‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 234 sur 295 · CARBONATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

CARBONATE DE SOUDE

CE

laisse quelque temps sans la tirer, le hoursoufflement diminue, la matière devient plus liquide. Ainsi, suivant lFépoque où elle est Lirée, la soude est plus spongieuse ou plus coma mai cuite, elle est trop sulfurée. £e on dosage est de la plus haute importance.

Si l’on prolonge la calcination, on obtien!

une soude plus dure, plus dense, moins spongieuse, dont la pulvérisation et la lixiviation sont plus difficiles. On doit faire observer enfin que la dose, ou plutôt l'excès du charbon, doit être d’autani moindre qu’on est parvenu à mener les opéralions plus rapidement.

On substitue souvent la houille en poudre au charbon de bois, et suivant qu’elle contient plus uu moins de malières combustibles, on eu doit employer de 54 à 56 ceatièmes du sulfate réel contenu dans le mélange.

Voici le tableau du prix de fabrication de la soude brute dans une suite d'opérations faites près de Paris et destinée aux blanchisseurs.

frs 10:

14,982 sulfate des cylindres à 17 fr. 2,546 94 13,500 craie à 10 fr. les 1,000 kil. . . 135 7,680 poussière de charbon à 3 fr.

Tigres h00 lol... 7e 36,162

10 voies (150 hectolit.) de

houille à 40 fr. . . . . . . . 400

Mainid'œuvre. 10002 4e 9250

Frais généraux, etc. . . . . 485 06

72 barriques pour embaril-

ler Aa oder Vu pren

Produit 22,440 kil. de soude,

ANVADI UNIES. «> Me ce AU

D'où l’on voit que le quintal métrique ou les 100 kil. reviennent à 19 fr. 9e. Le cours actuel est de 22 fr.; par conséquent le bénéfice est de 2 fr. S1 c. par 100 kil.

Dans cette localité, le prix coûtant établi cidessus ne permet guère de fabriquer le sel et les cristaux de soude; aussi la totalité de la soude est-elle employée à l’état brut par les blanchisseurs.

A Marseille, la plus grande partie de la soude brute est destinée, soit au raffinage pour être expédiée en sel de soude à Rouen, Paris, etc., soit à la fabrication du savon qui se fait dans la localité, et tout l'acide chlorhydrique est perdu; l’acide sulfurique est employé à 50°,etc.; aussi le compte de fabrication est-il différent.

Le voici approximativement présenté, en y comprenant les 2 fabrications du sulfate et de la soude qui toujours sont annexées l’une à l’autre.

«Selmarin,3,600 kil. à 1fr. 36fr.

: «ts Acide sulfurique à 50°, Le br à / 45,00 kil. à 10 fr . . . 450 faté Hotuile, . . . :: . 1.040 « | Main - d'œuvre et frais BÉRÉPAUX . +, CUS

Craie, 4,500 kil..,:4,, 65 Houille (combustible et mélange).:i,::,3,24/ SD Main-d'œuvre et. frais SÉNÉTAUX ny ri 2 ar ee, 00 Produit : 6,160 kil. de soude coûtent. . 838

100 kil. reviennent à 13 fr. 60 c.

La soude brute peut être employée directement dans la fabrication du verre à bouteil-

Conversion en soude.

oQ9

les ; mais, pour toutes les autres applications, il faut en extraire la partie soluble, que l’on utilise seule, et en raison du carbonate de soude qu’elle contient.

C’est par un lessivage analogue à celui des matériaux salpêtrés que cette opérationa lieu ; un filtre, semblable à ceux de M. Dumonr, indiqués dans l'article sucre, p.389, est fort commode pour cela; on peut y substiluer, pour les opérations usuelles, des tonneaux défoncés d'un bout ou des baquets préparés à cet effet ; la fig. 420 indique les dispositions y relatives : À 1 po. au-dessus du fond on maintient un srillage en bois à l’aide de 2 traverses échancrées pour laisser passer le liquide. Dans ce grillage est engagé un petit tube qui monte jusqu'aux bords du tonneau. On recouvre le grillage d’une toile forte, claire et bien tendue ; on emplit à moitié le tonneau de soude brute, préalablement humectée et écrasée; on verse de l’eau froide ou tiède jusqu’à 1 ou 2 po. au-dessus de la soude; lorsque tout l'air interposé est échappé par le petit tube, on ouvre un peu le robinet et l’on a soin que l’écoulement aille un peu mois vite que la filtration, afin que le marc soit toujours complète-

ment baigné; on ajoute de l’eau jusqu’à:

épuisement complet de la soude, et la solution filtrée peut servir immédiatement à lessiver le linge; si l’on veut l’évaporer pour en extraire le sel de soude, il faut avoir 5 ou 6 tonneaux semblables, afin de renforcer la liqueur en la repassant sur les autres filtres, et ne la rapprocher que lorsqu'elle est de 20 à 24° à l’'aréomètre. On emploie un lessivage plus expéditif en immergeant la soude hydratée et écrasée dans des espèces de paniers en tôle percés de trous et la changeant de vases jusqu’à épuisement.

Les solutions s’évaporent dans des chaudières plates étagées, dont trois sont successive-

.ment chauffées par les produits de lacombustion qui ont d’abord chauffé directement une chaudière hémisphérique en fonte où le rapprochement se termine, et la précipitation a lieu, comme dans la précipitation de la potasse (voy. ci-dessus, page 381 ).

Le carbonate de soude, ainsi recueilli, mis à égoutter et desséché à l’étuve ou dans un four à réverbère, de manière à rester pulvérulent, se vend dans le commerce suivant la proportion de soude libre ou carbonatée qu’il contient et que l’on évalue par un essai dans lequel on constate la quantité d’acide sulfurique employé pour saturer com plètement cette soude. Aujourd’hui on fabrique des sels de soude qui équivalent à environ 92 p. 0/0 deleur poids de carbonate de soude pur.

En faisant dissoudre à chaud ces sels, laissant déposerlasolution pendant 6ou8 heures, etlasoutirant au clair dans des terrines,onobtient par refroidissement des cristaux blancs, diaphanes, formés de carbonate de soude et d’eau dans la proportion de 62, 69 de celle-ci pour 100 du carbonate cristallisé.

Si l’on fait dissoudre le même sel de soude dans 8 fois son poids d’eau, que l’on y ajoute environ les 6 dixièmes de son poids de bonne chaux grasse, préalablement éteinte et très divisée, et que l’on agite pendant dix minutes, puis qu'on laisse déposer, on pourra soutirer un liquide clair qui ne contiendra que de la

soude caustique, car la chaux se sera emparée de tout l’acide carbonique etse sera précipitée à l’état de carbonate de chaux ; cette solution de soude rapprochée à 36° BauMÉ, constitue la lessive caustique que l’on emploie pour fabriquer Les savons à froid età divers autres usages.

C’est à l’état caustique que la soude agit le

plus dans le blanchiment des toiles et le blanchissage du linge.

. La lessive caustique de potasse, rapprochée Jusques au point de ne contenir plus que les 0,16 d’eau qui constituent l’hydrate solide, peut être coulée à chaud dans des moules ou sur une plaque de fonte unie; elle se prenden masse dure par le refroidissement, et constitue la pierre à cautère, que l’on doit conserver dans des flacons bien clos.

La soude pure est formée de 1 atome de

Sodium ont 41-0206, 02909 Plus 1 atome d’oxigène. 100, (2 Ce protoxide est blanc, extrêmement

caustique, très soluble ; dissous, il ver-dit fortement le sirop de violette et la teinture de mauves, il attire énergiquement l’humidité et l’acide carbonique contenus dans l'air, ilest fusible à la température rouge clair, son énergie sur les acides est très grande; aussi peut-il s'unir à divers oxides qui dans la combinaison font fonctions d’acides; toutes ces propriétés lui sont communes avec le protoxide de potassium ou potasse, qui s’en distingue dans plusieurs de ces sels, et entre autres par le carbonate, qui attire l'humidité de Pair, tandis que le carbonate de soude s’y dessèche spontanément; nous verrons ailleurs quelques applications spéciales de ces 2 alcalis.

Le carbonate de soude sec et pur est com-

pôsé/de:'soude!. LV 0r-00R 00 666 acide carbonique . . . ... : 2276

en ajoutant 10 équivalens

d’eau ou ts ir 10 SN ARS

on a le carbonate cristallisé

Sala ee 0e EN ED RER

Le carbonate de soude pur est blanc, âcre, un peu caustique, plus soluble à chaud qu’à froid ; sa solution, faite à chaud, cristallise par refroidissement en prismes rhomboïdaux ; ces cristaux, exposés à l’air,s’effieurissent en perdant l’eau de cristallisation et iombent en poudre très fine. Ils peuvent se fondre à une température peu élevée, dans leur eau de cristallisation; desséchés, ils n’éprouvent de fusion qu'àune température au-dessus du rouge.

Le carbonate de soude cristallisé, soumis à un courant d'acide carbonique, en absorbe une double proportion et passe ainsi à l’état d’un bicarbonate qui ne contient qu'un équivalent d’eau c’est-à-dire environ 0,1 de son poids, c’est la base des pastilles de Vichy.

Voici, en résumé, les principales applications des divers carbonates de soudecommerciaux, du bicarbonate et de la soude caustique.

Le carbonate s'emploie dans la verrerie, la gobeleterie et la fabrication des glaces, où il est iransformé en silicate de soude ; il forme la base du borax ou borate de soude, des phosphaies, tartrates et bicarbonates employés en médecine,etces derniers dans la préparation du soda-water ; on s’en sert pour préparer un

car. 22°. PRODUITS

sulfite employé à blanchir la sparterie et dans la précipitation des laques colorées , nolanment de la garance; il est fréquemment en usage dans la teinture.

A l’état plus ou moins caustique, la soude sert à blanchirles toiles, le linge, les chiffons à papier, sert à préparer les savons durs , le savon économique de résine, et la pâte résipeuse employée au collage du papier, à essayer les tissus mélangés de fils de chanvre ou lin et de laine, parce que, étendue d’eau, elle dissout celle-ci sans attaquer les fils ligneux ; la même solution sous le nom d’eau seconde, s'applique à nettoyer les objeis enduits d’ancienne peinture à l'huile; on l’emploie encore concurremment avec la potasse, pour fabriquer l’eau de javelle, chlorite de soude ou de potasse, agent de décoloration et de désinfection.

RESINEUX. 393

Presque toules ces applications appartenaient à la potasse caustique ou carbonatée, mais le prix plus élevé de celle-ci a restreint ses usages à la fabrication du cristal (silicate de potasse et de plomb), encore s’occupe-t-on d'y substituer la soude; la potasse sert exclusivement à préparer le chlorale de potasse employé surlout dans la pâte inflammable des alumettes oxigénées, soit libre soit unie à plusieurs sels; on emploie la potasse dans la fabrication du salpètre (nitrate ou azotaie de potasse), des chromates de molasse, pour la teinture et la peinture, les savons

D la pierre à cautère et l’alun arti ciel.

PAYEN

Page 1