CAUSES GÉNÉRALES QUI INFLUENT SUR UN SYSTÈME
agriculteur éclairé consultera, avant d'établir son plan |
de culture, les caractères chimiques et physiques de ses terres ; que parmi ces derniers il s’attachera surtout à déterminer la ténacité du sol, son état d'ameu-
blissement, son humidité, sa faculté plus ou moins.
grande de conserver la chaleur,ses propriétés pour absorber l’humidité atmosphérique, la quantité d'humus qu’il contient, la nature, la richesse et la perméabilité du sous-sol, et déterminera enfin à quelle division et à quelle classe elles appartiennent ; tous sujets sur lesquels on trouvera, dans le tome 1°", p. 45 et suiv., et à la p. 261, ainsi que dans le tome IV, à la p. 335, des détails qui laissent peu de chose à désirer.
Un plan de culture doit encore prendre en considération : 4° l'épaisseur de la couche arable, puisqu'on sait qu’une terre qui n’a pas une profondeur suffisante ne peut admettre dans la rotation des plantes qui, comme les navets, les choux, les betteraves, etc., vont chercher jusqu’à 12,13 et 16 po. les élémens de leur nutrition; 20 l'étendue du domaine. Personne n’ignore que les petites fermes sont souventexploitées avec bien plusde soin que les grandes, et que, par exemple, il serait en général très difficile en grande culture d'adopter plusieurs assolemens de la Flandre ou du petit pays de Waes, où toutes les terres sont défoncées à la bêche tous les 7 ou 8 ans, où l’on fume en abondance et où on fait entrer dans la rotation les cultures les plus riches et les plus épuisantes; 3° l'espèce de bétail qu'on élève, entre tient ou engraisse; puisque les récoltes qui sont destinées à la nourriture des bêtes de rente doivent être adaptées à l’espèce qui doit les consommer et au régime qu’on lui fait suivre; 4° le mode de gouvernement du bétail. Dans les établissemens où l’on consacre une certaine partie des terres à des pâturages permanens et où les bestiaux qui päturent une partie de l’année détruisent par ce mode d’alimentation une portion notable des produits du sol, où leurs déjections profitent peu aux terres de l'établissement, on conçoit facilement que, là, on doit adapter, pour les terres exploitées à la charrue, un assolement tout autre que dans ceux où les animaux, soumis à une stabulation permanente, sont nourris avec les produits récoltés sur des prairies artificielles ou permanentes, ou des récoltes de racines ou de tubercules. Cette distinction est très importante et apporte des modifications notables dans un plan de culture, ainsi qu’on a pu le remarquer dans le tableau de la page 340, ainsique lorsqu'on faitconsommer sur place ou à l'étable les produits des soles fourragères sur un domaine exploité par la culture alterne sans prairies naturelles ni pâturages ; 5° l'étendue des prarries et pâturages qui fournissent des alimens pour le bétail, et moditient sur les terres arables de a ferme, soit le rapport des soles à grains aux soles fourragères, soit l'étendue relative de ces soles, soit enfin la rotation elle-même et les plantes qu’on y fait entrer; 6° Enfin, la facilité de se
rocurer au dehors et a bon compte des alimens jour ce bétail ou des engrais, qui apporte aussi des changemens matériels fort importans dans l’étendue réciproque de soles consacrées à des cultures diverses ou dans les plantes mêmes qui se succèdent sur le même terrain.
Un plan de culture doit être calculé de manière à entretenir la propreté du sol par une combinaison judicieuse de la jachère, des récoltes sarclées qui la remplacent jusqu’à un certain point, et de la culture des plantes qui étouffent les mauvaises herbes, avec les cultures qui tendent à favoriser la multiplication de celles-ci. Si les terres n'étaient pas encore dans un état satisfaisant de propreté, le plan doit alors être combiné pour amener ce résultat le plus promptement possible,
Un bon plan de culture doit être tel qu’il permette d’entretenir la fécondité de la terre où même qu'il l’accroisse quand la terre n'a pas encore acquis toute la richesse que comporte la classe à laquelle elle appartient. Cette importante condilion, qu'un administrateur doit sans cesse avoir en vue s'il ne veut pas dissiper son
capital foncier, a déjà été discutée à plusieurs reprises dans le cours de ce livre, et notamment lorsqu'il s’est azt d'estimer des domaines ruraux en prenant pour base la fécondité des terres et leur mode de culture (p. 355); et lorsque nous avons traité, dans des chapitres spéciaux, de la quantité du bétail (p. 464), de la consommation et de la production des engrais (p. 472); c’est là qu’on trouvera, ainsi qu'à l’article assolement du tome Ir, tous les développemens que comporte une question sur laquelle semble reposer tout l’avenir des établissemens ruraux.
Enfin, un plan de culture doit satisfaire à la théorie chimique des assolemens, telle qu’eile a été exposée à la page 257 du tome I‘, et aux conséquences qui dévoulent des règles qu’elle a posées quand on les combine avec les diverses conditions de l’ordre physique qui ont été mentionnées plus haut.
2° Des conditions administratives.
Les conditions que doit remplir un plan de culture, sous le point de vue administratif, peuvent, si on veut, être distinguées en conditions économiques et conditions commerciales. Commençons par les premières.
A. Sous le rapport économique, le plan doit être combiné de telle façon qu'il donne: 1° les récoltes Les plus abondantes possibles sur une étendue de terrain donnée; 2° les récoltes les plus certaines. Ces 2 conditions sont ordinairement remplies quand on a observé avec sagacilé celles que nous avors considérées comme purement agricoles, et qui ont élé exposées dans le paragraphe précédent; 3 les récoltes qui donnent le produit net le plus considérable. Xl ne suflit pas en effet d’augmenter le produit brut d’un domaine, mais bien d'accroître le produit net qui est la source réelle des bénéfices, et ainsi que le dit un habile praticien, la principale pierre de touche du mérite d’un plan de culture. On accroit le produit net lorsque le plan,. remplissant toutes les conditions exposées précédemment, on obtient d’une mème surface et pour les mêmes frais de production des produits plus abéndans, plus parfaits et d’une plus haute valeur; lorsqu'on combine ce plan de manière à obtenir sans beaucoup de frais et sans diminuer la fécondité de la terre des récoltes multiples ou le retour plus fréquent des végétaux précieux ou de végétaux aisément transformables en d’autres produits recherchés et d’un débit facile, etc.
Le plan de culture ne doit pas seulement avoir en vuc de donner une récolte abondante, certaine et qui fournit le produit net le plus élevé pendant une année seulement, ces avantages doivent étre permanens et s'étendre à toute la période de Passolement pour un fermier et indéfiniment pour un propriétaire.
Un plan de culture doit en outre étre applicable dans la pratique et d'une facile exécution. Pour cela il est nécessaire qu'il remplisse les conditions ciapres :
1° Être en rapport avec les capitaux de l’entrepreneur, mesurés d’après l'étendue de terrain qu’il cullive. Tout le monde sait en effet que, pour unc surfee de terrain donnée, il faut bien plus de capitaux quand on adopte un pian de culture alterne que dans le système triennal, et que plusil entre dans le nombre déterminé d'années de l’assolement de plantes précieuses et épuisantes, plus il est nécessaire de faire d’avances à la production, etc. (Voy. tome Ier, p. 265.)
2° S'adapter à l’état numérique, intellectuel et au degré d'instruction des populations agricoles. Partout, en effet, où se fait sentir le manque de bras, il est diflicile de mettre fructueusement à exécution un plan oùies travaux de culture sont multipliés et nombreux: on