TOME IV
produit beaucoup devariétés,parmilesquelles
nous indiquerons : le FRÈNE argenté, le F.'
graveleux, dont l'écorce est rude et raboteuse; le F. à bois jaspé, à écorce rayée de jaune; le FÆ. doré, dans lequél elle est d’un Jaune assez foncé; le Æ. horizontal, remarquable parce que ses branches s'étendent horizontalement; le F. parasol ou pleureur, dans lequel elles sont pendantes versla terre; le F. à feuilles déchirées, le F. à feuilles panachées de blanc; et enfin, le F. à feurlles simples. Toutes ces variétés se greffent sur le frêne élevé ou commun, et elles se plantent comme arbres d'ornement dans les parcs et les jardins paysagers.
La voie des semis est le moyen qu’on emploie le plus souvent pour multiplier le frêne. Ses graines se sèment en automne où à la fin de l'hiver, dans un terrain convenablement préparé et un peu ombragé. Le jeune plant est bon à être relevé à la fin de la 1°° année et mieux de la 2°, pour être mis en pépinière à 2 ou 3 pieds de distance l’un de l'autre, et où 1l reste jusqu’à ce que chaque arbre soit assez fort pour être mis en place, ce qui arrive vers la 6° année du semis. En plantant les frênes à demeure, onne doit Jamais les étêter ainsi qu'on fait pour plusieurs arbres, parce qu’ils réparent difficilement la perte de leur bourgeon terminal. Le frêne ne reprend point de boutures, et les marcoltes qu’on en fait ne s’enracinent que difficilement.
Le frêne croit assez lentement, un peu moins cependant que le chêne, et il est susceptible de prendre de grandes dimensions ; DE PERTHUIS Cite un de ces arbres, de l’âge d’environ 150 ans, qui avait 9 pieds de tour, 60 de tige et 95 de hauteur totale. Nous en avons vu un, l’an dernier, dans le parc de Saint Cloud, qui avait au moins les mêmes dimensions; un tel arbre, au prix où est le bois maintenant, doit valoir 250 à 300 francs.
On plante le frène dans les haies et en avenues, mais rarement dans les lieux d’agrément, à cause de l’inconvénient qu’il a d’être souvent entièrement dépouillé de ses feuilles par les cantharides. Ces mêmes feuilles sont purgatives pour l’homme, ce qui n'empêche pas les bestiaux et les chevaux de lés brouier avec avidité; aussi dans quelques cantons on les fait sécher pour les employer à la nourriture de ces animaux pendant l’hiver. Au printemps, ces mêmes feuilles, dans leur jeunesse, sont un aliment dangereux pour ces mêmes animaux; elles leur causent une maladie désignée dans les campagnes sous le nom de mal de brout, mal de Jet de bois, mal de bois chaud, etc.; c’est une violente inflammation de l'appareil digestif el qui est souvent mortelle. Les jeunes bourgeons du chêne, et peut-être de plusieurs autres arbres, peuvent causer les mêmes accidens. En Angleterre, les gens du peuple font confire les jeunes fruits du frène dans le vinaigre, et s’en servent comme assaisonnement. Son écorce, avant la découverte du quinquina, était employée comme fébrifuge. C'est des incisions pratiquées à l'écorce de deux frênes naturels à la Calabre. Le F. ornus ou Fréne à fleurs, et le F. rotundifolia où à feuilles rondes, que découle la