‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 69 sur 595 · FORETS ARTIFICIELLES, SEMIS · texte numérisé non relu

FORETS ARTIFICIELLES, SEMIS

du jour donnera plus de chances de succès.

On pourra aussi protéger la levée des grains par des abris artificiels, susceptibles d’être appliqués même à de grandes surfaces. Les vents de l’ouest et l’ardeur du soleilcouchant frappant un sol déjà desséché par la chaleur du Jour, non seulement font beaucoup de tortaux grands semis, mais aussi aux grands arbres; on protége le semis contre leur action, soit en se servant de rideaux de grands arbres, quand cela est possible, soit en mélant aux graines des espèces dures et lentes à croître, des graines d’arbustes qui poussent vite et vivent peu, comme les genêts, soit en semant ou plantant des zones de grands arbrisseaux que l’on fait courir du nord au sud, et à l'est desquels on pratique les semis, quand ces espèces de haies peuvent commencer à les abriter et les défendre, soit enfin en divisant le terrain en larges platebandes au moyen de haies sèches dans les pays où l’on peut se procurer à bon marché le menu bois propre à leur confection.

Préparation du terrain. Lorsqu'on a choisi Judicreusement l'espèce d’arbre qu'il convient d’élablir dans une localité déterminée, d'après la nature du sol et les différentes circonstances locales, on doit s'occuper de mettre le terrain ex état de recevoir la semence, d'en favoriser la germination, et de fournir aux jeunes plants la nourriture dont ils ont besoin. Pour assurer au semis tous ces avantages, 1l faut semer la graine dans une terre fraiche et nouveilement remuée.

de manière qu’elle puisse faciiemernt y germer, s’y étendre et s'y nourrir.

On atteint ce but en caltivant la surfacc du terrain, opération où jes méthodes les plus simples et les moins coûteuses sont toujeux les plus naturelles et par conséquent

es meilleures.

Un terrain exempt de racines et de pierres admet /a culture à la charrue (voy. Y'article Défrichemens, t. 1°, p. 113), qui est la plus expéditive et la plus économique; mais, quand le terrain n’est pas dans cet état, il faut avoir recours à Ja main des hommes pour le faire remuer à la pioche ou à la houe. Cette opération se fait de deux manières : la première consiste à labourer toute la surface du terrain à la pioche ou à la houe, et à le mettre dans l’état où il serait si des cochons y eussent passé; la seconde, à enlever le gazon à la houe par bandes alternées.

On doit encore employer la pioche pour favoriser par le simple remuement du sol les repeuplemens naturels.

$ IV. — Quantité de semence à employer.

L'insuffisance des graines ne donne pas lieu d’espérer un semis fourni ui une croissance convenable, en ce que les arbres, trop éloignés entre eux. étalent beaucoup leurs branches. La surabondance, au contraire, outre une dépense inutile, donne des jeunes plants trop pressés, qui ne peuvent élendre convenablement leurs racines, s’élancent en hauteur sans prendre de corps, et s'étouffent entre eux eu grande partie. Il ne fault donc répandre ni trop ni trop peu de graines, et se régler d’après la nature du terrain,

celle du bois qu’on veut créer et la qualité reconrue de la semence. Si la semence est bonne et le terrain bien préparé, il y aura lieu de semer d'autant moins dru qu’il se présentera alors plus de chances de succès.

La règle à suivre est donc de semer modérément quand la graine est bonne, le terrain bon et bien cultivé; de doubler quelquefois la semence dans le cas contraire, et en général de n’employer dans les semis par rayons que les deux tiers au plus de la semence ordinaire pour un espace donné. On économise beaucoup les semences et on se prépare un succès bien plus certain quand, parmi les semis en place, on plante des rmnortbois qui, par leur croissance rapide, protégent les jeunes plants et préviennent les pertes nombreuses qu’occasione toujours le défaut d’abri. Il y a même une excellente méthode, c’est de mêler aux semences de bois une demi-semence de céréales dont on ne coupe le chaume qu'au tiers où à la moitié de sa hauteur. Par là on se dédommacge des frais de culture, et l’on prépare au semis un abri, à la terre un engrais.

$ V. — Recouvrement des graines.

Le recouvrement des graines dépend du volume des semences, du temps qu'elles met-

tent à lever, de la manière dont elles lévent,

de la qualité du terrain plus serré ou plus perméable. En général, les semences doivent étre peu recouvertes de terre; elles doivent l'être d'autant moins que le terrain est plus serré, que la semence est plus petite et qu'elle lève accompagnée de feuilles séminales. Il faut très-peu recouvrir de terre les semences pesantes que l’on sème en automne sous l’abri de vieux arbres, où elles doivent recevoir pendant l'hiver une couche épaisse de feuillage. On ne doit point recouvrir de terre les semences ailées et légères, mais il faut se contenter de les répandre à la surface de la terre après une légère culture. Il n’en sera pas tout-à-fait de même à l’égard des semences que l’on répand sur les sables légers après les avoir dépouillées de leurs mem-

ranes ailées; cependant il sera toujours dangereux de les exposer à trop s'enfoncer.

Les semis de pins réussissent mieux lorsqu'ils ne sont pas recouverts.

$ VI. — Régles pour le semis des diverses espèces.

La quantité des graines à semer est au5si déterminée par la nature des essences. Nous allons entrer à ce sujet dans quelques détails.

A. Bois feuillus.

Dans la formation de ces boïs, on donne en général la préférence au chêne, à l’orme, au frêne, au châtaignier, au hêtre, à l’aune, au charme, aux érables et au bouleau.

Semis de glands. La situation doit être ombragée, la terre fraiche, profonde et plus douce que serrée. L'époque où l’on doit ramasser les glands est en octobre, où ils tombent parfaitement mûrs. Ils ne conservent guère leur faculté germinative que jusqu’au printemps. La saison naturelle des semis est par conséquent en automne; on les conserve

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