‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 63 sur 595 · NOYER (Juglans). — On en compte dix, qui sont · texte numérisé non relu

NOYER (Juglans). — On en compte dix, qui sont

Noyer à fruit amer, J. amara ( en angl.

Bitternut hickory). Près de New-York et dans les plaines basses le long de l'Ohio, cet arbre s'élève de 70 à 80 pieds sur une circonférence de 10 à 12; mais il n’acquiert cette dimension que dans les très-bons sols, constamment frais et souvent inondés. Sa végétation est très-tardive, et ses feuilles ne se développent que 15 jours après celles des autres hickorys. Quand l’arbre a perdu ses feuilles, on le distingue toujours par ses bourgeons jaunes et nus. L’amande est âcre et amère, au point que les animaux ne la mangent pas.

On en extrait une utile employée pour les lampes ei pour d’autres usages communs.

Son bois possède, quoiqu’à un degré inférieur, la force, la ténacité et l’élasticité qui distinguent si éminemment celui des autres hickoris.

Noyer aquatique, J. aquatica (en angl.

Water bitternut hichkory). Il croit toujours dans les marais et dans les fossés qui entourent les rizières. Son boës, à raison de ceite circonstance, est inférieur à celui des autres hickorys.

Noyer & beurre, NoYER cathartique , J. cathartica (en angl. Butternut). Ce noyer s’élève, dans les sols qui lui sont favorables, à la hauteur de 50 à 60 pieds sur une circonférence de 10 à 12, mesurée à 5 pieds au-dessus du sol.Ses racines s’étendent presque à lasurface de la terre, dans une direction sinueuse, jusqu’à la distance de 40 pieds; et le tronc se ramifie à une petite hauteur, plus horizontalement que les autres, et forme ainsi une large tête touffue qui donne à l'arbre un aspect très-remarquable. Les noix sont dures, oblongues, arrondies à la base et terminées au sommet en une pointe aiguë. L’amande est épaisse, huileuse, et rancit promptement. Il ressemble beaucoup dans sa jeunesse au noyer noir; mais, dans l’âge mr, on observe dans leur boës des différences remarquables.

Celui du noyer noir est pesant, fort et d’un brun foncé, landis que celui du noyer cathartique est léger, de force moyenne et d’une teinte rougeàtre; mais ils possèdent en commun le grand avantage d’une longue durée et d'être à l'abri des vers. Les propriétés médicioales de l'écorce du /uglans ca-

58 AGRICULTURE FORESTIÈRE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. Liv. v. Fig. 81.

thartica consistent dans une action purgative toujours sûre, toujours douce, dont les bons effets dansles dissenteries ont été reconnus.Si l’on perce le tronc de l’arbre durant le mois qui précède le développement des feuilles, il en découle une grande abondance de sève légèrement sucrée qui, par l’évaporation, donne un sucre inférieur à celui de l’Acer saccharinum.

Noyer & écorce laciniée, J. laciniosa (en angl. 7hick shellbark hickory ). Le nom spécifique de ce noyer lui vient du singulier arrangement de son écorce, divisée, à l'instar de celle du Zuglans squamosa, en bandes d’un à trois pieds de long, repliées sur ellesmêmes aux extrémités, et tenant seulement à l’arbre par leur partie moyenne. Ces longues bandes écailleuses venant à tomber, sont bientôt remplacées par d’autres semblables.

Il porte jusqu’à 80 pieds de haut sa large tête, qui est supportée par un tronc droit. Il abonde sur les bords de l'Ohio et des rivières qui s’y jettent, et ne se rencontre que rarement à l’est des Allzghanys.

Noyer muscadier, J. myristicæformis (en angl. Nutmeg hickory). Ce nom lui vient de la ressemblance de son fruit avec une muscade. Cette espèce est particulière aux états du milieu.

Noyer noir, J. nigra (en angl. Black watnut). Le noyer noir est déjà assez répandu en France et mérite de l’être bien davantage; il abonde à l’ouest des Alleghanys, dans la partie du Tennessée comprise entre les 77° et 79° degrés de longitude; il est très-multiplié dans les forêts des environs de Philadelphie;ilserencontresurlesrives du Mississipi, sur une étendue de 200 mille milles.Ilse plait dans les sols profonds, fertiles, frais, mais non pas inondés ou trop humides. Il atteint, sur les bords de l'Ohio, une élévation de 60 à 70 pieds; sa végétation puissante en fait un des plus grands et des plus beaux arbres de l'Amérique du nord. Son écorce est dure; l’amande est d’un goût agréable et doux, quoique fort inférieur à celui des noix d’Europe. Le cœur de son boës prend à l’air une teinte qui de violetie devient noire : d’où probablement le nom qu’il porte. Il est trèsfort, très-tenace, non sujet à se déjeter ou à se fendre, susceptible de recevoir un beau poli, et a en outre l'avantage d’être à l’abri des vers. On en fait de très-bon bardeau, d’excellens moyeux pour les roues; employé en poteaux pour les clôtures rurales, il reste 25 ans en terre sans pourrir; on l’emploie en fortes pièces dans l’architecture civile et navale; on se sert de son brou pour teindre les étoffes de laine. Le noyer noir est, en un mot, un des arbres les plus uliles, et on ne saurait trop le multiplier. La greffe de notre noyer commun sur le noyer noir offrirait divers avantages qui sont indi-

ués dans les Annales de l'institut horticole

e Fromont.

PACANIER, J. olivæformis (en angl. Pacanenut) (fig. 81). Le pacanier est un fort bel arbre dont le tronc,droit et d’une belle forme, atteint dans les forêts de la haute Louisiane, des bords du Missouri et de l’Ohio,où il pousse avec une extrême vigueur dans les terrains frais el humides, une hauteur de 60 à70 pieds,

sur un diamètre proportionné. Ses noir, dont la coquille est unie et coriace, dont l’extraction est facile, dont le goût est fort doux, font l’objet d'un petit commerce entre la haute et la basse Louisiane, et on les exporte de la Nouvelle-Orléans aux Indes occidentales, et dans les ports des Etats atlantiques. Son bois, pesant et compacte, jouit d’une grande force et d’une grande durée; il est digne de toute l’attention de nos cullivateurs: et il n’est point douteux que, par une culture assidue, son fruit ne pût acquérir un grand degré de perfection.

Noyer 4 cochon, J. porcina (en angl. Pignut hickory). Porismouth peut être considéré comuie la limite de cet arbre vers le nord; il croît en abondance un peu plus au sud, et dans les parties atlantiques des états du milieu, il contribue à former la masse des forêts. On le rencontre aussi dans la partie de l’ouest; et, à l'exception de Vermont, New- Hampshire, et l’état de Maine, du territoire de Gennessée, et des plaines froides et autres sols qui s'étendent en suivant la chaîne des Alléghanys, il croît avec plus ou moins d’abondance dans toutes les forêts des États- Unis. Le Juglans porcina est un des plus

rands arbres des forêts américaines. Mais a noix, petite et fort dure, contient une amande qui, quoique douce, est maigre et difficile à extraire. C’est le plus fort et le plus tenace de tous les Aëckorys, et, par cette raison, on le préfère à tous les autres pour les essieux et les manches de coignée. Celle considération en recommande éminemment la culture.

Noyer écailleux, J. squamosa (en angl.

Shellbark hickory). De tous les hickorys, cette espèce parvient à la plus grande hauteur, proportionnellement à son petit diamètre, car on en trouve qui atteignent jusqu’à 80 et 90 pieds, et n’ont qu’une grosseur moindre de 2 pieds. Son nom est tiré de la disposition de son écorce, disposée en lames écailleuses. Dans le nord, sa taille reste basse et son fruit petit; mais on le trouve en abondance sur les bords du lac Erié, le long de la Mohawk, et sur les bords de la Susquehannh et de la Schuyekill, dans la Caroline du sud,

cHaP. 2°.

ainsi que dans les états de l’Ouest. La singulière exfoliation de son écorce sert à le faire distinguer facilement en hiver, quand il à erdu ses feuilles. Doué comme les autres ickorys, de force, d’élasticité et de ténacité, comme il s’élève à une grande hauteur sur un diamètre presque uniforme, on l’emploie quelquefois à la mâture des vaisseaux. Sa très-grande élasticité permet de le refendre avec beaucoup de facilité, et de l'employer à de nombreux ouvrages de vannerie. Ces qualités sont encore relevées par celle de pouvoir être planté dans les lieux les plus humides, qu’il affectionne particulièrement.

Noyer dur, J. tomentosa (en angl. Mockerrut hickory). Le bois de cet arbre, de même texture et couleur que celui des autres hickorys.offre les qualités qui rendent ces arbres si remarquables, et on en fait un très-grand cas pour le chauffage, usage auquel tous les hickorys sont particulièrement propres et supérieurs à la plupart des autres arbres.

13. TULIPIER.—TuziPier, Lyriodendrum tulipifera. Dans les états Atlantiques, et surtout très-loin de la mer, cet arbre magnifique s’élève de 70 à 80 et 100 pi.sur 2 à 3 pi. de diamètre; mais les états de l'Ouest sont ceuxqui sont le plus favorables à savégétation. C’est de tousles arbres à feuilles caduques,celui qui atteint les plus grandes dimensions,aprèsle plataned’occident; maisil l'emporte de beaucoup sur lui, par la beauté de ses feuilles et de ses fleurs. Dans la jeunesse de l’arbre, son écorce est unie et lisse; ensuite elle commence à se fendre et à s’épaissir. Le cœur du boës mûr est jaune citron. Quoiqu’on l'ait classé dans les bois légers, il est plus pesant que les peuue également fin et plus compacte, son

ois se travaille bien et peut recevoir un beau poli. Le cœur du bois, bien mûr et séparé de l’aubier, résiste long-temps aux influences de l’air, et n’est que rarement atta- LS par les vers. Il est employé à une foule

‘usages dans différentes parties de la construction, dans l’économie rurale, dans l’ébénisterie, etc. Re il est très-sec, il reçoit et conserve très-bien la peinture.

14. PEUPLIERS (Populus).— On en compte huit, qui sont déjà plus où moins répandus en France, savoir : le P. angulata, P. argentea, P. Canadensis, P. candicans, P. grandidentata, P. Hudsonica, P. monilifera, P.

tremuloïdes.

Le premier, qui est le peuplier de la Caroline, se distingue entre tous par sa taille, qui est de 80 pieds, son port, sa tête étalée, et son magnifique feuillage. L’argentea et le Canadensis ont de 70 à 80 pieds; le monilifera, qui est le peuplier de Virginie, parvient encore à la hauteur de 60 à 70 pieds; mais le candican, qui est le baumier, s’arrêle à celle de 40 à 50, et les trois autres

| Sont encore moins grands. Les bors de tous

ces peupliers sont inférieurs à celui du peuplier de Lombardie, et offrentles qualités ana-

| logues qui les font rechercher dans les arts

… ou pour le chauffage.

15. Les CHENES (Quercus).M.And.MicHaux a observé et décrit 26 espèces de chêne croissant dans les diverses contrées de l'Amérique du nord. Nous ne décrirons que les 16 espèces que nous avons pu jusqu'ici réunir et

observer à Fromont, ainsi que le chêne

velani. , CHÈNE blanc, Quercus alba (en angl. White

oak). Aucun des chênes américains (/£g. 82) ne

Fig. 82.

ressemble plus que celui-ci au chêne d’Europe, et notamment à la variété connue sous le nom àe chêne pédonculé. On commence à le trouver, en remontant au nord, dans le district de Maine, par 46° 20° de latitude, et en suivant le cours de l'Océan, on le remarque encore sous celle de 28°, audelà du cap Cannavérali; il s'étend vers l’ouest, depuis les bords de la mer jusque dans le pays des fllinois, espace qui comprend à peu près 400 lieues carrées. Son nom vient de ce que son tronc se trouve revêtu d’une écorce très-blanche, parsemée de taches noires. Son bois est rougeûtre, et trèssemblable à celui du chêne de l’ancien continent. Contrarié dans son développement par une température trop rigoureuse, un s0/ trop aride ou trop aquatique, ou même une fertilité trop grande, il s'élève, dans les situations qui lui conviennent, à la hauteur de 23 à 26 mètres. Il n’est guère d'usages auxquels on ne l’emploie, mais c’est surtout dans les constructions navales que cet arbre est nécessaire, et il est constant qu'aux Etats-Unis, il ne pourrait être avantageusement remplacé par un autre. Doué de beaucoup de force et d’élasticité, il résiste trèslong-temps à la pourriture; et quoique moins pesant et moins compacte que le chêne d’Europe, de savans agronomes ne doutent point que, supérieur à celui-ci par son élasticité, il ne l’égalàt en bonté sous tous les autres rapports,sion ne le mettait en œuvre que parfaitement sec,et si onl’élevait, soit en ligne autour des champs ou le long des routes, soit dans des endroits parfaitement aérés. Il est très- difficile de s'en procurer des glands sains : c'est ce qui fait que cet arbre précieux est encore si rare chez nous, où il mérite éminemment d'être introduit.

CHÈNE gris, CnèNE ambigu, Q. ambigua, (en angl. Grey oak). Ce nom d’ambigu lui a été donné par les botanistes à cause de sa ressemblance avec le chêne rouge par son

60 AGRICULTURE FORESTIERE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. sav. v.

feuillage, et avec le ohêne écarlate par son fruit. Hauteur 50 à 60 pieds.

CHÈNE aquatique, Q. aquatica (en angl.

Water oak). Il croit dans la Virginie, la partie basse des Cærolines, de la Géorgie et dans la Floride orientale. Il occupe les marais étroils qui entrecoupent les sables arides de ces déserts, et s'élève rarement au-dessus de 40 à 45 pieds. Son bois est fort dur, quoique moins souple et moins élastique que celui du chêne blanc.

CHÈNE aquatique, Quercus Catesbæi (en angl. Barens scrub ouk ). Confiné principalement dans les parties basses des Carolines et des Géorgies, il y croit dans des terrains trop maigres pour soutenir toute autre végétation. Il ne s’élève, dans ces déserts improductifs, qu'à 25 pieds; mais comme il est reconnu pour produire le meilleur bois de chauffage, non seulement le chêne de Catesby serait une très - précieuse introduction pour nos landes, où jusqu’à présent on n’a songé à multiplier que les arbres verts, mais il conviendrait également à beaucoup d’autres terrains, dont les arbres verts eux-mêmes ne s’accommoderaient pas. Il est très- difficile de s’en procurer des glands.

CHÊNE écarlate, Quercus coccinea (en angl.

Scarlet oak). On commence à voir ce bel arbre dans les environs de Boston, mais il abonde surtout en Pensylvanie, en Virginie, et dans la partie haute des Carolines et de la Géorgie; il s'élève à plus de 80 pieds de haut, se fait remarquer par la couleur écarlate brillante que son feuillage prend à l’'automne, et qui le rend éminemment propre chez nous aux jardins d'ornement. Son écorce sert à faire du tan, et son bois principalement à faire des douves.

CHÊNE blanc des marais, Q. prinus discolor (en angl. Swamp white oak). Le nom latin est tiré de la couleur de ses feuilles, qui sont d’un beau blanc argenté en dessous, et d’un vert brillant en dessus; le nom anglais, du so/ qu’il préfère, et de son analogie avec le chêne blanc, qu’il égale en force et surpasse en élasticité et en pesanteur. Sa rareté seule ne permet pas de l’employer habituellement dans les arts. Il végète avec vigueur et s'élève à 70 pieds.

CHèNE à feuilles en faux, Q. falcata (en angl. Sparisk oak). Ses feuilles se rapprochent beaucoup de celles du vélani, qui croît en Espagne. Il s'élève à plus de 80 pieds. Le tan de son écorce employé pour les gros cuirs , les rend plus blancs et plus souples, et l’on croit que le cuir s'améliore encore par l’addition d’une petite quantité d’écorce de l’hemlock spruce, Abies Canadensis.

CHÈNE à feuilles en lyre, Q. lyrata (en angl. Overcup oak). Le nom anglais de cette intéressante espèce est tiré de la forme de sa cupule par laquelle le gland est presqu'entièrement recouvert. Il croit dans la partie basse des Carolines et de la Géorgie, sur les bords du Mississipi, dans la basse Louisiane et dans la Floride orientale, dans des situations plus humides que toutes les autres espèces de chênes américains. Il atteint ainsi sur les bords de la Savannah, une hauteur de 80 pieds, sur une circonférence de 8 à 12. Son bois, quoiqu'inférieur à celui

du chêne blanc, est plus compacte qu’on ne le supposerait d’après la nature du sol où il croit.

CHÈNE à gros glands, Q. macrocarpa (en angl. Overcup white oak ). Cette intéressante espèce est très-multipliée au-delà des Alléghanis, dans les fertiles districts de Kentucky et de West-Tennessée, et dans la haute Louisiane , auprès du Missouri.

Ses feuilles sont plus grandes, et ses glands, de forme ovale, contenus aux deux tiers dans une cupule épaisse, garnie de filamens déliés et flexibles, sont beaucoup plus gros que ceux des autres espèces de chênes des Etats-Unis. Il est digne d’attirer l’attention des amateurs d’arbres étrangers, par la grandeur de ses feuilles et la grosseur de ses glands, et mérite d’être introduit en nombre dans les jardins paysagers.

CHèNE chétaignier des rochers, Q. montana, Prinus monticola (en angl. Rock chesnut oak). Il est rarement mélé avec les autres espèces dans les forêts, et croit seulement dans des lieux très-élevés, dont le sol est rocheux ou pierreux. Il abonde sur les bords escarpés et rocailleux de la rivière d'Hudson, et sur les rives du lac Champlain, encore plus sur les hautes collines qui flanquent les monts Alléghanis, dont la surface est presque totalement couverte de pierres. Il porte à la hauteur de 20 mètres une belle tête étalée ; il réussit très-bien dans les environs de Paris, et mérite de fixer l’attention des planteurs, soit parce qu’il affecte de croître dans des terrains pierreux et non cultivés, soit pour les bonnes qualités de son bois, qui est, après celui du chêne blanc, le plus estimé pour la construction des vaisseaux, et après celui de l’hyckory, le plus estimé pour le chauffage.

CHèNE & poteaux, Q. obtusiloba (en angl.

Post oak). Ce très-excellent arbre porte le nom de Post oak (chêne à poteaux), tiré de son emploi le plus étendu, et celui d’Zron oak: (chène de fer), expressif de la dureté de son boës. Quoique sa hauteur excède rarement 15 mètres, et que son tronc se divise très-promptement en branches très-étalées, qui lui donnent un aspect caractéristique, l'avantage qu’il a de croître très-bien dans des terrains secs el maigres, tels que ceux où on le trouve dans le New-Jersey, le Maryand, la Virginie, jusqu'aux rives escarpées de l'Hudson, près New-York, doit engager à le multiplier; et il réussira très-bien dans nos départemens de l’ouest el du midi, où ces sortes de terrains abondent.

CnèNE blanc chätaignier, Q. prinus palustris (en angl. Chesnut white oak ). Dans les terrains frais, profonds et fertiles, il s'élève jusqu’à 90 pieds sur un diamètre proportionné, et son tronc, parfaitement droit et dégarni de branches, conserve le même diamèlre jusqu’à 50, et se termine par un sommet très-vaste et très-touffu. Aussi mérite- L-il d'être placé au premier rang des arbres ! les plus beaux de l'Amérique septentrionale, et produira-t-il certainement un jour un magnifique effet dans les jardins paysagers.

Son boës est fort recherché pour le charronnage el autres usages économiques qui requièrent de la force et de la durée, et il

cnap. 2°. ARBRES ET ARBUSTES

denne un hois fort estimé pour le chauffage.

“Caène-saule, Q. phellos (en angl. Willow oak). Parvenu à une certaine force, il fait dans les jardins d'agrément un effet assez pittoresque, par son feuillage vraiment singulier pour un chêne; mais sous le rapport de l’utilité il est sans intérêt.

CHÊNE rouge, Q. rubra (en angl. Red oaf).

Son parfait développement demande un climat froid et un sol fertile. Son bois est grossier et d’une qualité médiocre. On en fait du merrain pour le transport des marchandises sèches. Ses glands sont abondans et recherchés par les animaux. On fait un grand usage de son écorce pour le tannage des cuirs. Il est depuis long-temps introduit en France, où il contribuerait, s’il y était plus abondant, à l’ornement des jardins paysagers; car c’est un grand arbre qui porte à 80 pieds de haut une cime étalée et maJestueuse.

CHÈNE quercitron, Q. tinctoria (en angl.

Black oak, Quereitron oak). Ce chène (fig. 83)

Fig. 83.

atteintlahauteur de 27 à 30 mètres,et n’a pas besoin, pour prospérer, d’un terrain aussi bon que le chêne blanc. On en trouve de trèsbeaux dans le sol maigre et graveleux qui caractérise certains districts de la Virginie. Excepté l'Etat de Maine, et les parties septentrionales de ceux de New-Hampshire,Vermont et Tennessée, on le trouve dans tous les Etats-Unis des deux côtés des monts Alléghanis. Son bois, rougeûtre et d’un grain grossier, fournit une grande quantité de douves propres au transport des marchandises sèches ; et l’on assure qu’il donne le meilleur bois de chauffage après les hyckorys. L’écorce est généralement employée pour le tannage des cuirs, parce qu’elle est très-riche en principe tannin; seulement elle donne au cuir une couleur jaune qu'on est obligé de faire disparaitre par un procédé particulier. C'est de la partie cellulaire de cette écorce que l’on retire le quercitron, dont on fait un si grand usage pour teindre en jaune la laine, la soie et le papier de tenture. C’est le docteur BancroFT qui, le premier , a appliqué cette substance à la tein-

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