LIV. VII
active et abondante, sur les loams fertiles ou bien dans les pays de montagnes où il existe des vallées fraiches, humides, et de riches pàturages. Ce bétail est en général d’une santé agreste et robuste, il est peusujetauxaccidens ou aux maladies; il s’accommode facilementau climat du pays où on le transporte ou au régime auquel on veut le soumettre; sa nourriture verte ou sèche peut être plus grossière, et celle qui sert pour l’hivernage moins délicate sans qu’il cesse de se maintenir en bon état ; enfin les végétaux qu’il consomme sont plus variés que pour les autres animaux, circonstances qui rendent sa nourriture plus économique et plus facile.
Le fumier des bêtes à cornes se décompose avec lenteur, et son action, plus durable, convient mieux au développement successif des végétaux. Ce fumier est propre surtout aux terrains chauds et secs, mais réussit également bien, quand il est travaillé convenablement, dans tous les terrains et pour la culture de toutes les plantes agricoles. Pour une quantité donnée de nourriture, il est plus - rl dant que celui des autres bestiaux et jouit de l’avantage important qu’on peut en accroître la proportion en augmentant la litière des animaux, sans le rendre trop sec ou pailleux, par suite de la quantité plus considérable d'urine que rendent les bêtes bovines et de l’état de mollesse de leurs déjections stercorales qui, suivant M. BLocx, contiennent jusqu’à 84 p. 0/0 d’eau. Néanmoins, au pâturage, ce fumier est moins profitable que celui des moutons, parce qu'il n’est pas réparti aussi également ou exige pour cela du travail et qu’il est souvent détruit par les insectes.
Le gros bétail exige peu de soins et de frais pour le conduire, le panser et le soigner; il s’accommode très bien de la stabulation permanente et y prospère, ce qui le rend plus propre aux fermes à blé, aux exploitations à culture alterne sans pâturages, à celles qui exigent une grande abondance de fumier. A l’étable, il occupe comparativement peu de place; ainsi une vache exige 2 fois moins d’espace que 10 à 12 bêtes à laine qui, dit-on, en représentent le produit ; il endommage moins les herbages qu’il broute à une certaine hauteur, sans ébranler ou arracher les plantes qui les composent ; on peut l’entretenir très bien ou l’engraisser avec certains alimens économiques que fournissent les arts agricoles, tels que les tourteaux de graines oléagineuses, les résidus des brasseries, distilleries, féculeries ou fabriques de sucre de betteraves, ce qui rend son éducation avantageuse dans les établissemens ruraux, où l’on réunit à l’exploitation des terres celle de ces différens arts, ou ceux où on peut se procurer ces résidus à bon compie. 1 :
Relativement aux produits, la chair ou viande des bêtes à cornes forme la base principale de la nourriture animale de l’homme, surtout dans les villes, et à mesure que la condition des populations agricoles s'améliore, on voit aussi augmenter dans le même rapport la consommation de la chair de ces animaux, ce qui pendant long-temps encore, maintien-
ra ce produit à un prix avantageux. Il y a dans le gros bétail, à poids vivant égal, plus de viande nette que dans les bêtes à
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