‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 398 sur 595 · LIV. Vite · texte numérisé non relu

LIV. Vite

Luzerne sèche, 2e qualité, ou foin de 1fe qualité. 100 Tourteaus'de.lins, 2.7.7 CORNE RCE Orge ( pesant 132 livres par hectol.). . . . 47 Pommes de terres crues. . 4 . . . sUHNE id, cuites. . dupe: …6 179

Pommes de terre cuites, mais pesées avant la cuisson .. : “0 . : : . . 462 Betteraves de la variete blanche. , . . . 9220 Carottes. : 1 : Cr 0 . . * 2307

M. SPRENGEL, d’après ses recherches analytiques sur la valeur relative des pailles diverses qu’on recueille en agriculture et qui sont em-

loyées, soit à la nourriture des bestiaux, soit a former la litière qui, mélangée à leurs excrémens, forme les fumiers, a classé ces substances, suivant leur valeur décroissante, de la manière suivante.

Valeur relative des pailles comme fourrage.

19 Paille de millet.

5o Paille de pois. 9° Paille de seigle.

29 —— de maïs. 60 —. defeves. 100 — de froment, 3° — de lentilles. 70 — de colza. 110 — d'avoine. 49 — de vesces. 80 — d'orge. 12°— de sarrasin.

Valeur relative des pailles comme litière.

19 Paille de colza. 50Pailledelentilles. 99 Paille de froment,

20 —— devesces, 60 — de millet. 100 — de seigle. 3° — desarrasin, 70 — de pois. 119 — de seigle. 40 — defèves 89 — de seigle. 12° __ d'avoine,

Il est malheureux que l’auteur n’ait point complété son travail par l’analyse comparative des pailles de millet et de colza qui sont en tête de chacune des séries avec celle du foin de prairie naturelle de 1'° qualité dont la faculté nutritive a servi de terme de comparaison dans toutes les expériences des agronomes.

A ces détails nous ajouterons qu’on regarde ordinairement les résidus de brasserie et de distillerie de grain comme contenant, les 14 45 à 50, et les autres 35 à 40 p. 0/0 en matière nutritive de la masse des substances dont ils proviennent; mais il est assez difficile d’apprécier exactement leur valeur, parce qu’elle dépend du plus où moins d’épuisement en matière alibile et assimilable qu’on leur a fait subir.

Non-seulement l’expérience a démontré que les substances alimentaires qu’on fait consommer aux animaux ne possédaient pas, sous le même poids, la même faculté nutritive, mais elle a de plus enseigné que chacune de ces substances avait une influence différente sur l’organisation des animaux auxquels on les donnait; que certaines d’entre elles favorisaient la sécrétion du lait ou lui donnaient des propriétés particulières; que d’autres étaient plus propres à augmenter la masse et l’énergie musculaire; d’autres, l'accumulation de la matière graisseuse dans les aréoles du tissu cellulaire, etc. Mais, sous ce point de vue, ou manque encore d'expériences précises et à peine peut-on citer quelques indications; il est même présumable que la nature du terrain où les plantes ont végété doit apporter des modifications sensibles dans leurs effets

CcHAP. 6e.

sur les organes des animaux. Dans tous les cas, on a remarqué que les légumineuses, données en vert, élaient les plantes par excellence pour l'abondance et la qualité du lait; que les choux pommés et les carottes étaient aussi très propres à cet usage; que les betteraves, les pommes de terre cuites, les pois, les féveroles, les résidus de distillerie, etc., poussaient davantage à la chair et au gras, et que le grain des céréales favorisait singulièrement le développement des masses et des forces musculaires chez les jeunes sujets, etc.

Au reste, quand on aurait des résultats précis sur les propriétés et l'influence des alimens, il resterait encore à s'assurer, par l’observation, si, comme on l’a avancé, les modifications que l’on peut opérer au moyen de certaine préparation dans ces substances alimentaires font varier aussi leurs propriétés nutritives, et s’il est vraique la conversion des grains en malt ou leur panification augmente ces propriétés, s’il est avantageux de hacher les fourrages secs, de les faire macérer dans des liquides chauds et de les faire consommer sous forme de soupe, etc. Enfin, il faudrait examiner l’énfluence des différens alimens sur les espèces ; car il parait bien démontré que les diverses substances et même les substances sous différens états n’agissent pas de même, c’est-à-dire ne produisent pas des effets identiques sur les diverses espèces ou même les races d'animaux.

$ LIT. — De la quantité de substances alimentaires nécessaire aux bestiaux.

La quantité de substances alimentaires qu’il convient de donner à un animal dépend, d’une part, de son espèce, de sa race, de son âge, de son tempérament et de sa taille, et de l’autre, de la nature et de la qualité des alimens, etenfin du but qu’on se propose. x

Relativement à la nature des matières alimentaires, nous venons de donner, dans le paragraphe précédent, le tableau des quantités qui présentent, sous un même poids, lamême faculté nutritive. Dans ce tableau, les nombres portés en regard de chacune des substances employées à servir à l'alimentation des animaux, supposent qu’elles sont de 1r° qualité; s’il en était autrement, ces nombres devraient être nécessairement modifiés, parce que tout le monde sait que des substances de qualités inférieures ou avariées sout moins propres que les 1r# au soutien de la vie des animaux et doivent être données en plus grande quantité pour que ceux-ci y trouvent une même quantité de principes nutritifs.

Les rapports par lesquels il serait nécessaire de multiplier les nombres qui représentent la valeur nutritive des matières alimentaires de bonne qualité dans le tableau, dans le cas où celles dont on veut faire usage n’offrent pas cet avantage, sont extrêmement variables, tant pour les différentes substances entre elles que pour une même substance, puisque celle-ci peut présenter tous les degrés possibles depuis la plus grande richesse qu’elle puisse atteindre jusqu’à la plus extrème stérilité en principes nutritifs. D’ailleurs, cette partie de la science a encore reçu si peu de développemens et les observations

DE LA QUANTITÉ DE BÉTAIL

| sur lesquelles on devrait la fonder ont été si peu multipliées que nous n’avons rien à présenter sur ce sujet, si ce n’est les expériences de M. Brocx sur les rapports en poids des diverses qualités de foin de prairie, récolté dans diverses conditions climatériques et dont nous avons rapporté les résuliats à la page 342 et auxquels nous renvoyons le lecteur.

Quant au poids des alimens qu’il convient de donner aux animaux, ceux-ci présentent entre eux des différences remarquables et quelquefois considérables. Ainsi, sans parler des espèces qui exigent des quantités d’alimens qui sont loin d’être les mêmes, on rencontre, dans une même espèce, des races qui se distinguent par leur sobriété ou par la faculté qu'elles ont de consommer avec profit des alimens assez grossiers ou de fournir plus de produits utiles ou des produits plus précieux avec un même poids et une même qualité d’alimens, tandis qu’il en est d’autres qui, sous le même poids et sans donner plus de

roduits, veulent, pour profiter, des alimens eaucoup plus délicats et en plus grande abondance.

Il en est de même du tempérament des animaux; on en trouve dans une même race qui, pour un même poids vivant, à âge égal et à l’état sain, pour une même quantité de produits et de la même qualité, ont besoin d’une masse moindre de substances alimentaires que d’autres bêtes qui, sous tous les autres rapports, paraissent être dans des conditions parfaitement identiques.

L’äge apporte aussi d'importantes modifications à la quantité de matières alimentaires que consomme un même animal, et tout le monde sait que c’est dans le moment de leur croissance que les animaux, proportionnellement à leur poids, consomment la plus grande masse d’alimens, et que cette consommation, qu se soutient à peu près au même taux pen-

ant la plus grande vigueur de l’animal, diminue ensuite à mesure que les forces digesüves s’affaiblissent et que la vie s'éteint.

Enfin, la quantité d’alimens qu’on fait consommer à un animal dépend du but qu'on se propose. Ainsi, cette quantité est moindre quand il s’agit uniquement de soutenir son existence que quand on se propose d'en tirer des produits. Tout le monde sait que les vaches laitières donnent, dans certaines limites, d'autant plus de lait que leur nourriture est plus abondante et succulente; qu’un animal chez qui on veut favoriser la sécrétion de la graisse a besoin d'une plus grande masse d’alimens, et, de même qu’en augmentant la ration des chevaux, on peut, sans nuire à leur économie, en exiger une bien plus grande somme d'efforts musculaires.

Reste enfin à examiner le rapport entre la quantité de matières alimentaires qu'un animal doit recevoir et sa taille ou plutôt son volume ou son poids. L'idée la plus simple, celle qui se présente Ja 1re à l'esprit, c’est qu’en général les animaux doivent consommer d’autant plus d'alimens qu'ils sont d’une plus forte corpulence. Le principe est exact, et, quoi-

wil subisse des modifications nombreuses,

ues, comme nous venons de le voir, à l'espèce, à la race, au tempérament ou à l'âge des animaux, l'expérience l’a néanmoins con-

firmé comme loi générale et démontré qu’il existe un rapport constant entre le poids des animaux vivans et la quantité d’alimens qu'ils consomment pour produire un résultat donné.

Si on prend pour terme de comparaison, ou nourriture normale, le foin de prairie naturelle de 1r° qualité, qu’on suppose que les animaux sont dirigés et nourris d'apres les principes que la science enseigne, que les individus sont sains, que leurs organes digestifs sont dans un état parfait d’intégrité et qu’ils sont dans l’âge adulte, mais plutôt dans les tre années de cette période de leur existence, et enfin qu’ils ne sont pas d’une corpulence ex- Lraordinaire, M. Pawsr nous apprend que dans ces circonstances il a conslamment trouvé que, pour 100 kilogrammes du poids vivant des animaux, les bêtes à cornes avaient besoin journellement de 1 1/2 à 1 3/4 kilogr. de bon foin pour être maintenues en bonne condilion, mais sans en exiger de produits. Il ajoute: qu’il a aussi vérifié et trouvé suffisamment exacts les résultats donnés par M.BuRGER dans

son Manuel d'agriculture, savoir : qu'un bœuf

de trait, pour étre en état de soutenir le travail, el une vache laitière, pour donner constamment un produit moyen en lait, exigent par jour 2 1/2 à 3 kilogr. de bon foin par chaque 109 kilogr. de l'animal sur pied; mais que le 1er nombre, ou 2 172 kilogr., lui a paru mieux convenir aux bœufs de trait, et le 2, où 3 kilogr., aux vaches laitières, et que celles-ci ont besoin d’un poids qui se rapproche d’autant plus de ces 3 kilogr. qu’elles sont ellesmêmes d’un poids moins considérable. Quant aux animaux qu’ou engraisse, il établit comme règle générale et en supposaut toujours que les alimens sont de bonne qualité ou préparés avec soin et distribués avec intelligence, qu’un bœuf à l'engrais, pour prendre le gras avec

omptitude et perfection, a besoin, pendant tout É temps que dure cetle opération, d'un poids d'alimens, réduits en foin, double de celui qui lui serait nécessaire à l’état maigre pour étre en état de soutenir un travail journalier ; c’est-àdire qu'en supposant qu’ii reçût par jour, dans ce dernier cas, 2 1/2 kilogr. de bon foin ou l’équivalent en toute autre nourriture, il aurait besoin, pendant toute la période de l’engraissement, de 5 kilogr. de bon foin par jour, et par 100 kilogr de son poids vivant à

’état maigre. Chez un animal qui serait déjà

fort avancé dans la période de l’engraissement, ce rapport ne serait plus que de4kilogr. de foin pour 100 kilogr. du poids de ;’animal sur Ed et de 4 1/2 kilogr. en prenant une moyenne entre son poids à l’état maigre et celui qu'il atteindra quand il sera gras.

Dans les recherches expérimentales quiont été faites à Roville sur la valeur nutritive de quelques substances alimentaires et dont nous avons parlé dans le paragraphe précédent, M. de DompasLe a soigneusement distingué et évalué la ration d’entretien des moutons qui ont servi aux expériences, c’est-à-dire celle qui est nécessaire au soutien de la vie chez les animaux adultes, sans qu’ils augmentent ou diminuent de poids, DE ration de production ou celle qui est employée à l’accroissement du poids du corps des animaux et qui, dans d’autres circonstauces, peut être utilisée à la productiou du lait, du travail, de la graisse, etc.

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