CAUSES GÉNÉRALES QUE INFLUENT SUR UN SYSTÈME
moins le principal but de l’établissement , les cultures qui peuvent entrer dans ce mode d'exploitation sont celles des forèts, des prairies, des plantes potagères , des arbres, arbusies et arbrisseaux industriels et enün celle de tous les végétaux utiles qu’on cultive dans l'économie agricole.
Tantôt la plantation et la culture des foréts est im périeusement commandée par les circonstances locales ; là c’est un terrain en pays de montagne en pente rapide et d’un accès difficile , sur lequel il serait impossible de conduire la charruc et qui ne fournit que des pâturages peu abondants ou d’un faible produit , ou même un sol qui ne peut être misutilement en valeur que par des plantationus de végétaux ligneux ; ici c’est un terrain dans une situation plus ou moins horizontale et en plaine , mais composé de telle sorte ou placé sous l’influence ée circonstances locales de telle nature qu’il serait impos sible, sans des efforts considérables et sans des avances de capitaux qui ne seraient pas en rapport avec les résultats qu’on obtiendrait, de lui donner d'autre deslination que celle de servir à la culture des arbres des forts ordinaires, des landes ou des terrains inondés, etc.
Tantôt au contraire, la plantation et la culture des graniis végétaux ligneux de nos forêts est le résultat d’un choix motivé sur l'existence, daas le pays, de nombreuses usines qui consomment une grande quantité de bois et le paient à un prix élevé et satisfaisant, ou basé sur la présence aux alentours d’une multitude d’industries qui s’exercent sur le bois ou les produits des forêts; sur l’agglomération, à certaines distances, de populations richeset industrieuses qui consomment beaucoupde bois et le paient fortcher; sur existence, ausein même du domaine , d’une rivière flottable et navigable où le bois est transporté à peu de frais dans des villes importantes et de grands centres de consommation, où il est toujours d’un prix élevé; ou enfin, sur la proximilé des arsenaux militaires et maritimes de construction , ou au moins des voies faciles de communication avec ces vasles établissements où l’on consomme des masses énormes de bois.
La culture exclusive des prairies permanentes n’est avantageuse que là où l’on possède des fonds excellents qui donnent de cette manière, et à surface égale, un produit net suppérieur à celui qu’on pourrait tirer de ces fonds s’ils étaient soumis à la charrue; ou bien où certaines circonstances locales, le défaut de capitaux ou toule autre cause ne permettent pas de tirer autrement des fruits d’un fonds. Près des villes riches et populeuses , des lieux de garnison de cavalerie , des grands établissements qui nourrissent beaucoup de bêtes de trait ou de bestiaux , et où l’on est certain de placer le foin à un prix élevé; la culture du sol en prairies permanentes , quand il se prête à ce mode d’exploitation , peut être exclusivement adoptée pour tirer des fruits d’un domaine.
La culture des plantes potageres, pour la nourriture des hommes et sans bestiaux, n’a également de succès que près des grandes vilies et dans un rayon d’une certaine étendue autour de ces centres de consommation.
Nous en dirons à peu près autant de celle des vergers, à moins qu’on netrouve aux fruits une autre destination, soit en les conservant, soit en les transformant en d’autres produits d'un débit plus étendu.
Le mürier ne peut être raisonnablement cultivé que dans les lieux où l’on s’adonne déja avec succès à l’éducation des vers à soie.
La culture de la vigne, celle de l'olivier, du céprier , etc. ne sont favorables que dans des climats, des expositions ou des terrains parfaitement adaptés à ces végétaux ; où ils fournissent des produits de bonne qualité , ou qui trouvent un écoulement sùr et permanent; ceux où la culture des terres arables est peu
avancée, ou bien où celles-ci ne pourraient, à surface égale, donner les mêmes profits, dans les localités où les engrais sont rares, etc.
Enfin, on voit près des grandes villes, des usines, des fabriques, qui fournissent en abondance et à bas prix les engrais nécessaires pour soutenir la fécondité des terres, des établissements ruraux , où l'on s’adonne avec succès et sans bestiaux à Ja culture de tous les végélaux utiles qui peuvent entrer dans l'économie agricole.
20 De la production animale. La production animale seule et sans culture de la terre , pourrait souvent être considérée plutôt comme une spéculation mercantile que comme une branche distincte d'économie ru rale. On l’observe particulièrement dans les localités où l’on trouve des herbages riches et abondants, tels que les plaines basses de la Normandie, de la Hollande , du Holstein, etc. ; ou bien dans certains pays de montagnes comme en Auvergne et en Suisse, qui sont couverts de pâturages abondants et substantiels, et où Îles terres ne pourraient avoir une destination plus avantageuse et donner des produits plus faciles à récolter. On rencontre encore ce système en pleine vigueur dans des contrées peu avancées en agriculture , où le système pastoral est encore en honneur, où les terres, même les plus fertiles et les plus avantageusement situées, sont abandonnées au paturage , et où l’on trouve facilement à Jouer celles-ci pour nourrir des troupeaux, qui forment tout le capital fixe d'exploitation d’un assez grand nombre d’éleveurs de ces contrées.
Depuis qu'il s'est formé dans les villes ou au sein des fermes elles-mêmes des établissemens industriels et des fabriques , tels que des distilleries, des féculeries, des fabriques de sucre de betteraves, dés huileries, etc. dont les résidus abondants et vendus à bon compte peuvent servir à l'alimentation ou 4 l’engraissement des animaux domestiques, on a vu aussi se former des établissemens où, sans culture de terres, on s’est livré à la production animale avec des profits assez constans.
La production du poisson dans les étangs toujours en eau, qui appartient encore à ces ystème économique, de= mande, pour êtredirigée avec quelques chances de succès, un concours de circonstances qu’un de nos plus habiles collaborateurs a cherché à faire connaître et apprécier dans l’article de ce volume qui est consacré aux étangs (pag. 179). Il en est de même de l'éducation et de l’engraissement des petits quadrupèdes et oiseaux domestiques, qu'on trouve souvent profitable en achetant à autrui leurs alimens, mais qui ne forment qu’une branche infiriment restreinte de l’économie rurale.
3° Du système mixte. Dans un système mixte d'économie rurale, on se livre simultanément à la production végétale et animale dans un rapport infiniment variable, mais qui, dans les établfssemens ruraux dirigés suivant les bons principes de la culture alterne, est soumis, comme nous le savons déjà, à des règles généralement fixes.
Les circonstances qui peuvent engager un entrepreneur à faire choix d’un système mixte d'économie rurale, le seul qui nous occupera dans la suite de cette section, sont celles qui se présentent le plus communément dans la direction des établissemens ruraux. Ainsi c’est tantôt la nécessité de produire soi-même les engrais destinés à réparer l'épuisement des terres, tantôt la nature et l'exposition diverses des terrains qui composent le domaine, leur état d’amélioration, la nécessité de multiplier, varier et perfectionner les produits de l'établissement et de leur trouver un débit plus sûr et plus étendu sous une forme que sous une autre, les profits qu on peut recueillir en transformant en d’autres denrées eten donnant une valeur vénale à certains produits qui n'en ont aucune ou une très faible sous leur pre-