‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 75 sur 595 · LIV. V · texte numérisé non relu

LIV. V

rage, d'empêcher la récolte des herbes, et de conserver toutes les sortes de buissons ou broussailles, les fougères ou autres plantes vivaces dont les racines maintiennent iles terres. On doit faire la plus sérieuse atiention à la nature du terrain el à son exnosition. Les sapins, les pins. le mélèze et le bouleau prospèrent au nord; le levant convient au robinier, au hêtre, au charme et au bouleau; le chêne, l’érable, le châtaignier braveront les feux du midi; l'ouest sera propice au sapin, au chène, au hêtre et au charme.

Les semis et les plantations en potels seront pratiqués avec économie et succès dans Îles pentes encore couvertes de gazon (/g.98), cn

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observant de disposer les trous en échiquier, et d’amasser sur les bords de chacun, du côté de la pente de la montagne, les gazons et les pierres sortis de l’excavation. L’aylanthe ou vernis de la Chine poussant vite, s’élevant très-haut, drageonnant beaucoup et trèsloin, est très-propre pour consolider les terrains des pentes rapides.

La grande mobilité des dunes est un trèsgrand obstacle à leur plantation; mais elles présentent, à une certaine profondeur, une humidité- constante qui, bieu observée par M. BRÉMONTIER, a servi de base aux travaux au’il a entrepris dans les landes de Bordeaux. Le choix des arbustes et des arbres qu’il faut planter d’abcrd dans les dunes est loin d’être indifférent. Les arbres qu'il convient d'employer sont principalement des pins maritimes, qui y donnent de la résine dès l’âge de quatorze ans, et les chênes liége, rouvre et tauzin. Les arbustes sont l’ajonc.

le tamarix, l’arbousier, l'alaterne, lépine blanche, le prunellier, le chévrefeuilie, le garou, la bruyère. Les plantes vivaces sont ’élyme, le roseau des sables, le millepertuis, l’onagre, etc., auxquels on pourrait Joindre le topinambour, et beaucoup d’autres plantes indigènes et exoliques. Les dunes ne commencent à s'élever qu'à quelque distance de la mer. Le point importatt est d’abriter de ce côté-lä les Jeunes plants provenant des semis, contre l'aciion des vents.

Pour l’amortir, on a proposé de planter les six premiers raugs (/g. 99), ou la première haie, avec des plants de 3 ans tirés de pépinières et mis en place avant l'hiver avec toutes

leurs raçines. Les autres lignes pourraient

cHaAP, 5°.

être semées et plantées avec certitude de succès entre des rangées de topinambours écartées de 6 pieds, el parallèles à ces premières lignes ; on peut employer aussi des planches de pin quand on en a à sa disposilion, et des branches d'arbres résineux étendues sur le sol ( Æg. 100 ), avec leur gros bout dirigé du

Fig. 100.

côté du vent.

Nil. —Repeuplement des clairières et terrains vagues ; des abris.

Le repeuplement des clairières et terrains vagues dans les bois peut se faire par les moyens combinés des semis, des plants enracinés et des provins. On y plante des tiges de tremble et d’ypréau à 8 mètres de distance les unes des autres, ainsi que des massifs voisins. Les intervalles sont semés de glands en potetls dans les espacemens indiqués, et l’on fait provigner les bordures intérieures des massifs (/£g. 101). Quatre ans après on coupe à rezterre les tiges des trembles et des ypréaux,ainsi que les brins qui avaient été provignés : les rejets forment de fortes cepées à l'ombre desquelles les glands s'élèvent parfaitement.

Les arbres à feuilles cad'iques ont besoin, dans leur jeunesse, d’abris contre le vent, le froid, la chaleur. On vient de voir le parti pi était possible de tirer des hautes tiges

e topinambours plantés en lignes convenablement orientées et espacées. Les haies forment des abris très-bous quand elles ont pris une hauteur et une épaisseur convenables.

Quand on les destine à cet usage, il vaut mieux les composer d'arbres à branches alternes et à petites feuilles abondantes et

FORETS ARTIFICIELLES: PLANTATIONS. 77 Fig. 101.

à ES SSSR RTE

perpendiculaires , plutôt que de ceux qui les ont opposées, et dont les feuilles sont larges et variables en position; ainsi le charme est préférable à l’'épine, et le peuplier d'Italie au peuplier lremble. Mais les meilleures haies pour abris sont celles des arbres verts; si elles sont un peu lentes à croitre, on en est bien dédommagé par leur solidité, leur beauté et leur durée. On peut voir à Fromont le parti que j’aitiré, très en grand, de mes hautes palissades de thuya d'Orient, pour l’abritement de mes pépinières exoti-

ues. J'ai essayé avec le même succès le thuya d'Occident. Le genévrier de Virginie, bien conduit , offrirait sans doute les mêmes avantages.

Les arbres se servent mutuellement d’abri quand ils croissent en massifs très-serrés ; mais cet avantage est balancé par des inconvéniens dans l'éducation des arbres à feuilles caduques. Les Anglais pratiquent un moyen de protéger ces derniers dans leur jeunesse. C’est de commencer par couvrir le terrain de plants d'arbres verts, et de les entretenir jusqu'a ce qu'ils aient atteint la taille de 3 pieds, afin de pouvoir protéger contre les injures du temps les arbres d’une autre nature que la leur qu’on introduit ensuite parmi eux, soit par voie de plantation, soit par voie de semis, Il semblerait que cette méthode ferait perdre à ces derniers plusieurs années de croissance sur le temps où ils doivent se développer ; mais dans la réalité il n’en est point ainsi. Un grand avantage qu'elle présente, c’est de préserver les arbres tirés des pépinières pour être placés à des expositions âpres et froides, de l'endurcissement de leur écorce et d’un rabousrissement dont ils sont quelquefois longtemps à se rétablir. On peut élever ainsi le chéne, l’orme, le hêtre et les autres meilleures espèces d'arbres feuillus. L'opération consiste essentiellement à ne semer ou planter ces arbres que lorsque les pins el les mélèzes sont assez grands pour défendre, contre les vents et contre le froid, des plants de taille inférieure, ce qui demande de 4 à 7 ans, suivant la qualité des sols. On tire de grands profits de l’exploitation successive de ces sortes de pépinières, qui permettent en outre de n'employer que la quantité rigoureusement necessaire de plants à feuilles caduques, qui

sont destinés à rester en place, jusqu’à ce qu'ils aient acquis leur développement naturel.

ART. II. — Frais de semis et plantations.

On sent combien ils doivent varier suivant les lieux et les terrains. Il n’est pas sur les plantations de mode fixe, mais seulement quelques principes générauX* L’exécution doit toujours être modifiée, d’après la zature et l'état du sol qu'on veut mettre en emploi. La profondeur des défoncemens, surtout, ne veut être une chose fixe; en général, on défonce trop, et on ne laboure pas assez; beaucoup de plantations manquent totalement our avoir été trop défoncées. Voici, touteois, le devis de ce que doit coûter la plantaon et l'entretien pendant quatre ans, d’un hect. de terrain de mediocre qualité, planté en essences forestières :

1° Défoncement d'un hectare à 40 centimètres de profondeur. 200 fr.

2° Fourniture de 10,000 plants de rigoles: chènes, hêtres, charmes et pins, à 10 fr. le mille, àgés de 5, 4, 38 et 2 ans.

3° Transport du plans et exécution de la plantation.

4° Trois regarnis estimés à 1500 de plants, les trois.

5° Huit facons, données en 4 ans, à raison de 25 fr.

Total. 645 fr.

Devis d'un semis de chéne. 1° Dans un terrain très-riche qui ne sera pas envahi par des graminées à longues racines, telles que le festuca cærulea, \e calamagrostis el autres de ce genre, il suffit de labourer le terrain en bandes alternées de 66 centimètres de largeur, fouillées de 20 à 22 centimètres de profondeur, éloignées l’une de l’autre par trois pieds de friche. Cette opération doit coûter de 50 à 60 fr. l’hect., ci. 60 ir.

° 12 hectolitres de glands semés trèsdrus, au printemps, dans un rayon tracé au milieu de chaque bande défoncée, à raison de 4 fr. l’une, conservation, transport et semage compris.

3° Deux façons à raison de 20 fr.l’hect. 40

Total. 148 fr.

Un semis ainsi pratiqué, quand on peut le garantir des mulots, des corneilles, des ramiers et autres ennemis, a sans doute un succès beaucoup plus lent qu’une plantation, mais il n'est pas moins sûr.

Les élémens qui précèdent ont été recueillis dans la forêt de Compiègne. En voici d’autres qui établissent la dépense moyenne d’un hectare de bois dans la forêt de Fontainebleau, en y employant deux tiers d’essences dures et un Liers de bouleau. Ces plants sont placés dans des rayons parallèles et distans

PLANTATION DES FORÊTS. Li. Y

entre eux d’un mètre. Ils sont espacés sur les rayons à 1* 30, et on évalue qu’il en entre 7,900 par hectare. Une plantation, ainsi établie sur un sol défoncé de 40 à 50 centim. de profondeur, suivant la nature du terrain, reçoit 4 années d'entretien, pendant lesquelles on lui donne 11 binages : 3, chacune des 3 1** années, et 2 la 4°. À 3 ans, ii faut faire émonder les couronnes inférieures du rang de bouleau, dont on tire parti pour de la brinde à balais; et à 5 ou 6 ans, il convient de le receper, parce qu’il ombragerait trop les essences dures. Ce recepage, dont lon tire produit, est indispensable, soit qu’on destine la plantation à faire un taillis, soit qu’on se propose de la laisser croître à l'état de futaie; mais, dans ce dernier cas, le recepage doit être réitéré à 12 ou 14 ans.

Voici comment se sous-divise la dépense de ces plantations faites en massifs el essences feuillues qui se voient aujourd’hui à Fontainebleau :

1° Défoncement à la main et à jange ouverte

sur une profondeur de 40 à 50 centimètres,

suivant la possibilité. 150 fr.

2° 5,000 plants de chênes et autres es-

sences dures, ayant au moins 3 ans

de semis en pépinière, ou ayant

passé au moins 2? ans en rigoles, si

ces plants avaient été dans l’origine

arrachés sous bois en forêt, à 8 fr.

le mille. 4û 3° 2,500 plants de bouleau, ayant aussi

2 ans en pépinière, à 6 fr. le mille. 15 4 Tracé des rayons et mise en terre

des plants. 45 5° 11 binages à 15 fr. chaque. 165 6° 4 regarnis ou repiquemens à 15 fr.

l'un. 60 7° Pour frais de surveillance et autres

menus frais. 15 À quoi il convient d’ajouter 10 p. 100

pour le bénéfice de l'entrepreneur. 49

Total. 539 fr.

Les semis de résineux se font en grand | dans deux systèmes, soit sur un défoncement total, soit par bandes; voici ce qu’ils coûtent :

Semis en plein. — 1° Défoncement à 30 ou 35 :

centimètres de profondeur. 90 fr.

2° Cassage des mottes, semage de la

graine et ratissage pour l’enterrer. 30 3° 10 kilogrammes de pins sylvestres.

à 3 fr. 30 4° 10 kilogr. de graine de pin mari-

time, à 50 cent.

Total. 155 fr.

Dans les semus par bandes parallèles, de 50 centimètres de largeur, entre lesquelles restent des bandes incultes d'un mètre, la dépense est la même, sauf une diminution »

sur le défoncement de 60 fr. par hectare, ce |: qui réduit les frais à 95 fr.

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chap. 4°.

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