‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 375 sur 595 · DU CHOIX DES INSTRUMENS D'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

DU CHOIX DES INSTRUMENS D'AGRICULTURE

autre en bois, comme elle peut servir 3 fois plus long— temps, elle est à meilleur marché. 7° Il faut qu'on puisse les régler sans peine, promptement et sur place, et qu’ils fassent un bon travail, indépendamment de la dextérité ou de l’habileté du travailleur et de la docilité et de l’aptitude du moteur. 8° Enfin les instrumens doivent étre adaptés à la nature soit montueuse , soit plane du pays, à la qualité de son sol, ceux qui conviennent à des terres légères ne rendant pas d’aussi bons services dans les terres fortes , ou même pouvant n'être d'aucun usage, el appropriés à son climat, à l'état de ses routes, à la force des bêtes de trait dont on fait usage, et surtout au système de culture et d’aménagement au moyen duquel on tire des fruits d’un fonds.

Nous venons de dire que les instrumens d'agriculture doivent être solides et durables ; ces qualités dépendent en partie des matériaux qu'on emploie à leur construction.

Ceux dont on fait le plus communément usage sont le boiset le fer, soit à l’état de fer forgé. soit à celui de fonte.

Ces 2 matières peuvent entrer dans des proportions très variées dans la construction des instrumens d’agriculture ou dans celle de leurs pièces, et aujourd’hui il en est plusieurs qu’on construit en totalité en fer forgé ou en fonte, ou avec ces deux espèces de matériaux.

Le bois a l’avantage d’être facile à travailler et d’un prix peu élevé; les pièces construites en bois se réparent ou se remplacent aisément, mais aussi elles se détériorent plus promptement par le travail ou quand on n’en prend pas soin, et souvent on ne parvient à leur donner le degré de solidité qui leur est nécessaire qu’en augmentant beaucoup leur volume ou leur poids.

Le fer, par suite de la résistance plus considérable qu’il offre, permet de diminuer beaucoup le volume des pièces sans nuire à leur solidité. Construits dans de vastes établissemens qui peuvent adopter la division du travail, et d’après des patrons ou des modèles choisis avec attention, les instrumens en fer ont en général des formes plus satisfaisantes, plus régulières et ne reviennent pas alors beaucoup plus cher que ceux en bois. Le fer en outre convient mieux, en ce qu'il n’est pas attaqué par les insectes, qu’il résiste mieux , sans éclater ou s’altérer, aux alternatives de la chaleur et du froid, de la sécheresse et de l'humidité ou à la déformation qui résultent des influences climatériques ainsi qu'aux chocs violens.

Les instrumens en fer ou en fonte jouissent en outre d’un avantage important; c’est que leurs différentes pièces étant faites la plupart du temps sur des modèles invariables qui les reproduisent avec des formes parfaitement identiques, on peut facilement remplacer es un instant une pièce détériorée sans autre travail que celui qui est nécessaire pour fixer des boulons, tourner des écrous ou chasser des clavettes, la nouvelle pièce s’adaptant parfaitement à la machine sans frais et sans perte de temps ; avantage inestimable et que doivent apprécier ceux qui savent combien une pièce réparée d’après des principes arbitraires dans un instrument d'agriculture peut faire varier les conditions et la qualité de son travail, et avec quelle attention on doit chercher à faire fonctionner des agens soumis, la plupart du

temps, à l'empire de la routine, à des préjugés, ou incapables d’un nouvel apprentissage avec des instrumens d’une forme parfaitement constante et donnant toujours les résultats identiques.

Enfin, les instrumens en fer bien établis, étant d’une infleribilité presque absolue, il en résulte beaucoup de régularité dans leur marche; avec eux la perfection du travail devient moins dépendante de la volonté de celui qui les fait agir, et enfin il est plus aisé, par suite de la constante uniformité de la résistance qu'ils éprouvent, de mesurer la force nécessaire pour vaincre celle-ci et d’employer plus utilement la force motrice.

On a reproché aux instrumens en fer de ne pouvoir êlre réparés par tous les ouvriers, d’être plus pesans et d’un prix plus élevé; maisilest constant quelesaltérations et lesruptures y sont beaucoup moins fréquentes que dans les instrumens en bois, et qu’au moyen des pièces de rechange les réparations sont aussi rapides que faciles; que s’ils sont quelquefois plus pesants, la régularité et la perfection de leurs formes font qu'ils n'offrent pas plus de résistance au tirage; enfin, que lors de lPacquisition, s'ils sont d’un prix plus élevé, leur durée et la perfection de leur travail paient bien au-delà, et souvent dès la 1re année, l’excédant de dépense qu’ils occasionnent. Au reste, il est présumable que labaissement progressif du prix du fer, et l’établissement sur plusieurs points du royaume de fabriques d’instrumens d’agriculture auxquelles un bon système d’étalonnage permet-

tra de réduire les prix, ne laisseront plus,

même au petit ménager, de prétexte pour donner la préférence aux instrumens grossiers du charron de son village.

$ ILE. — Considérations sur le choix des instrumens et des machines.

Quelque éclairé qu’on soit dans la pratique de l’art, quelque versé qu’on puisse être dans la théorie et les sciences accessoires à l’agriculture, il n’en faut pas moins apporter la plus grande prudence dans le choix des instrumens dont on veut garnir un domaine. Par exemple, on a fait observer avec justesse qu’il ne serait pas toujours judicieux de repousser sans examen les instrumens employés dans un pays où l’on organise un fonds, sous le prétexte qu’ils sont construits dans leur ensemble sur des principes vicieux. Ces instrumens peuvent en effet présenter des formes ou des modifications qu’une longue pratique aura fait juger nécessaires, qui ont pour elles la sanction de l’expérience et qui sont utiles dans la circonstance locale où on en fait usage ; ce qu'il importe alors, c’est de corriger les vices de construction tout en conservant le principe, et d'obtenir ainsi une amélioration sans s’écarter des habitudes du pays et de la routine des agens,

Quand les instrumens sont imparfaits et ne présentent aucune modification utile, le mieux est assurément de les remplacer complétement par des instrumens perfectionnés ; mais il est souvent très difficile d'introduire de

(1) Annales de Roville, tome VIF, p. 175.

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