LIV. VIL
Ceci posé, il trouve à son tour qu’on pouvait re: garder comme démontré par ses expériences, que la quantité d’alimens nécessaires au soutien de la vie dans une race donnée d'animaux est exactement proportionnelle au poids de leur corps, et que, pour des moutons mérinos adultes, La ration d'entretien est très approximativement de 15 liv. (7 1/2 kilogr.) de bon foin pour 440 Liv. (720 kilogr.) en poids des animaux, ou de 3 4/10 div. pour 100 liv. de poids des animaux pesés à jeun (3 kilogr. 330 gram. pour 100 kilogr.). Enfin que, relativement à l’engrais de la même race d’animaux, il résulte clairement de toutes ses expériences : 1° que la portion des alimens que reçoivent les animaux à l'engrais quiest employée au simple soutien de la vie, s'accroît à mesure que l'engraissement avance, c'est-à-dire que le poids des animaux augmente; 2° que la quantité d'alimens excédant cette portion et qui est employée à la production d'un quint. mét. de graisse, peut s’évaluer, pour les moutons mérinos, de 320 à 410 kilogr. de foin.
Nous donnerons encore ici quelques résultats, tant du rapport du poids des animaux à celui des alimens qui leur sont nécessaires qu'au volume de ceux-ci. Nous empruntons ces résultats au 2° volume de l’excellent ouvrage publié par M. BLocx, sous le titre de:
Dochrers relatifs à des expériences agricoes, eic.
Cheval. On suppose qu'un cheval de labour de taille moyenne, employé jouruellement au travail, a besoin, pour être entretenu dans un état constant de santé et de vigueur, de 8 kilogr. de grain par jour. L’avoine est le grain le plus propre pour cet objet ; mais l’auteur admet que 1/3 de cette céréale peut être remplacé par du seigle ou de l'orge, ce qui ne peut nuire à la santé et à la force de l’aninal. 1l évalue d'abord les grains au poids, qui paraît assez propre à servir de régulateur à leur qualité nutritive, et non à la mesure, parce que l’avoine offre des différences trop considérables dans le rapport qu’elle présente entre son poids et son volume. Il suppose aussi que la paille qui sert à la nourriture est hachée et enfin au total du poids journalier ou annuel des alimens il ajoute celui de la paille qu’on donne en litière à l'animal.
Ces suppositions étant admises, il trouve qu’un cheval exige en poids une nourriture ainsi composée :
Journaliere. Annuelle,
19 Grains; seigle. . . . 1 kil. 500gr. 547 kil. 50
AVOINS . La RS 500 1,227 50
20 Fourrages; foin. . . . 2 500 912 50 paille hachée. . 4 250 1,551 25
Total de la nourriture. 11 150 4,288 75
30 Litiere; paille. . . , 2 500 912 50 Total de la consommation 1x < d’un cheval. . = . té 250. 5201 25
C'est-à-dire environ par an 43 quint. mét. d’alimens, et 83 quint. en ajoutant à ceux-ci la paille de litière. ;
Maintenant, pour connaître le voiume qu’occupe le poids journalier des matières alimentaires du cheval, il faut consulter les résuliats d'expérience que nousavons donnés à la page 414, d’après le savant agronome à qui nous empruntons ces détails. En opérant les calculs nécessaires, on trouve : Ne cc b
chap. 6°.
Decim. cub.
a. Seigle 1 kil. 500 à 1500 centim. cub. le kil. an total 2 75
b. Avoine 3 500 22893 — — — — 7 98 c. Foin 2 500 9200 — — — — 23 d. Paille 4 250 9200 — Es — — 39 10
Total. 11 750 occupant em volume . . . . . 72 83
Ainsi, un cheval a besoin journellement d’une nourriture qui occupe un volume de 73 décimèt. 83 centimèt. cubes, ou environ 2 pi. cubes, en y ajoutant 23 décimèt. pour la litière qu’il reçoit, on aura en tout 95 décimèt. 83 centimèt, cubes.
Vaches. La nourriture des vaches est tellement variable avec les saisons ou bien suivant les ressources dont on dispose, le régime auquel on les soumet, . les produits ou les services qu'on veut en tirer, qu'il est assez diffcile de fournir pour ces animaux un terme moyen bien exact du poids de leurs alimens. Si on admet toutefois qu’une vache laitière, du poids de 400 kilogr. sur pied, a besoin journellement, pour son ali mentation complète et productive pendant l’époque de la nourriture verte, de 40 à 50 kilogr. de trèfle vert ou Péquivalent en autres alimens verts, et de plus, de 2 à 2,50 kilogr. d’alimens secs, foin ou paille hachée, et que cette même vache, pour sa nourriture d'hiver, reçoive 12 à 18 kilogr. de racines, 2,80 à 3 kilogr. de paille hachée et 6 à 7 kilogr. de foin, on trouve, pour le volume et le poids de ses alimens, savoir :
40 Nourriture d'été.
a. En volume, 110 à 120 décim. cub. ou 27,50 à 30 decim. eub. par 109 kil. du poids de l'animal vivant.
b. En poids, 42 à 52,50 kil. ou 10, 5 à 13 kil. d’alimens par 100 kil. poids vivant,
2e Nourriture d'hiver.
a. En volume, 90 à 100 décim. cab. ou 22,50 à 25 décim. cub. par :00 kil. du poids de l'animal sur pied.
b. En poids, 20 à 25 kil. ou 5 à 6,25 kil. d’alimens par 100 kil. poids vivani.
En moyenne, or peut calculer qu’une vache du poids fixé ci-dessus doit recevoir pendant toute l’année une nourriture qui représente, sous le rapport de la faculté nutritive, 42 à 14 kilogr. de bon foin, ou 3 à 5,50 kilogr. par 100 kilogr. du poids vivant, qui occupent un volume de 410 à 120 décimêt. cubes (22,80 à 25 décimêt. cub. par 100 xilogr.), et 2 kilogr. 50 de paille de litière qui occupent 23 décimèt.
Bœuf de trait. Un bœuf de trait du poids vivant de 480 à 500 kilogr., exige, pour être maintenu dans toute sa vigueur et en bon état, de 48 à 80 kilogr. de trèfle ou autres alimens verts ayant la même valeur nutritive, et 2 à 2,80 kilogr. de paille pendant la saison d'été. En hiver, il doit recevoir 12 à 14 kilogr. de bon foin ou l'équivalent en divers alimens, c'est-à-dire 9 à 410 kilogr. d’alimens verts et 2,7 à 3 kilogr. d’alimens secs par 400 kilogr. du poids de l’animal.
Bœuf d'engrais. L'auteur admet qu'un bœuf du
ids ci-dessus peut être engraissé en 126 jours avec 2,604 kilogr. de pommes de terre, 616 de grain égrugé, 966 de foin, 874 de paille hachée, 189 de son, 38 de tourteaux et 13 de sel; au total, 5,000 kilogr, J'alimens, ou 40 kilogr. environ d’alimens par jour, c'est-à-dire 8 à 9 kilogr. d’alimens verts el secs par 100 kilogr. de poids vivant.
Bêtes à laine. Une bête à laine de race mérinos, pesant de 45 à 80 kilogr. poids vivant, a besoin chaque jour pour son alimentation complète à la crêche, quand sa nourriture consiste en trèfle vert, de 3 à 4 kilogr. de cette matière, et, de plus, de #00 à 700 gram. de
paille.
DE LA QUANTITÉ DE BÉTAIL
En moyenne, un troupeau qui contient un assez grand nomhre de jeunes bêtes exige de 3 à 3 1f2 kitogr. au plus de trèfle vert par jour el par tête et la quantité de paille fixée ci-dessus. En hiver, si les moutons sont nourris seulement au foin, il en faut par tête 1,400 à 1,500 gram. par jour et par lête, el, dans un troupeau où Je poids moyen des bêtes jeunes et adultes n’est que de 33 à 38 kilogr., il faut regarder comme suffisant 1 kilogr. de bon foin par jour et par tête, à l’exception des brebis qui allaitent et qui doivent recevoir 500 gram. de plus par tête.
En résumé, M. BLocx a trouvé, par des experiences multipliées, que la quantité de nourriture la plus convenabie pour l’alimentation et l'entretien d’un troupeau de mérinos élait :
En voie ; nourriture d’été, 13 à 15 decim. cub. par tête et‘ par jour, ou environ 26 à 30 décim. cub. pour 100 kil. du poids des animaux vivans,
Nourriture d'hiver 11 à 13 decim. cub. ou 22 à 26 décim. eub. par 100 kil.
En pois, 7 à 10 kil. pour la nourriture d’ete et 4 à 5,5 kil. pour la nourriture d'hiver, pour chaque quintel metrique du poids des animaux vivans, ou 2, 80 à 3 kil. quand la nourriture est réduite en foin sec, pour 100 kil. de toutes bêtes du troupeau.
En moyenne il faut compter 150 à 160 gram. de paille pour litière par tête d'animal pendant tout ie cours de l’année, ou 85 à 60 kilogr. par année pour chacune d’elles.
$ IV. — Méthode pour calculer la quantité du bétail.
Essayors maintenant, avec les documens que nous possédons, de donner une idée de la méthode que nous proposons et des calculs auxquels on doit se livrer pour déterminer la quantité de bétail dont il convient de peupler un domaine, ou mieux, ainsi qu’on l’exprime quelquefois, le poids du bétaii dont ou doit charger les terres de la ferme.
Supposons, pour prendre un exemple, qu’il s’agit du domaine de 202 hect. 25 ares, en terre de diverses nature et classe, dont nous avons cherché à estimer la valeur foncière et locative dars le chap. IT du tit. IT qui traite de l’estimation des domaines ruraux.
Dans ce chapitre, nous avons évalué et porté dans le tableau de la page 383 le produit des terres arables, des prairies et des pâturages, d’après les méthodes qui s’y trouvent indiquées et en prenant pour base des assolemens conformes à la nature des terres et aux diverses classes auxqueiles elles apoartiennent.
Si les assolemens n'étaient pas les mêmes que ceux que nous avons pris pour exemples et qu'on récoltät une plus grande variété de produits en fourrases, racines et grains divers ou qu’on püt se procurer au dehors des résidus ou autres matières alimentaires, toutes ces substances devraient être pour la commodité des calculs évaluées sous Le rapport de la faculté nutriive en foin sec de praïte naturelle de 1" qualité, d'après le tableau que nous venons de donner à la page 467 et les documens qui le suivent.
Cela posé, nous voyons (p. 384), dans le cas de la stabulation permanente, le seul dont nous allons nous occuper ici, que, toute déduction faite sur le produit brut. tant pour perte et diminution de poids que pour modifications apportées par la féculerie, 1l reste, soit en paille, soit en bon foin ou autres substances fourragères réduites en bon foin, une masse de
fourrages qui, en quint. mét., Paille. Foin.
EST ES «7 de Le 3,642 75 5,691 »
Sur cette masse de fourrages
nous avons déduil ceux con-
sommés par les bêtes de trait du
domaine et qui ont été évalués
ESP RE A cn 1
a ————p—— Il est donc resté en fourrages
disponibles pour les bêtes de renier et SU LOS IST CNE
Maintenantnous pouvonssupposer que la moitié de la paille sera consommée comme aliment et Pautre moitié commelitière, et, en évaluant la 4re sous le rapport de sa valeur nutritive au 4/3 d'un même poids de foin, suivant Île tableau (p. 467), nous aurons à ajouter au foin
en nombres ronds. . 430 TES RO RENTREE 2,791 26
Ainsi, au total, c’estune masse de 2,791,25 quint. mét, ou 279,128 kilogr. de foin sec ou l'équivalent en autres substances dont nous pouvons disposer annuellement pour les bêtes de rente du domaine.
Maintenant, si nous consultons les documens qui ont été donnés dans le paragraphe précédent, nous voyons que, pour les diverses espèces de bestiaux, il faut, à fort peu près pour leur ration d’entretien, une masse de matières alimentaires, représentée par 3 kilogr. de foin sec, pour 100 kilogr. du poids des bestiaux vivans, ou pour l’année environ 1,100 kilogr. En divisant donc par ce nombre de 1,100 kilogr. les279,125 kilogr. dont nous pouvons disposer annuellement, le quotient ou 25,566 représentera en quint. mét. le poids des bestiaux qu’on peut maintenir à la ration d'entretien sur le domaine et dont on pourra le charger.
Ce poids de 25,566 kilogr. de bestiaux peut être réparti de bien des manières différentes, soit entre des espèces diverses de bestiaux, soit entre les races multipliées que présentent celles-ci. Par exemple, en choisissant des vaches, on peut charger le domaine de :
100 vaches de la race auvergnate de Salers, da poids moyen
de 250 kil.
92 — du département de l'Ain, — 100975 78 — de Roville. — — 395 7)9) de race charolaise. — — 350 68 — de race normande. — 375 64 — de race hollandaise. — — 400 50 — dela grosse race suisse, — — 500