LIV. VII
mière forme ou qui ne peuvent en cet état être offerts aux consommateurs ou mis à leur portée, etc. Toutes causes intéressantes sans doute, mais dans la discussion desquelles nous ne pouvons entrer ou sur lesquelles nous reviendrons en nous occupant du plan de culture.
$ IL. — Du système de culture.
On comprend que toutes les branches de l'économie agricole, pouvant entrer pour une part plus ou moins importante dans l’exploitation d’un domaine par le système mixte, il y a un grand nombre de combinaisons possibles qui constituent chacune ce que nous avons appelé un système de culture.
Les principales branches de l'économie agricole, qui peuvent entrer dans ces combinaisons ou concourir au système de culture qu’on adoptera surun établissement rural, sont 1° la culture des terres arables; 2° celle des prairies naturelles et permanentes ; 3° les pâturages ; 4° celles de certains végétaux industriels, tels que vignes, oliviers, arbres à fruit, etc. ; 5° les bois et forèts ; 6° les étangs aîternativement en culture et eau.
Les causes les plus puissantes qui pussent déterminer un administrateur à consacrer certaines posilions de son domaine à telle ou telle branche de l'écdhomie agricole, sont les mêmes que celles qui viennent d’être énumérées en nous occupantdu système économique,surtout lorsque le domaine, soit par sa position, soit par les différentes circonstances qu'il présente, se prête à l’exploitation de plusieurs de ces branches et promet de les rendre fructueuses.
Plusieurs autres causes peuvent aussi influer sur cette détermination, et parmi quelques-unes de celles qui peuvent se présenter le plus généralement, nous citerons comme exemples la nécessité, dans certaines localités, d’établirdes plantations de bois et forêts pour former des abris et se garantir des vents destructeurs ou nuisibles à la végétation ou pour procurer aux terres du domaine une fraicheur salutaire et s’opposer à leur trop grand desséchement ; le besoin de rassembler dans des étangs des eaux qui pourraient causer des ravages et de leur donner un emploi utile pour les irrigations ou pour faire marcher les machines de fabriques agricoles, ou se procurer Îles eaux nécessaires à tous les besoins du service ; obligation d'établir une rigoureuse distribulion des travaux annuels, enfin des rapports tout particuliers de commodité agricole et administrative on de localité, etc.
Néanmoins, nous ferons observer que, considérées comme parties d’un système de culture, les diverses branches de l'économie agricole ne paraissent avoir entre elles qu’un très petit nombre de rapports nécessaires, el que ce n’est que lorsqu'on les étudie relativement au plan de culture ou d’aménagement qu’il convient d’appiiquer à chacune, qu’on voit s'établir pour plusieurs d’entre elles des rapports intéressans, dont nous avons déjà eu occasion de parler lorsque nous nous sommes occupés de l’estimation des domaines ruraux ( pag. 546 ) et de la production desengrais ( pag. 479 ).
$ III. Du plan de culture.
Nous avons donné le nom de plan de culture au mode particulier au moyen duquel on dirige chacune des branches dont se compose l’économie agricole, et à la combinaison théorique et pratique qui doit servir le plus immédiatement à tirer des fruits de la terre.
Déjà, dans divers livres de cet ouvrage, on a traité avec beaucoup de détail du plan de culture et d’aménagement des bois et forêts, ainsi que des méthodes de culture applicables aux prairies, aux arbres, aux arbustes et arbrisseaux qui ont des applications indus
cap. 2°.
trielles, et enfin de la formation et de l'aménagement des étangs ; c'est donc en particulier aux terres arables qui, sous ce rapport, peuvent donuer lieu aux considérations les plus importantes et les plus étendues que nous cousacrerons les considérations qui vont suivre.
On a déjà dit que pour les terres arables un plan de culture comprenait: 1° l’assolement, c’est-à-dire le nombre de soles entre lesquelles on partage les terres du domaine ou la période de temps pendant laquelle on fait alterner les récoltes sur une même sole; 2° la rotation ou le choix des plantes qui viendront successivement occuper le sol pendant la période de l’assolement. On pourrait sans doute entrer dans quelques développemens sur le rôle que joue chacun de ces deux élémens dans un plan de culture et sur les rapports qui les lient entre eux, mais nous préférons, pour éviter les répétitions, les envisager ensemble et d’un point de vue plus élevé.
Cela posé, au lieu de discuter tous les cas qui peuvent se présenter lorsqu'on veut faire choix d'un plan de culture, ce qui nous entrainerait dans des détails de métier fort étendus, nous allons chercher à établir quelles sont les conditions auxquelles ce plan doit satisfaire et que l’administrateur doit prendre en considération, toutes les fois qu’il est appelé à méditer sur ce sujet.
Nous rapporteronsces conditions à deux ordres divers: dans le premier, nous rangerons celles que nous considérons comme agricoles, et dans le second, celles auxquelles nous reconnaissons un caractère purement administratif.
1° Conditions agricoles.
10 Sous le point de vue agricole, un plan de culture doit d’abnrd être en harmonie avec le climat général du pays; c’est-à-dire que dans la rotation, on ne doit pas faire entrer, par exemple, des plantes qui, dans la localité ou à cette latitude, ne parviennent pas à maturité ou qui ne peuvent, pendant la durée du temps favorable à la végétation, atteindre tout leur développement ; celles qui craignent une surabondance d'humidité, des chaleurs et des sécheresses prolongées, des vents vivlens, froids, humides, desséchans, des hivers rudes et prolongés, des gelées de printemps, des pluies d’orage dans les pays ou ces phéromènes sont fréquens, etc. C'est faute d’avoir égard à cette circonstance que des agriculteurs qui débutent, ou ceux qui n’ont pas étudié avec le soin convenable la localité qu’ils babitent, voyent souvent échouer des plans qui du reste paraissent bien conçus, tandis que le praticien habile, qui a observé avec soin les influences climatériques sur les végétaux utiles, tombe rarement dans cette erreur. Dans cette matière il ne faut pas se borner à l’étude du climat général, il faut encore observer avec soin les modifications que la hauteur du terrain au-dessus du niyeau du pays, les pentes vers tel ou tel point de l’ho— rizo», les abris, les eaux, la direction des montagnes et des vallées, etc., apportent dans ce climat et exercent
par conséquent eur la végétation des plantes agricoles. |
( f'oy. tome Ier, pag. 262.)
En secoud lieu, un plan de culture bien étudié ne peut admettre dans la rotation que des plantes qui prospérent dans le sol auquel on les confie; et, ici, il ne s’agit pas d’obtenir des récoltes passables de plantes dans des terrains qui ne leur conviennent pas, mais les récoltes les plus abondantes possibles dans un terrain bien adapté à chaque culture. C'est ainsi qu’un