ENGRAISSEMENT DES BÊTES A CORNES
2,160 fr. » c. | sidus de distilleries, de féculeries, de fabriques desu-
cre de betteraves, etc. ; et enfin quelquefois avec du grain pour compléter et raffermir le gras. Ces genres divers d'alimentation peuvent, pour la commodité du calcul et la facilité des comparaisons, être rapportés au foin pris pour unité de mesure, ce qui permet d’établir, de même que précédemment, le prix auquel les animaux paient le foin qu’ils consomment pendant l’espace de temps que dure l’engrais.
Pour partir d'une base fixe dans l’évaluation du prix auquel les bœufs ou vaches de graisse paient les alimens qu’ils consomment, nous supposerons ici qu’un bœuf ou une vache valent moitié en sus quand ils sont gras que lorsqu'ils étaient maigres, avec la condition toutefois que l'animal qu’on met à l’engrais est sain, que ses facultés digestives sont intactes et n’ont étéaltérées ni par l'âge, ni par des maladies, On remplacera aisément dans les calculs réels les prix fictifs que nous adoptons par ceux fournis par les marchés et les prix courans dans la localité qu'on habite.
Ainsi, en supposant qu'un bœuf maigre, de taille moyenne, coûte 120 fr., que son engraissement dure 4 mois, et qu'un bouvier, dont le salaire et les frais d’entretien s'élèvent annuellement à 240 fr., soigne 20 bœufs, on aura pour les élémens du calcul :
fr.
Valeur du bœuf gras. 2 EME 180 »
Prir d'achat du bœuf. 120 fr. »
Intérêts de cette somme à 6 p. 0/0 pendant 4 mois. . . . . +. . 2 40
Salaire du bouvier. . . , . 4 : Logement pour 4 mois. . . . 2e
Total des avances et frais, 128 40 128 40
Difference.drs2. is tons ve 51 60
différence qui doit servir à payer la nourriture des bœufs.
Voici maintenant comment cette nourriture est payée dans les systèmes d’alimentation au pâturage, au foin, aux pommes de terre et aux résidus de distilleries que nous prendrons ici comme exemples,
1° Péturage. Sur une prairie basse de 17e classe (p. 343), une bête de taille moyenne consomme, pour devenir grasse, le produit de 32 ares, qui fournissent 30 quint. de foin. Ainsi, dans ce système, les fourrages sont payés par quint. mét. à raison de 2 fr. 58 c., outre l'économie sur les frais de récolte.
20 Foin. Il est moins actif qu'une quantité correspondante consommée en vert. À cette différence, qui est d’environ 28 p. 0/0, il faut ajouter les frais de récolte. Ainsi, il faut au moins 25 quint.de foin pour l’engraissement qui sont payés à raison de 2 fr. 6 c.
3° Pommes de terre. La nourriture se compose alors de 20 quint. mét. de tubercules représentant en
(om Re 10 quint.
et de 8,80 quint. de paille hachée, représentant. . . . 8
Au total en quint. de foin 48
Ce qui fait pour le quint. de fourrage 3 fr. 64 c. ou 1 fr. 32 e. pour lequint. de tubercules ou de paille.
4° Résidus de la distillation des pommes de terre. Un quint. de résidus a la même activité pour l’engrais qu'un 1/2 quint. de tubercules; il en faut 40 quint., représentant en foin. . . 410 quint.
et 8,50 quint. de paille, repré- DT SSSR MON
Hotali . + + eue Ce qui met le quint. de fourrage au mème prix que précédemment,ou « «+ «+ + . 3fr. 64 c.
et le quint. d’alimens à 4 fr, 6 c., soit résidus ou paille, etc.
B. Des veaux.
L'engraissement des veaux exige plus impérieuse ment encore que les autres branches de la production animale le rapprochement d’un marché fréquenté où il y a une demande constante de ce produit. Flus Join, les frais de transport des veaux gras, qui ne peuvent se transporter eux-mêmes, enlévent une trop grande quantité des profits et de plus causent beaucoup d’embarras et de perte de temps. On a remarqué que celte branche d’industrie s’exerce plus spécialement autour des grandes villes, comme Paris et Londres, dans un certain rayon au-delà duquel il n’est plus possible d’apporter journellement le lait dans ces villes et depuis une distance de 4 jusqu’à 40 lieues; plus loin, le lait est converti en beurre. C'est dans ces localités qu’on se procure à peu de frais des veaux de lait chez les nourrisseurs plus rapprochés de ces villes qui vendent leur lait en nature, et qu’on les élève jusqu’à 5, 6, 7 semaines et plus pour les envoyer ensuite sur les marchés.
Dans ce genre de spéculation, il faut faire attention à l’âge auquel il convient de conduire les veaux sur le marché. Quelques fermiers pensent que, comme le veau croit et s’engraisse plus rapidement après l’âgede 6 senaines qu'avant, et exige par conséquent moins de lait pour acquérir plus de chair et de graisse, il y a plus de profit avec un veau pesant qu’avec un veau de 6 semaines, quand ce produit s’achète au poids, et en outre parce qu’il n’y a qu’un prix d'achat et une commission de vente; c’est à l’administrateur à examiner à cet égard les circonstances locales dans lesquelles il se trouve.
Les qualités qu'on recherche dans le veau sont la blancheur, la fermeté et la finesse de la chair. Quant aux animaux qu'on doit nourrir de préférence, il faut s'attacher aux races qui ont en outre une croissance rapide et qui possèdent la faculté d’engraisser jeunes.
Un veau coûte pourengraisser tout autant que le lait qu’il consomme a de valeur; ainsi, plus Pengraissement dure de temps, plus l’animal consomme, mais aussi plus il acquiert de poids et de prix. Ainsi, en supposant qu'un veau de 6 semaines, qui pèsera 65 kilogr., soit vendu sur le marché 70 fr., dont il faudra déduire 10 fr. pour le prix d'achat et de commission, 6 fr. pour les soins qu'il a reçus, le logement, etc., ainsi que 8 fr. pour frais de transport sur le marché et la commission du marchand de bestiaux, il restera 46 fr. nour balancer le prix du lait consommé. Or, ce veau, pendant ces 7 semaines, aura consommé 400 litres de lait, ce qui porte le prix de ce produit, employé de cette manière, à 11 c. 1/2 le litre.
En Angleterre, on estime qu’un veau de forte race consomme en 7 semaines 728 lit. de lait, qui ajoutent à son poids 80 kilogr. À cet âge, il pèse en totalité 80 kilogr. et pourrait être vendu 112 fr. ; en déduisant les frais, qui pour un veau de cette race s'élèvent à 23 fr., resterait 87 fr. qui suffisent pour payer le lait à raison de 12 c. environ.
6 III. — Des bêtes à laine.
L'éducation des bêtes à laine est une branche de l’économie rurale qui exige pour être dirigée convenablernent et avec profit, surtout quand on veut entretenir des troupeaux à laine fine, des avances assez considérables de capitaux, des connaissances forl étendues et une jongue pratique dans tout ce qui concerne l’économie de cette espèce de bétail.