‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 214 sur 295 · DE L’EXTRACTION DES HUILES DE GRAINES · texte numérisé non relu

DE L’EXTRACTION DES HUILES DE GRAINES

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leur donner une marche continue, c’est-àdire à presser d’un côté pendant qu’on desserre de l’autre.

La presse à coins est celle qui est le plus énéralement employée dans les moulins à uile. Cette presse en effet exerce une action très puissante ; elle est simple, facile à monter et à réparer, et son prix n'étant pas très élevé elle parait propre aux établissemens agricoles, surtout quand on veut profiter de la force du vent pour faire marcher les machines d’une huilerie ou qu'on a à sa disposition une chute d’eau suffisante. Voici le modèle d’une presse de ce genre construite par M. MAUDSLEY.

La fig. 397 est l’élévation de face, la fig. 398

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LLODDOMMVN 1 WU Fig. 397.

puyé contre la paroi du bac; le fourneau # est mobile et se rapproche de » pendant la pression. Ces 2 fourneaux portent sur leurs flancs des rainures qui permettent à l'huile de s’écouler pour aller gagner une goulotte pratiquée au fond du bac, en traversant un fond en fonte percé de trous, et sur lequel viennent s'appuyer les fourneaux, k {n,cales nommées wards, interposées entre la clef m servant à dépresser les fourneaux et le coin 0 qui recoit l’action du maillet. Les wards, la clef et le coin sont en charme. Un ressort en bois, placé sur la traverse inférieure B, sert à maintenir la clef à une distance convenable du fond du bac; de cette manière elle se trouve naturellement en prise quand lPouvrier dispose toutes les pièces, et il pose son coin et ses cales avec facilité. Le mouvement étant donné par le moteur à l'arbre F et aux leviers E, on

lace le sac de graine chauffée de la manière

indiquée dans le profil et en plan, dans les fig. 399 et 400, c’est-à-dire qu’on pose le sac en A,

Fig. 399.

Fig. 400.

puis qu’on rabat d’abord la partie gauche, puis la partie droite ; des poignées servent au transport. Après avoir mis l’étendelle ainsi chargée entreles 2 fourneaux v et à, on place lecoin o et l’on décroche la corde d engagée sous un cran pratiqué dans le tasseau J. Le maillet C tombe par son propre poids sur le coin, puis est relevé par les leviers E. Il retombe encore lorsque ceux-ci abandounentle mentonnet, et ainsi de suite. Ilest important, lorsqu'on veut commencer, d'enlever d’abord le maillet à l’aide de la corde, puis de le descendre doucement et de ne l’abandonner que lorsqu'on sent que le mentonnet appuie sur le galet des leviers E; sans cette précaution on serait exposé à briser ces leviers. On donne pour le froissage 10 à 12 coups. Lorsque la pressée est terminée, on engage de nouveau le levier € sous la cheville e et la corde sous le cran J, en ayant soin de suivre le maillet dans son mouvement ascensionnel pour éviter les chocs. Au bout de quelques minutes nécessaires pour donner à l'huile le temps de s’écouler et que les ouvriers emploient à préparer de nouveaux sacs de farine, on dépresse; on dégage avec les mêmes précautions le maillet D, qui, saisi par legaletb, retombe sur la clef m. En même temps que celle-ci est frappée, on retire le coin 0; après le coup de maillet, la clef m se relève au moyen du ressort.

On varie le poids et la hauteur de la chute du maillet avec l'effort qu’on veut produire. En Russie, où l’on se sert depuis long-temps des presses à coins pour l'extraction des huiles de graines, on a adopté des coins plus gros qu’en France et on les enfonce horizontalement à l’aide d’un bélier. — Le poids des mailkets est ordinairement de 250 à 300 kilog.; la hauteur de chute sur le coin au minimum d’entrure est de 40 cent. environ et de 55 au maximum ; la hauteur de chute sur la clef est de 25 cent. Le nombre de coups que l’on bat est variable avec la force du coin, la nature du travail et de la graine; il peut varier de 10 à 50 coups. Dans les moulins à vent du Nord, ona adopté un cadran mû par un encliquetage et dont l'aiguille indique le nombre de coups battus, en même temps qu’il agite une sonnette après le nombre de coups voulus.

L'effet d’une bonne presse à coins, comme celle que nous venons de décrire, peut être évalué à 50 ou 75,000 kilog. sur chaque tourteau ayant à la grande base 20 cent., 18 à la plus petite, et 45 de hauteur ou 7,5 décim.

carrés de surface.

Les mécaniciens ont aussi inventé divers genres de presses pour l'extraction des huiles. Nous citerons entre autres celles de M. Har- LETTE d'Arras, de MM. Supps, ATKINS et Bar-

KER deRouen, de M. FARCoT, à Paris, etc. La 1'e est employée avantageusement dans le département du Nord; les autres, qui ont paru à l’exposition de 1834, n’ont pas reçu encore la sanction de la pratique.

Lorsque le 1 tordage est terminé et que l'huile est bien égouttée, les tourteaux de froissage sont reportés sous les meules; c’est ce qu'on nomme le rebat ; mais pour que l’action de ces machines soit plus efficace, il faut concasser ces tourteaux, qui forment une masse solide et dure. Ce travail se fait parfois à la main; il vaut mieux y employer les machines, et en particulier celle à écraser les graines, que nous avons fait connaître page 359, en jetant dans la trémie le gâteau brisé grossièrement.

Quand la pâte a été suffisamment rebattue, on la porte au chauffoir, où, après un 2° chauffage, moins prolongé que le 1°, on la recoit dans les sacs de laine, qu’on enveloppe dans les étendelles et qu’on soumet une seconde fois à la pression; l'huile d’une qualité inférieure à la {re qu’on obtient ainsi se nomme huile de rebat. Cette huile, pour être extraite, exige une pression plus considérable que celle de froissage, et 36 à 45 coups et plus de maillet sont ici nécessaires quand on emploie la presse à coins. On mélange quelquefois ces 2 huiles.

Les tourteaux de rebat ou pains qui restent de cette 2° pression sont durs, secs, solides et fermes, et n’ont plus guère qu’un demipouce d'épaisseur. On les ébarbe avec un couteau fixé verticalement dans un des côtés d’une boîte qui reçoit les rognures, et on les conserve pour la nourriture des bestiaux ou pour servir d'engrais, en les répandant sur les terres.

Il y a des huileries où l’on se sert de presses hydrauliques pour le froissage ou 1'° pression et où l’on fait tous les rebats ou dernier travail des tourteaux, qui exigent un effort plus puissant à la presse à coins. Dans quelques autres, le froissage se fait à la pressemuette de M. HALLETTE, et le rebat à la presse hydraulique de M. SriLLERS, etc. À

Les pilons, ainsi que nous l’avons dit, aussi bien que la presse à coins, ont contre eux l’inconvénient d’un bruit continu, qui rend leur voisinage insupportable, et l’ébranlement

w’ils causent aux fondations et à toutesles pares du bâtiment leur est nuisible. On a prétendu que la graine qui y était broyée rendait plus d'huile que celle soumise à l’action des meules, mais cette assertion est peu probable; il faut tantôt 4 hectolitres de colza pour une barrique d’huile, et tantôt 3 1/2 hectolitres, cette différence tenant entièrement à la qualité de la graine. Avec les pilons on est obligé d'ajouter une certaine quantité d’eau à la graine; avec les meules on en ajoute moins.

Il faut, pour mettre en mouvement une paire de meules, une force de 4 chevaux (de vapeur), et pour les cylindres à concasser, la presse à coins et les chauffoirs, une force additionnelle de 2 chevaux ; de sorte qu’une machine de la force de 6 chevaux est suffisante pour un moulin. Une paire de meules exige la même force et fait plus de besogne qu’une batterie de 5 pilons.

cHAP. 18°.

$ VI. — De l’épuration des huiles de graines.

Les huiles, telles qu’elles sont recueillies après les opérations précédentes, contiennent encore une quantité considérable de mucilage, de matière colorante et de principes résineux qui les colorent et leur donnent une odeur et

un goût particulier. Le seul séjour prolongé de cette huile dans de grands vases de terre,

exposés dans un lieu frais, les clarifie jusqu’à un certain point; il se forme un dépôt, et l'huile est plus limpide, plus pure et meilleure. Mais les huiles de graines ne sont pas encore, en cet état, propres à l'éclairage, et employées à cet usage elles obstruent les pores de la mèche et brülent en donnant une flamme faible et beaucoup de fumée. Il faut donc les épurer pour leur enlever, autant que possible, leur couleur, leur goût et leur odeur, ou les rendre assez limpides pour qu'elles brülent sans fumée et donnent une lumière vive et claire. On doit à M. THÉNARD,

our cet objet, un procédé qui donne d’assez

ons résultats; voici comment on le pratique.

On met l'huile à épurer dans un tonneau, de manière que celui-ci ne soit rempli qu’à demi, et on y verse, en filet mince et en changeant continuellement de place, 2 centièmes de la quantité d'huile d'acide sulfurique concentré. Cela fait, on brasse long-temps avec un morceau de bois pour favoriser le contact des 2 liquides et jusqu’à ce que toute la masse ait pris nne couleur verdâtre. On laisse reposer 24 heures. L’acide se combine alors avec le mucilage ou à la partie colorante, qu’il précipite en flocons d’un vert noirâtre. Au bout de 24 heures on ajoute à la masse un volume d’eau pure égal aux 2/3 de celui de lhuile, cette eau étant chauffée préalablement à 75° C. (60° R.), et l’on agite beaucoup, jusqu’à ce que le liquide ait une apparence laiteuse. On laisse alors reposer 2 ou 3 semaines. dans un lieu dont la température est de 25 à 30°. Le fluide s’éclaircit peu à peu, l'huile claire surnage à la surface et il se forme au fond du tonneau un dépôt noirätre nommé fêces. On décante alors l'huile claire au moyen d’un robinet placé à une certaine hauteur sur le contour du tonneau, et on la recoit dans des cuves percées de trous garnis de mèches de coton ou de laine cardée. L'huile filtre à travers ces mèches et s’écoule parfaitement épurée et propre à l’éclairage.

Au lieu defiltrer les huiles épurées par l’acide à travers des mèches de coton, M. Du- BRUNFAUT s’est servi avec avantage, pour celles de colza, d’un filtre dont la fig. 401 représente la coupe par le milieu.

Fig. 401.

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