‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 218 sur 295 · CHAP. XX. DE LA FABRICATION DU CHARBON DE BOIS ET DE TOURBE · texte numérisé non relu

CHAP. XX. DE LA FABRICATION DU CHARBON DE BOIS ET DE TOURBE

ART. Ier, Fabrication du charbon de bois.

Le moyen le plus généralement usité pour convertir dans les forêts le bois en charbon est fort ancien, il donne des résultats moins avantageux que les procédés qu’on a cherché à lui substituer en quelques endroits, et est loin surtout de réaliser le maximum de produit que la théorie et l'expérience ont démontré qu'il était possible d'obtenir; nous décrirons les uus et les autres en indiquant les conditions de leur réussite, leurs avantages ou leurs inconvéniens.

SECTION J'e, — De la carbonisation dans les forêts.

Les charbonniers choisissent à portée des tas de bois abattus, un terrain assez uni et ferme sur lequel ils nettoyent et battent une place pour y établir la charbonnière. Si l’on ne rencontre aux environs des bois empilés que des fonds en pente, sableux ou crevassés , il faut niveler le terrain , y ajouter une couche de terre susceptible de s’affermir, la ratisser et la battre, afin de préparer une surface plane et stable. On donne ordinairement à l'emplacement d’un fourneau ou d’un feu environ 15 pieds de diamètre.

L'’essence du bois n’est pas chose indifférente; les bois durs donnent le charbon le plus estimé et le meilleur, le plus compacte, celui qui, par conséquent, sous le même volume, contient le plus de combustible; ce charbon est dans tous les usages le plus économique , et d’ailleurs on ne pourrait sans un très grand désavantage , en employer d’au-

AGRICULTURE

tres dans beaucoup d’opérations des arts où il s’agit d'élever beaucoup et rapidement la température. Les charbons légers, réellement lus chers, puisqu'ils se vendent également alla mesure, ne conviennent qu’à ceux qui désirent allumer promptement de petites quantités de charbon et se contentent d’un feu de peu de durée.

En comparant les résultats de plusieurs procédés de carbonisation, on voit, en outre, qu'avec les mêmes bois on obtient des charbons dont le poids, pour une même mesure et quelques autres propriétés, diffère beauconp comme nous l’indiquerons plus bas.

Les bois assemblés d'avance sont assortis par les charbonniers, suivant leur nature (durs ou blancs) et leur grosseur, qui varie de 1 à 3 pouces de diamètre, afin de les employer comme il convient; tous les morceaux doivent avoir sensiblement la même longueur.

Voici comment on s’y prend lorsqu'on veut former un fourneau ou amonceler le bois pour le carboniser. On choisit une forte bûche qu’on appointit d’un bout pour l’enfoncer en terre, et dont on fend en quatre l’autre bout; on la plante au centre de l'aire du fourneau (fig. 405 ), et l’on ajuste dans les fentes de sa partie supérieure deux bûchettes qu! forment entre elles quatre angles droits et sont dans un même plan horizontal ; puis on place debout quatre bûches qui, s’inclinent vers celles du centre, y sont appuyées et contenues dans les quatre angles du croisillon ci-dessus indiqué.

Alors, afin de former le plancher. (fig. 406) on couche par terre, sur toute la superficie de Vaire, des bûches en bois blanc,assez grosses rt

Page 1