‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 451 sur 595 · LIV. VIE · texte numérisé non relu

LIV. VIE

marché un emplacement public où l'on se rend de tous les lieux d'alentour pour vendre des denrées qu'on produit ou acheter celles qu’on veut consommer.

Il ne suffit pas, en effet, de produire des denrées et que les consommateurs dans un pays soient multipliés, riches et en état de les acquérir par l'échange, il faut encore, pour qu'ils puissent proposer et effectuer cet échange, qu'on mette les produits à leur portée ou sous leur main par des transports, qu’on les divise par portions, afin qu’ils puissent en prendre la quantité dont ils ont besoin et dans un lieu où il leur est commode de les trouver. C'est ce lieu, cet emplacement où le pro-

ducteur et le consommateur se rencontrent et où l’on Lrouve communément les denrées que l’un veut céder ou l’autre acheter divisées en portions d'un poids ou d’un volume délerminé, auquel on donne le nom de marché public, de halle, bourse de commerce, etc. C'est dans ces halles et marchés publics, où les agri-

culteurs, les industriels ou les marchands se rendent à certaines époques fixes, que s'établit fe prix courant ou cours des denrées agricoles. Ce prix, ainsi que nous l'aons dit, s'établit naturellement en hausse, suivant que les denrées sont plus demandées et moins offertes, et en baisse, suivant qu’elles sont plus offertes et moins demandées. Souvent ce prix éprouve des fluctuations assez notables dans un même marché par suite d’une nouvelle affluence de vendeurs ou d’acheteurs, par des spéculations inattendues ou considérables, par des causes fortuites, des nouvelles sur la politique ou la situation industrielle et agricole du pays, vraies ou fausses, ou par besoins imprévus, etc. T'antôt, au contraire, ce prix reste calme ou n’éprouve que des variations peu étendues.

Les halles et marchés ont donc l’avantage pour le cultivateur de constituer des points de réunion ou des rendez-vous dans lesquels il :st certain, à diverses époques de l’année , de trouver rassemblés des acheteurs ou des vendeurs de denrées agricoles , et où la concurrence et les circonstances locales ou accidentéiles fixent le prix courant des denrées qu’il veut vendre ou de celles dont il veut se pourvoir.

La connaissance du cours des denrées sert ensuite pour les achats et les ventes qui peuvent se faire hors des marchés; elle permet de ne pas payer une marchandise au-delà de sa véritable valeur, ni de la vendre au-dessous de son prix courant.

Ces principes étant posés, nous allons examiner quels sont les devoirs de l’administrateur comme marchand de denrées agricoles.

L'objet le plus important que l’administrateur d’un domaine doit d'abord avoir en vue pour la vente de ses denrées est de s’assurer de l'étendue du marché sur lequel il pourra écouler ses produits; pour cela, il passera successivement en revue les lieux où se tiennent les marchés, ceux où il y a des halles permanentes, les points où la population se trouve agglomérée, comme les villes, les bourgs, les camps, ou bien les centres d’activité industrielle ou commerciale, comme les fabriques, les usines, les ports, les villes d’entrepôt, etc. Cela fait , il s’assurera de l'espèce des denrées dont on trouve le plus facilement à se défaire sur ces marchés, de celles qui y ont un cours permanent, ou qu’on de“ mande le plus particulièrement dans les lieux de consommation.

Ces notions étant acquises, il s’informera de Lime poriance des marchés, de la masse des affaires qui s’y font dans chaque espèce de denrées, les jours où le marché est ouvert ; si ces affaires se font plus par ticulièrement par petites, moyennes ou grosses parties; quels sont les individus qui se présentent communément comme acheteurs ; s’il sont sclvableset d'une meralité reconnue; si la vente des denrées et la variation

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des prix courants ne sont pas à la discrétion de quelques gros marchands, de courtiers ou de spéculateurs, et s'il faut nécessairement avoir à faire à eux et passer par leurs mains; quels sont les modes de traiter les plus en usage; si on fait les affaires au comptant, à crédit ou à terme; à quelles conditions et sous quelles réserves, suivant les usages locaux , les ventes se font ordinairement ; si, avec la quantité de denrées qu'on peut jeter sur le marché, on ne dépréciera pas le prix courant; si ce prix s'établit naturellement et n'est pas sujet à des fluctuations considérables, résultat des manæuvres de quelques spéculateurs ; si on n’est pas soumis pour le déplacement des denrées à des mesures vexaloires ou aux exigences du fisc , etc.

Toutes ces matières étant éclaircies, il s'assurera de la distance de la ferme à tous ces marchés ou lieux de consommation dans un rayon assez étendu, en tenant compte des sinuosilés et détours des chemins ; puis, il étudiera avec le plûs grand soin les vores de communication qui conduisent aux uns et aux autres sous le rapport de leur viabilité, de la célérité des moyens de transport , de la sécurité du roulage, et enfin du prix du transport pour une distance et pour un poids déterminé de denrées.

C'est d’après ious ces documens, et en les combinant entre eux, que l'administrateur se déterminera à porter ses denrées sur le marché qui lui présentera une somme d'avantages supérieure à celle de tous les autres.

Donnons un exemple du calcul auquel il est utile de recourir dans ce cas.

L'administrateur de la ferme de M°* dans le canton de P°*, je suppose , veut vendre 20 hectolitres de forment du poids de 70 kilog. l’hectol.; en tout 1,400 kil. (ou 4 2/8, tonneau de 1,000 kilog.). Les frais de ce froment sur la ferme ont été, d'après le relevé de la comptabilité, et y compris les frais de conservation jusqu’à cette époque et les bénéfices industriels de l'entrepreneur, qu'on a portés à 6 p. 0/0 de son capital d'exploitation, de 15 fr. l’hectolitre. Cinq marchés pour l’écoulement de ce froment sont ouverts constamment , et présentent chacun, pour une distance qui n’est pas la même, une voie de communication différente, el un prix souvent différent pour chacuu d'eux,

1. Sur le marché de A, situé à 20 kilom., le prix du bléest coté 16 £.; la route qui y conduit est pavée , en bon état de viabilité en tout temps { sûre. Les frais pour le transport et le retour qui peuvent s'effectuer en 2 journées par une charrette de la ferme attelée de a cheraux, sont : & journées de cheval à 2 fr. 30 & . . . . . . . . . gfr. soc. 2 journées de charretier, y compris le chargement et déchargement de la voiture à 1 fr. 4o ce. . . . . . 5 $o Coulage. échantillons, défaut de poids, mesurage,

un quart pourcent, . . . « 4. + + « + + + + © 80 DR UMONMIPINAR Mes nee ous e see le à eo 0 bo Logement pendant une nuit des chevaux et de la voi-

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