DE LA PRODUCTION DES ENGRAIÏS
tité en poids des substances alimentaires consommées par les animaux et de leur litière.
Mais, pour que ces résultats deviennent comarables, il faut tenir compte de l’état et de a nature des alimens et prendre, ainsi que nous l'avons fait, pour unité de mesure, un fumier d’un certain poids sous un volume déterminé, et arrivé à un état fixe de décomposition après avoir été soigné et travaillé convenablement. Quand ces conditiors sont remplies, les expériences en grand ne tardent pas à démontrer que la quantité de fumier ainsi produite par des animaux adultes et sains, nourris constamment à l’écurie ou à l’étable et dont on recueille toutes les déjections, était constamment dans un rapport fixe pour chaque substance alimentaire, avec la quantité de ces substances qui passent comme alimens à traversle corps des animaux et avec les matériaux qui leur servent de litière.
Les diverses espèces d'animaux qui garnissent un établissement rural ne fournissent pas le même rapport entre le poids de leurs alimens et de leur litière et celui de leur fumier; mais on est convenu de prendre pour type les bêtes à cornes, qui sont les animaux par excellence de l’agriculture,ceux qui fournissent le fumier le plus propre à toutes les cultures et en plus grande abondance, et comme il faut être bien fixé sur l’état plus ou moins avancé de décomposition ou d’humidité dans lequel peut se trouver le fumier, les auteurs paraissent avoir généralement pris pour terme de comparaison le fumier que nous avons appelé normal, et qui contient, terme moyen, 75 p. 0/0 d'humidité.
On possède déjà un assêz grand nombre de résultats d'expériences sur cette matière, mais tous les expérimentateurs n’ont pas opéré d’après les mêmes principes. Les uns ont pris pour base la faculté nutritive des alimens, les autres leur poids à l’état de siccité; quelques-uns ont calculé la quantité de fumier produite d’après la consommation des matières alimentaires et de la litière prises ensemble; tandis que d’autres ont tenté une évaluation séparée. Ainsi, M£vyER, THAER, de Tuu- NEN, Kopre et de WULFFEN ont pris pour base la faculté nutritive des alimens, M. BLocx et Scxwerz leur poids à l’état sec, sans nier toutefois que la faculté nutritive des alimens n'ait une très grande influence sur la qualité du fumier. MEYER, M. BLocket ScuweRz calculent séparément le rapport du fumier produit aux alimens consommés et à la litière; Tuazr, KoPre et de WuLrrex établissent ce rapport sur les 2 matières ensemble.
Voici maintenant les résultats obtenus par ces savans agronomes :
Meyer, auquel appartient la priorité dans ces sortes d'expériences, suppose que le bétail pâture en été et est nourri en hiver uniquement avec du foin et de la paille, et que celle-ci entre au moins pour moitié dans ce régime. Il établit ensuite que, 1 partie de foin donne 1,8 partie de fumier, et 4 de paille 2,7 de fumier, et qu'en conséquence 1 de foin et 3 de paille, ÿ compris celle de litière, doivent donner au poids, en moyenne, 2,8 de fumier pour 4 de matière sèche.
Tnaer réduit en foin toutes les substances alimentaires données au bétail, comme nous l’avons enseigné dans le chap. précédent, puis calcuk que la ration de
foin, unie à la paille de litière et le tout pris pour uuilé, doit donner 2,3 pour la quantité de fumier.
Korpe établit ses calculs de la même manière, mais il fixe son multiplicateur à 2 seulement, dans la supposition que le fumier est abandonné souvent à une longue décomposition et qu'une partie des substances alimentaires disponibles a été consommée par des moutons dont le fumierest bien moins abondant.
De Tuaures opère de même et trouve 2,28 pour multiplicateur.
De Wuzrren étallit ses calculs d’après un système qui repose sur des hypothèses particulières, savoir : que 1 partie de grain donne 4,4 parties, 4 partie de foin 3, 4 partie de paille 2,2, e* 4 partie de pommes de terre 4 de déjections auimales Dans son système, chaque nature d’aliment sert à calculer la valeur intrinsèque du fumier et il devient indifférent qu’on fasse consommer plus ou moins de paille au râtelier ou en litière, Selon lui, le rapport le plus favorable est ce- Jui où on consomme 3 de foin et 5 de paille, Dans ce cas, son multiplicateur, pour ces 2 substances est, en moyenne, de 2,6.
Scawerz réduit toutes les substances alimentaires à l’état sec, et, en cet état, il les multiplie par 1,78. Quant à la paille de litière, son multiplicateur est le nombre 2.
M. Bcocx calcule d’abord le fumier à l’état sec qu'on obtientd’un poidsdonné de matièresalimentaires. Ainsi, selon lui, 400 kilug. de foin ou de paille, consommés comme alimens, donnent 44 kilogr.; 400 kilogr. de pommes de terre 14 kilogr. de fumier à l'état sec; et 100 de paille de litiere 93 de fumier sec. Il multiplie ensuite les nombres ainsi obtenus par 4 pour les évaluer en fumier ordinaire de bêtes à cornes modérément fermenté et contenant 78 p. 0/0 d’humidité. Son multiplicateur est donc, four lesalimens secs, 1,75, et 3,8 pour la litière; mais comme il admet que sur 100 kilogr. de fourrages secs, les bêtes à cornes reçoivent au plus 10 kilogr. de litière, il s'ensuit, en définitive, d'après la méthode estimative de cet agfonome, que 1 de fourrages secs et de litière produisent 2,3 de fumier.
M. Marmieu pe Dompasce, dans le 7e vol. des 4nnales de Roville, nous fournit quelques renseignemens sur la quantité de fumier produite dans cet établissement par les bètes de rente et de trait. Dans ces résullats, qui n’ont pas, au reste, été établis sur des recherches spéciales et suivies, on n’a pas déterminé la quantité de litière que les animaux ont reçue, quoique, dise l'auteur, elle ait été toujours employée en quantité suffisante pour absorber les urines. Et, en outre, les fumiers des bêtes à cornes et des chevaux ont été mesurés approximativement par voitures à la sortie des étables ou des écuries et avant d’avoir subi la macération nécessaire pour en faire un fumier normal. Quoi qu'il en soit, les chevaux de la ferme de Roville, qui consomment des rations équivalentes à 20 kilogr. de foin sec par jour, soit en fourrages verts ou secs, soit en grains ou autre nourriture, ou 7,300 kilogr. par an, fournissent 28 voitures de fumier, du poids moyen de 650 kilogr. chacune, ou 16,000 kilogr. environ, c’està-dire 2,22 de fumier pour 1 de fourrage.
Les bœufs à l'engrais, du poids de 3 à 400 kilogr., qui restent constamment à l'écurie et dont la ration en foin, racines et tourleaux est approximalivement égale à celle des chevaux, ont fourni 3,47 de fumier pour 4 de foin. LA bergerie ou la ration journalière est de 1 kilogr. de foin pour chaque bète adulte, ou Féquivalent en racines ou en nourriture prise au pâturage, étc., ne fournit que 1,64 de fumier pour 4 de foin; mais les moutons passent une portion de leur temps hôrs de la bergerie, et celle-ci, n'étant nettoyée que 5 ou 6 fois