‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 4)Chapitre 96 sur 595 · D'OR". OR CT · texte numérisé non relu

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Boissellerie, Raclerie. Le débit des chênes en boissellerie est plus avantageux qu'en sciage; car on u’emploie pour ce dernier usage

que les arbres qui ne peuvent se fendre facilement.

On nomme éclisses ou cerces les pièces qui servent à faire des seaux, les mesures à blé, les bordures de tamis, etc. Leurs dimensions varient, savoir : les longueurs, de 10 pouces à 3 pieds et demi; les largeurs, de 3 à 5 pouces; l'épaisseur moyenne est de 3 lignes et demie.

La fente des chênes s'opère ainsi qu'il suit : On scie les billes de la longueur convenable ; ensuite l’ouvrier les dispose dans son atelier; il place le tranchant du coutre (/ig.137) suivant la direction qu’il veut donner

Fig. 137. à la fente ; il frappe ensuite sur le dos de ce coutre avec un maillet; quand la fente est ouverte, il y introduit un coin,et,en avançant adroitement le coutre, il prolonge la fente jusqu'à l'extrémité de la pièce.

Les ouvrages de fente que l’on nomme raclerie sont presque tous en hêtre ; ce sont des lames très-minces qui servent à faire des boites légères pour les fromages ou pour toute autre marchandise; les copeaux les plus minces servent aux gainiers.

On fait encore avec le hêtre une foule de petits ouvrages, tels que des poulies, des formes pour les ouvriers, des vases, des pelles, des panneaux, etc.

On débite aussi le chêne en bardeau dont les lames ont 8 lignes d’épaisseur, 7 pouces de largeur et un pied de longueur. On s’en sert pour couvrir les bâtimens et pour en garnir les murs.

Latte. La latte se fabrique comme les autres ouvrages de fente. La longueur de la latte est de 4pieds, la largeur de 15 lignes, et l'épaisseur de 2 à 3 lignes. Le millier marchand est de 20 bottes formées chacune de 50 lattes. La latte de cœur de chêne vaut 20 fr. le mille; la latte d’aubier vaut 12 fr. le mille. On emploie cette dernière dans les parties de la construction qui sont recouvertes de plâtre, comme les plafonds, les cloisons, etc. La facon du millier de lattes de chêne coûte 4 fr. 50 c.

La /atte de sapin où de bois blanc se vend en forét 12 fr. le mille; la façon est de 2 fr. 50 c.

Les frais de transport d’un millier de lattes de chêne sont de 60 cent. par lieue, et ceux du transport du millier de lattes de sapin ou bois blanc sont de 45 cent. par lieue.

3° Menuiserie, ébénisterie

Les loupes et les souches saines d’orme, tilleul, hêtre, servent à faire des meubles d’une grande beauté. On les met à part dans l'exploitation ; on peut les vendre 7 fr. le pied cube dans les coupes situées à portée des villes. Les tices noueuses de frêne et d'érable servent au même usage et sont encore plus recherchées.

4 Charronnage.

Rais de voiture. Les rais de voiture de

EXPLOITATION DES BOIS. LIV. Ve

34 pouces de longueur, rendus sur le marché, se vendent 26 fr. le cent, prix moyen. L’épaisseur de la pièce dans laquelle chacun des rais est pris est de 5 pouces; ainsi le volume total du bois qui sert à faire un cent de rais, est de 50 pieds cubes 2/10.

La facon du cent de raisest de 2 fr. 25 c.

Le transport à 2 lieues de la forêt.coûte-...'. JMS »

Afr. 25 c.

La valeur nette du cent de rais est donc de 21 fr. 75 c. pour 50 pieds cubes 2/10. Ainsi la valeur nette du pied cube est de 43 cent. On se sert pour cet usage de büches de chêne.

Moyeux de roues. Les moyeux de roues se font d’orme, et les meilleurs d’orme tortillard; la grosseur des moyeux varie de 30 à 50 pouces de circonférence.

Essieux. Les essieux se font de frêne, orme et charme. La pièce propre à faire un essieu a 7 pieds de longueur sur 25 pouces de tour.

Elle vaut 2 fr. Cette pièce cubée au 5° déduit contient 1 pied cube 2/10.

Brancards. Pour faire les flèches des brancards de voiture, on se sert d’orme et de frêne dont la grosseur ordinaire est de 36 pouces, et la longueur de 18 pieds. .

Jantes de roues. On prend dans les grosses branches des jantes de 3 pieds de longueur, 3 pouces d'épaisseur et 4 pouces et demi de largeur. Comme on ne trouve pas assez de brins courbes pour la consommation, onse sert de hêtre plus ou moins droit dans lequel on taille la jante de manière à lui donner la courbure convenable. | |

Rouleaux, poteaux. Les cylindres en bois que l’on fait passer sur les terres ensemencées, sont pris ordinairement dans la tige des arbres rabougris, qui sonttrès-communs dans les taillis qui s’exploitent à l’âge de 10 à 12 ans. On prend deux rouleaux dans une tige de 5 pi. de tour sur 16 pi. de longueur. Un arbre de cette dimension se vend 36 fr. non compris les branchages, dans les pays de grande culture comme la Beauce et la Brie.

Les chènes de courte stature servent à faire des poteaux pour les palissades.

5° Sabots.

Les sabots se vendent à la grosse qui contient 13 douzaines; savoir : 2 douzaines de sabots d'hommes, 8 douzaines de sabots de femmes et 3 douzaines de sabots d’enfans.

Il faut un arbre de 21 pieds cubes pour faire une grosse de sabots fins, et une tige de 24 pieds cubes pour faire la même quantité de sabots grossiers ; on suppose le. cubage fait au 5° déduit. Ainsi une tige de tilleul de 21 pieds de longueur sur 5 pieds de grosseur moyenne donne une grosse de sabots fins.

Les bois propres à faire des sabots, sont le hêtre, le tilleul, l’aune, le marseau. On les estime pour cet usage de 2 fr. à 2 fr. 50 cent. la solive. Dans quelques localités on fait des sabots avec des bûches de bouleau de 18 à 30 pouces de tour; la grosseur moyenne de ces büches est de 24 pouces, leur longueur est de 48 pouces; chacune de ces büches a.

pour solidité 64/100 de pied cube (au 5° déduit ); on les évalue chacune 75 cent., ce qui

crae. 5°.

revient à 1 fr. 17 cent. le pied cube. On a l'avantage de se servir de bûches qui ne seraient propres qu'au chauffage si l’on n’en faisait pas des sabots.

6° Bois de sciage.

A. Sciage du bois de chéne.

Cet emploi des bois est celui qui absorbe le plus grand nombre des arbres dans les coupes ; nous traiterons cette partie de l’exploitation avec quelques détails.

Deux moyens sont employés pour scier les arbres : la scie ordinaire des scieurs de long, mue par deux hommes, et la scie mérarique mue par un courant d’eau. Aux scies a lames droites posées verticalement, on a substitué en Angleterre et dans un assez grand nombre d’ateliers de sciage en France, la scie circulaire qui est représentée ( fg.138)

Fig. 138.

vue de côté. Rien de plus simple que la construction de ces dernières scies. On peut emprunter le mouvement à toute autre machine mue par l’eau ou par des chevaux, en adaptant à l'axe de la scie une poulie mise en mouvement par un cordon en cuir qui reçoit son impulsion de la roue de la machine. Cet appareil imprime à une scie de 2 pieds de diamètre une vitesse suffisante ; mais on peut construire la scie avec sa roue pour 750 fr., tant la machine est simple. Une scie circulaire de 2 pi. peut faire 700 tours par minute ; on établit de ces sortes de machines dans les forêts où il y a une force d’eau capable de les faire mouvoir. Une roue de 8 pi. de diamètre et de 8 pou. de largeur a la circonférence, suffit pour imprimer le mouvement à la scie. En débitant ainsi le bois sur place, on épargne une bonne partie des frais de transport. Ces scies à roues circulaires sont très-utiles pour le débit des feuilles de parquet.

Une petile scie d’environ 12 pouces de diamètre pourrait être mise dans un châssis et mue par un homme ; cetle machine serait très-utile pour scier les bois de chauffage ; car deux hommes couperaient autant de bois en un jour avec cette scie, qu’ils en couperaient en une semaine avec des cognées. Une scie circulaire de 2 pieds de diamètre débite par jour 1200 douves de barils propres à mettre des harengs. Ces douves sont faites de saules ou d’autres bois blancs. Une scie ordinaire, mue par un petit courant d’eau, fabrique 12 planches de 12 pieds à l'heure ; elle

travaille ordinairement 12 heures, ce qui fait une fabrication de 144 planches ou de 1728 pieds courans de planches, par jour. Deux hommes scient par jour 110 pieds courans de planches, suivant l’ancienne méthode.

On débite le bois de sciage en planches, en plateaux, en bois carrés, etc. 1° Les planches ordinaires de chêne ont de 10 à 12 pouces de largeur sur 1 pouce d'épaisseur. Leur longueur varie suivant celle des billes dont on les tire. Les planches appelées ertrevoux ont 10 lignes d’épaisseur. 2° Les contre-lattes qu'on pose sur les chevrons ont un demipouce d'épaisseur sur 4 à 5 pouces de argeur. 3° Les chevrons ont 3 ou 4 pouces en carré.

4° Les solives ont 5, 7 et 8 pouces d’écarrissage. 5° La membrure pour la menuiserie a une épaisseur qui varie d’un pouce 1/2 à 3 pouces. 6° Les planches appelées voliges qui servent pour les panneaux de menuiserie, les caisses, etc., n’ont qu’un demi-pouce d’épaisseur. 7° Les madriers ont 2 pouces 1/2 d'épaisseur sur 5 pouces de largeur. 8° Les J'euilles de parquet ont 15 lignes d'épaisseur sur 6 à 7 pouces de largeur. Leur longueur varie d’un à 2 pieds.

Lorsque ces bois sont destinés à être mis dans le commerce, l’usage est de leur donner en longueur 6, 9, 12, 15, 18 et 21 pieds.

Les petites billes qui restent lorsqu'on a employé les plus grosses, servent à faire des pièces de menuiserie pour les portes et les croisées.

Débit de sapins. Dans les grandes forêts de sapins, on débiteunepartie des arbres en planches dont la longueur est ordinairement de 12 pieds, la largeur de 10 à 14 pouces et l’épaisseur de 12 à 13 lignes. La douzaine de ces planches se vend près de la scierie de 12 à 14 fr. Mais dans une sapinière où l’on exploite à la fois les gros et les pelits sapins, on fait des planches de différentes dimensions ; nous allons faire connaitre ce genre d’exploitation.

Produit des planches dans une forêt de saptrs. 1° Un sapin de 30 pouces de tour rend 30 petites planches de 7 pieds de longueur, sur 6 pouces de largeur, valant 4 fr. la douzaine, Ce qui fait en tout 10 fr. 2° Un sapin de 36 pouces de tour rend 49 planches de8 pieds de longueur sur 7pouces de largeur, lesquelles valent, à raison de 5 francs la douzaine, la somme de 20 fr. 40 c. 3° Un sapin de 42 pouces de tour rend 56 planches de 8 pieds de longueur sur 8 pouces de largeur, lesquelles valent 6 fr. la douzaine, ce qui fait en tout 28 fr. 4° Un sapin de 48 pouces de tour rend 63 planches de 9 pieds de longueur sur 10 pouces de largeur, lesquelles valent, à raison de 7 fr. la douzaine, 36 fr. 75 c. 5° Un sapin de 54 pouces de tour rend 70 planches de 10 pieds de longueursur 10 pouces 1/2 delargeur, lesquelles valent, à raison de9 fr. la douzaine, 52 fr. 50 c. 6° Un sapin de 60 pouces de tour rend 88 planches de 11 pieds de longueur sur 12 pouces de largeur, lesquelles valent, à raison de 11 fr. la douzaine, 80 fr. 66 c. 7° Un sapin de 66 pouces de tour rend 96 planches de 13 pouces de largeur sur 12 pieds de longueur, qui valent 13 fr. la douzaine, ce qui fait en tout 104 fr. L'épaisseur de toutes ces

* planches est d’un pouce.

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Ærais à déduire. Supposons un sapin de 4 pieds 1/2 de tour qui rend 70 planches.

Les frais de transport de l'arbre à la scierie sont de 3 fr. ci. . . . dit Ére » C:

La façon du sciage est comptée à raison d’un franc la douzaine de planches, ce qui fait pour 70 planches. ., ., |: subdudhensoS 83 La main-d'œuvre pour le cAargement s'élève avec les faux frais Bee su yre io pée ns di: +40 Intéréts de l'établissement de la scierie à 15 0/0 et répartitions. » 15

Leman her | Lou 1 1401 fr. 48/6.

Nous avons vu que ce sapin avait rendu pour 52 fr. 50 c. de planches; déduisant les frais, il reste 42 fr. 02 c. pour le produit net de l'arbre: il faut distraire de cette dernière somme le bénéfice du marchand qui fait l’exploitation. Nous n’avons pas parlé des branches de l'arbre, ni de l'écorce; mais ces produits se compensent avec les frais d’abattage et ceux de surveillance.

Nous allons actuellement présenter le calcul du produit de ces arbres d’après leur volume au 5° déduit.

Le sapin n° 1 contient 9 pieds cubes; par conséquent son produit total est d’un franc 11 centimes par pied cube, ou de 10 fr. pour la tige entière. — Le volume du sapin n° 2 est de 16 pieds cubes 6/10,et comme sa valeur totale est de 20 fr. 40 c., le pied cube vaut 1f.23 c. — Le volume du sapin n° 3 est de 25 pieds cubes;sa valeur totale étant de 28 fr., le pied cube vaut 1 fr. 12 c. — Le volume du sapin n° 4 est de 43 pieds cubes 8/10 ; sa valeur totale étant de 36 fr. 75 c.,il vaut par pied cube 84 c. —Le vo'nme du sapin n° 5 est de 56 pieds cubes ; sa valeur totale étant de 52 fr. 50 c., il vaut par pied cube 93 centimes. — Le volume du sapin n° 6 est de 96 pieds cubes; sa valeur totale étant de 80 fr. 66 c. , il vaut par pied cube 84 cent. — Le volume du sapin n° 7 est de 122 pieds cubes, sa valeur totale étant de 104 fr., il vaut par pied cube 85 cent.

Un calcul semblable est indispensable dans toutes les exploitations, si le marchand veut connaître le meilleur emploi possible de son bois. Dans l’exemple ci-dessus, le débit en planches est le plus profitable pour les petits arbres; mais il faut calculer combien les arbres d’une grosseur moyenne produiraient si on les débitait en chevrons de 4 pouces d’écarrissage ou en plateaux. Il faut enfin discerner l’emploi qui établit le plus haut prix pour le produit net du pied cube.

Cel exemple fait voir qu’il est désavantageux de débiter en planches les gros sapins; on ne les emploie en effet à cet usage que lorsqu'on ne peut les exporter facilement.

Pour scier les sapins on ne fait qu’enlever l'écorce sans les écarrir; les planches ont toute la largeur de l’arbre; celles des côtés, que l’on nomme dosses, sont arrondies sur une face et ont peu de valeur. L’écorce sert au chauffage.

Le PR D Ar est employé dans les montagnes du Jura et des Vosges à faire des ouvrages de boissellerie, tels que les vases à mettre le lait, qui sont formés d'un fond et de

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