LIV. VIL
éprouve encore fréquemment des difficultés presque insurmontables quand ce plan exige des travaux qui sont au-dessus de l'intelligence ou des connaissances pratiques des serviteurs ou des manouvrivrs du pays, et, sous ce rapport, on doit quelquefois tenir compte de leurs préjugés, de leur entêtement et souvent même de leur malveillance.
30 Satisfaire à certaines exigences de localité. Ainsi on ne peut adopter le même plan de culture pour une ferme en pays de plaine, où les travaux sont faciles, les transports aisés et rapides, et pour une autre ferme en pays élevé où les engrais sont difficiles à transporter et la récolte des plantes encombrantes très pénible ; pour les établissemens où les arrosages peuvent se pratiquer à peu de frais et ceux où cette faculté est interdite, pour ceux où les salaires ou certains frais de production sont très élevés, ce qui force à renoncer à certaines cultures qui exigent de nombreuses façons, et ceux où ils sont à bas prix; pour les domaines où les instrumens d'agriculture sont grossiers et imparfaits et ceux où ils sont établis d’après de bons principes ; pour ceux où les bâtimens d’exploitation sont insuffisants, mal distribués, incommodes, et où certaines récoltes peuvent éprouver des avaries considérables, et ceux où les constructions ne présentent pas ces défauts; pour ceux où les baux n’ont qu’une durée très limitée et ceux où ils ontun plus long terme, etc. Enfin un plan doit se plier à certaines circonstances de localité que la pratique et des observations atlentives ont constaté d’une manière authentique.
4° Se prêter à une bonne distribution des travaux dans le cours de l’année; c’est-à-dire à ce que les travaux qu’exige chaque récolte ne nuisent pas à ceux qui sont nécessaires à une autre, et en outre à ce que ces travaux soient répartis d’une manière à peu près égale et régulière sur toutes les saisons de l’année.
On ne doit pas non plus négliger d’envisager un plan sous le rapport des facilités qu’il peut offrir pour établir sur le domaine la division du travail quand elle est possible.
8 Enfin il doit être en rapport avec le degré d'intelligence et les connaissances de l'entrepreneur. Un homme, en effet, qui manque de la plupart des connaissances agricoles et des dispositions personnelles (voy. p. 510) qui mettent en état de diriger avec quelque espoir de succès une exploitation rurale, ne peut faire choix d’un plan de culture savant où il se trouverait arrêté à chaque pas par des difficultés qu’il ne pourrait résoudre ou des obstacles que son ignorance ne lui permettrait pas de vaincre, et dans les mains duquel l’assolement le mieux concu pourrait Lien ne donner que des fruits médiocres ou mème entrainer à des pertes.
L'ignorance des principes de l'administration agricole s'oppose aussi souvent à ce qu’on puisse formuler et mettre à exécution un bon plan de culture, ou à ce qu'on puisse se rendre un compte exact de la marche qu'on suit et des modifications qu'il faut y apporter ou dont elle est susceptible.
B. Passons maintenant aux conditions qui paraissent purement commerciales et auxquelles le plan de culture doit se conformer.
D'abord, un plan de culture doit être basé sur lebesoins die pays. Ces besoins se révèlent à l’agriculteur par la demande et l’écoulement de ses produits. Plus un produit est d’un emploi général dans un pays, plus on y attache un prix élevé, et plus aussi l’agriculteur peut espérer de trouver un écoulement sûr, rapide et avantageux pour le produit de cette nature qu’il a créé. Une population consomme d’aatant plus de produits qw’elle est plus nombreuse, plus riche et plus industrieuse; et un assolement peut être d'autant plus riche et plus varié qu'on est placé au sein & une population qui présente
CAP