LIV. VII
d'autant plus élevé que les capitaux sont plus rares et plus demandés , et d’autant plus bas que ceux-ci sont plus abondans et plus offerts.
D'autres circonstances influent aussi sur le prix au quel on trouve à louer le service d’un capital, tels sont: les prolits que ce capital peut rendre à lentrepreneur, la capacité et l’industrie de celui-ci, sa consistance et sa solvabilité, les risques de son entreprise, la sécurité du placement, etc.
De mème que pour le profit foncier,un entrepreneur qui possède en propre son capital d'exploitation ne doit pas moins en porter les intérèts dans ses frais de production , et compenser ainsi le sacrifice qu’il fait du loyer qu'il aurait pu en tirer en le confiant à autrui.
Les sommes qu'il faut porter en ligue de compte pour les intérèts des capitaux avancés varient donc suivant les pays et les conditions auxqueiles on a emprunté; mais quand l'entrepreneur est possesseur en propre de ces capilaux, la sécurité étant de beaucoup augmentée, il ne doit guère faire figurer ces intérêts pour plus de 4 à 3 p. 0/0 de ses avances dans ses frais de production.
Le profit du capital se rembourse ordinairement en argent quand il a été emprunté à autrui; mais quand il appartient à l'entrepreneur, les intérêts des capitaux n'ont plus besoin d’être comptés en espèces, ils vont grossir les frais de production. Ce n’est qu’au bout d'un certain temps, ou quand les opérations sont accomplies, qu'on peut, sur les rentrées effectuées, en faire le prélèvement pour les consacrer à faire de nouvelles avances à la production ou à tel usage qu’on juge convenable.
$ 3II. — Du profit ou revenu industriel.
On entend ordinairement par profits ou revenus industriels, ou de l’industrie, ceux auxquels ont droit tous les industriels qui ont concouru par leurs facultés personnelles à la création d’un produit. Dans l’agriculture, ces industriels sont des m”anouvriers dont on a employé les forces physiques; des serviteurs dont on a misen œuvre la force et l’intelligence; et l’entrepreneur lui-même qui a coopéré à la production , souvent par le concours réuni de ses connaissances, de ses forces et de son intelligence.
Les profits de la classe ouvrière et des serviteurs se paient le plus souvent en argent, quelquefois en nature, en nourriture ou entretien ; on les nomme salaires, et nous nous sommes occupés d'en fixer le taux à la page 399 de ce livre. Quant aux prolits de l’entrepreneur, qui prennent le nom de bénéfices, nous allons chercher quelle est leur origine et quelles sont les causes qui peuvent en abaisser ou en élever le taux.
Le concours d’un entrepreneur étant indispensable dans toute opération industrielle, les bénéfices auxquels il a droit, pour sa coopération, sont des frais nécessaires de production.
Les bénéfices d’un entrepreneur, qu’il soit propriétaire ou fermier, sont, la plupart du temps, sous forme de récoltes, bestiaux, produits divers, et résident dans la valeur que peuvent avoir cesobjets qu’il a créés; mais dans l’usage habituel, on ramène tous ces objets à un dénominateur commun, qui est la monnatïe , pour en faciliter la comparaison et l'évaluation relative, et rendre plus aisés tous les calculs.
Ces bénéfices ne peuvent être comme beaucoup d’autres frais de production, fixés à l’avance, et restent incertains jusqu’au moment où l'échange des produits créés étant consommée, on peut comparer les sommes qu’on a perçues avec celles qui ont été avancées.
De même que tous les autres services industriels, leg bénéfices d’&n entrepreneur d'industrie agricole ont, en général, zn prix moyen courant, qui s'établit naturel:
lement par la concurrence des produ:teurs,