‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 62 sur 595 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

des pins maritimes de la forêt de Fontainebleau ; mais les rameaux n’ont pas souffert.

Ce ne serait donc pas sans danger que l’on exécuterait de grands semis en place pour en former un bois au nord de Paris; il vaudrait mieux semer en pépinière et repiquer ensuite, comme il est dit à l’article du pin sylvestre. On donne au pin maritime une ou plusieurs variétés sous les noms de péx pinsot, pin du Mans, pin à trochet ou à grappe, petit pin maritime, qui ne méritent pas d’être signalées dans cet ouvrage.

Pin des Pyrénées (Pinus Pyrenaica, De C.), PIN écailleux (Pinus squamosa, Bosc). Sont deux pins encore inconnus dans nos cultures; l’un se rencontre dans les Pyrénées et l’autre dans les Basses-Alpes.

Pin de Corse (Pinus laricio, Lin.). Celuici est lrès-préconisé parmi nous, et sa culture en grand est vivement conseillée par les meilleurs écrivains. C’est un arbre maguifique, non moins droit que le pin sylvestre, et qui le surpasse en grosseur et en élévation. Il est tout aussi rustique, et son éducation est absolument la même; ses feuilles, plus longues et tourmentées, lui donnent un aspect plus agréable; ses fruits (/g. 15 ) sont également plus gros et plus

longs. Il paraît très-propre à la haute mâture, cependant des expériences faites à Toulon, pendant le blocus continental sous l’empire, tendent à faire penser qu'il ne vaut pas le pin sylvestre pour faire de grands mâts. En 1823, M. LaARMINAT, alors conservateur de la forêt de Fontainebleau, a commencé à faire greffer dans cette forêt le pin laricio sur le pin sylvestre, par la greffe herbacée ou à la Tscaupy. Depuis cette époque,on en exécute un certain nombre chaque année, et on comple maintenant dans la forêt plus de 12,000 laricio greffés de cette manière. Leur végétation dépasse celle des pins sylvestres non greffés. On dit que dans l’ile de Corse les laricio s'élèvent à la hauteur de 140 pi. Les expériences faites à Toulon ont fait connaître qu’il a beaucou d’aubier, et que cet aubier est accessible à la pourriture; cela tient sans doute à son développement plus rapide en grosseur et en hauteur que dans

le pinsylvestre. Néanmoins, son boës est pré- | cieux pour les charpentes de grande dimenrsion, et sa culture en grand, vu la rapidité de sa croissance, mérite toujours d’être encouragée. Son éducation est la même que celle du pin sylvestre.

Pin de Caramanie, On ne voit encore que quelques individus de cette espèce aux environs de Paris, et les botanistes soutiennent

relle n’est qu'une variété du pin laricio.

L'autre est plus touffu; mais, quoique trèsrobuste, sa croissance est lente, et il paraît ne devoir jamais atteindre la moitié de la hauteur du laricio; la grande culture ne doit donc pas s’en occuper.

Pins à cinq feuilles

Pincèmbro (Pinus cimbra,Lin.), Àlviés,tinier (fig. 76). Cette espèce se trouvesur les Alpes,

Fig. 76.

sur les montagnes de la Savoie et jusqu’en Sibérie. Partout, ainsi que dans nos cultures, il reste si petit qu’il ne sera jamais qu’un objet de curiosité dans les collections et dans es jardins d’agrément. Je n’en parle ici que pour rappeler que ses graines, dures comme celles du pin pignon, sont grosses comme des pois et bonnes à manger, et qu’on en retire une huile estimée en pâtisserie.

Il sera question des autres pins dans la Section suivante des Arbres exotiques.

SAPIN commun ou à feuilles dif (Abies taxifolia Desf.; angl. MNorway fir, common spruce fir; all. Gemeine fichte, Rothtanne ; ital. {bete ).—Ce genre ne contient que 2 espèces européennes et 3 ou 4 américaines qui puissent se cultiver à l’air libre sur notre sol. Celle dont il est ici question croit naturellement sur les montagnes élevées du nord de l’Europe, où elle forme de vastes forêts; elle est moins commune en France, quoique les Pyrénées, la Bourgogne et la At en produisent d’assez fortes masses. C’est un très-bel arbre pyramidal, droit comme une flèche, et dont les branches, disposées par étages, s'étendent horizontalement, ainsi que leurs feuilles linéaires, longues de 8 à 12 lignes, échancrées au sommet,

lanchâtres en dessous, disposées sur deux rangs aux côtés des rameaux. Ses fruits ( g.

717 } sont presque cylindriques, longs de 3

ou 4 pouces sur plus d’un pouce de diamètre, et se tiennent toujours verticalement sur les rameaux, comme ceux du cèdre. Ils mürissent leurs graines dans la seconde année. La croissance de cet arbre est assez lente pendant ses premières années; mais bientôt sa flèche s’alonge avec vigueur, et l’arbre parvient à la hauteur de 100 pieds et davantage. Bosc dit même qu’un sapin de 50 ans veut avoir 120 pieds de hauteur. Son écorce est toujours lisse, et à certain âge il commence à se former, sous son épiderme, de grosses ampoules pleines de térébenthine, que l’on recueille et qui entre dans le commerce sous le nom de térébenthine de Strasbourg. Le boës du sapin est plus vibrant qu'aucun autre, puisque c’est celui qui transmet le mieux et prolonge le plus les sons formés par l’archet, sur les instrumens à cordes. C’est cette propriété, jointe à sa /égéreté, qui le fait préférer par les luthiers. Il est d’ailleurs d’un service très-étendu pour la marine, la charpente, la menuiserie et la layeterie; et sa légèreté lui vaut souvent la préférence sur d’autres bois, dans différentes constructions. Son écorce sert à tanner les cuirs, où il est abondant, et les moutons sont friands de ses feuilles. La terre qui convient au pin sylvestre lui est également propre, et lorsqu'il croît dans les rochers, ses racines prennent aussi

lus de longueur et de grosseur, et serpentent e long des roches enterrées pour en suivre le contour. Ce que j'ai dit de l'éducation du pin sylvestre convient au sapin.

SAPIN Fe (Abies picea Desf.; ang. Si/ver fir ; all. Weisstanne, Edeltanne ; tal. Epicea). C'est sous les noms d'épicéa, picéa, pesse, que cette espèce est généralement connue. Elle croft naturellement dans le nord de l’Europe, sur les Alpes et dans les Vosges, et figure abondamment dans tous les jardins paysagers. C’est un arbre pyramidal, d’une croissance rapide, haut de 60 à 80 pieds, dont le tronc est droit comme une flèche et les branches courtes, très-ramifiées. d’abord horizontales et bientôt inelinées ; les feuilles sont très-nombreuses, éparses, longues de 8 lignes, linéaires, sub-tétragones, aiguës et d’un vert sombre très-foncé; les cônes (Ag.

78 ) sont pendans, sub-cylindriques, longs

52 AGRICULTURE FORESTIÈRE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. £rv.ve

Fi. 78:

de 4à6 pouces, sur 15 ou 18 lignes de diamètre. Le bois de l’épicéa a les qualités de celui du sapin. On en retire, par incision, de la résine, la poix de Bourgogne. Le semis, le repiquage et la plantation de l’épicéa se font comme ceux du pin sylvestre, et avec beaucoup de chances de succès, surtout dans la reprise; mais ses branches étant plus courtes, on le plante à une moindre distance. POITEAU.

SECT. Il. — Arbres forestiers exotiques.

La théorie de la zaturalisation des végétaux repose tout enlière sur la connaissance des circonstances dans lesquelles chaque plante végète dans son pays natal, et sur la possibilité d’en obtenir ailleurs une imitation plus ou moins complète. Or, on sait que la température moyenne d’un lieu donné sur le globe est déterminée essentiellement par trois causes : 1° sa distance à l’équateur ou sa latitude; 2° son élévation au-dessus du niveau de la mer; 3° son exposition, soit au midi, soitau nord, soit aux vents habituellement chauds ou froids. La texture propre du terrain plus ou moins susceptible de s’échauffer, l’état de la surface du sol relativement aux forêts ou aux eaux qui le recouvrent, la position géographique des pays relativement a la forme générale des continens, la puissance de certaines causes locales de chaleur, comme des volcans, des sources d’eaux thermales, ou de froid, comme des glacières continuelles et des arrosemens d’eau provenant de la fonte des glaces, sont autant de circonstances qui, pour n'être que secondaires, ne sont pas moins influentes ; mais leur action réunie est trop compliquée pour qu'il soit possible de déterminer avec rigueur la température d’un lieu donné autrement que par l'expérience. Et lors même que l’on parviendrait à connaître exactement les températures moyennes propres des pays réputés isothermes, la même température moyenne peut être distribuée très-inégalement entre les diverses saisons de l’année, et l’on conçoit sans peine que ce qui influe sur les végétaux, ce ne sont pas les moyennes, mais les extrémes de la température : ainsi, que, dans un

climat donné, il gèle seulement une fois par an, toutes les plantes qui craignent la gelée en sont naturellement exclues, lors même que le reste de l’année serait très-chaud.

Ces observations s'appliquent surtout aux arbres que l’on veut transporter d'un pays dansun autre pour en augmenter la richesse forestière, et où l’on a l’intention de les établir à demeure, de façon à ce qu’ils y prennent tous leurs développemens naturels, s’y propagent par leurs semences, et y subissent, sans altération de leurs qualités spéciales, les mêmes influences locales sous lesquelles viventet prospèrent depuis dessiècles les arbres indigènes ou d’autres arbres anciennement introduits, et qui ont subi sans inconvénient ces influences.

Il faut d’ailleurs distinguer soigneusement l’acclimatation de la naturalisation. L’acclimatation est l'acte par lequel on accoutume un être organisé à supporter une température ou un climat différent de celui dont il est originaire; la naturalisation esi seulement un acte par lequel on transporte et, on propage un être organisé dans un pays différent du sien. Personne ne peut nier la possibilité des naturalisations, et nos champs, nos bois et nos vergers leur doivent aujourd’hui leurs principales richesses; mais il y en a qui conservent des doutes sur les acclimatations des plantes proprement dites; et des faits très-multipliés portent à croire en effet

ue chaque espèce ne peut supporter qu’un

egré de température délerminé par sa contexlure; or c’est cette contexture que l'homme ne peut changer. On dit souvent qu’une plante nouvelle est acclimatée, tandis qu'elle est simplement naturalisée. De savans physiologistes ne partagent pas l’opinion de la plupart des cultivateurs qui pensent que les végétaux provenus de graines récoltées dans le pays où ils ont éléintroduits, sont plus robustes que ceux qui proviennent de graines étrangères.Ce serail doncseulement dans les résultats de la culture qu’il faudrait chercher des moyens et des exemples d’acclimatation réelle. En effet, la culture produit des variétés qui n'auraient probablement pas pris naissance dans l’état de nature, et qui ont ou peuvent avoir, dans la contexture de leurs tissus, des degrés inégaux de susceptibilité, quant à la température. Ces variétés sont principalement produites par l’hybridité, et leur production donne un grand intérêt à l’étude ou à la question des fécondations artificielles. Mais ce ne seraient pas même encore là des acclimatations parfaites, puisqu’en transplantant ces espèces sous un climat plus froid, on n’aurait fait après tout que substituer une race plus dure à une race plus délicate.

Nous avons cru devoir placer ces observations générales en tête des considérations que nous avons à présenter en faveur de la naturalisation ou de l'introduction des arbres forestiers exotiques dans les grandes plantations économiques de la France, afin d’éclaireret defixer d'avance lesesprits non pas sur les avantages de cette naturalisation faite en grand, ils ne peuvent pas être conteslés, mais sur l’extrême facilité de sa réalisation, qui, déjà prouvée pour beaucoup d'espèces

crap. 2°.

par une série d'observations qui remontent

à près d'un siècle, ne doit point consister dans les tâtonnemens d'une acclimatation encore douteuse, mais dans l'extension indéfinie à donner à la propagation d'espèces déjà éprouvées, ou d’autres espèces dont les différentes analogies du climat, de l’exposition, du sol, de la constitution et de la manière de végéter, garantissent d'avance la réussite. La possibilité de la naturalisation de ces végétaux n'est plus un sujet de doute; mais il reste à généraliser ce qui a été fait seulement pour quelques espèces, à multiplier les individus et à les répandreàlasurface de notre sol, selon la qualité du terrain, le climat et les beslons de la population : ces espèces élant toutes ou presque toutes susceptibles de se naturaliser en France, depuis le 42° degré jusqu’au 51°.

Mais la naturalisation est-elle utile ?

Elle l’est sans doute pour les progrès de la science; elle l’est encore pour notre agrément; elle l’est surtout pour notre utilité, car elle doit enrichir le pays de bois et autres substances végétales d’une utilité incoutestable pour les besoins matériels de la société. Cependant, si le sol des Etats-Unis, profond, fertile, imbibé d’eau, excite dans les arbres indigènes une végétation d’une extrème vigueur, il faut convenir aussi que le bois de ces arbres est assez généralement lâche, poreux et mou, ce qui restreint beaucoup l'emploi qu'on en peut faire, et en diminue considérablement la valeur dans le sens que les économistes donnent à ce mot.

Il semblerait donc, au premier coup-d'œil,

ue, pour la consommation, les végétaux

es Etats-Unis ne pourraient soutenir la concurrence avec les nôtres; mais le changement de sol et de climat aura nécessairement une grande influence sur les produits et devra les améliorer. Tous les bois varient par cette influence, et si les espèces ont chacune des qualités qui leur sont propres, elles ont aussi une ceriaine disposition à se plier plus ou moins aux exigences des causes extérieures. On ne peut guère douter que les arbres de l'Amérique du nord, quand nous les aurons naturalisés chez nous, ne subissent cette loi, comme tant d’autres arbres exotiques. Déjà nous possédons un certain nombre de faits qui déposent en faveur de cette opinion. A la vérité, les arbres de l’Amérique du nord perdent certainement cette activité de végétation et de croissance, qui est le résultat prolongé de l’action du climat et du sol originaires; mais enfin ils la perdent, et ils éprouvent des moüifications importantes, dont la principale est l'accroissement de leur densité; ils gagnent en solidité, tandis qu'ils perdent en volume, et il est fort probable que si on venait à des applications, la balance serait avantageuse au producteur et au consommateur.

Autre considération importante qui mihte pour la naturalisation des arbres exotiques : notre sol, exploité depuis tant de siècles, esl presque épuisé; toute la science du cultivateur ne lui rend pas ce qu’il a perdu et ce qu'il perd annuellement. Cela est vrai surtout pour les terres boisées. L'impérieux effet d’une consommation sans bornes diminue considérablement la masse des bois, en

même temps que la reproduction constante des mêmes races dans les mêmes sols occasione des altérations qui influent sur ja qualité des semences, et qui se manifestent par la détérioration graduelle des générations nouvelles. Il y a nécessité d'appliquer à la culture des arbres un système d'’assolement par hémisphère; c’est un palliatif à l’'épouvantable dégradation du sol dans les contrées de vieille civilisation. Nous devons être d'autant moins disposés à reculer devant les difficultés d’une telle entreprise, qui du reste ne peut s'achever que par les efforts continus de plusieurs générations, qu’il n’est pas une localité en France qui ne puisse développer quelque espèce américaine, tout aussi bien que telle que ce soit de nos espèces indigènes.

Eofin, il n’est point douteux que le mélange des races étrangères aux races du pays, ne donne lieu à une série indéfinie de croisemens naturels qui devront produire à la longueune foule d'espèces ou variétés améliorées.

Tels sont les principaux points de vue sous lesquels l'introduction des arbres forestiers exotiques dans les grandes plantations économiques mérite d’être considérée, comme moyen non-seulement d'accroître, d’étendre et de varier notre richesse forestière, mais aussi de contribuer à l’amélioration et à la régénération de nos bois.

Nous allons passer rapidement en revue ies plus intéressans de ces arbres, en les divisant en deux groupes principaux : celui des arbres à feuilles pour la plupart caduques, et celui des arbres à aiguilles pour la

lupart persistantes, qui comprend les arres résineux.

Les arbres feuillus dont nous nous occuperons ici avec un détail proportionné à leur importance, sont les érables, les aunes, les bouleaux, les charmes, les châtaigniers, les micocouliers, les cerisiers, le plaqueminier, les hètres, les frênes, le bonduc, les noyers, le tulipier, les peupliers, les chénes, les tilleuls et les ormes.

Les arbres résineux sont les sapins, les cyprès, les genévriers et les pins.

Tous les arbres compris dans cette nomenclature appartiennent à quelque partie de l’Amérique septentrionale. Il en est certains autres qui sont indigènes à d’autres régions du globe, et qui sont déjà ou méritent d’être naturalisés dans quelqu'un des départemens de la France. Tels sont l’aylanthe du Japon, le zelkoua de la Sibérie, etc. Nous en traiterons à la suite des premiers.

ART.1*.— Arbres a feuilles caduques.

1. ERABLE (4cer). — Sept espèces sont principalement dignes de mention.

ERABLE blanc, A. eriocarpum (en angl, Withe maple). On trouve cet arbre sur les bords de toutes les rivières qui coulent des montagnes à l'Océan, principalement sur les bords de l'Ohio et des rivières qui s'y déchargent, moins communément dans les parties méridionales des Carolines et de la Géorgie. Quoiqu'il se plaise ainsi dans le voisinage des eaux, il refuse de croitre dans les marais ou terrains bourbeux. Il ne s'élève guère au-dessus de 25 pieds Son bois est fin,

54 AGRICULTURE FORESTIERE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. Fig. 79.

doux, plus léger que celui des autres espèces, propre aux ouvrages d’ébénisterie, aux incrustations, et à produire un charbon que les chapeliers préfèrent à tout autre pour le chauffage de leurs chaudières, à cause de l’uniformité de sa chaleur.

ERABLE de montagne, A. montanum (en angl. Mountain maple). Il abonde dans le Canada, la Nouvelle-Ecosse, et le long de la chaine des Alleghanys. Sa taille, encore moins élevée que celle du précédent, ne permet pas de le cultiver dans des vues de profit. Cependant, greffé sur le sycomore, il prend un développement double de sa taille naturelle.

ERAB8LE 4 feuilles de frêne, A.negundo (en angl. 4sh-leaved maple). I est déja commun en France; son boës est susceptible d’un beau poli; sa croissance rapide permettrait d’en tirer un bon parti pour le chauffage.

ERABLE »otr, A. nigrum (en angl. Black sugar maple). Il tire son nom de la couleur sombre de ses feuilles, comparativement à celles de l’érable à sucre, avec lequel il croît mélé. C’est un fort bel arbre de 40 à 50 pi.

de haut, dont on tire aussi du sucre; il couvre, dans le Tennessée, quatre vallées immenses qui arrosent les grandes rivières de l’ouest, est regardé comme le meilleur bois de chauffage après les hickoris, et n’est pas beaucoup employé, parce qu’on trouve, dans les lieux où il abonde, d’autres arbres encore meilleurs que lui.

ERABLE rouge, À. rubrum (en angl. Red flowering mapte). Il commence à se montrer vers le nord au 48° degré de latitude, devient plus commun en avancaunt vers le sud, et se trouve en abondauce aux confins de la Floride el de la Basse- Louisiane. Il s'élève jusqu'à 70 pieds de haut sur 3 à 4 pieds de diamètre dans les parties marécaseuses de New-Jersey et de la Pensylvanie. Dans les situations élevées, il croit aussi fort bien dans un Jloam sablonneux. Ses belles fleurs d’un pourpre foncé, épanouies 15 jours avant les feuilles, annoncent, les premières, le retour du printemps. Le boës de l’érable rouge sert à une foule d’usages intéressans. Son grain est fin et serré, et il prend, par le poli, une surface brillante et soyeuse. On en fait des jougs. et divers ustensiles agricoles. Les fi-

res, dans les vieux arbres, présentent quelquefois une disposition ondulée, qui produit, sous la main de l’ouvrier, des jeux singuliers de lumière et d'ombre, dont l’ébénisterie tire un grand parti. On extrait, par ébullition, de son tégument cellulaire, une couleur pourprée, qu’une addition de sulfate de fer change en bleu foncé et purpurin, et qui, unie à upe solution d’alun, sert à teindre les étoffes en noir,

ERABLE &@ sucre, À. saccharinum (en angl.

Sugar maple) (fig.719). C’est le plus intéressant des érables américains. Il compose en grande partie les forêts qui couvrent les régions situées entre les 46° et 43° degrés de latitude, depuis le Canada jusqu’à l’état de Maine. Plus au sud, ilest encore répandu dans le Tennessée, l’état de New-York, et les parties élevées de la Pensylvanie. Mais il devient rare ou est inconnu dans les parties basses de la Virginie, des Carolines, de la Géorgie, ainsi que

LAV, Vi

dans les états de l'Ouest. Il prospère dans les contrées montagneuses, où le sol, quoique fertile, est froid et humide; il s'élève quelqueñois jusqu’à 80 pieds, mais sa hauteur commune est de 50 à 60. Ce bel arbre se dis:

tingue au loin par la blancheur de son écorce. Son bois, d’un tissu fin ei serré, acquiert un poli, un lustre soyeux, et prend à l’air une certaine teinte rose. On l’emplaie à une foule d’usages, et son charbon, d’une excellente qualité, est recherché pour les forges et dans l’économie domestique. Ce charbon est d’un cinquième plus pesant dans les états de Vermont, New-Hampshire et Maine, que dans les états plus au sud; preuve que le climat du nord lui convient mieux que celui du midi.

Le sucre qüe l’on retire par l’ébullition et l’'évaporation de sa sève est d’une grande ressource pour les habitans du nord, surtout ceux des nouveaux établissemens. Mais, comme ces établissemens nouveaux entrainent des défrichemens par suite desquels les forêts d’érable à sucre disparaissent , cette ressource diminue journellement, et le pays ne pourra bientôt plus être approvisionné que par les importations étrangères, ou par la culture de la canne à sucre dans les localités appropriées. Le parti que l’ébénisterie pourrait retirer de l’emploi de cet arbre; qui, par la disposition de ses fibres, égale souvent l’acajou, devrait seul engager à le cultiver en grand.

ERABLE juspé, À. striatum (en angl. Striped maple). Son boës est employé en ébénisterie ; mais la petitesse de sa taille le rend impropre aux constructions.

2. AUNE (A/nus). — AuNE noir, À. glauca (en angl.Z lack alder) ; et AUNE commun, À.serrulata (Common alder), Le premier atteint 18 à 20 pieds, le second reste à 8 ou 10. On emploie leur écorce pour teindre en noir les chapeaux et la laine.

.3. BOULEAU ( Betula). Nous en citerons cinq :

Do noir; BOULEAU-MERISIER, 2. lenta (en angl. Black birch).Il abonde dans les états du centre, particulièrement à New-York, en Pensylvanie et en Maryland. Il prospère dans un sol profond, perméable et fais: il s'élève

cHAP. 2°.

jusqu’à 70 pieds. Ses feuilles sont assez sem- | Carolines et de la Géorgie. Dans cette situa-

lables à celles du merisier, d’où 1e nom sous lequel il est le plus connu. Il reçoit un beau poli, et possède une force assez considérable. Il est presque aussi estimé que le cerisier sauvage, et esi recherché par les menuisiers, les ébénistes, les carrossiers, etc. C’est, en un mot, une des meilleures espèces.

BouLEAu jaune, B. lutea (en angl. Fellou: birch). On le confond souvent avec le précédent, auquel il ressemble beaucoup, et sa hauteur est la même; mais il passe pour lui êtreinférieur en qualité.Quoi qu'il en soit, on en fait de fort beaux meubles, des Jougs pour les bœufs, des traîneaux, des cercles de barriques, etc. Son écorce est fort bonne pour le tannage, et son bois est un excellent combustible.

BouLEAU à canot, B. papyracea (en angl.

Canoe birch). Ce bel arbre est très-multiplié dans les contrées situées au nord du 43° degré de latitude, et enire le 75° degré de longitude occidentale et l’océan Atlantique : ce qui comprend le Bas-Canada, le New-Brunswick, l’état de Maine, le New-Hampshire et Vermont ; il disparaît sous le 43° degré de lalitude, et ne se trouve point dans la partie sud du Connecticut et sous Albany dans l’état de New-York. Il se plait dans un so/ fertile, qui est couvert de grandes pierres couvertes de mousse. Sa hauteur est de 70 pieds, ses branches déliées et flexibles, ses feuilles grandes et d’un vert foncé, et son aspect d’une grande élégance. Son boës parfait présente un grain brillant et une force considérable. On en fait des tables auxquelles on sait donner l'apparence de l’acajou, des incrustations d’ébénisterie et des ornemens de menuiserie. Il donne un excellent chauffage. Cet arbre, agréable et utile, mérite d’être introdait en grand dans la composition de nos bois et de nos jardins. Son écorce est employée à divers usages : on en fait du bardeau, des paniers, des boîtes, des portefeuilles. Divisée en feuilles trés-minces, elle peut suppléer au papier; mais son plus important emploi est dans la construction de ces canots singuliers faits avec de grands morceaux cousus avec les racines fibreuses du White Spruce; assez solides pour servir à de longs voyages dans l’intérieur de la contrée, et assez légers pour être facilement transportés sur les épaules, d’un lac ou d’une rivière à l’autre; assez forts pour porter jusqu’à 15 passagers, et si bien travaillés qu’un canot capable de porter 4 personnes et leur bagage ne pèse pas plus de 40 à 50 livres.

BouLeau à feuilles de peuplier, B. populifolia (en angl. White birch). L'avantage de ce bouleau est de se trouver très-fréquemment dans les lieux qui manquent d’autres espèces de bois, où le sol est sec et maigre, et généralement épuisé par la culture. Il s’élève de 29 à 25 pieds; dans les localités humides, il en atteint de 30 à 35. On en tire de bon charbon el un bon chauffage quand on le brûle en vert.

BouLEau rouge, B. rubra (en ang. Red birch ). Il ne croit point comme les autres es-

èces dans les forêts, mais on le trouve sur e bord des fleuves, en Pensylvanie, Maryland, Virginie, et la partie supérieure des

tion, il se développe avec vigueur et s'élève jusquà 70 pieds. La couleur rougeâtre àâe son épiderme sur les jeunes arbres , est probablement l’origine de son nom. On l’emploie pour faire des écuelles, des baquets, des cercles, des barriques, etc.

4. CHARME (Carpinus). — CHARME d’Amérique, C. Americana(en angl. American hornbeam). Uu froid trop rigoureux lui est contraire, et il se plaît mieux dans les états du sud, où il s’accommode de loute espèce de sol et d’exposilion, excepté les terrains longtemps inondés ou absolument stériles. Son bois est extraordinairement dur et serré; mais l'arbre ne s'élève qu’à 12 à 15 pieds, ce qui empèche d’en tirer parti, excepté quelquefois pour des cercies.

CHARME bois de fer, C. ostrya (enangl./7ron wood). Sa croissance est très-lente; son boës est pesant, compacte, d’un grain très-fin. Ses qualités supérieures sont bien attestées par son nom; mais quoiqu’un peu plus grand que le précédent, ses dimensions sont trop petites pour qu’on en tire un grand parti. Il est excellent pour faire des dents de roues de moulin, des maillets, etc.

5. CHATAIGNIER ( Castanea).— CHiNca- PIN, C. pumila. Le chincapin est borné au nord par la rivière de Delaware, et s’étend au sud jusqu’à celle des Arkansas. Il aime un sol frais et fertile, mais il s’accommode de tous, excepté de ceux qui sont couverts d’eau. Danslesudil fructifie dans les terrainsles plus arides. Son fruit a la grosseur d’une noisette, et son boës, dur, luisant et compacte, recherché pour les poteaux dont on fait un si grand emploi en Amérique pour les clôtures rurales, se conserve en terre plus de quarante ans.

CHATAIGNIER d'Amérique, C. vesca (en angl. American chesnut). 11 ne s'étend pas au-delà du 44° degré de latitude, car il craint l'excès du froid. Des étés frais et des hivers doux sont ce qui lui convient le mieux. Il s'élève de 70 à 80 pieds, sur une circonférence de 15 à 16. Quoiqu'il ressemble, en général, au châtaignier d'Europe, les botanistes en ont fait une espèce distincte. Ses fruits sont, plus petits et plus doux que ceux du châtaignier sauvage d'Europe. Le boss est fort, élastique, et résiste aux alternatives de l’humidité et de la sécheresse. Sa durée le rend extrêmement propre à faire des pieux et des barrières que l’on dit durer plus de 50 ans.

Il est préférable pour les bardeaux à toute espèce de chênes. Exploité en merrain, il n’est bon que pour contenir des marchandises sèches, à cause de l’ouverture de ses pores. Il fait un mauvais chauffage et un bon charbon.

6. MICOCOULIER (Celtis). — Micocou- LIER & feuilles épaisses, C. crassifolia (en angl. Hack Berry). Grand arbre qui s'élève de 70 à 80 pieds,sur un diamètre disproportionné de 18 à 20 pouces, qui abonde sur les rives de la Susquehannah et du Potomac, et dans les contrées de l’ouest, dans toutes les vallées qui règnent le long des rivières, partout où le sol est fertile, depuis les bords de la Delaware, au-dessus de Philadelphie, au nordest, jusque dans tout le Kentucky et le Tennessée. Les feuilles, les plus grandes dugenre, ont 6 pouces de long sur 3 à 4 de large. Son

56 AGRICULTURE FORESTIÈRE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. Liv. v.

bois, finet compacte, mais pas assez dur, n’est

as fort employé, à cause de son peu de soidité ; mais il donne un excellent charbon.

MicocouLrEerR d'Occident, C. Occidentalis (en angl. {merican nettle tree). Son bois, arrivé à maturité, est dur, compacte, souple et tenace, fait d’excellens cercles, des manches de fouet, des flèches de voitures, etc., ainsi que des ouvrages de sculpture.Il se développe, comme le précédent, dans les sols

profonds, fertiles, ombragés et frais des états

du milieu, de l’ouest et du sud.

7. CERISIER ( Cerasus ). — CERISIER de la Caroline, C. Caroliniana (en angl. Wild orange tree). On le trouve dans les îles de Bahama, et dans les iles le long des côtes des Carolines, de la Géorgie et des Florides. Il disparait quand on s'éloigne de quelques milles des bords de la mer. Sa verdure persistante en fait le plus bel ornement de ces contrées, où il procure promptement aux habitans, qui le plantent autour de leurs maisons, un ombrage impénétrable; mais la petitesse de sa taille ne le rend propre à aucun usage économique.

Cerisier boréal, C. borealis (en angl. Red cherry tree). C’est un arbre du 3° ordre, commun dans les états du nord, le Canada et la Nouvelle-Ecosse, et tout-à-fait inconnu dans ceux du sud. Son fruit est extrêmement acide. Son peu de développement empêche d’en tirer perti dans les arts mécaniques.

CenisiEeR de Virginie, C. Virginiana (en angl. Wild cherry tree). Cet arbre est un des plus grands produits des forêts américaines ; mais la rigueur du froid, l'excès de la chaleur, la grande sécheresse ou la grande humidité du sol, lui sont également contraires, et, suivant leur influence, défavorable ou propice, il s'arrête à 30 ou 40 pieds, ou s’élève jusqu’à 100, sur 12 à 16 de circonférence. Nulle part il n’est plus multiplié ni plus développé qu’au-delà des montagnes des états de l'Ohio, du Kentucky et du Tennessée, en Pensylvanie et dans la Virginie

. d’où il tire son nom. Son fruit, noirâtre ‘ quandil est mür, est extrêmement amer. Son

bois, compacte, d’un grain fin et brillant, d’une couleur rouge, qui devient plus foncée avec le temps, n’est point sujet à se déjeter quand il est bien mür. La menuiserie et l’ébénisterie en font un emploi considérable; et, choisi près de la ramification du tronc, il offre des accidens qui le font rivaliser avec l’acajou. On le préfère au noyer noir, qui devient trop sombre à la longue. On l’emploie aussi dans le charronnage et dans la construction maritime.

8. PLAQUEMINIER (Diospyros). — PLaqueminier de Virginie, D. virgintana (en angl. Persicus). Un froid vif est contraire à cet arbre, qui s'arrête aux rives du Conneclicut, sous le 42° degré de latitude, et se propage à l'infini dans les forêts de l’ouest. Sa taille varie singulièrement, suivant la différence des sites; il fructifie abondamment dans les états du sud; mais son fruit, extrémemeut âcre, n’est mangeable qu'après avoir été exposé à l’action du froid. Le boss est employé dans différens arts économiques. On le fait entrer dans la fabrication de la bière. L’écorce intérieure, extrêmement

amère, est employée avec succès contre les fièvres intermittentes.

9. HÊTRE ( Fagus). — HÈèTRE rouge, F./ferruginea (en Angl. Red beech). Cette espèce de hêtre forme souvent des forêts très-étendues dans les états de Maine, New-Hampshire et Vermont, où elle s’est emparée de terrains fertiles et propres à la culture du blé. Il égale en diamètre, mais non en hauteur, le Fagus sylvestris,qui, sur les bords de l’Ohio, s'élève jusqu’à 100 pieds. Ses fleurs sont aussi plus petites; mais c’est surtout dans le bois que la différence est plus importante; car un hêtre rouge de 15 à 18 pouces de diamètre a seulement 3 ou 4 po. d’aubier et 13 ou 14 po. de cœur, et c’est l’inverse de cette proportion

ue présente le hêtre blanc. Son bozs, plus fort , plus dur et plus compacte, est employé à une foule d’usages, et l’on tire de son fruit uue excellente huile.

10. FRÈNES( Fraxinus).—On en trouve six dans les catalogues de culture :

FRÊNE d'Amérique, F. Americana (eu angl.

White ash). Le frène d'Amérique ou frêne

Fig. 80.

blanc est une des espèces les plus intéressantes entre tous les arbres américains, par les qualités de son bois; et c’est le plus remarquable par la rapidité de sa croissance et la beauté de son feuillage. On le trouve en abondance dans le New-Brunswick et le Canada, au nord de la rivière d'Hudson, et il est plus commun dansle Tennessée que dans la partie sud de New-York, le New-Jersey et la Pensylvanie. Un climat froid paraît avoir plus de rapport avec sa nature que tout autre. Le bord des rivières, le pourtour des marais et les déclivités des coteaux environnans sont pour lui les situations les plus favorables. Il atteint quelquefois la hauteur de 80 pieds, et son tronc, parfaitement droit , a souvent 40 pieds sous l’'embranchement. Son bois est ordinairement estimé pour sa force, sa souplesse et son élasticité,et on l’applique avec un très-grand avantage à une foule d’usages.M.Micaaux n'hésite pas à donner la préférence au frêne blanc d'Amérique sur notre frêne ordinaire (Fraxinus excelsior),; il le considère comme une des plus précieuses acquisitions pour les forêts du nord de l'Eu-

cap. 2°.

rope, et il fait remarquer que les Anglais, reconvaissant sa supériorité, en importent chez eux des quantités considérables, sous la forme de madriers, pour les besoins de leur marine.

FRÈèNE de la Caroline, F.platycarpa(en angl.

Carolinian ash). Voici une espèce qui est limitée aux états du Sud, où elle se plait, plus que toutes les autres, dans une humidité constante et profonde; sa végétation est très-belle , mais sataille,qui excède rarement 30 pieds, fait qu’il est peu recherché; quoiqu'il puisse être très-utilement employé dans les aris mécaniques.

FRèÈNE bleu, F. quadrangulata (en angl.

Blue Ash). Excellent arbre qu'on ne trouve

ue dans le Ténessée, le Kentucky et la partie sud de l'Ohio, où il acquiert, dans les so/s riches qu'il demande, la hauteur de60 à 70 pi. Il possède les propriétés caractéristiques du genre, et c'est le plus estimé de toutes les espèces qui appartiennent aux états de l'Ouest. On peut extraire de son écorce une couleur bleue, d’où peut-être ilatiré son nom. M. Micuaux engage les Européens à l’introduire dans leurs forêts, en attendant, dit-il, que l’expérience ait appris si son bois égale ou même ne surpasse pas en bonté celui du Frazxinus americana et du Fraxinus excelsior.

FRÊNE noir, F. sambucifolia (en angl.

Black ash). Il appartient aussi aux états du Nord, où il croit mêlé avec le frêne blanc; mais il demande un so/ plus humide, et qui soit plus long-temps exposé aux inondations.

Il s’en distingue, au premier coup-d’œil, par son écorce, qui est d’une teinte plus terne, moins profondément sillonnée, et par les feuillets de l’épiderme, disposés par larges plaques. Il est plus sensible aux alternatives de la sécheresse et de l'humidité ; mais son bois, employé néanmoins à une foule d'usages, donne des cendres très-riches en alcali, et on en tire de grandes quantités de potasse. Ces diverses propriétés militent pour l'introduction en grand dans les plantations forestières de ce frène, qui s’élève de 60 à 70 pieds.

FRÈNE rouge où tomenteux, F.tomentosa (en angl. Red ash). Cette espèce est Ja plus mulüpliée de toutes eg Pensylvanie, Maryland et Virginie. Elle se plait dans les marais et les Zieux fréquemment submergés. C’est un bel arbre, de la hauteur de 60 pieds, qui croit moins vite que le frêne blanc, mais dont le boës, d’un rouge brillant, possède à peu près Loutes les qualités qui font rechercher celuici, excepté qu'il est un peu plus dur, et par conséquent moins élastique. Les jeunes pousses de l’année sont couvertes d’un duvet épais, qui, sur les arbres isolés, devient rouge vers l'automne. C’est probablement à cette double disposition qu’il doit les deux noms qu'il porte.

FRÊNE vert, F.viridis (en angl. Green ash).

Arbre de 25 à 30 pieds, doué des mêines qualités que les autres, mais qu’on emploie peu, à cause de ses pelites dimensions.

Il existe encore dans l'Amérique septentriouale un grand nombre d'espèces de frénes, et l’on pourrait en trouver, à l’est du Mississipi, jusqu’à 30 qui mériteraient d’être ‘ntroduits etcultivés en France. Dans l'Amé-

rique, en général, comme en Europe, il n’est point d'arbre, après le chêne, qui soit aussi utile que le frêne. et il est beaucoup d’usages importans pour lesquels on essaierait vainement de le remplacer par d’autres, à raison de la force et de l’élasticité qu’il possède à un si haut degré.

11. BONDUC ( Gymnociadus ). — Bonpuc chicot, G. Canadensis ( en angl. Coffee tree). Cet arbre, dont le sommet est touffu, régulier et peu étalé, s’élevant sur un tronc droit et nu de 50 à Go pieds, fait un effet très-pittoresque dans les jardins paysagers, offre un bors très-compacte, d’une teinte rose, que sa finesse rend propre aux ouvrages d'ébénisterie, et sa force, à ceux de construction. Il n’a presque point d’aubier, de sorte que son tronc peut être employé presque entier. Son écorce, en vert, est excessivement amère et mordante.

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