‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 95 sur 595 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

114 AGRICULTURE FORESTIERE : EXPLOITATION DES BOIS. LIV. V

Les frais de transport du charbon dans les chemins ordinaires sont d’un franc par stère >esant 486 livres (238 kiiogr.) pour une ieue ; ces frais ne sont que de 64 centimes par lieue lorsque la distance excède 3 lieues. Le transport à dos de bêtes de somme coûte un quart de plus.

7° De la feuille des arbres.

La feuille du charme, du chêne, du frêne, du tremble et de l'alisier sert à nourrir les moutons. Pour jouir de ce produit on abat les taillis à la fin d’août. Les ramilles ou menues branches sont mises en fagots de 18 à 24 pouces de tour, qu’on laisse sécher à l'air pendant quelques jours ; ensuite on les place sous un hangar, où ils peuvent se conserver pendant une année entière. Un hectare de taillis, âgé de 20 à 25 ans, rend 2,500 fagots de feuillage qui valent 40 fr. le mille dans la coupe; la façon est de 8 fr. par mille ; le produit net est par conséquent de 32 fr.

le mille, ce qui fait 80 fr. par hectare.

SECTION vi. — De l’exploitation des futaies.

Le mode à suivre dans l'exploitation des futaies est subordonné à l’usage que l'on peut faire des arbres, et les emplois en sont nombreux et variés. Avant d’entrer dans des détails à ce sujet, il convient d'examiner les signes qui indiquent la bonne qualité ou la défectuosité des arbres.

$ 1°. — Qualités et défauts des arbres.

Un arbre est er pleine croissance quand son bois est sain, son écorce lisse, d’une couleur claire et égale; quand les branches sont distribuées également autour du sommet de la tige, et surtout quand les pousses de la dernière année sont longues et se montrent uniformément à l'extrémité de toutes les branches.

Les arbres défectueux ou gâiés sont ceux dont l'écorce est terne, gercée ou tachée, portant des chancres, des cicatrices ou des nœuds non recouverts par l'écorce,

La roulure est une solution de continuité entre les couches ligneuses qui ne sont pas adhérentes les unes aux autres et qui ne présentent point d’homogénéité, Par exemple, une couche se dessèche par un accident; la couche de l'année suivante n’est pas liée à cette dernière. Cette maladie de l'arbre est souvent produite par la gelée: elle se manifeste à l'extérieur par des fentes ou des taches dans l’écorce.

La gelioure ( fig.135) ordinaire est une feute longitudinale occasionée par la gelée ou par le givre. Ces fentes une fois formées subsistent toujours. L’orme est sujet à cette maladie ; la fente se remplit d'une sève extravasée qui jaillit avec force lorsqu'on fait une entaille a l'écorce.

La cadranure est marquée sur la section de l'arbre abattu par des fentes qui, se divigeant du centre à la circonférence, forment des rayons qui ressemblent aux lignes d’un eadran (/g.136). Cette maladie a pour signes

Fig. 135.

extérieurs des 1laches sur l'écorce qui se couvre quelquefois de lichens et de champignons, des bourrelets, des gerçures et des gouttières par lesquelles l’eau s’insinue sous l’écorce.

Le bois d’un chêne est rouge et par conséquent de mauvaise qualité

uand la tige est garnie de petites branches dents le pied jusqu’au sommet.

Le double aubier, qui n’est point une maladie, dimiaue de beaucoup la valeur d’un chêne. Les arbres de cette espèce qui croissent dans un terrain sec et non abrité présentent de l’aubier non-seulement à la circonférence, mais encore au centre de la tige; les couches ligneuses intermédiaires sont très-dures, mais souvent elles ne forment pas la moitié de la valeur de l’arbre.

Quand la tête d’un arbre présente peu de pousses des années précédentes, quand la flèche est desséchée, et que les branches ont l’air d’être brisées aux extrémités, la végétation est nécessairement ralentie ; un chêne peut subsister long-lemps dans cet état sans que la qualité du bois en soit altérée ; mais un hêtre ou un sapin ne tardent pas à périr, et leur bois se gàte immédiatement.

Un hêtre dont l'écorce prend une couleur grise ne tarde pas à se vicier intérieurement, et si l’on tarde trop à l’abattre, le bois ne sert plus qu’au chauffage.

Daus un arbre sur Le retour, le bois du cœur est plus léger que celui de la circonference, il a perdu sa ténacité et son élasti-. cité: il faut bien se garder dans ce cas d’em- : ployer l'arbre en une seule pièce; il faut les faire scier en quatre, de manière que le… centre forme l’angle de l’écarrissage. .

Les arbres dans lesquels il y a des trous.

cHAP. 5°.

formés par le pic-vert contiennent toujours du bois pourri. » ,

La pourriture sèche est une maladie qui attaque les bois employés à la construction des vaisseaux ; elie est devenue très-commune ; la plupart de nos bâtimens de mer ne durent guére plus de 8 à 10 ans; on a perdu dans les chantiers de nos ports plusieurs millions de pieds cubes de bois qui sont tombés en pourriture. On ne devrait jamais employer des arbres sur le retour sans avoir pris la précaution de les fendre en quatre parties par le centre.

$ II, — Division des futaies.

1° Pièces de marine et de charpente.

Les chênes de toutes dimensions sont propres au service de la marine lorsque le bois en est sain; les plus petits servent à faire des chevilles. Les vaisseaux sont construits en grande partie de bois courbes. La Lo»gueur de ces courbes de toute espèce varie de 8 à 30 pieds. Leur prix est d'autant plus élevé qu'elles sont plus rares. On les vend jusqu’à 4 fr. le pied cube.

Les chênes et les ormes courbes conviennent aussi très-bien pour les roues de moulin, pour le charronnage de l'artillerie, pour faire des cintres de voûtes et des ponts.

Les chênes de 3 pouces 1/2 d’écarrissage servent à faire des chevrons, des Lotitrehe ches et autres petits bois de charpente. Les Pièces de 5 à 7 pouces d’écarrissage servent à faire les poutres, tirans, etc.

Les longs chênes très-courbes qui sont trop faibles où trop défectueux pour être em-

loyés dans la construction des vaisseaux ou a charpente des bätimens, servent à la construction des bateaux ; on ies débite en planches de 8 à 16 lignes d'épaisseur que l’on redresse facilement en les passant sur un petit feu de copeaux au moment de les employer.

Les frais de transport des bois écarris, par terre et sur ies chemins ordinaires, sont de 3 francs par stère et par lieu.

Les frais de transport sur les rivières navigables sont de 1 franc par stère et par lieue, terme moyen.

Ecarrissage des bous. L'écarrissage des bois exige beaucoup d’adresse, surtout pour les bois courbes ou méplats ; ces derniers ont les côtés inégaux en largeur, mais on les emploie de champ pour augmenter leurs forces.

L’écarrissage des bois de 6 à 8 pouces d’épaisseur coûte 5 centimes le pied courant ; de 10 à 12 pouces, 8 centimes le pied courant: de 13 à 16 pouces, 20 centimes le pied courant. Ce prix comprend l’écarrissage sur les 4 faces. L’écarrissage des courbes, ne devant être exécuté que par des ouvriers habiles et exercés à ce genre d'ouvrage, coûte moitié plus cher.

2° Ouvrages de fente.

Merrain. On pourrait fabriquer le merrain el la latte à la scie; mais comme les fibres seraient coupées, les pièces seraient bien moins fortes que lorsqu'elles sont fendues.

Cependant les barils à mettre les harengs sont débités à la scie. Il en est de même du

merrain qui sert à fabriquer les grandes futailles.

Les arbres qui fendent le mieux sont le chêne et le hêtre; mais ce dernier ne s’emploie pas encore dans la fabrication du merrain de tonneaux.

Les meilleures futailles à mettre le vin sont celles de chêne, lorsque ce bois n’est pas gras et spongieux, etcelles de châtaignier; on fait aussi des barils propres au même usage en mürier blanc, faux acacia et merisier. Le merrain provenant des bois blancs, comme le sapin, Le tremble, lepeuplier et le saule, sert à la fabrication des futailles qui doivent contenir des marchandises sèches.

On juge qu’un arbre se fend bien lorsque l’écorceest lisse etne présente pas des nœuds. Les arbres nouéu ou contournés se mettent en sciage.

Dans un arbre dont le volume total, y compris l’aubier et l’écorce, est de 30 pieds cubes, et dont le volume cubé au 5"° déduit est de 15 pieds cubes, on ne trouve, terme moyen, que 10 pieds cubes de merrain, en supposant même que l’on puisse en faire dans toute la longueur de l’arbre; le reste est composé du rebut, de l’aubier, de l'écorce et des copeaux.

Voici les dimensions de plusieurs espèces de merrain.

| Noms j Cubage

} des Longueur.| Largeur. |Epaisseur, de

| pièces. 1000 pièces.|

| | Pouces, Pouces, Lignes, Pieds cubes,

fDouves . 50 6 15 23 710

Fonds. . 37 1 18 224 8/10

i Douves.. 48 6 15 208 310

HFonds. . 34 7 16 183 6/10

iDouves.. 45 6 12 156 2/10

Fonds. . 30 7 13 151 9e 4]

{Douves.. 36 5 8 69 4/10

| Fonds. .| * 24 6 9 62 5/10

|Douves..| 35 4 11 74 2/10 |

Fonds. | 24

Le millier marchand de merrain dont les dimensions sont indiquées dans les deux dernières lignes de ce iableau, se compose de 2,575 pièces, savoir, 1717 douves et 858 pièces de fond. — Ce merrain sert à faire des tonneaux de 200 à 220 litres.

Le prix de la façon d’un millier marchand est de 70 fr. — Le prix moyen de ce même millier de merrain rendu dans le vignoble est de 625 fr. — Le merrain para à fabriquer les petites futailles de 110 litres se vend à raison de 275 fr. le millier marchand; la façon coûte 60 francs.

Les frais de transport du merrain se calculent ainsi qu'il suit, pour un millier de 2,575 pièces propres à faire des tonneaux de

220 litres :

Par los chemins de traversa, Par les routes.

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