‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 373 sur 595 · ORGANISATION DU SERVICE MOBILIER · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU SERVICE MOBILIER

part du temps à un très haut prix, tandis qu’il serait facile de les remplacer avec peu de frais par des instrumens perfectionnés qu'on peut déjà se procurer sur plusieurs points du terriloire.

Pour mettre l’administrateur à même de comprendre l’importance des bons instrumens, nous lui présenterons le résumé des avantages qu’on doit se proposer d’obtenir par l'emploi judicieux des instrumens et des machines dans les travaux de l’agriculture.

$ Ier. — Du but de l’emploi des instrumens et des machines en agriculture.

Les instrumens et les machines ne créent pas de la force, mais permettent de faire un emploi plus avantageux de celle des moteurs.

Cet emploi plus avantageux de la force se réalise par la combinaison de 4 conditions essentielles que voici.

10 L'économie de La force. Les forces dont on fait usage en agriculture dans les travaux des champs son empruntlées le plus communément aux moteurs animés, soit l’homme, soit les bêtes de trait. L'emploi de cette force, comme nous le savons déjà, n'étant pas gratuit, il importe d'en faire l'usage le plus profitable qu'il est possible. Les avances ou les sacrifices qu'on est obligé de faire pour en obtenir la jouissance se mesurent, pour les hommes, par les salaires qu’on leur accorde et les frais qu’on est souvent obligé de faire pour leur nourriture et leur entretien, comme nous l’avons vu au chapitre IIT du présent titre, et pour les animaux, par les frais variés dont nous avons essayé de faire l’évaluation économique dans le chapitre précédent.

Les frais qu’occasionne, à l'époque actuelle, l'emploi de la force de l’homme, sont environ les 2/3 ou la moitié de ceux que nécessite l'emploi du service d'un bon cheval de taille moyenne; mais ce dernier étant capable de vaincre dans un même temps une résistance au moins 7 fois aussi considérable que celle que surmonte le 4e*, on voit déjà que la substitution du travail des animaux à celui de l’homme, non-seulement a permis d'exécuter des travaux que la faiblesse de celuici rendait impraticables, mais en outre a procuré à l'agriculture uu avantage considérable par l'économie da nombre de bras qui autrement eussent élé nécessaires,

L'agriculture ne s’est pas contentée de celte simple substitution de la force des animaux à celle &e l’homme, elle a dà chercher de plus à trer des 1° le plus grand effet utile possible, ou à leur faire payer soit par une plus grande quantité de travail, soit par un travail d'une plus haute valeur, les soins et la nourriture qu'on leur accorde. Ces conditions n'ont pu être remplies qu’en donnant aux animaux, par l'exercice, une éducation conforme aux services qu'on voulait en tirer, en les faisant conduire par des hommes exercés à ces travaux, et enfin en fournissant à ces moteurs des instrumens propres à mettre utilement à profit la somme de leurs efforts journaliers.

Cette dernière condition, la seule qui doive nous occuper ici, est bien ioin d’être réalisee dans la plupart des instramens d’agricullure encore en usage, et pour n’en rappeler qu’un exemple vulgaire, il suflit de citer ces charrues avec avant-train construites avec tant d’imperfection qu'on est, dans quelques localités, oblige d'y atteler 4 ou 6 bêtes et plus pour faire un labour qu'une bonne charrue simple, établie sur un bon modele, telles que celles de Small, de Roville , etc., exécuterait aisément et d'une .manière plus parfaite avec 3 chevaux seulement.

Ainsi nous voyons que la force nécessaire pour exéeuter un mème travail, en supposant qu'il ait la mème perfection dans les 2 cas, peut être 2, 3 et même 4 fois plus considérable avec un instrument imparfait qu'avec un autre instrument construit sur un bon modele, d'a près les principes de la mécanique et suivant les conditions que l’expérience a révélées, et combien il importe à l’administrateur d'économiser dans ces travaux par un choix d'appareils perfectionnés cette force motrice qu’il paie fort cher, et d’en faire emploi le plus utile et le plus judicieux.

2° La célérité des travaux. Puisqu'ur animal attelé à un instrument ou à une machiue convenable expédie dans un même temps beaucoup plus de travail qu’un homme, et que son travail devient ainsi proportionnellement moins dispendieux, il parait tout simple, dès que les travaux deviennent plus importants et l’étendue de la surface qu'on veut exploiter plus considérable, de faire exécuter ceux-ci par les bêtes d’attelage ; c'est ce qu'on a fait de temps immémorial pour les labours et les charrois, et c’est d’après le même principe que nous voyons, dans les pays où l’agriculture fait des progrès, les houes, les binettes, les fourches et les ràteaux ordinaires, etc., outils qui, dans la main de l'homme ne font qu'un travail lent et pénible, être remplacés par la houe à cheval, les sarcloirs, les charrues à butter, les appareils pour faner, etc., instrumens qui, conduits par un animal, expédient bien plus vite la besoune.

Mais cette célérité si précieuse dans les travaux d'agriculture ne doit pas être achetée aux dépens de la purfection des façons ou par une dépense superflue dans l'emploi de la force motrice; or, ces conditions ne peuvent être remplies qu'en faisant usage d’instrumens perfectionnés, qui, à part l’habileté de ceux qui les dirigent et Paptitude des animaux qui les mettent en mouvement, sont les seuls qui, pour un travail bien fait, consomment la moindre quantité de force et expédient en même temps le plus d'ouvrage,

Ce n’est pas seulement sous le rapport de l’exécution prompte des travaux journaliers d’un établissement que les instrumens perfectionnés présentent de l'avantage, c'est aussi très souvent sous celui de l'accomplissement plus entier de la masse des travaux annuels, dont ils permettent la distribution plus égale et plus régulière. Un exemple bien connu aujourd’hui en France met cette vérité dans tout son jour. L’excellente charrue sans avant-train de Roville, qui permet de labourer presque par tous les temps, en toute saison el dans tous les terrains, et d'obtenir constamment un travail satisfaisant, offre certainement une bien plus grande facilité pour la répartition méthodique des travaux annuels, et par conséquent pour apporter une plus grande diligence et une plus grande activité dans l'exploitation d’un fonds rural, qu’une charrue établie sur un modèle vicieux, et avec laquelle on ne peut obtenir un travail passable que pendant quelques jours seulement dans la saison favorable,

3° La perfection des travaux. V’emploi des instrumens et des machines en agriculture a aussi pour but d'obtenir un travail plus parfait; ainsi la machine à batre qui donne communément 1/15° de plus en grain que le batiage au fléau, et fait bien plus d'ouvrage que ce dernier dans un temps égal et avec une même dépense, fournit par conséquent un travail plus perfectionné ; les semoirs, qui répartissent les grains sur le sol d'une maniere plus égale et de telle façon que chacun d’eux jouit plus complétement des alimens qu'il peut puiser dans le sol et de sa portion d'air et de lumiere, sont des instrumens qui perfectionnent le travail, etc.

Cette perfection du travail a presque toujours pour

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