvrages de menuiserie. Les constructeurs de vaisseaux ont observé que son bois n’éclate pas par le boulet de canon, et que les trous sont plus faciles à boucher; il est meilleur aussi pour le chauffage et son charbon est plus estimé.
Ses bonnes qualités doivent le faire préférer dans la plantation des terrains qui ont de la profondeur, mais sans humidité, car, dans ce cas, il a beaucoup d’aubier, et cet aubier se pourrit prémptement.
Le fruit de ces deux arbres a quelquefois servi d’aliment : on y eut recours pendant la disette de 1709; mais les historiens rapportent que cette nourriture produisit de graves accidens. On a essaÿé aussi de l’employer en médecine contre les fièvres inter-
mittentes, mais il ne parait pas que ses effets aient été satisfaisans.
Le Cène pyramidal(Q. fastigiata, Lam.).
Cette espèce se rapproche du chêne rouvre parses feuilles lobées assez profondément, et de l’autre par ses fruits pédonculés; mais elle diffère de l’une et de l’autre par ses pétioles courts et presque nuls, par la disposition de ses rameaux qui forment un angle trésaigu avec la tige, et par son port élancé et pyramidal. Ce chêne, multiplié depuis quelques années aux environs de Paris, croit naturellement dans les Pyrénées et dans le département des Landes. Sa forme élancée, comme celle du peuplier d'Italie, le rend propre à l’ornement des grands parcs et des jardins paysagistes. On l‘éléve de graine dans nos pépinières, et la greffe réussit sur les deux autres espèces.
Le CaèxE cerris (Q. cerris, Lin.) est un arbre de 8 à 10 mètres d’élévation. Son tronc est le plus souvent noueux et contourné. Ses feuilles sont blanchätres et pubescentes en dessous. Ses fruits sont renfermés à moitié dans une cupule hérissée de filamens velus.
Le chêne nommé crinite et le chêne de Bourgogne paraissent n'être que des variétés du cerris. Leur boss est très-estimé pour les constructions civiles et navales. On ne leur préfère que les bois des chênes crûs dans le midi de la France, qui, en raison de la chaleur du climat, acquièrent plus de dureté.
Le CHÊNE angoumoës ou tauzin(Q.tauza,Bosc) s'élève à la hauteur de 20 à 24 mètres. Ses feuilles sont fermes, à lobes inégaux, cotonneux et blanchätres en dessous.Ses glands sont portés par des pédoncules axillaires, et leur cupule n’est pas hérissée. Son bors est dur et noueux; il ne peut pas servir aux ouvrages de fente, mais 1l est estimé pour les constructions et pour le chauffage. Ses jeunes branches servent à faire des cercles de cuves et de tonneaux. On en connaît plusieurs variétés. savoir : 1° le £auzin à glands pédorculés, axillaires et terminaux, à cupule un peu ciliée ; 2° le tauzin à glands axtillaires, pédonculés ; 3° le tauzin à glands pédonculés, axillaires et terminaux, Ovoides, er grappes et petits.
On connaît, aux environs de Bordeaux, une espèce de chêne que M. SEconparnomme le CHÊNE méle, et que Bosc a considéré comme le CHÈNE esculus des anciens. Son bois est de la plus grande dureté; il fournit d’excellentes courbes pour la marine : on assure qu’il est meilleur que celui des autres chênes. Le pied cube pése 74 liv., c'est-à-dire qu'il descend au fond de l’eau. — Le CHèNE des Apennins, que l’on trouve en Provence et aux environs de Lyon, s'élève à 30 pieds environ : il a le mérite de croître dans les terrains les plus arides.