PRODUITS OBTENUS
me CHARBON, ee
BOIS. |Ibarriques.| poids.
kilog.
kilog. |kilog. 1536 | 46 1749 | 25 1356 | 17 1762 | 24 1276 | 18 1382 | 17 930 | 60
Chène 1/2, hêtre 1/2 non écorcés coupés en jan-
vier 1831 et mis en tas en août 1831. . . .
Hêtre vert avec écorce carbonisé immédiatem!. | Chêne vert avec écorce carbonisé immédiatem!, |
On voit que la dernière colonne de ce tableau indique la proportion de charbon, déduction faite des fumerons qui, dans ces opérations bien soignées, ne se sont élevés que de 1 à 6 1/2 pour 0/0.
Arr. IT. De la fabrication du charbon de tourbe.
SECTION 1°. — De la tourbe et de son exploitation.
Sous le nom de {ourbe, on désigne une ma-
316 ARTS AGRICOLES : FABRICATION DU CHARBON DE BOIS
tière d'une nuance brune foncée, lerne, spongieuse, légère lorsqu'elle a perdu leau dont elle est imbibée , formée des débris de végétaux entrelacés, quelquefois reconnaissables, mais pourtant déjà décomposés en parte el mélangés de terre en proportions variables.
Les dépôts de tourbe les plus considérables constituent la variété désignée sous le nom de tourbe des marais, dénomination qui indique son gisement et son origine. Elle se trouve en couches plus ou moins épaisses dans des terrains marécageux qui ont servi autrefois ou qui servent encore de fonds à des lacs d’eau douce. Ces couches sont horizontales, ordinairement recouvertes par un lit de sable ou de terre végétale, dont l’épaisseur s’élève rarement au-delà de quelques pieds. La masse de tourbe est quelquefois divisée en plusieurs lits par des couches minces de limon, de sable ou de coquilles fluviatiles. Les tourbières varient en étendue, surtout suivant la surface de l’amas d’eau dans lequel elles ont pris naissance. On en trouve en Hollande qui ont une étendue très considérable, tandis que dans les vallées des hautes montagnes , telles que les Alpes ou les Pyrénées, il s’en rencontre qui ont seulement 7 à 10 mèt. de largeur. L’épaisseur du lit de tourbe n’est pas moins variable ; tantôt elle n’est que de 3 ou 4 pieds, tantôt, comme en Hollande, elle atteint jusqu’à 30 pieds de profondeur.
La formation de la tourbe est évidemment le résultat de l’altération d’un amas de végétaux morts et déposés au fond des marais ou des lacs , où ils se sont mélangés avec le limon et les plantes aquatiques qui y vivaient; il suffit d’avoir observé les touffes épaisses de graminées qui tapissent les marécages pour reconnaitre l’origine de la tourbe. Chaque année ces lits augmentent d'épaisseur et les végétaux qui s’y développent finissent par se trouver à une distance assez grande du terrain, dont ils sont séparés par une couche épaisse de débris où de racines entrelacées qui s'accumulent en se désagrégeant et s’altérant de plus en plus; en définitive, c’est le bois ou la matière ligneuse, peu à peu altérée et convertie en ulmine et ulmate de chaux, qui forme la tourbe, de même qu’une altération beaucoup plus longue et plus avancée a converti en lignites, en houilles et en anthracite, de plus anciens, plus grands et plus abondans végétaux.
L'exploitation des tourbières se fait avec facilité; leurs couches, généralement très superficielles, sont d’abord découvertes en déblayant des matières terreuses, puis on enlève la tourbe de diverses manières. On distingue les parties supérieures des couches, de celles qui sont plus profondément placées. Les premières, encore très ligneuses ou composées de débris végétaux bien distincts, portent le nom de bouzin, ou de tourbe mousseuse, fibreuse ou légère. Les couches sous-jacentes, formées de débris presque entièrement désorganisés ou méconnaissables, donnent la tourbe lourde, limoneuse ou compacte.
La tourbe limoneuse étant plus estimée que le bouzin, elle est extraite avec beaucoup plus de soin; d’ailleurs la couche de bouzin est toujours la moins puissante; on l’enlève à la bêche ordinaire et on la moule
grossièrement en briques de fortes dimensions, que l’on fait sécher à l’air ou au soleil, et que l’on vend à part. Dans les tourbières de France, la tourbe limoneuse, s’exploite autrement. Lorsque, au moyen de l’enlèvement du bouzin, la couche de cette espèce de tourbe a été découverte, on la coupe en briques au moyen d’une bêche nommée louchet, munie d’une oreille coupante pliée à aagle droit sur le fer principal. Ces briques sont de même séchées au soleil ou à l’air. Le louchet porte quelquefois deux oreilles coupantes ; quelquefois celles-ci sont réunies par une lame de fer qui donne à l'instrument la forme d’une caisse rectangulaire ouverte aux deux bouts et coupante à son extrémité.
Lorsque la tourbière est inondée, on fait usage de la drague, afin d’extraive ainsi de la tourbe en bouillie que l’on étend d’abord sur un terrain en pente légère.
La tourbe de Hollande, limoneuse, s’exploite par des procédés simples et économiques qui peuvent servir de modèles en ce genre ; nous les décrirons avec quelques détails.
On enlève les couches de substances étrangères qui recouvrent le lit de tourbe, on extrait celle-ci d’abord au louchet, puis au moyen d’une drague. Les dragues qu’on emploie en France sont formées d’un sceau en fer; celles de Hollande sont bien préférables; elles consistent en un simple anneau en fer à bords coupans, dans l'épaisseur duquel sont percés des trous en nombre suffisant pour recevoir les cordes principales d’une espèce de filet ou de sac qui forme le fond ou poche de la drague. L’ouvrier, au moyen de cet ustensile, ramène plus de tourbe et moins d’eau. Il la verse dans un baquet où elle est pétrie par un ouvrier qui la débarrasse, à l’aide d’un fourchet, de tous les débris trop grossiers, en même temps qu’il en forme une pâte qu’il piétine fortement et qu’il brasse avec un rabot. Lorsque la pâte est bien faite, on l’étend sur une aire de 4 à 10 mètres de largeur sur une longueur variable suivant la disposition du local, et on la réunit en une couche continue de 13 pouces d’épaisseur, qui est maintenue par des planches sur les bords del’aire, produisant une sorte d’encaissement; l’eau surabondante s’écoule ou s’infiltre dans la terre; une grande partie s’évapore.
Afin d'éviter que la tourbe ne s’incruste dans la terre et n’y adhère, on a le soin de recouvrir tout le sol d’un lit de foin piétiné, avant d'y verser la tourbe en bouillie. Cette bouillie étendue avec des pelles est tassée à coups de battes qui lui donnent une épaisseur et une consistance uniformes.
Au bout de quelques jours, la tourbe est un peu raffermie, par suite de l’infiltration et de l’évaporation de l’eau ; des femmes et des enfans marchent alors sur les couches, ayant attachées sous les pieds, à l’aide de courroies, des planches de 16 centimètres de large et de 33 à 40 centimètres de long. Ce piétinement tasse la tourbe, donne de la compacité à la masse et remplit les gerçures qui s’y étaient formées.
On ne discontinne cette opération que lorsque la tourbe est devenue assez dense pour qu’on puisse marcher dessus avec des chaus-
cHap. 20°.
sures ordinaires sans s'y enfoncer. Alors on achève de la tasser au moyen de larges battes et on finit par la réduirg à une épaisseur uniforme de 22 à 25 centimètres.
On trace alors sur la couche, au moyen de longues règles, des lignes qui la divisent en carrés de 12 à 13 centimètres de côté. L'épaisseur de la couche étant de 24 centimètres, on
voit qu’en la coupant suivant ce tracé, on formera des briques de 24 centimètres de long sur 12 de large et autant d'épaisseur.
La division de ces briques s'effectue au moyen d’un louchet particulier dont le fer tranchant est terminé par un angle très ouvert. On coupe la tourbe dans le sens du tracé, çà et là d’abord, pour examiner son état de dessiccation ou pour faciliter celle-ci; puis, à mesure qu'elle s'effectue, on achève la division; on abandonne alors les briques de tourbe à une 1re dessiccation spontanée, afin
welles prennent plus de consistance. Enfin
es ouvriers, les mains garnies de cuirs qui | les préservent du frottement, enlèvent toutes les briques des rangs impairs et les posent en travers sur celles des rangs pairs restées debout. Quelques jours après on les déplace en sens inverse, c'est-à-dire en remettant debout les rangs impairs et posant sur eux en travers les rangs pairs. Cette opération suffit pour que la dessiccation s’achève d’elle-même en peu de temps. Les briques de tourbe sont ensuite emmagasinées. ;
On doit cependant n’exécuter l'emmagasinage que lorsque la dessiccation est bien faite, car les tourbes entassées pourraient fermenter et s’échauffer au point de prendre feu.
Par la distillation, la tourbe donne des produits analogues à ceux du bois, mais en pro-
ortions différentes. KLarrorx a obtenu de a tourbe du comté de Mansfeld.
{ 20,0 charbon.
2,5 sulfate de chaux.
1,0 protoxide de fer.
3,5 alumine, 4,0 chaux.
9,5 sable siliceux.
{° Produits s0lides 40,5
2° Pro- 12,0 eau chargée d'acide pyduits roligneux. liquides 42,0) 30,0 huile empyreumatique, brune, cristallisable.
3° Pro- 5,0 acide carbonique.
duits 12,5 oxide de carbone et hygazeux 17,5 drogène carboné.
On doit compter parmi ces produits une etite quantité d’acétate d’ammoniaque dont Posérie peut être attribuée à quelques débris des animaux qui vivaient dans certains ma- | rais à tourbe, et pour tous ces dépôts à la présence d’une matière azotée que nous avons reconnue dans tout le système vasculaire des lantes, plus abondante encore dans les emryons des graines et les extrémités des
spongioles des radicelles.
Les cendres de la tourbe sont un peu alcalines, mais c’est la chaux et non la potasse | qui leur communique cette propriété. Du | reste les rapports que cette analyse indique | doivent varier singulièrement en raison de la