‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 374 sur 595 · LIV. Vil · texte numérisé non relu

LIV. Vil

conséquence, en agriculture, une augmentation dans La production, c’est-à-dire un accroissement dans la quantité des produits récoltés avec les mêmes frais; ainsi, dans les Annales de Roville (1. III, p. 302), on cite un fermier de la Moselle qui, d'une année à l’autre, a vu s’accroitre de 22 p. 0/0 le produit brut en grain de ses champs, par la substitution de la charrue simple de cet établissement, attelée de 2 chevaux , à une charrue du pays avec avant-train, qui employait 6 à 8 chevaux. c

On ne peut nier toutefois que parmi les instrumens qui économisent la force et accélérent l'ouvrage, il n’y en ait beaucoup qui donnent souvent un travail inférieur en qualité à celui qui est exécuté à la main avec des outils; ainsi, avec les charrues, les herses et les rou-leaux, on parvient difficilement à obtenir dans les labours l’ameublissement, l'égalité, la légèreté et l’élasticité que le travail de la béche donne au sol, et sous ce rapport il reste encore beaucoup à faire dans la mécanique agricole ; mais il n’en resle pas moins constant que les instrumens améliorés élant ceux qui dans le travail se rapprochent le plus de cette perfection, qui est une des conditions à laquelle on doit viser sans cesse, ce sont aussi ceux auxquels if convient de donner la préférence dans lout établissement bien organisé.

4° L'économie dans les frais de production. C'est là principalement l’objet qu'on a en vue dans l’emploi des instrumens et des machines, ainsi que le but et la conséquence de l’économie de la force et de la célérité dans les travaux agricoles qu’on cherche dans leur secours. Cette économie, danstous les cas, ne consiste pas seulement à épargner sur les frais d’un travail qu'il est évidemment plus profitable de faire exécuter par des animaux et des instrumens que par un grand nombre d’hommes , il faut de plus qu'elle soit la plus considérable qu'il est possible de réaliser, tout en obtenant un travailde bonne qualité ou même de qualité supérieure; c’est-à-dire qu'on doit s’efforcer, parmi les instrumens employés en agriculture, de faire choix de ceux qui donnent en même temps un travail parfait et rapide, et avec moins de frais que par toute autre combinaison.

Nous pouvons encore citer à ce sujet la machine à battre le grain, trop peu répandue parmi nous, mais qui l'est beaucoup plus ex Angleterre. Cette machine, d’un prix toujours assez élevé, n’est guère à la portée que des grandes exploitations; mais dans ce dernier pays où on est industrieux, les petits fermiers ne sont pas privés des avantages qu’elle procure, et dans quelques comtés on voit un homme, assisté d’un enfant, transporter avec 3 chevaux, de ferme en ferme, une machine portative de cette espèce dont ils louent le service à la journée (woy. t. Ir, p.335). Dans cette journée de travail, la machine bat environ 30 à 32 hect. de froment très proprement el sans endommager la paille, pour le prix de 44 fr.; avec cette donnée, essayons de faire le crmpte du battage au fléau et à la machine en Angleterre,

ou le froment est actuellement coté au‘prix d'environ:

24 fr. l'hect., et de comparer les frais qu'occasionnent

ces deux modes usités pour faire un même travail, Battage à la machine. La machine bat 900 serbes

dans une journée de travail, et donne en grain 1/15e de

plus que le battage au fléau, ou. . 32 hect.

Qui,au prix moyen de24 fr. l'hect., font une somme de. . . . . . 768 fr.

À déduire pour le prix du service de {a machine Rene 24 em Reste: nets PPS à 04, 48 744

Battage au fléau. Un bon batteur en grange ne bat guère que 90 gerbes, qui fournissent 3 hect. de grain.

Se

EEE

cHap. 5°,

D'aütrepart. . . . 744 fr.

Il faudrait 40 journées d'homme pour battre les 900 gerbes qui ne donne- OU : + .. . . 1: 50bh.001.

A déduire en nature 8 p. 0/0 pour

fraidebaltage. :; . . . . . 4 50

Penle- .. -.: « RU Ce Qui,au taux moyen de 24 fr. l’hect.,

dc rio tant, 684

Différence en faveur de la machine. 60

Ainsi, non-seulement on a obtenu un travail plus rapide, puisqu’en un seul jour on a battu une quantité de gerbes qui eùt exigé un grand nombre de travailleurs qu'il est toujours difficile de se procurer et de surveiller , mais en outre ce travail a été mieux fait car on a obtenu 1/15° degrain de plus; enfin, avec la machine le prix du battage n’est revenu qu’à 75 c. l'hect. de grain disponible, tandis qu’il a coùté plus de 1 fr. 26 c. par le battage au fléau.

$ I. — Des conditions auxquelles doivent satisfaire les instrumens d’agriculture.

Après avoir fait connaître le but de l'emploi des instrumens et des machines et combien il importe que ces objets soient établis et construits d’après les meilleurs principes, nous allons rappeler, d’après SINCLAIR, THAER et autres agronomes et praticiens distingués, quelques-unes des autres conditions auxquelles ils doivent satisfaire.

4° Les instrumens d'agriculture doivent être aussi simples dans leur construction que le permet le but auquel ils sont destinés, afin què leur usage soit plus facile et qu'ils puissent être réparés par les ouvriers ordinaires quand le cas l'exige. Ils ne doivent présenter aucune pièce inutile ou dont l’oojetne puisse être atteint d’une manière plus simple et plus commode ; on doit ainsi éviter d'introduire des pièces qui éprouvent des frottemens et qui occasionnent par conséquent une grande perte de force ; 2° Les matériaux qui entrent dans leur construction doivent être durables, afin d’éviter autant que possible les interruptions de travail et les pertes de temps qu'entrainent les réparations ou l’achat d’un matériel trop considérable. 3° Ils doivent être d’une construction solide, afin qu’ils soient peu endommagés par les secousses et les chocs auxquels ils sont exposés, et pour qu'ils puissent être manœuvrés sans crainte de les briser par les ouvriers ordinaires qui n’ont pas l'habitude de manier des instrumens perfectionnés. 4° Dans les instramens ou machines d’un grand volume, on doit faire une attention particulière à la légèreté de la construction ; un pesant chariot, par exemple, s'use par son propre poids presque autant que par les denrées dont il est chargé; il fatigue les chemins et les terres , et diminue l’effet utile qu'on peut tirer du travail des animaux. 8° Le bois doit être coupé et placé de la manière la plus convenable pour résister à la fatigue, et on doit éviter de faire sans nécessité des assemblages et des mortaises pour réunir les pièces; celles-ci doivent, quand elles ne fatiguent pas, être assez réduites pour donner toute la légèreté compatible avec la solidité de l'instrument. 6° Le prix doit être tel que les cultivateurs d’une fortune médiocre puissent en faire la dépense ; cependant, le bas prix ne doit jamais déterminer un administrateur judicieux à faire l’acquisition d’un instrument peu solide ou de construction vicieuse; il n’y a même qu’une économie apparente dans ce marché. car le prix d’achat se combine avec les frais d'entretien, et lors même par exemple qu’une charrue en fer coûterait 3 fois plus qu'une

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