‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 64 sur 595 · FORESTIERS EXOTIQUES · texte numérisé non relu

FORESTIERS EXOTIQUES

ture , et lui a donné le nom sous lequel elle est universellement connue. On peut lire dans les Annales de Fromont les détails de ce procédé. Le quercitron peut être substitué à la gaude pour les difiérentes nuances qu'on veut donner à la soie. La haute élévation à laquelle ce chêne parvient, la rapidité de son accroissement, même dans un mauvais sol et dans les pays les plus froids, la propriété précieuse de son écorce : tous ces titres le recommandent auprès des planteurs forestiers.

CHÊNE vert, Q. virens (en angl. Live oak).

Le climat devient déjà assez doux pour cet arbre près de Norfolk, d’où il s’étend le long de la côte jusqu’à l'embouchure du Mississipi. L'air de la mer semble essentiel à son existence, car on le trouve rarement dans l’intérieur, et jamais au-delà de 15 à 20 milles du rivage. Il ne s'élève guère qu’à 15 ou 18 mètres ; mais son boss est fort pesant, très-compacte, d’un grain fin et serré. Incomparablement plus durable que le meilleur chêne blanc, ilest, à juste titre, très-estimé pour les constructions navales. Sa longue durée, lorsqu'il esttrès-sec, le faitemployer presque exclusivement pour la charpente supérieure des vaisseaux. L’écorce donne un excellent tannin, et le bois est très-estimé pour le chauffage. Le chêne vert va bientôt disparaitre de son pays natal, sous les coupes considérablesque l’onen fait aux Etats-Unis; il serait doncune acquisition vraiment précieuse pour la partie maritime des déparlemens méridionaux de la France, et pour les contrées analogues de l'Italie, où sa réussite doit être regardée comme certaine.

CHÈèNE Velani ( Q. Ægylops, Lin) (Ag. 84).

Fig. 84.

C’est un chène qui croît dans la Grèce, dans la plupart des îles de l’Archipel et sur la côte

62 AGRICULTURE FORESTIÈRE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. Liv. v.

occidentale de la Natohe, et qui mériterait

v’on l’introduisit dans nos forêts, surtout

ans le midi de la France, à cause de l’emploi de la cupule de son fruit dans les arts. Cet arbre a le port de nos chênes communs, mais les feuilles ont un court pétiole, et offrent sur leurs bords des lobes anguleux et mucronés; elles sont coriaces, lisses en dessus et légèrement pubescentes à leur face inférieure. Le fruit est extrêmement gros et la cupule surtout très-volumineuse. Cette cupule est connue dans le commerce sous le nom de Velanède ou Avelanède. Elle contient une très-grande quantité de principes astringens ; aussi, en Orient, en Grèce et dans plusieurs autres pays de l’Europe, on l’empioie fréquemment comme la noix de galle, soit à la préparation des cuirs, soit dans la teinture en noir.

16. TILLEULS (Zita). Ils sont au nombre de trois, le Zèlia alba (en angl. White lime); le T. Americana (en angl. American lime ); et le 7. pubescens ( en angl. Downy limetree)— Le premier, qui excède rarement la hauteur de 40 pieds, est très-répandu dans les Etats-Unis du milieu et de l’ouest; il n’est presque d’aucun usage dans les arts. Le second se trouve dans le Canada, et est plus commun dans les parties septentrionales des Etats-Unis, où il porte vulgairement le nom de Bass-Wood;il croit dans des terrains profonds, perméables et fertiles, et s’y élève

plus de 80 pieds. Le tronc est couvert d’une écorce très-mince; on fait avec cette écorce macérée des cordes à puits. Le bois est blanc et tendre, et sert aux mêmes usages qu’en Europe. Le troisième appartient au contraire aux parties méridionales; il se plaît sur les bords des rivières des grands marais qui ne sont point sujets à inondation; il ne s’élève guère qu’à 40 ou 50 pieds, est peu répandu et n’est d'aucun usage.

17. ORMES (Umus).— Trois espèces d’ormes sont parliculières à l'Amérique du nord.

ORME ailé, U. alata (en angl. F'ahoo). Il croit exclusivement daus les parties basses maritimes des Etats du sud, sur le bord des rivières et dans les grands marais qui entrecoupent les landes pinières. C’est un arbre de moyenne stalure, dont le grain est assez fin, et le bois plus pesant, plus compacte et plus fort que celui de l’'Ulrnus Amertcana. X| abonde en aubier, et ne paraît pas propre à quelque usage.Le nom d’alata lui vient d’'appendices fongeux, opposés, dont les branches de l’arbre sont garnies dans toute leur longueur.

ORME d'Amérique, U. Americana (en angl.

Whiteelm) ( fig.85).\\ se trouve sur une vaste étendue du continent de l'Amérique du nord, mais c’est entre le 42° et le 46° degré de latitude qu'il est le plus multiplié et atteint la plus grande taille qui est de 80 à 100 pieds.Il se plaît dans les sols bas, humides et substantiels. On remarque dans cet arbre une singularité unique : deux petites branches de 4 ou 5 pieds de long croissent dans une position renversée, près de la première ramification, et descendent le long du tronc, qui est couvert d’une écorce blanche, tendre, profondément sillonnée. Il diffère essentiel-

lement de l’orme d'Europe par sa fleur et par ses semences. On se sert à New-York de son bois pour les moyeux des roues de voiture, mais on ne l’emploie ni dans les constructions civiles ni dans les constructions navales. Son écorce, préparée et assouplie dans l’eau, sert à faire le fond des chaises commures. Il brûle bien, et ses cendres sont très-alcalines.

Fig. 85.

ORME rouge, One gras, U. rubra (en angl.

Red ou Slippery elm). Arbre de 50 à 60 pieds de haut, qui se distingue de l’Ulmus Americana, par ses bourgeons qui sont plus grands, plus ronds, se développent quinze jours plus tôt, et sont couverts d’un duvet roussâtre.

Ses feuilles, doublement denticulées, sont aussi plus grandes, plus épaisses et plus rudes, et ont une odeur agréable. Les graines ressemblent beaucoup à celles de l’orme d'Europe; le bois parfait est moins compacte que celui de l’orme d'Amérique, et d'une teinte rouge foncé. Au total, on le regarde comme mreilleur que celui-ci, et les Etats de l’ouest en font une grande consommation pour les constructions civiles, et quelquefois pour celles de leurs vaisseaux.

L'écorce est très-mucilagineuse.

x SouLaANGE-Bopin.

18. PLANERA crénelé (Planera crenata Gmel.) (#g. 86). C’est dans la famille des Amentacees, entre les micocouliers et les ormes;, qu'il faut placer le planéra ou Zelkouha , arbre originaire des bords de la mer Caspienne, et introduit en France il y a une soixantaine d'années. Parvenu à son entier développement, c’est un arbre de la première grandeur, qui s'élève à 70 ou 80 pieds, sur 10 à 12 de circonférence. L’écorce qui couvre le tronc n’est jamais crevassée ; même dans les vieux arbres, elle reste unie et d’un vert grisâtre ou un peurougeâtre, s’exfoliant par petites plaques. Ses fleurs sont petites, verdâtres, de peu d'apparence, placées par groupes aux aisselles des feuilles de l’année précédente , et elles se développent un peu avant les nouvelles; elles sont dépourvues de corolle, les unes unisexuelles, les autres hermaphrodites, à 4 ou 5 élamines et à ovaire terminé par deux stigmates. Le fruit est une

CHAB. 2°.

petite capsule sèche, à deux loges contenant chacune une graine.

Fig. 86.

Nous possédons dans les jardins des planéras d’une assez grande dimension; en 1820, on abattit le premier arbre de cette espèce

ui, probablement, ait été cultivé en France, dans le jardin de feu Lemonnier, situé au Petit-Montreuil, près de Versailles: il avait environ 70 pieds d’élévation, sur près de 7 de circonférence à hauteur d'homme. Maintenant on voit un autre planéra planté au Jardin du Roi, en 1786, lequel a, aujourd’hui 30 janvier 1834, 3 pieds 10 pouces 1 2, mesuré à là hauteur de 5 pieds, et au moins 40 pieds d’élévation. Un troisième Planéra, qui existe dans le parc de la Malmaison, près de Ruelle, a les mêmes dimensions que celui du Jardin des Plantes, et il est probablement plus jeune. L'arbre de Lemonuier , quoiqu'il ait donné pendant long-temps des fleurs, et que les deux autres en produisent abondamment chaque année au commencement du printemps, n’ont jamais rapporté de bonnes graines, de sorte qu’on n’a pu jusqu'à présent multiplier cette espèce qu'avec des graines venues du pays, ce qui a été fort rare, et que le plus souvent on a été obligé, pour la propager, d'employer la ressource des marcottes et de la greffe. Les marcottes, selon M. Camuzet, sont 2 ans à s’enraciner, et c’est plus généralement par la greffe sur l’orme, soit en fente, soit en écusson, lesquelles reprennent facilement toutes les deux, qu’on multiplie le planéra. Mais ce mode de propagation étant toujours plus long et moins éco-

nomique que la voie des semis, il s'ensuit que cet arbre est loin d’être aussi répandu que les bonnes qualités de son bois doi-

. vent faire désirer qu'il le soit.

… On verra dans le mémoire que nous avons publié sur le planéra, et dont nous avons extrait une grande partie de cet article, que la croissance de cet arbre est d’un tiers des rapide que celle de l’orme, et cepen-

dant son bois est plus fort et plus dur; il est aussi d'une couleur plus foncée, un peu rougeàtre. Quoique assez difficile à travailler au rabot, il est cependant susceptible de prendre un beau poli. 11 parait propre par sa ténacité à faire des moyeux, des maillets, el comme il est très-élastique, il serait bon pour des brancards el des limons de voitures. Employé depuis long-temps, il n’est pas sujet à être piqué des vers ; il se conserve longtemps en terre et daus l’eau ; exposé à l’airil résiste bien aux 2lternatives de la sécheresse et de l’humidité.Dans les pays où il croit naturellement, les habitanss’en servent pour faire la charpente des maisons et les planchers des appartemens. C’est aussi le bois le plus employé pour meubles, parce qu'il est d’une couleur assez agréable, qu'il est bien veine, et que le grain en est dur et fin. Avec toutes ces bonnes qualités ce bois doit être excellent pour le chauffage.

Le planéra pourrait être employé avec beaucoup d’avaniage pour être planté en avenues sur les bords des routes et sur les places publiques; il serait d’un grand produit lorsqu'il aurait acquis assez de grosseur pour être abatlu; il n’est d’ailleurs pas difficile sur la nature du terrain; il paraît pivoter et ne pas tracer comme l’orme.

Ses feuilles ne sont pas sujettes, comme celles de l’orme, à être mangées par les vers, etson tronc, comme celui de cet arbre, à être affecté d’ulcères chancreux, qui dans ce cas rendent son bois impropre aux différens usages auxquels il est om employé.

En effet, le nombre des ormes chez lesquels celte maladie existe est si considérable, que sur cerlaines routes qui en en sont bordées, le dixième en est attaqué. Le zelkouha mérite donc à plus d’un titre d’attirer l'attention des grands propriétaires ruraux, de l’administration des eaux et forêts, et surtout de celle des ponts et chaussées, chargée principalement de ia plantation des grandes routes; car c’est certainement l'espèce d'arbre qui, sous tous les rapports, est le plus approprié à cet usage. André Micxaux.

19. VERNIS du Japor.—AxLanTuE (4y/anthus glardulosa). Ce grand arbre , originaire de la Chine et du Japon, et introduit en Europe en 1751, mérite d'être considéré ici sous le rapport de l’utililé qu’il aura, quand on lui fera franchir les limites du jardin pour l'introduire dans les plantations forestières; il

ousse rapidement, acquiert à la longue

eaucoup de dureté, el se propage abondamment par ses rejetons; l'abattage d'un seul pied en produit des centaines qui s'étendent au loin , et sous ce dernier rapport, on peut ürer un excellent parti de quelques-uns de ces rejetons en les replantant cà et là dans les éclaircis des bois, dont ils auraient bientôt regarni les vides. Quoiqu'il se plaise dans les terrains légers et un peu frais, cependant il réussit dans tous, ses racines superficielles et traçantes ne demandant qu’une couche de terre peu épaisse. Son bois est solide, quoiqu'un peu cassant, susceptible d’être employé à la menuiserie, ainsi que dans d’autres arts; il donne un fort bon chauffage, jette une flamme vive, et rend un charbon comparable à celui de l'orme et du mürier. La qua«

hté du bois est encore meilleure quand il végète dans des terrains un peu secs et remplis de gravier. SOULANGE Bonix.

ART. 11. — Arbres résineux ou conifères.

1 SAPINS (Abies).— SApiNETTE blanche, A. alba (en angl. White ou Single spruce).Cet arbre(/g. 87) appartient aux régions les plus

froides de l'Amérique du nord, du Canada au Massachusetis, où il prospère dans un sol sablonneux et humide. Il s’élève de 40 à 50 pieds en pyramide régulière, moins branchue et touffue que dans l’ Abies nigra.ïIltire son nom de ses feuilles, d’un beau vert pâle bleuâtre, entourant les branches comme celles de l’autre, mais moins nombreuses, plus pointues, et offrant avec les branches un angle plus ouvert. Les fibres des racines macérées dans l’eau sont à la fois flexibles et solides; et dépouillées ainsi de leur pellicule, les Canadiens s’en servent pour assembler les écorces du Betula papyracea, dont ils forment leurs canots, recouvrant après les coutures avec une résine que le même arbre leur fournit. L’écorce donne un tan moins bon que celui de l’hemlock spruce.

SAPIN baumier, Baumier de Gilead (en angl.

American sylver fir) (fig. 88). Habitant les mé-

Fig. 88.

mes régions très-froides, où il se trou ve non

AGRICULTURE FORESTIÈRE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS. iv. v.

réuni en masses de bois, mais disséminé et mêlé avec les autres espèces, il excède rarement 40 pieds, et forme, quand il est isolé, une belle pyramide régulière, qui commence presque au niveau du sol. On en extrait par Incision une résine connue dans le commerce sous le nom de baume de giléad, quoiqE tout le monde sache que le vrai baume

e giléad est fourni par l’A4myris gileadensis, plante native de l’Asie. Cet arbre, quand il réussit, fait un bon effet dans les Jardins; il lui faut, pour prospérer, un sol sablonneux et frais.

SAPINETTE du Canada, 4. Canadensis (en angl. Hemlock spruce). Egalement naturel aux régions très-froides, on commence à le voir à la baie d'Hudson; il remplit les forêts des environs de Quebec, forme les trois quarts des arbres verts de ces contrées septentrionales, et disparaît en s’avançant vers le midi. Il atteint la hauteur de 70 à 80 pieds; et dans nos contrées il peut contribuer beaucoup à l’embellissement de nos paysages, par l’élégance de son port et la disposition de ses branches; mais il perd ces avantages pittoresques en vieillissant. Son bois et sa résine sont de peu de valeur; mais il offre, dans les pays où il croît, une qualité inestimable, par son écorce qui est employée, dans les tanneries, en place de celle de chêne.

SAPINETTE AOire, A. nigra ( en angl.

Black où Double spruce). On lui donne aussi quelquefois le nom de red spruce. Cette espèce croit en forêts épaisses et presque non interrompues dans les contrées comprises entre les 44° et 53° degrés de latitude, et les 55° et 75° degrés de longitude. Les plus beaux massifs se voient dans les vallées dont le sol est noir, humide, profond et couvert d'une mousse épaisse. L'arbre s'élève de 70à 80 pieds, et son sommet présente une belle pyramiderégulière, dont la forme est déterminée par la direction horizontale des branches. Ses qualités distinctives sont la force, la légèreté et l’élasticité; il fournit les meilleurs mâts de perroquet et les meilleures vergues qu'on puisse désirer; il entre encore dans d’autres parties de la construction des vaisseaux, en remplacement du chêne, et l’on en fait des madriers d’une grande dimension. Il n’est pas employé moins avantageusement dans les constructions civiles.

Cette espèce n’est pas assez résineuse pour douner de la térébenthine comme article de commerce. C’est avec ses jeunes branches qu'on fait la boisson salutaire connue sous le nom de spruce beer, qui, dans les longs voyages, est un excellent préservalif du scorbut. .

2. CYPRES (Cupressus).—CyrRÈs distique, CyYrRÈs chauve, CYPRÈSs de la Louisiane, C. disticha (Schubertia) (en angl. Cypress)( fig. 89). C'est dans les marais des Etats du sud, principalement ceux de la Louisiane, où il occupe des milliers d’acres désignés sous le nom de cyprières, que cet arbre atteint son

plus grand développement. Les plus grands !

individus ont 120 pieds de hauteur, et de 25 à 40 pieds de circonférence au-dessus de la base conique qui, à la surface de la terre, est toujours 3 ou 4 fois aussi grosse que le tronc proprement dit : disposition qui oblige

les nègres qui veulent abattre ces arbres, de s'établir sur äes échafauds à 5 ou 6 pieds au-dessus du sol. Cette base est ordinairement creuse dans les trois quarts de son épaisseur. Les racines principales se charent, quand l’arbre a de 20 à 25 pieds, de ortes protubérances de 4 à 5 pieds de haut, creuses, unies, ne donnant aucun signe de végétation, et dont l’origine est inconnue.

Les feuilles, gracieuses et légères, sont caduques; le bozs prend à la lumière une couleur rouge. il est plus léger et moins résineux que celui des pins, maïs il possède beaucoup plus de force et d’élasticité; à ces propriétés il joint celle de résister long-temps à la chaleur et à humidité dans les climats méridionaux. Il est d'un usage fort étendu dans les constructions civiles et navales, la menuiserie, l’ébénisterie; il donne de trèsbeaux mâts, et l’on en fait des canots d’une seule pièce, de 30 pieds de long sur 5 pieds de large, légers, solides, et plus durables que ceux de tout autre bois; on en fait aussi les meilleurs tuyaux pour conduire l’eau sous terre, et l’on emploie spécialement pour cet objet la variété notre, qui est plus résineuse, plussolide,s’accommode de fonäs moïns humides, et qui, signalée déjà par M. Mrcnaux, a été introduite pour la première fois en France dans le jardin de Fromont, d’où elle commence à se répandre, avec les nombreuses espèces d'arbres américains réunies ei multipliées dans cet établissement.

CÈDRE blanc, C. thuyoïdes (en angl. White cedar). — 11 ne croit que dans les terrains très-humides el sujets à être inondés. Dans les districts maritimes de New-Jersey, Maryland et Virginie, il couvre presque seul les marécages étendus quisont dansle voisinage des marais salans, et qui, dans les hautes marées, sont sujets à être recouverts par la mer. Le cèdre blanc atteint 50 à 60 pieds, son feuillage est toujours vert; chaque feuille est une petite branche subdivisée en ramifications nombreuses, el composée d’écailles petites, aiguës, imbriquées, sur le dos des-

uelles on distingue avec la loupe une petite glande. Les fleurs, à peine visibles, se développent dans l’angle des ramifications.

Le boss est léger, doux, d’un grain fin et fa-

AGRICULTURE

| de 15 pouces de diamètre à 3

cile à travailler, et prend à l'air, avec le temps, une teinte rose. Doué d'une forte odeur aromatique, il résiste plus long-temps que tous les autres arbres à l’alternative de la sécheresse et de l’humidité, et l’on en fait des bardeaux qui durent 40 à 50 ans. On en fait un emploi si grand et si varié dans les arts mécaniques ét économiques, qu’il s’est formé à Philadelphie une classe particulière d'artisans, uniquement occupés à travailler ce bois, et qu’on nomme, à cause de cela, cedar coopers. Quand il est choisi avec soin, on en tire d'excellentes tables pour les pianos; on fait, avec ses jeunes branches dépouillées de leur écorce, un charbon trèsestimé pour la fabrication de la poudre, et, avec son bois mûr, un noir de lampe trèsbeau, plus léger, plus coloré, quoique moins abondant, que celui qu’on obtient du pin. Les fermiers en font des clôtures qui durent 50 à 60 ans, si l’on a soin de dépouiller le bois de son écorce.

3. PINS (Pénus).—Pin austral, Pinus austrads (en angl. Longleaved pine)( fig.90). Très-im-

Fig. 90.

proprement appelé pin des marais, cet arbre inappréciable commence à se montrer vers le nord près de Norfolk en Virginie. Il semble particulièrement destiné aux terrains sablonneux el secs ; on le voit sars interruplion dans les parties basses des Caroïines, de la Géorgie et de la Floride, sur une étendue de plus de 600 milles de long du N.-E. au S.-O., et de plus de 100 milles de large, depuis la mer jusqu'aux montagnes des Carolines et de la Géorgie. Sa taille moyenne est de 60 à 70 pieds. Ses feuilles, d’un beau vert brillant, ont environ 1 pied de long: le bois ne contient que fort peu d’aubier; el des arbres,

3 pieds au-dessus du sol, ont communément 10 pouces de cœur; on en exploite des quantités considérables de cette taille, et on n’en admet aucun pour l'exportation qui n'ait 10 pouces de cœur en diamètre étant équarri. La matière résineuse dont il abonde, distribuée entre les couches du bois plus régulierement que dans les autres espèces, le rend plus fort, plus compacte, plus dense que celles-ci, et il est susceptible, en outre, de recevoir

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