‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 382 sur 595 · DU BÉTAIL DONT ON DOIT FAIRE CHOIX · texte numérisé non relu

DU BÉTAIL DONT ON DOIT FAIRE CHOIX

chés sont de leur nature essentiellement mobiles et qu’ils se compliquent pour le producteur des frais de transport également variables avec le temps, les circonstances ou l’éloignement des lieux d'écoulement. Dans une comptabilité régulière, les fourrages sont un article auquel on ne peut assigner de prix, puisqu’un agriculteur n’est pas maître de les vendre, qu'il faut qu’il les fasse consommer. sur son établissement, s’il ne veut pas anéantir la fécondité de ses terres et tarir la source de tous ses profits. Ainsi, cette méthode, qui repose sur une vente fictive et qui peut avoir son utilité quandil s’agit d'établir des calculs propres à déterminer les avantages de quelqe spéculations mercantiles où quand l’é-

ucalion des animaux domestiques forme une spéculation en dehors de l’agriculture, ne nous parait pas la plus propre à faire connaître le mérite économique de telle ou telle espèce de bêtes de rente lorsqu'on organise ce service dans un établissement.

La 2e méthode consiste à balancer les recettes brutes que procure l’économie du bétail uniquement avec les dépenses qu’occasionne l’entretien de celui-ci, tant pour intérêt des avances que pour dépérissement, logement, soins divers, etc., sans rien porter en compte pour la nourriture, et à considérer ensuite l'excès des recettes sur les dépenses comme destiné à payer les alimens consommés.

On n’a plus ainsi à s'inquiéter du prix des fourrages au marché; on ne porte en recette à la production végétale que les sommes réelles dont son compte s’est bonifié pour les fourrages qu’elle a fournis, recettes qui sont d’autant plus élevées que les consommateurs, c’est-à-dire les bestiaux ont payé les denrées à un prix plus avantageux. Ici, le bétail ne donne ni perte ni profit, tout est rapporté au compte de la production végétale comme base fondamentale de toutes les opérations agricoles et comme celle à laquelle les autres services doivent un tribut pour toutes les denrées qu'ils lui empruntent et qu'ils convertissent en produits divers. Le fumier est considéré comme appartenant au sol; seulement, pour balancer sa valeur, on ne tient aucun compte de la paille consommée en litière par les animaux, tant au débit de ceux-ci qu'au crédit de la production végétale.

C’est en prenant pour base ces principes simples et aussi faciles à comprendre qu'à développer, que nous allons montrer comment on doit établir les calculs économiques relatifs à chacune des espèces de bêtes de rente qui entrent le plus communément dans le mobilier des établissemens ruraux, tels que les chevaux, les bœufs, les moutons et les cochons, et apprécier les divers services auxquels on les destine en faisant précéder ces calculs de quelques considérations sur les conditions dans lesquelles chacune de ces espèces diverses parait présenter le plus d'avantages.

$ Ier. — Des chevaux.

La multiplication des chevaux destinés à la vente est une spéculation qui exige généralement, pour être profitable, l’avance d’un assez gros capital, des connaissances pratiques speciales sur l'éducation des animaux domesti-

ques et leur économie, sur les besoins du pays et le commerce de ces animaux, et enfin sur les circonstances particulières dans lesuelles on est placé. On considère comme es circonstances favorables à celte branche de l’agriculture : 1° l’existence sur un domaine de pâturages abondans et d’enclos etendus où les jeunes poulains peuvent s’ébattre et développer leurs forces, sans qu’on soit assujetti à une surveillance trop attentive sur eux, mais en même temps sans courir le risde de les voir perdre toute leur valeur par es accidens graves. Les pâtures un peu sèches, mais sur lesquelles on trouve des eaux pures et quelques ombrages paraissent les plus convenables; 2° une étendue d’herbages où l’herbe ou le foin sont d’une qualité telle qu’ils ne conviennent ni au bétail à cornes ni aux bêtes à laine ; 3° une situation dans laquelle il est difficile d'employer autrement le produit des terres; 4 enfin une localité où l’avoine est à bas prix. On élève souvent encore des chevaux avec profit dans les lieux où les races améliorées depuis long-temps jouissent d’une réputation qui fait rechercher les produits de ces pays et élève suffisamment leur valeur vénale pour balancer avantageusement le compte des jeunes animaux, quelque dispendieux que soient les alimens ou les soins qu'on ieur donne, où dans ceux où, comme cela se pratique dans plusieurs cantons de la Normandie, an achète de jeunes poulains de bonnes races dans les pays où on se livre à leur propagation, pour les nourrir, les dresser et les revendre à 5 ou 6 ans à un prix satisfaisant, après en avoir tiré un travail modéré qui paie en partie leur entretien.

Les besoins d’un pays civilisé réclament une si grande variété de chevaux de qualités et valeurs si différentes, qu’indépendamment des considérations économiques auxquelles il est indispensable d’avoir égard avant de se livrer à l’éducation de l’espèce chevaline, il faut encore discuter les avantages plus ou moins grands qu’on pourra recueillir en élevant des animaux propres, soit au gros trait, au roulage, à l’agriculture, à la poste, pour l’armée, le carrosse ou la selle, soit dans chacune de ces catégories des chevaux de telle ou telle qualité et d’un prix plus ou moins élevé.

Dans l’impossibilité d’embrasser ce sujet dans toute son étendue, nous donnerons simplement des formules pour l’éducation des chevaux de selle et de carrosse de 1°r choix et ceux de gros trait et de labours (1).

1° Chevaux de selle de premier choix.

L'éducation des chevaux de cette qualité ne peut faire l’objet d’une spéculation agricole que pour ceux qui possèdent une très grande expérience dans cette matière et des capitaux assez considérables. Elle exige lessoins les plus attentifs et une grande sagacité, quand on veut la rendre profitable. Dans les établissemens ou l’on se livre ainsi à l’élève des chevaux de selle de premier choix, on ne peut pas compter sur le travail des animaux pour couvrir une partie des dépenses de leur

Page 1