‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 232 sur 295 · SULFATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

SULFATE DE SOUDE

un dallage en grès. La disposition suivante, qui m’a bien réussi pour un appareil en petit, offrirait sans doute le moyen d'éviter en

grand cet inconvénient grave.

Les figures 431 et 432 représentent isolée Fig. 431.

la 2° partie du four à laquelle se rapporte la disposition ci-dessus vue en coupe et en élévation. À, bouche du four au niveau de la sole et fermée par deux portes superposées ; B, chaudière en plomb percée au milieu visà-vis et près la porte d’un trou circulaire C, dans lequel s’adapte un bout de tuyau brâsé sur le fond de la chaudière, à la soudure forte ou au plomb pur; D, voûte soutenant la sole sur laquelle repose la chaudière; cette voûte, en briques dures à joints très serrés d’argile réfractaire, est percée pour laisser passer le bout du tuyau C; l’espace ou chambre voütée E, est garnie à son fond d’une nappe de plomb épaisse, à bords relevés; la devanture de cette chambre est close, 1° à l’aide d’une barre de fer doublée de plomb G G, soutenant un petit mur en brique F ; 20 par une large règle en bois enveloppée de plomb H H, formant le 4: côté de la nappe de plomb, dont le bord est rabattu seulement du côté de cette devanture; 1, tampon ou obturateur d’un seul morceau de plomb très épais, ser « vant à fermer le trou C, durant J’opération ; un peu de glaise foulée sous ses bords rend cette fermeture hermétique, et, maintenant le tampon un peu soulevé, laisse une pris e facile pour l’enlever à l’aide d’une pince. lo rsque la décomposition est assez avancée; les

joints que laisse la règle H, se bouchent à

l’aide d'un peu de terre argileuse.

On conçoit facilement l'effet de cette dis position; lorsque l’on veut tirer la matière du four, on enlève le tampon, puis, à l’aide d’un räble, on amène successivement toute la pâte fluide vers le trou; elle tombe sur la nappe de plomb en traversant l’espace voûté, sans que la vapeur puisse se répandre dans l’ateli er. Lorsque toute la matière est ainsi retirée du four, on replace le tampon, on charge com me à l'ordinaire, et l'opération recommence. La matière tombée et étendue sur la nappe de plomb, s’y fige en refroidissant; lorsqu'elle est assez dure, on ôte la règle fermant la devanture ; à l’aide de pinces on soulève et l’on brise en morceaux le sulfate, on le retire au moyen d’unrâble, puis on replace la règle H H qu'on lute avec de la glaise comme la première fois. Lorsque la portion du four où le sel marin se décompose est en grès dur au lieu d’être en plomb, il est possible d’y achever l'opération en remuant assez souvent au ringard pour éviter la prise en masse de toute la matière.

L'appareil dans toutes ses parties et avec les modifications adoptées, étant bien compris

par ce qui précède, nous allons indiquer les

tide et desel incomplètement décomposé, sur 1 dosages de l'opération et 5a marche.

sel marin acide sulfurique à:B0%e «eh 0600 |

culfatede soude blanc anhydre.

. 400 ee 4758 k.

Matières 4res

Lorsque l’on lraite dans cet appareil comme daos les cylindres le sel gemme, il est indispensable de le réduire en poudre très fine, que l’on passe au tamis, afin de multiplier les points de contact. Cette précaution n’est pas utile lorsque lon traite du sel marin (dit des marais salans ). Les cristaux de cette sorte de sel résultent de lameiles lâchement agolomérées, entre lesquelles lacile sulfurique peut s’insipuer, et par conséquent agir sur une surface très étendue ; aussi, pour obtenir ce résultat avantageux, préfère-t-on souvent extraire le sel gemme en le dissolvant et faisant rapprocher la solution saturée (voy. plus loin l'extraction du sel); on charge Je sel dans le four H ( fig. 429 ), on l’étend eu une couche égale sur toute la surface du fond de la chaudière en plomb, on verse alors l'acide à l’aide d’un entonnoir en plomb (placé à l’instant sur une potence en dehors) dont la douille pénètre par une ouverture au travers de la paroi latérale du fourneau, audessus du fond de la chaudière; à laide du râble, on mélange l'acide dans toute la masse de sel; on charge toute la partie D du four, avec du sulfate en morceaux préparé par une décomposition précédente opérée dans la chaudière en plomb, puis on active le feu après avoir clos les portes latérales £,M; plusieurs fois durant le eours de l'opération, on agile avec le râble afin de multiplier les points de contact. L’acide sulfurique peu à peu s’unit à la soude résultant de la combinaison du sodium avec l’oxigène d’une partie de l’eau, le chlore uni à l'hydrogène se volatilise à l’état d'acide hydrochlorique ou chlorhydrique.

F’action de lacide sulfurique devient plus vive à mesure que la température s'élève; l'augmentation du dégagement de la vapeur acide l’indique évidemment. Dès que le méluige étant bien opéré, le dégagement des vapeurs n’a plus lieu aussi abondamment, qu’enfin l’état de fiuiditéa diminué, la décomposition ést assez avancée. Si l’on attendait plus longtemps, il deviendrait impossible de faire cou- Ier le sulfate et le plomb pourrait fondre.

1 est temps de tirer la cuite, soit hors du tour sur les dalles extérieures, ce qui offre les inconvéniens signalés plus haut, soit sous l'arche intérieure E (fig. 431, 432), en soulevant le tampon I, et ramenant toute la matière dans le trou GC. On remet ensuite les choses dans Félalt primitif, puis on fait une nouvelle charge.

D'un autre côté le sulfate cassé en morceaux que l’on a étendu dans la deuxième partie D du four, remué de temps à autre, s’épure en raison de l'achèvement de la réaction de lacide sulfurique sur le sel à une température graduellement élevée; lacidehydrochlorique, la vapeur d’eau se dégagent ainsi qu'un petit excès d'acide sulfurique; quelques matières organiques qui salissaient le sulfate brut se charbonnent, brülent et laissent un produit plus blänce et plus pur.

En employant du sel marin de belle qualité,

A 1 7 on obtient ainsi un sulfate contenant à peine 4 à 5 centièmes de matières étrangères.

Les vapeurs d’eau et d'acide hydrochiorique, mélées avec les gaz de la combustion, se cotdensent dans les grandes: jarres en grès du premier appareil indiqué; on soutire cet acide lorsque les vases sont aux trois quarts ou aux quaire cinquièmes pleins, en ayant le soin d’en laisser quelques litres pour favoriser ia condensation ultérieure.

L’acide hydrochlorique ainsi obtenu ne peut atteindre le maximum de la densité, en raison du mélange de gaz incondensables et de la température et du courant qui s’opposent à une condensation plus complète; il est généralement plus pur que l’acide recueilli à la suite de l'appareil à cylindres; il est même presque complètement exempt de fer, lorsque lon ne se sert pas de plaques en fonte pour recouvrir la chaudière I en plomb et soutenir la maçonnerie au-dessus. Les briques très cuites vernissées, le grès dur même, ainsi que les plaques en fonte, ne résistent pas fort long-temps à l’action corrosive de la vapeur acide; c’est une des causes de dépenses assez lourdes dans cette fabrication.

Lorsque l’on se sert des autres moyens de condensation des vapeurs acides, le produit en est perdu et l’on n’utilise alors que le sulfate.

Ÿ IIT.— Usages agricoles et commerciaux du sulfate de soude.

M. Marnieu de Dompaszre a fait une heureuse application du sulfate de soude brut au chaulage des grains : dans 1090 litres d’eau, ïl fait dissoudre 8 kilog. de sulfate de soude; puis il immerge ie grain dans cette solution, et l’en retire pour le mettre en tas.

Alors, et pendant qu'il est mouillé, il y ajoute 2 kilog. de chaux éfeinte récemment et eu poudre. Le grain étant bien mélangé peut être semé immédiatement. Par ce procédé simple, la récolte de blé est préservée de la carie, quand même on aurait à dessein infecté de froment carié le grain de semence.

Le sulfate de soude s'emploie comme fondant. Pour les verreries, celui des cylindres donne du verre coloré en vert, parce qiil contient du fer. Le sulfate des bastringues peut servir à la fabrication du verre incolore des gobeleteries.

Les plus grandes quamités de sulfate de soude s'appliquent à la fabrication de la soude. En faisant dissoudre à chaud, déposer et eristalliser le sulfate de soude, on prépare le sel de glaubert et, en troublant la cristallisation, le sel d’'epsom, usités en thérapeutique comme légers purgatifs, et dans la médecine vétérinaire. S

Le sulfate de soude peut encore servir pour transformer le chlorure de calcium en sel marin, opération utile aux salpétricrs et quelquefois aux raffineurs de sel. |

Applications de l'acide chlorhydrique. Cet acide sert principalement à la fabrication du chlore et du chlorite de chaux; à extraire le tissu fibreux des os pour préparer la gélatine; à confectionner Îies eaux minérales gazeuses ; à laver les sables ferrusineut pour fa cristallerie; à enlever les incrastaliofs eale

cuaAp. 21°.

caires des conduites d’eau et des chaudières à evaporer les jus de betteraves ; à épu rer le noir animal en grains que l'on revivifie dans les fabriques de sucre indigène.

(IV. — Transformation du sulfate de soude en carbonate ( procédé LEBLaxc ).

Pour convertir le sulfate de soude en soude plus où moins carbonatée, voici comment on opère : le sulfate de soude des cylindres ou des bastringues est pulvérisé dans un moulin à meules verticales en fonte, puis passé dans un tamis en toile métallique dont les mailles offrent des ouvertures de deux lignes environ.

D'un autre côté on pulvérise (1) et l’on tamise de même le poussier de charbon (2) ou de houille. La première de ces substances est généralement préférée par les manufacturiers, lorsque la soude qu'ils fabriquent doit être employée pour le blanchissage du linge et à l'état brut; dans ce cas, il convient d'ajouter au mélange environ un dixième du poids du charbon, en morceaux assez volumineux, pour que la plus grande partie, échappant à la combustion, restent engagés dans la pâte de la soude brute et lui donnent l'apparence à laquelle sont habitués les consommateurs.

Ces fragmens concourent à faciliter l’accès de l'air, la division, et par suite le lessivage de la soude et son épuisement par l’eau.

On emploie dans le même but pour préparer la soude brute dite des blanchisseurs, du sullate de soude retenant encore 10 à 12 p. 0/0 de sel marin non décomposé. Ce sel facilite le délitement de la soude brute à l'air huiuide; elle se réduit ainsi spontanément en poudre, et son lessivage peut se faire aisément sans recourir à une pulvérisation mécanique.

On préfère comme plus économique la houille au charbon de bois partout où la soude brute doit être employée à la fabrication des sels de soude ou de savon.

On pourrait, ce me semble, réunir les avantages des deux procédés dans Papplication spéciaie au blanchissage du linge, et obtenir l'apparence commerciale voulue, en ajoutant à la houille pulvérisée très fin, un cinquième de son poids de charbon de bois en morceaux.

D'un autre côté on se procure de la craie le plus possible exempte de sable et même d'argile. Pour s'assurer de cette qualité, on en délaie 10 grammes dans un excès d’acide hydrochlorique; on y ajoute de l'ammoniaque en excès, puis on filtre, on évapore à sec €t l’on redissout; la craie qui dans cette opéralion d’essai laisse le moins de résidu est celle que l’on doit préférer. On la fait dessécher par la chaleur perdue de Ja cheminée ou de l’extrados de la voûte du four, puis on !a réduit en poudre fine qu’on tamise.

Lesmatières premières étant ainsi préparées, on les mélange dans les proportions suivantes :

Sulfate de soude. 100

Charbon de bois. 55 (ou 60 de houille ).

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