‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 45 sur 595 · TILLEUL (lat. Zilia; angl. Lime; all · texte numérisé non relu

TILLEUL (lat. Zilia; angl. Lime; all

Linde ; ital. Tiglio). — Les Tilleuls ont donné leur nom à la famille des Tiliacees ; ce sont, en général , de grands arbres à feuilles alternes, simples, ayant leurs fleurs disposées en corymbe et portées sur un pédoncule commun , sortant lui-même du milieu d’uue bractée alongée; ces fleurs sont composées d'un calice monophylle, à 5 découpures; d’une corolle à 5 pétales oblongs ; d’étamines nombreuses, et d’un ovaire globuleux; il leur succède de petites noix arrondies, coriaces , ne contenant le plus souvent qu'une seule graine par l’avortement des 4 autres.

On consait aujourd'hui 10 espèces appartenant à ce genre, parmi lesquelles nous citerons seulement les plus répandues.

TiLLEUL à feuilles targes, ou T. de Hollande { 7! platyphyllos. Vent.). Cet arbre s'élève à 60 pieds et plus ; son tronc, revêtu d’une écorce épaisse, crevassée, acquiert avec les années des dimensions énormes ; ses feuilles sont arrondies, un peu en cœur à leur base, acuminées à leur sommet, dentéesen leurs bords, presque glabres et d’un beau vert en-dessus, un peu pubescentes en-dessous; ses fleurs sont d’un blanc jaunâtre; elles ont une odeur agréable, et elles paraissent en juin. Cette espèce croit en France et dans plusieurs parties de l’Europe, dans les forêts.

TiLeur à petites feuilles,vulgairement T:/let, Tillot (T.microphylla, Vent.) fig. 56). Cette espèce diffère de la précédente par ses feuilles moitié plus petites et glabres des deux côtés. Elle se trouve en France, en Bohême, en Lanemark, en Russie, etc.

Fig. 56.

TiLLEUL + do (T. argentea, Hort. Par.).

-Cet arbre diffère du tilleul à feuilles larges par le duvet blanc et serré qui recouvre le dessous de ses feuilles, parce que la bractée qui supporte le pédoncule des fleurs est pu-

ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS INDIGÈNES. à 31

bescente, et parce que chaque pétale est muni d’une petite écaille à sa base. Les fleurs ont une odeur suave, analogue à celle de la Jonquille. Cette espèce croît naturellement dans les forêts de la Hongrie et aux environs de Constantinople.

Les tilleuls se multiplient naturellement de graines et de rejetons ; on peut aussi les propager par marcottes et même par boutures Le plus souvent on n’emploie que le moyem des semis. en répandant les graines aussitôt quelles sont mûres, et alors elles lèvent dès la1"*année ; semées seulement au printemps, il est rare qu’elles sortent de terre avant la 2° année. Les tilleuls venus de graines et soignés convenablement en pépinière, ne sont bons à planter à demeure que de la 8° à la 10° année. Ceux qu'on élève de marcottes croissent plus rapidement. Ces arbres ne sont pas difficiles sur l'exposition; cependant ils réussissent mieux a celle du nord qu’à toute autre. Un s0/ léger, un peu substantiel el profond, est celui qui leur convient le mieux. On les plante le plus ordinairement en avenues dans les promenades publiques, au-devant des châteaux et des maisons de campagne; on en fait aussi des palissades, des berceaux qu'on taille au croissant, aux ciseaux. Par celte taille, on peut leur donner toutes les formes qu'on désire. L'espèce qu’on plante presque exclusivement dans les avenues, les promenades et les jardins publics, est le tilleul de Hollande. Cet arbre vit très- Jong-temps, et acquiert alors une grosseur colossale. La croissance du tilleul argenté est plus rapide que celle du tilleul de Hollande.

Le bors du tilleul de Hollande, celui qu'on rencontre le plus communément, est blanc, assez léger, peu dur, mais liant et peu sujet à êlre piqué des vers. Les menuisiers et les layetiers s’en servent pour faire divers ouvrages; les boisseliers et les tonneliers l’emploient pour fabriquer de petits barils et des tonneaux pour renfermer des marchandises sèches; les sculpteurs et les sabotiers en font aussi usage. On fait des perches, des échalas, avec les jeunes tilleuls dépouillés de leur écorce.

La seconde écorce ou le liber tiré des jeunes tiges ou des branches de tilleul, sert à faire des cordes, des natles, des liens pour lier les gerbes des céréales, les bottes de foin, pour attacher les vignes, palisser les arbres fruitiers, etc.

Les fleurs de tilleul ont une odeur agréable ; les abeilles fout sur elles, dans la sa!son, d’abondantes récolles de miel. L’infusion théiforme de ces fleurs est une boisson assez agréable, fréquemment employée en médecine. Les /rutts de tilleul ont passé pour astringens, et comme bons pour arrêter les hémorrhagies. Les petites amandes qu'ils contiennent sont oléagineuses , mais la difficulté de les retirer de leur coque ligneuse enrpêche qu'on ne s’en serve. La séve, retirée par incision, au printemps, du tronc des tilleuls, donne une liqueur assez sucrée qui devient un peu vineuse par la fermentation, et qui n'est pas désagréable.

24. VIORNE (lat. FViburnum).— C’est à la famille des Caprifoliacées qu'appartient la VionnE ”27ancienne, nommée encore Bour-

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daine blanche (Viburnum lantana, Lin.). Elle forme un arbrisseau de 10 à 12 pieds d'élévation, dont les rameaux, recouverts d’une poussière blanchâtre, sont garnis de feuilles opposées, ovales, dentées, glabres en-dessus, blanchâtres et cotonneuses en-dessous. Les fleurs, qui sont blanches, forment au sommet des rameaux des coryrubes d'un assez joli aspect. Ses fruits sont de petites baies arrondies, noirâtres dans la maturité, et contenant une seule graine. Cet arbrisseau se trouve fréquemment en France et en Europe, dans les bois taillis, les haies et les buissons ; il fleurit en avril et mai.

La viorme mancienne est une espèce sauvage qu’on ne soumet que rarement à la culture; on laisse à la nature le soin de la multiplier spontanément par ses graines qui touibent à terre lors de leur parfaite maturité, ou qui sont disséminées par les oiseaux; on peut d’ailleurs la multiplier de marcottes.

Ses jeunes rameaux sont aussi souples et aussi lians que le meilleur osier, ce qui les fait employer, partout où ils sont communs,

our faire des corbeilles, des paniers, des iens, etc. Le boës qui a un certain âge est bon à faire du charbon, qu’on dit propre, à cause de sa légèreté, à entrer dans la fabrication de la poudre à canon. Les racines pilées-et macérées convenablement peuvent servir, comme celles du houx, à préparer une sorte de glu. Les bestiaux mangent les feuilles de mancienne, et dans quelques cantons on Îles fait dessécher pour les donner aux chèvres pendant l'hiver. Les baies étaient autrefois recommandées comme astringentes. En Suisse, on les emploie pour faire une sorte d’encre.

Le genre Viorne renferme en tout une trentaine d'espèces, dont plusieurs sont cultivées; la plupart sont exotiques.

LoisELEUR DESLONGCHAMPS.

$ II. — Arbres des terrains aquatiques.

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