‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 407 sur 595 · LIV. vil · texte numérisé non relu

LIV. vil

l’an, le fumier est beaucoup plus imprégné et consommé que celui d'écurie et d’étable. Les vaches, qui sont tenues constamment à l’étable et ne reçoivent que la moitié de la ration des bœufs à l’engrais, ont produit du fumier à peu près dans la même proportion que ces derniers, relativenent à la nourriture.

Enfin, nous avons vu (p. 358,n°1) que M. Kaeissie, d’apres des expériences faites par lui en 1818, regardait comme démontré que 100 kilogr. de matières sè-ches, consistant en 80 kilogr. de foin et 80 kilogr. de paille, la moitié de cette dernière étant employée er litière, donnait 40 pi. cubes de fumier frais qui, au poids de 22 kilogr., donnent 2,2 pour multiplicateur.

Parmi les divers modes d'évaluation du rapport des substances alimentaires et de la litière consommées avec le fumicr produit, celui de M. BLocr nous parait un des plus exacts, parce qu'il évalue séparément la quantité fournie par chaque espèce de matière alimentaire et par la litière, quantités qui varient nécessaire ment dans chaque établissement et en ce que ses résul. tats ont tous été empruntés à l'expérience; son multiplicateur 2,3; peut être adopté comme celui qu'on doit réaliser dans la pratique, en supposant que la nourriture des animaux est de bonne qualité, suffisamment abondante, que la paille est donnée en litière dans les proportions indiquées, que le fumier est traité convenablement, épandu sur les terres dans le moment où il est arrivé à l'état de fumier normal et qu'il provient pour la plus grande partie des bêtes à cornes.

Si les unes ou les autres de ces conditions n'étaient pas remplies, il faudrait abaisser proportionnellement le chiffre du multiplicateur qui pourrait, selon les circonstances, tomber à 2 ou à 4,8 et même plus bas encore.

Voyons, avec lesélémens que nous possédons, de quelle manière on parvient à établir fes calculs propres à faire connaitre, dans un établissement rural, comment on mettra la production du fumier au niveau des besoins et on suffira à sa consommation. Pour cela, il fautnous reporter au tableau de la page 440 ainsi qu'aux principes qui lui servent de base, et qui ont été développés dans les pages qui le précèdent. Supposons qu’il s’agit d’un domaine en terre à froment de 3* classe, nous pouvons appliquer aux terres de cette classe l'assolement de 6 années, indiqué au tableau, et qui est le suivant : 4° Vesces fumées et fauchées en vert; 2° froment; 3® trèfle, 2 coupes ; 4° trèfle, 4 coupe, puis jachères 8° froment futé s 6o orge ou bien tout autre assolement adapté à la nature et à la qualité de la terre.

L’expérience a démontré que, dans les terres de la classe ci-dessus, qui sont en bon état, bien aménagées et portées au degré de fécondité que leur qualité comporte, on pouvait compter annuellement, terme moyen,

par hectare, pendant le cours de l'assélement indiqué, :

sur la récolte en grain que voici:

Froment de la 2® sole, . . . 47,60 hectolit.

Id. delast.. . . : 2 45,40

Orge de là 6%: . ‘00 (em;60 À Total du grain. . . . . 60,50

Ces 50,80 hectolit. de grain, réduits en kilogr., À raison de 76 kilogr. l’hectolit. de froment et 60 celu. d'orge, donneront:

33 hectolit. de froment à 76 kilogr. 2,508 kilogr.

17,80 héctolit. d'orge à 60 kil. + 4,050

Total. ; 4. + + J , . 3,568 Or, si chaque pi. cube de fumier, pesant 22 kilogr., donne, dans le cours de la rotation; 1,870 gram. de grain, on voit que pour produire ces 3,558 kilogr., il sera nécessaire d'avoir à sa disposition 1,902.23 pi. cubes ou 418 60 quint. mét, de fumier.

cHapr. 7°.

Calculons maintenant si les fourrages et les pailles produits et consommés comme alimens par les animaux où donnés en litière suffiront pour fournir celte quantité de fumier.

Pendant le cours de la rotation ou sur les 6 soles, nous récolterons : quint. mél. quint. mét.

Paille; froment de la 2€ sole. 36 id. — 5". , . 32 90 Orge dela 6e. . . 22 ) Vesces fauchées en vert de larsre année. .. . 34 Trefle de la 3° sole, 2 cou- 26 ù PO ele Lis y r2148 Id. 4°, 1 coupe. 16 Total des pailles et fourrages. . . 186 Maintenant si chaque quintal métrique de substances | |

alimentaires sèches. moitié foin et moitié paille, cette

dernière étant employée par moitié comme litière .

donne 40 pi. cubes de fumier ; les 186 quintaux que

nous avons en donneront donc. . 1,860 » pi. cub. Auxquels il convient d'ajouter

pour l'enfouissement des chaumes

et racines de trèfle, suivant ce que

nous avons dit à la page 338, n° 3,

un tiers de récolte ou 16 quint.

Ainsi dans l'assolement choisi pour notre terre à froment de 5° classe, en supposant les bestiaux nourris

à l’étable, non-seulement la production du fumier sera | se au niveau de la consommation, mais il restera en outre dans la terre après la rotation une richesse équivalente à 417 pi. cub. par hectare et capable de produire 216 à 218 kil. de grain.

C’est sur des calculs semblables que sont établis tous les chiffres portés dans les 6 dernières colonnes du tableau de la page 440, afin qu’on puisse embrasser d'un seul ceup d'œil tous les résultats des assclemers proposés pour chaque espèce de terre. Ainsi, pour les terres à froment de la 5e classe, on y voit, 4re colonne, que les fourrages produits s'élèvent à 186 quint.; 2° colonne, que l’enfouissementdes racines da trefle équivaut à 16 quintaux ; 5e colonne, que ces 202 quint., transformés en fumier. doiventen fournir 2,020 pi.cub.; 4e col., que ces 2,020 pi. cub. doivent faire récolter 5,717 kil de grain; et 5° col., qu’on n’en a récolté que 5,558 kil. ; 6 col. , enfin que la terre est assez riche encore pour en produire 216 kil. par hectare apres le cours de l'assolement.

Dans cette colonne le signe + qui signifie plus, indique que dans les assolemens indiqués la terre à reçu une quantité de fumier capable de fournir un poids de grain supérieur à celui qu’elle a donné effectivement et qu'il lui reste encore assez de richesse pour en fournir aulant que l’indique le chiffre de la colonne, et le signe — qui signifie moins, indique au contraire que la richesse de la terre a diminué et que le produit effectif en grain a été supérieur à la force du fumier.

Dans l’exemple précédent nous voyons que les 6 soles prises ensemble ont donné 186 quint. mét. de paille et fourrages ; et à raison de 3 kil. d'alimens par 400 kil. de bestiaux par jour, il faudrait 47 quint. de bestiaux pour transformer ces alimens en fumier, c'est-à-dire 6 vaches de 285 kil., poids vivant; 8 vaches de 340, ou 4 vaches de 428 ; le fumier produit serait alors, en mul- Upliantles 186 quint. par 2,2, de 409,20 quint., et en

transformés en fumier, ou. . . 360%, Total des fumiers produits. 2, 72,020 »

Or, nous venons de voir que nous ne consommions pour la récolte de grains ci-dessus mentionnée que . 1, 1,902 23 Reste donc en surplus. . . 7 447 67 |

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