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substance connue sous le nom de manne, et qui est fréquemment usitée en médecine comme doux purgatif.
Le bois de frêne est blanc, veiné longitudinalement,assez dur, liant et très-élastique. On l’emploie pour un grand nombre d’ouvrages ; on en fait toutes les grandes pièces de charronnage qui ont besoin d’avoir beaucoup de ressort, comme les brancards et limons de voitures de toutes sortes. Les tourneurs en fabriquent des échelles, des chaises, des manches d'outils, des queues de billard.
On en fait des cercles pour les cuves et les tonneaux. Les ébénistes recherchent les arbres chargés de nœuds, dont le bois offre des veines d’un effet agréable, et ils s'en servent pour fabriquer différentes sortes de meubles qui peuvent rivaliser avec les plus beaux bois étrangers. Le défaut du frêne est d’être sujet à la vermoulure; c’est ce qui empêche de le faire entrer dans les pièces de charpente. Employé pour le foyer, il chauffe bien et fournit de bon charbon; fraîchement cou-
é, il brûle mieux que beaucoup d’autres Fsa dans le même cas.
27. PEUPLIER (lat. Populus ; ang. Poplar ; all. Pappel; ital. Proppo).— Les Peupliers appartiennent à la famille des Amentacées : ce sont de grands arbres à feuillesalternes, plus ou moins en Cœur, ou presque triangulaires, ou ovales-oblongues, plus où moins dentées sur leurs bords, portées par des pétioles assez longs, le plus souvent comprimés sur les côtés, principalement dans leur partie supérieure, ce qui fait que leur feuillage est agité par le moindre vent. Leurs fleurs, qui se développent toujours avant les feuilles, sont disposées en chatons alongés et ont les sexes séparés sur des individus différens. Le fruit est une capsule à 2 loges, renfermant chacune plusieurs graines surmontées d’une houpe cotonneuse.
On connaît une vingtaine d’espèces de ce genre, parmi lesquelles six sont indigènes de l'Europe; presque toutes les avtres appartiennent à l’Amérique septentrionale, et la plupart sont cultivées depuis plus où moins long-temps. Nous allons énumérer les plus connues.
PEuUPLIER blanc, vulgairement Blanc de Hollande, Ypréau(P. alba, Lin.). Ses feuilles sont plus longues que larges, découpées en 3 ou 5 lobes peu profonds, inégalement dentées, glabres et d’un vert assez foncé en dessus, revêlues en dessous, ainsi que les jeunes rameaux, d’un duvet cotonneux et blanc. Ses fleurs, qui paraissent avant les feuilles, forment des chatons oblongs, qui sortent de bourgeons bruns, écailleux; lès mâles sont à 8 étamines.
PEUPLIER grisâtre,vulgairement Grisazlle (P.canescens,Smith) (fig 59). Cette espèce diffère de la précédente par ses feuilles plus petites,non distinctement lobées.seulement inég1lement dentées, dont le duvet inférieur est plutôt grisâtre que blanc, et par ses chatons quisont plus lâches, composés d’écailles trèsvelues. Ces 2 arbres croissent naturellement en France, et se trouvent surtout dans les terrains frais et un peu humides. Le premier s'élève à une grande hauteur, à 80 ou 100 pi.; le deuxième reste toujours plus bas.
Fig. 59.
PEurLier tremble, où simplement 7remble (P. tremula, Lin.). Ses feuilles, sur ies jeunes pousses, sont en cœur, finement dentées, pubescentes ainsi que les rameaux qui les portent ; sur les branches plus âgées, au contraire, les feuilles sont arrondies, glabres et bordés de grosses dents. Cet arbre croît dans les Leux un peu humides des bois; il s'élève à 50 ou 60 pieds.
PeurLiEr d'Athènes (P. græca, Wild.). Ses feuilles sont en cœur, légèrement et finement dentées, glabres ainsi que les rameaux, d’un vert un peu glauque. Cette espèce croit naturellement en Grèce et dans les îles de l’Archipel; on la cultive plutôt comme arbre d'ornement que de rapport; elle ne s’élève guère à plus de 50 pi.; on la rrultiplie en la greffant sur une des espèces précédentes.
PEUPLIER 0/7, vulgairement Peuplier franc (P. nigra, Lin.). Cet arbre s'élève à 80 pieds d’élévation et plus; ses feuilles sont presque triangulaires, crénelées en leurs bords, glabres et d’un vert gai, portées sur des rameaux cylindriques, glabres, étalés ; les chatons mâles sont grêles. Cette espèce croit dans les terrains humides et sur les bords des eaux.
* PEuPLIER pyramidal, d'Italie ou de Lombardie (P. fastigiata, Poir.). Cette espèce ressemble à la précédente par son feuillage et sa floraison; mais elle s’en distingue facilement par son tronc toujours très-droit, et par ses branches et ses rameaux effilés, serrés contre les tiges, de manière à former une longue pyramide. Cet arbre s’élève à 100 pi.
et plus; il nous est venu d'Italie, et paraît originaire du Levant.
PeupLier du Canada(P.Canadensis, Mich.).
Ses feuilles sont grandes, en cœur, glabres,
crénelées en leurs bords, portées sur des ra-
meaux cannelés. Son tronc s'élève à 70 ou 80 pieds. Cet arbre est originaire du Canada et des parties septentrionales des Etats-Unis ; depuis long-temps il est commun en Europe.
PEuPLIER de Virginie où Suisse ( P.monilife-
ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS INDIGÈNES. 35 ra, Mich.) (fég. 60). Cette espèce s'élève à la Fig. 60.
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F *n( SS même hauteur que la précédente, et ses feuilles ont à peu près la même forme ; mais elles sont en général moins grandes, et les chatons femelles sont plus longs que dans aucune des espèces précédentes. Depuis bien desannées, on le cultive en Europe. C’est à tort que dans quelques cantons on l’appelle Peuplier de Caroline où Carolin.
PEUPLIER baumier (P.balsamifera, Lin.) (fig.
61).Cette espèceest remarquable par ses bour-
Fig. 61.
geons enduits d’une sorte de résine jaunâtre, abondante et d’une odeur balsamique agréable. Ses feuilles, portées sur des pétioles ar rondis dans toute leur longueur, sont ovaleslancéolées, dentées, d’un vert un peu foncé en dessus, réticulées et blanchâtres en dessous, mais non cotonneuses. Ce peuplier est originaire du Canada, où il s'élève à 80 pieds
de hauteur; on le cultive en France depuis assez long-temps, mais plutôt comme arbre d'ornement que de gravde culture.
Quant aux usages et propriétés des peupliers et à leur culture, le Peupler blanc a l'avantage de croître rapidement et de venir presque également bien dans les terrains humides, comme dans ceux qui sont plus secs.
Cependant c'est sur les bords des eaux et dans les fonds naturellement frais qu’il acquiert les plus belles proportions. Il n’est pas rare, dans ces circonstances favorables, de voir des arbres de cette espèce avoir, à 60 ou 70 ans, 10 pi. detour à hauteur d'homme, sur 80 à 100 pi. d’élévation, et quand un de ces arbres a acquis de telles dimensions, sa valeur est de 100 à 150 fr. lorsque son tronc est parfaitement sain; mais rarement lui laisse-t-on acquérir une telle valeur; le plus souvent on J’abat quand il a seulement 5 à 6 pieds de circonférence, et il ne vaut guère alors que le quart du prix auquel nous lavons évalué. Le peuplier blanc se multiplie de graines, de rejetons el de marcottes; li reprend très-difficilement de boutures; mais comme il produit d’ailleurs d’abondans rejetons, c’est presque toujours par ce dernier moyen qu’on le propage. De ioutes les espèces de ce genre, c’est celle dont le boës est le plus estimé. Ce bois est blanc, léger, homosène; il setravaille bien et prendun beau poli; ais il est un peu mou et d’une médiocre s0lidité. Les charpentiers, dans les campagnes, emploient les plus grosses pièces pour poutres et solives; les sabotiers ‘en fabriquent des sabots; les menuisiers le font refendre en planches pour en faire des armoires, des boiseries, des portes, des tables ; à Paris les ebénistes en emploient beaucoup pour la carcasse des meubles qu'ils plaquent en acajou. Il y a quelques années, on faisait, à Paris, des chapeaux de femmes avec de fines lanières de ce bois artistement tissées, etqui avaient presque l’aspect des chapeaux de paille.
Les bestiaux, surtout les chèvres et les moutons, broutent volontiers les feurlles du peuplier blanc. On a essayé de faire du papier et même des toiles avec l’espèce de coton dont ses graines sont chargées; mais ces essais ont élé assez promptement abandonnés.
Ce que nous venous de dire sur le peuplier blanc peut en grande partie s'appliquer au peuplier grisàtre et au tremble; seulement ces 2 derniers arbres sont sous tous les rapports inférieurs en qualité et de moindre valeur, Les menues branches de tous ces arbres servent dans les campagnes au chauffage des fours el des foyers.
Le Peuplier notr acquiert une grande élévation, lorsqu'il croît dans les lieux humides et sur les bords des rivières ou fossés aquatiques, et surtout lorsqu'on a soin de l’émonder tous les 3 à 4 ans, en en retrarchant toutes les branches latérales, dont on fait, dans les campagnes, des bourrées qui servent à brüler. Il vient mal au contraire dans les terrains secs, et sa végétation y est presque toujours languissante. Dans les meilleures situalions, il croît plus lentement que le peuplier d'Italie, le P. de Virginie et celui du Ca-
AGRICULTURE FORESTIÈRE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. Liv. v.
nada; aussi, à mesure que ces dernières espèces se répandent, le peuplier noir devient- 1! plus rare. Cependant il vaut mieux qu'eux dirigé en télards.
Son bois aussi est de meilleure qualité; on en fait communément des sabots, de la volige ; les charpentiers des campagnes l’emploient quelquefois pour les pièces de l’intérieur des maisons, en place de celui de chène. Les menuisiers s'en servent, par la même raison, pour faire des ouvrages de toutes sortes, comme portes, volets, boiseries, planchers, châssis, lablettes, etc.
On par multiplier cet arbre de graines, mais l’extrème facilité avec laquelle il reprend de boutures fait qu’on néglige tous les autres moyens, et communément les boutures ne se font qu'avec des branches de 5 à 6 ans, ayant 9 à 10 pieds de hauteur, et 6 à 7 pouces de tour par le bas. On aïiguise ces grosses boutures, appelées plançons, par le gros bout, à peu pres en bec de flûte, et on les plante à demeure sur les bords des prés humides et le long des rivières ou fossés d'irrigation, dans des trous de 15 à 20 pouces de profondeur et préparés seulement avec un fort pieu de fer. Ces plançons doivent être solidement fixés en foulant la terre à leur pied, et encore en les butant, afin qu'ils ne soient ébranlés ni par les vents ni par les bestiaux : on peut les planter depuis le mois de novembre jusqu’en mars; il y en a ordinairement fort peu qui manquent de reprendre.
Le Peuplier pyramidal ou d’Italie vient mieux dans les terrains gras et humides que partout ailleurs; cependant ilcroit encore assez bien dans les terres légères et sablonneuses,pourvu qu’elles ne soient pas trop sèches. On en plante beaucoup comme arbre d’ornement ; la forme pyramidale et régulière que prennent ses tiges le rend très-propre à former des rideaux de verdure, et à faire de belles avenues devant les châteaux et les maisons de campagne. On ne le multiplie que de boutures, parce que jusqu’à présent on n’en connaît que l'individu mâle.On en plante aujourd’hui beaucoup comme arbre de rapport, parce qu'il croît avec rapidité. Il est bon à abattre depuis 20 jusqu’à 30 ans. Son bois est moins solide et plus léger que celui du peuplier noir; on l’empgloie à peu près aux mêmes usages; il est surtout propre, à cause de sa légèreté, pour faire des caisses d'emballage ; aussi les layetiers de Paris en font-ils une grande consommation.
La manière de multiplier le Peuplier de Canada, celui de Virginie et le baurmier, est la même que pour l'espèce précédente. Ce que nous pourrions dire aussi sur la croissance de ces trois arbres, surtout des deux premiers, ou sur les qualités de leur bois, aurait également beaucoup de rapport avec ce qui a été dit du Peuplier d’Italie.
Au reste, de tous les peupliers, celui qui croit le plus rapidement est le véritable Peuplier de Caroline, Populus angulata, Wild.
dont nous n’avons point parlé, parce que cet arbre est très-sujet à geler dans le climat de Paris, et parce que son bois est si tendre qu’il ne saurait être employé utilement. Uu de ces arbres, chez M. Audibert, de Tonelle,
cHaAP. 2. ARBRES ET ARBUSTES près Tarascon, avait 6 pieds de tour à l’âge de 12 ans.
28. PLATANE (lat. P/atanus).—Les platanes sont de grands arbres, de la famille des Amentacées, à feuilles alternes, découpées en lobes plus ou moins profonds; leurs fleurs, de peu d’apparence, sont unisexuelles, disposéessur le mêmeindividuen chatons arrondis, pendans; aux femelles succèdent des graines oblongues, réunies un grand nombre ensemble, en paquets globuleux, à peu près de la grosseur d’un marron ordinaire. Les fleurs paraissent à la fin d’avril ou au commencement de mai.
On trouve, dans les livres de botanique, quatre espèces indiquées dans ce genre ; mais nous croyons qu'il n’en renferme réeliement que deux , savoir : le PLATANE d'Orient (P. Orientalis, Lin. ), espèce très-anciennement connue, que les Romains transplantèrent en Italie, et le PLATANE d'Occident (P.
Occidentalis, Lin.) (f£g. 62), apporté de l’Amérique septentrionale en Angleterre, vers
Fig. 62.
La 1"° espèce se distingue de la 2°, par ses feuilles toujours découpées en lobes assez profonds, bordés de dents grandes et irrégulières. Elle ne paraît encore avoir produit aucune variété, parce que, jusqu’à présent, elle n’a jamais été propagée que par boutures.
La 2°, au contraire, qui a été fréquemment multipliée par ses semences, a produit plusieurs variétés qu'on distingue de la première espèce, en ce que les lobes de leurs feuilles sont moins profonds et moins dentés, et que leur limbe se prolonge souvent sur le pétiole. Dans la variété dite Platanus cuneata, les feuilles n’ont que 3 lobes, et elles sont cunéiformes à leur base. Le P. acerifolia, autre variété, a toutes ses feuilles à 5 lobes qui pénètrent jusqu’à la moitié du limbe. En général, les feuilles du platane d'Occident paraissent être très-sujettes à varier dans leurs découpures; la plus belle variété est celle qui a été nommée P. macrophylla, dont les feuil-