DE LA PRODUCTION DES ENGRAIS
y ajoutant 3,82 quint., qui représentent les 16 quint. de fourrages auxquels on a évalué l’enfouissement des racines de trèfle, on trouve un total de 444,40 quint. , et comme la récolte ne consomme que 418,60 quint., à reste donc 25 ,80 quint. qui, à raison de 22 kil. de fumier pour 1,870 grammes de grain, doivent produire encore 219 kil. de grains, ou à très peu près le même chiffre que celui obtenu précédemment.
Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de multi-
| plier les exemples du calcul de la consommation et de
la production des fumiers dans les établissemens ruraux, parce que, dans le tableau de chap. II du tit. IE indiqué ci-dessus, on a donné pour les différentes divisions et classes de terres arables et dans 2 systèmes ditférens de culture des calculs tout faits sur cette matière, seulement nous croyons qu'on doit mieux concevoir maintenant combien est compliqué et intéressant sur une ferme le service des engrais qui,comme on le voit, se rattache, se lie et s'harmonise d'un côté ave le service des attelages et celui des bètes de rente, et de l’autre avec le système de culiure el d’aménagement qu’on veut adopter et qui contribue pour une si grande part à la prospérité industrielle des établissemens.
On a supposé dans ce paragraphe que toutes les terres d’un établissement étaient toutes soumises À la charrue et qu’on avait été obligé de faire choix d’un assolement tel ou de distribuer l'étendue des soles de telle façon que ces terres puissent se suffire à elles-mémes et produisent les pailles et fourrages nécessaires pour leur restituer à peu près, quand le tout aura été transformé en fumier, la richesse que le sol perd par la prouuction de récoltes successives. Mais il n’en est pas toujours ainsi; souvent on peul se procurer à des prix avantageux des engrais au dehors ou bien des substances alimentaires dont l'acquisition ou la jouissance modifient les rapports qui doivent exister entre les soles à grains et fourragères, entre la production de ces sules et la consommation des engrais.
Quand on peut se procurer des engrais au dehors, rien n’est plus facile, lorsqu'on connait leur rapport en poids, à la mesure ou en activité ou force avec du fumier normal de bêtes à cornes, de les faire entrer pour leur valeur dans les calculs de la consommation et de la production des fumiers. On pourra s'aider d’ailleurs sur ce sujet des renseisnemrens qu’on trouve dans notre chap. des engrais, au tom. Ier, et notamment à la p. 112 où l’on trouve un tableau de la comparaison des prix, des doses et des effets de divers engrais.
Quant aux substances alimentaïres, elles peuvent provenir de prairies naturelles ou de pälurages atlachés au domaine, ou bien on peut quelquefois s’en procurer au dehors à des prix modérés et avantageux. Dans tous les cas, il re suffit pas de connaitre la quanlité en poids ou en volume des substarues qu'on peut se procurer ainsi, il faut encore être en etai d'évaluer la quantité de fumier qu'elles fourniront et sa qualité ou mieux sa valeur comparative avec du fumier normal de bêtes à cornes. Cette valeur parait dépendre en grande partie de leur faculté nutritive et de leur qualité, et le tableau de la page 467 pourrait servir à établir cette comparaison.
M. Kareissic propose pour cet objet une méthode bien simple : « Puisque, dit-il, dans un bon système de culture alterne les terres arables doivent fournir tous les fourrages nécessaires pour rétablir, après qu'ils ont été transformés en fumier par les animaux, Ja fécondité que la terre a perdue par les récolies , il ne s’agit que d'évaluer la quantité de fourrages secs que les substances qu'on peut se procurer au dehors peuvent remplacer et qu’il n’est plus nécessaire de demander aux terres arables pour rétablir l’équilibre entre l’é-
puistment de la richesse du sol et sa réparation. » Si on ; réduit en foin sec les diverses matières alimentaires qu’on produit sur la ferme, et qu’on suppose que l’assolement soit établi de telle façon que les substances alimentaires que doivent consommer les bestiaux pour les transformer en fumier soient composées en poids de moitié paille et moitié foin, dans ce cas, l’expépience a démontré qu'on pouvait établir les rapports sulvans :
1° Un quint. mét. de bon foin de prairie qu'on se procure au dehors équivaut, pour la production du fumier, à 75 kilogr. paille et 75 kilogr. foin ; au total, à 150 kilogr. de fourrages secs produits sur les terres arables du domaine.
Un quint. mét, de foin de marécage et acide à 80 kilogr. paille et 50 kilogr. de bon foin; au total, 100 kilogr. de fourrages secs. ;
2° Un quint. mét. de seigle, orge ou graines de légumineuses équivaut à 2 quint. de bon foin où 180 kilogr. paille et 450 kilogr. foin; au total, 5300 kilogr. de fourrages secs ;
3° Un quint. mét. de tourteaux de graine de lin équivaut de même à 150 kilogr. paille et 150 kilogr. foin ou à 300 kilogr. de fourrages secs ;
4° Les résidus de 4 quint. mét. de seigle employé à la distillation équivalent à 1 quint. de bon foin ou à 75 kilogr. paille et 75 kilogr. foin; au total, 150 kilogr. de fourrages secs ;