LIV. VII
Si ce sont des bêtes à laine qu’on choisit, on peut entretenir un troupeau de 649 à 680 têtes de mérinos jeunes et adultes, du poids moyen de 40 kilogr. par tèle, ou 840 à 859 têtes de moutons picards, du poids moyen, c’est-à-dire jeunes et adultes, de 30 kilogr., ou bien 1,000 têtes environ de moutons du Cotentin, du poids moyen de 24 kilogr., etc.
S'il s'agissait d'engraisser des bestiaux, alors on compterait dans ce calcul chaque bête comme 2 1ètes pendant tout l'espace de temps que doit durer l’engraissement, puisque, dans ce cas, les animaux consomment environ le double de leur ration d'entrelien.
Cette méthode, pour calculer le poids vivant des bestiaux dont il convient de charger les terres d’un domaine, quoique beaucoup plus exacte que celles qu'on a coutume de proposer, ne fournit pas néanmoins un chiffre absolu et invariable et dont on ne puisse s’éloigner. Dans nos évaluations de la production végétale, nous avons cherché à tenir compte des chances diverses qui la menacent, mais nous n’avons pu avoir égard à toutes les circonstances que peuvent présenter les localités. D'ailleurs, quand on organise un établissement, seul point de vue sous lequel nous avons examiné la question qui nous occupe, on n’est pas toujous en mesure de se procurer immédiatement tous les bestiaux dont on aura besoin quand on aura adopté un système définitifd’exploitation, ou bien on nepossèdepas tous les élémens qui peuvent servir aux calculs propres à faire connaître avec rigueur l’espèce, la race ou le nombre des bestiaux qui fournissent les engrais nécessaires ou consomment, au prix le plus avantageux, les fourrages produits. Souvent on veut faire des essais, car, dans une pareille matière où il faut marcher avec une extrême prudence, on ne saurait apporter trop de soins à peser avec maturité toutes les circonstances qui influent sur la production animale, et à porter, par une comptabilité exacte et rigoureuse, la lumière dans cette branche importante de l’économie rurale. Ce n’est que lorsqu'on est suffisamment éclairé et qu’on possède tous les élémens des calculs économiques qu’on peut se résoudre à compléter l’organisation de ce service et à donner à son établissement tout le développement dont il est à -3 V4