‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 70 sur 595 · PLANTATION DES FORETS. LIV. V · texte numérisé non relu

PLANTATION DES FORETS. LIV. V

dans du sable sec ou dans une fosse profonde. On sème du gland à trois intentions :

1° pour repeupler une vieille forét de chéne qui conserve encore des moyens d’ensemencemeut naturel. Alors on se contente de faire herser les endroils qui ne peuvent recevoir les semences qui tombent des arbres, puis on y fait un semis à la main pour lequel on emploie environ 60 décalitres de glands par hectare, quand on peut compter qu'il en est tombé une pareille quantité des arbres sur place pendant la glandée. Après l’ensemencement on fait passer sur tout le terrain une herse avec laquelle on peut enfoncer les glands à environ 2 pouces. — 2° Pour convertir en essence de chéne un canton compose d’autres essences. On double la quantité de ‘glauds, attendu qu'il n’y a aucune ressource pour l’ensemencement naturel. La préparation du tesrain est ja même.—3° Pour convertir en chenaie un terrain entiérement nu et dépouillé d'arbres. I faut le mettre en cullure pendant quelques années, le lahourer de nouveau en automne, y Jeter du gland à la volée à raison de 120 décalilres par hectare, puis le herser dans toute sa longueur avec une herse de fer. Si le terrain ne peut recevoir le labour à la charrue, on doit y pratiquer à la houe des rayons disitans de deux pieds entre eux, y déposer ensuile les glands seul à seul, et enfin les recouvrir d'un pouce de terre. IL faut pour cette opération 80 litres de glands par hectare.

Semis d'orme. Les semis d’orme peuvent être employés avec avantage pour le repeuplement des terrains vagues et découverts, pourvu que le sol soit frais el de bonne qualité. On ramasse la graine dès qu'elle est mûre, soil aux pieds des arbres, soit sur les arbres eux-mêmes. Il faut prendre garde qu’elle nes'échauffe, car en peu d’heuresellese gâterait absolument. On la sème tout de suite après avoir bien préparé le terrain à la charrue ou à la houe.Il faut au moins 30 décalitres de bonne semence par hectare. L'opération se fait par un temps calme et pluvieux, afin quela semence soit mouillée tout de suite et se mêle naturellement à la terre sans qu’on la recouvre. Les semis d'orme ne réussissent point dans les terrains dont la surface se dessèche tout-à-fait pendant l’été.Il faut, pour peupler ces terrains, employer les plantations d'ormes à feuilles lisses.

Semis de fréne. Is sont propres à tous les modes de repeuplement indiqués à l’article du chêne. L'exposition peut donc être ombragée ou exposée en plein air, pourvu que le terrain soit très-bon, doux et toujours frais. On récolte la semence en octobre et on la répand le plus tôt possible sur le terrain préparé, soit à la houe, soil à la charrue , à raison de 52 kilog. par hectare. On fait passer, sur le semis, des broussailles d’épines qui le recouvrent légèrement. La graine.est souvent deux et même trois ans à lever.

Semis du hétre et du châtaignier. Comme ceux du chêne, ils réussissent rarement sur lesterrainsentièrement nus. L’exposition doit surtout être ombragée, et plus au nord et à l'est qu’au sud et à l’ouest. Comme les racines du hêtre s'étendent beaucoup en superficie, ils ne demandent pas la même profon-

deur de sol que lechène. Les fafnes et les chdtaignes sont müres en automne, c’est l'epoque la plus sûre pour leur ensemencement. Il faut bien prendre garde qu'elles ne s'échauffent. Bien stratifiées dans du sable, elles se conservent jusqu’au printemps, mais les semis d'automne sont préférables.

Quand il ne s’agit que du repeuplement d'un bois déjà garni de vieux arbres, vingt décalitres de semences par hectare suffsent pour compléter l'ensemencement que fourniront les vieux arbres. Pour convertir en essence de hêtre un bois composé d’autres espèces, on fait disposer le terrain en rayons dans lesquels on place les faines à 6 po. de distance. On les recouvre d’un demi-pouce au plus de terre bien émiettée. Il faut alors 15 kilog. de faine par hectare. Quand les semis doivent avoir lieu dans des terrains considérables absolument vides, il faut toujours les faire précéder par la culture de quelques autres essences qui puissent protéger les jeunes hêtres.

Semis d’aune. L'époque la pius favorable aux semis d’aune est le commencement de mars. Les repeuplemens à faire dans les bois d'aune seront disposés dès l’été par un bon labour à la houe. Le dessous des arbres sera suffisamment repeuplé par la chuie naturelle dés graines ; mais il faudra semer à la main les places vagues, ce qui emploie 11 kilog. par hectare. La même quantité sera nécessaire pour les endroits absolument vides qui se trouvent dans les fonds, mais qui ne doivent pas rester constamment ;nondés. Après les avoir labourés en automne, on les sèmera dans le mois de mars à la volée, en tenant la semence entre trois doigts.

La semence de l’aune est renfermée dans des petits cônes qu'on récolte en octobre el novembre. On les étend sur un sol bien planchéié, et on les remue pour les faire sécher. L'hiver on les fait ouvrir peu-à-peu en les étendant sur une claie dans une chambre modérément chaude ( fg.92), puis on passe la se-

mence au crible et on la transporte aussitôt dans uu lieu frais pour {a conserver. L’époque la plus favorable au semis de l'aune commun est le commencement de mars.

Semis du charme. Le charme réussit partout où il y a une couche de terre végétale et où la situation du terrain n'est ni Lrop

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