‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 422 sur 595 · LIV. VIR · texte numérisé non relu

LIV. VIR

meilleur compte, pour les empécher d'acquérir des habitudes de paresse et de débauche et souvent les soustraire à toute idée de s’écarter des lois de la probité. Celui qui travaille, dit-on, ne pense pas à mal et n’a pas besoin de chercher comment il occupera son loisir.

Le plan des opérations agricoles, dressé comme nous l’avons dit dans la section précédente, servira, sous un point de vue général, à maintenir l’activité parmi les agens du personnel pendant les diverses saisons de l'année. Toutefois, ce plan laisse encore bien souvent des vides, et en outre il est des opérations qui ne peuvent être exécutées aux jours indiqués, parce que les circonstances atmosphériques ou autres ne sont pas favorables. Mais, pour peu qu’un établissement ait d'étendue, il est une multitude de petits travaux ou d’occupations dont on lient soigneusement note à mesure qu'ils se présentent et qu'on peut réserver pour ces instans où les agens ne peuvent être employés aux travaux de culture. C’est de l’adresse plus ou moins grande qu’on mettra à grouper ces travaux de détail que dépendra l’activité qui doit régner constamment parmi les employés.

On ne doit jamais souffrir qu'un serviteur, par entétement, ou mauvaise volonté, ou autrement, füusse échouer une expérience ou un essai, discrédite un nouvel instrument ou un procédé nouveau dans la pratique du pays; c’est une des choses les plus préjudiciables aux progrès agricoles d’un établissement.

Il ÿ aurait avantage pour les serviteurs aussi bien que pour le maître à ce que celui-ci les astreignit à déposer de temps en temps des sommes, tant légères fussent-elles, dans les caïsses d'épargnes. Ce dépôt pourrait être fait librement par les employés eux-mêmes ou par le maître, au moyen d’une retenue sur les salaires fixée d’un commun accord.

Les salaires des employés doivent étre acquittés avec la plus rigoureuse exactitude aux époques stipulées et suivant les conventions qui ont été faites. Rien ne dégoùte plus les valets et ne les dispose plus à la négligence ou aux murmures que des retards ou de petites difficultés toutes les fois qu’il s’agit de régler cette matière.

Aucun objet ne donne communément lieu à plus de plaintes et de mécontentement de la part des serviteurs que la nourriture; il estdonc très essentiel, quand ceux-ci entrent au service de l’établissement, de leur faire connaître à l’avance la nature de celle sur laquelle ils doivent en tout temps compter. Cette précaution prise, il n’y a plus de motif fondé de plainte, dès qu’on observe en toute rigueur les conditions arrètées à cet égard, et toute réclamation injuste doit être repoussée avec vigueur.

Eafin, dans tout établissement agricole, les soins de l'administrateur, dans la direction de ses employés doivent tendre sans cesse à développer en eux l’activité et l’amour du travail, le zèle pour les intérêts du mattre, l’habitude de l’ordre dans toutes les parties da service dont ils sont chargés, l’humanité envers les bêtes de travail, une certaine dignité dans toute leur conduite, ainsi que l’émulation ou le désir d’exceller dans les travaux qui leur sont confiés.

CHAP. II. — Du cHoIx D'UN SYSTÈME D'EXPLOITATION AGRICOLE,

Lorsqu'on entreprend d'organiser et de diriger un établissement rural, il n’est pas de sujet plus graveet qui doive plus longuement, et avec plus de maturité, occuper les médita-

tions de l’administrateur, que le choix du système d’exploitation qu'il doit appliquer à son fonds dans les circonstances locales où :ül se trouve placé. avec les connaissances qu'il

CHAP. 2e.

possède et les capitaux dont il dispose pour en lirer la plus grosse somme possible d’avantages et de bénéfices. Ce sujet en effet se rattache par tous les points à l’organisation du domaine, ainsi que nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le rappeler dans le titre IT; il domine toutes les opérations qui apartiennent à la direction générale d’un étalissement, exige l’exercice de toutes les facultés de l'entrepreneur, et forme, ainsi qu’on l’a dit avec raison, le trait le plus caractéristique d’une bonne ou d’une mauvaise culture, el celui qui exercera par la suite le plus d’influence sur le succès de l’établissement.

Considéré sous un point de vue aussi général, le choix d’un système d’exploitation exigerait qu’on entràt dans des détails très étendussurtoutes les considérations qui se rattachent à un sujet aussi important, et qu’on lui consacrât de longs développemens ; mais la nature et le plan de cet ouvrage ne nous le permettent pas. Seulement, nous rappellerons qu'un grand nombre de questions intéressantes, qui se lient plus ou moins directement à ce sujet, ont déja été traitées en particulier dans diverses parties de cet ouvrage, et que cette circonstance, jointe au motif ci-dessus, nous autorise suffisamment à nous renfermer dans les termes les plus généraux du problème.

Nous nous occuperons en 1° lieu des causes influentes dans le choix d’un système d’exploitation; puis, nous terminerons par des considérations propres à diriger l’agriculteur dans ses applications dans une des parties les plus difficiles de l’administration des domaines.

SECTION Ir. — Des causes générales qui influent sur le choix d'un système d'exploitation.

Lorsque nous noussommes occupés de l’organisation des domaines ruraux dans le utre II, nous avonsessayé (page 380), de définir ce que, dans un système d’exploitation, nous entendions par systèmes d'économie rurale et de culture, ainsi que par plan de culture et d'aménagement. Nous partirons de cette base dans la classification des matières qui vont faire le sujet des paragraphes suivans.

$ Ier. — Du système d'économie rurale,

Si l’on suppose qu’un domaine rural quelconque , abandonné depuis long-temps aux seuls soins de la nature , soit remis tout à coup aux mains d’un administrateur instruit et intelligent, la première chose à laquelle celui-ci doit songer, après qu'il aura fait une enquête régulière etcomplètesur toutes les circonstances physiques, agricoles, politiques et commerciales au sein desquelles le domaine est placé, c’est de rechercher quel est le système d'économie rurale qui peut lui être applicable.

Trois systèmes économiques se présentent ; celui où l’on s’occupe exclusivement de la production des végétaux, celui où la production animale est au contraire le but à peu près unique de l’exploitation , et entin un système mixle où qui participe plus ou moins des deux premiers. Examinous dans quel cas l’un ou l’autre de ces systèmes devient applicable en particu‘er.

4° De la production végétale. Dans le système économique où la production végétale est l'unique ou au

Page 1