DES VENTES ET ACHATS
2. Sur le marché de B, situé 4 8 kilom., le prix du froment est cote 15 fr. 60 c. La route qui y conduit est ferrée et en mauvais état. Les frais pour le transport et le retour, qui peurent s'effecluer en une journée par une charrette attelée de 4 chevaux nécessaires sur celte route, sont, savoir:
4 journées de cheval à afr. 30€. . . . . .
1 journee de charretier, y compris le chargement et
9 fr. 20 €.
déchargement de la voiture, à 1 fr 4oc. .. . . . 1 4o
Coulage, échantillons, défaut de mesurage, un quart pour cent. 22% avale ue ci eUel- ele 80 Droits municipaux: » 4. 200 0e LOU 60 Toni Ms CITES »
$. Le marché de C est situé à 48 kilom ; le froment y est coté 16 f Soe. On peut se rendre à ce marché par une rivière navigable, qui passe à proximité de la ferme, dont la navigation est assez sûre et où l'on irouve en tout temps des bateaux en charge, tant à la remonte qu'à la descente. Le prix du transport est de 10 cent. par tonneau et par kilomètre, y compris les droits de narigation. Le transport et la vente se fon par l'entremise de courtiers résidant sur les lieux et qui prennent un pour cent de droit de commission. Les frais sont alors les suivans :
Demi-journée de cheyal pour transport au bateau, à
MER MDIC Sie erclelo tele Miele tele ee J s -« 1. 20 © Quart de journée d'homme pour charger, conduire, décharger la voiture et déposer sur le bateau, à RER ER Es le ue ee à 01e Us , 35 Frais et droit de navigation, .. .. ... ...... 13 44 Déchargement du bateau transport au marché. . .. 3 , Coulage, avaries, échantillons, défaut de mesurage , un demi pour eent. . ..: ...........4:+ 1 60 Assurance contre les accidens, 178 poureent. . . ,,. » 4o Droit de commission au courtier. . ... ...... 3 20 Droils municipaux. : + . - :.. es... 1 50 ne |
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4. Le marche de D'est situé à 34 kilom. Le froment y est coté 16 fr 55. ce. On se rend à ce marche par un canal distant d’une demi-journée de route de la feime et où l’on trouve en tout temps des bateaux en charge. Le transport et la vente se font de même par des courtiers qui prélèvent un huit de droit de commission. Le prix du transport et des divers droits est de 25 cent. par tonneau et par kilomètre et les frais de transport, savoir :
3 journées de cheval pour transport au canal, à2fr. 30. 4 fr. 60 €. 1 journée d'homme pour charger, conduire, décharagcr la veiture et déposer sur le bateau. , . . . .. 1 4o
Frais et droit de navigation. . . . .. . . . . « . . . 11 go Déchargement du bateau et transport au marché . . 1 Coulage, avaries, échantillons, défaut de mesurage,
un-demi pour cent. - . 4.-:..... 0. 1 50 Droit de commission au courtier. . . . .: ....,. 3 60 Assurance contre les accidens, 173 pour eent. . ,. . » 32 Droits municipaux, ................. 1 8
HORS cie cs. ce 38 4o
&. Le marché de E est situé à 60 kilom. et le froment y est eoté 16 fr. 50 c. On parvient à ce marché par un chemin de fer qui passe à peu de distance. Le,chantier de chargement pour ce chemin est à une demi-journée de la ferme. La vente peut s'opérer directement par l'admiuisirateur qui accompagne ses denrées. Le prix du transport est de 8 cent. par tonneau et par kilom.: celui du transport des voyageurs de 4 ceut. par kilom. Les frais se composent des élémens suivans :
3 journées de cheval pour transport au chantier de chargement du chemin, à s fr. 30e. . . . . . . . . . . 4fr. 60e. à journée d'homme pour charger, conduire, décharger la
voiture et charger sur les wagons. . . , . . . . . 1 4o Prix du transport. + . . - : + «+... + . . . . 6 72 Déchargement et transport sur le marché. . . . . . . 5 50
Coulage, avaries, échantillons, défaut de mesurage, 1/2
PERD CNE.) AT L12 2 0 1 50 Droits municipaux. . - ; . . . « . . . + . . . + . 2 98 Frais de voyage de l'entrepreneur, aller et retour. . - 4 8o
Avec ces élemens, on est en état de dresser le tableausuivant qui fait voir d’un seul coup d'œil les avantages que présente tel ou tel marché.
FRAIS MOYEN DISTANCE de
LIEUX DE MARCHÉ. de 2 transport ES Le pour Li PORT. courir. 20 hect.
A, . . . . | |Routeenboneétat.| 20 kil.
ANA PESTE Id. mauvaise. .| 8 EU PR lHiviere. : . . « IS DER lEunal; : . . . 2134 0.000 CREmin de fer, :! 60
Dans ce tableau, on voit d’un coup d'œil que les marchés A et B, où l'on se rend par route de terre et avec les attelages de la ferme, ne sont nullement avan-
.116fr. c.1320 fr. 30 c.| 320 fr. — sfr. 30 c. 15 60 313 » 312 — »
A D lééon es = és et prix nee DIFFÉRENCE.
marche. du transport marches.
pour 20 hect.
tageux, surtout si on peut employer les bêtes de trait plus utilement; que même ces deux marchés, qui sont les plus rapprochés, donnent, à cause du bas prix du
froment, une perte de 50 c. et de 1 fr. sur les frais de production et de transport. Les autres voies de communicalion présentent toutes de l'avantage; mais c’est celle par la rivière qui réalise sur l’opération une différence en plus de 14 fr. 31 c. qui parait mériter la préférence.
Resterait à balancer les avantages que le calcul assigne aux divers marchés par les chances commerciales que présente chacun d’eux sous le rapport de la certitude de la vente, de la moralité et de la solvabilité des acheteurs; de la bonne foi et de la loyauté des courtiers ; des conditions, termes ou échéances auxquels se font les ventes et les paiemens , elc.; toutes circonstance qu'il nous est impossible d’examiner ici, et dont la connaissance des localités, l'expérience et la pratique permettent seules de tenir compte dans les transactions de cette espèce.
Rien ne serait plus facile pour un administrateur que de dresser un tableau du prix moyen du transport, à diverses époques de l’année, d’un hectolitre ou d’un quintal métrique de toute autre denrée, pour tous Îles marchés qui l'entourent et toutes les voies de communication qui peuvent y conduire. Un pareil tableau étant placé sous ses yeux, lorsqu'il voudrait vendre des denrées, il n'aurait plus qu'à comparer entre eux les prix courans, les rapprocher du prix du transport et calculer en un instant eten tout temps sur quel marché il pourrait placer ses denrées avec le plus d’avan-
tage.
$ III. De la pratique des ventes et achats.
Le prix courant, combiné, aïnsi qu'on vient de le voir, avec les frais de production, ÿ compris le transport sur le marché, sert donc de base à toutes les spéculations de l'administrateur, et lui indiquent les lieux où il doit livrer ses denrées à la consommation ; mais l'instant auquei il convient , dans les intérêts du producteur, de se délivrer ainsi de ses denrées et de les jeter sur le marché n’est pas aussi facile à déterminer qu'on se l’imagine, et mérite que nous entrions à cet égard dans quelques explications.
Les prix courans, comme nous l’avons dit, sont essentiellement mobiles, et il arrive souvent que d’un marché à l'autre, et parfois dans un mème jour de mar ché, ils éprouvent des variations dont il est très difficile d’apercevoir les causes et qui déjouent tousles calculs de l'administrateur. 1l faut infiniment de sagacité et une connaissance approfondie des besoins et des ressources d’un pays pour pouvoir déterminer à l'avance avec quelque chance de succès les limites probables entre lesquelles pourront osciller les prix pendant une certaine période de temps. Des études raisonnées, des voyages, un commerce étendu, une connaissance parfaite des marchés, une grande habitude des spéculations, peuvent seules donner ce coup d'œil sûr, cette prévision nette des mouvemens que devront éprouver les prix courans. C’est le fruit d’une longue expérience et des applications auxquelles nous conseillons l’administrateur de se livrer comme étude, soit réellement, soit même fictivement, quand l'importance de son entreprise ne lui fournit pas suffisamment d'occasions favorables, s’il veut porter dans ses spéculations cet esprit d’ordre, celle prévision, celte prudence qui en assure le succes.
Quelques faits d'expérience, relativement à la variation des prix Courans, sont pour ainsi dire devenus banals, mais n'en méritent pas moins l'attention de l'administrateur. Dans un assez grand nombre de localités, par exemple, on remarque, après la moisson, quel qu’ait été le succès de la récolte, que les céréales éprouvent géuéralement une dépression qui provient de la grande quantité de ces denrées apportées sur les
ADMINISTRATION RURALEF.