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ou cucurbite. P, Réservoir dans lequel coule le produit de la distillation. Q, Hausse circulaire en tôle, destinée à contenir des cendres, qui, évitant la déperdition de la chaleur, diminue la quantité d'huile condensée sur les parois supérieures de la chaudière. R, Calotte en tôle, destinée au même effet que la hausse ci-dessus. S, Réservoir d’eau pour alimenter la consommation du réfrigérant. T, Maconnerie de fourneau. On remarque que le cercle réunissant par des boulons, le fond épais aux calondres de la chaudière, est garanti de l’action immédiate du feu par la maçonnerie.
L'appareil étant ainsi disposé, voici comme on procède à la distillation de la résine.
On charge la chaudière ou cucurbite, presque aux deux tiers de la hauteur, avec du gahpot ou de la résine, brai sec, arcanson, etc.; relativement à cette dernière, on doit, à prix égal, donner la préférence à celle qui est diaphane (même brune), parce qu’elle ne contient pas d’eau. Le galipot donne beaucoup plus d'huile essentielle (essence de térébenthine ), dont la valeur rend quelquefois l’opération plus profitable.
Le chargement de la chaudière peut s’effectuer par l’ouverture K, ou, pour les opérations subséquentes, à l’aide d’un réservoir posé sur la chaudière, duquel la matière ré-
sineuse, entretenue fluide par la chaleur de.
la cheminée, s’écoule à volonté dans la chaudière , à l’aide d’une bonde à tige. La figure 442 montre cette disposition, qui s'applique fort avantageusement aussi à la 1re distillaüon de la térébenthine, décrite à la page précédente; on voit que le tube R, partant du couvercle de cette chaudière préparatoire, communique à volonté avec le réfrigérant, et qu'ainsi il n’y a pas de déperdition de vapeur considérable.
.… On allume le feu, que l’on pousse graduellement. En général, il se dégage d’abord de la vapeur d’eau, qui se condense et s'écoule à l'extrémité du réfrigérant , bientôt l'huile essentielle accompagne le liquide aqueux qui devient légèrement acide. Enfin, le feu étant toujours le même, l'écoulement paraît s’arrêter; c’est le moment de séparer tout le liquide obtenu, et qui est fractionné spontanément en deux parties ; l’une plus légère surnage, c’est l’huile essentielle ; on l’isole aisément eu soutirant, après quelques instans de repos, l’eau qui occupe le fond du vase.
La température de la matière résineuse continuant à s'élever, des changemens ont lieu dans la combinaison de ses élémens; il se dégage beaucoup de #az hydrogène peu carboné,
deusent avec uue plus grande quantité d'huile que l’on voit couler plus abondamment.
On peut soutenir le feu jusqu’à ce que l'écoulement s'arrête, et dans ce cas on obtient le maximum de produit en huile ; ii reste dans Ja chaudière une très petite quantité de charbon et de matières terreuses, qui ne s’opposent pas à ce que l’on recharge de nouveau la chaudière, À cet effet, on couvre le feu, on ôte l’obturateur K, puis on verse la résine ; on referme l’ouverture, on ranime le feu et l’on recommence une deuxième opération,
Ce dernier mode d'opérer présente plusieurs inconvéniens. En effet lamatière charbonneuse,s’accumulant à chaque fois, nuitàlacommunication de lachaleur,etaprès 5ou 6 opérations il faut laisser refroidir le fourneau de lachaudière pour qu’un homme puisse s’introduire dans celle-ci et enlever à coups de ciseau ce charbon plus où moins adhérent. D'ailleurs, à la fin de chaque opération la température s’élève au point de faire rougir les parois de la chaudière, en sorte que si l’on vient à recharger promptement, les premières parties de résine en Contact avec les parois se décomposent, dugaz hydrogène carboné se produit qui peut s’enflammer et déterminer des accidens graves, ainsi que celaest arrivéen maprésence; enfin le fond de la chaudière exposé fréquemment aux alternatives d’une température tantôt rouge, tantôt subitement moins élevée, s’altère beaucoup; il en résulte des réparations dispendieuses.
Un autre mode d'opérer est préférable ; 11 consiste à ne pousser la distillation que Jjusqu'à ce que les neuf dixièmes de la résine soient décomposés, ce que l’on peut connaitre approximativement d’après la quantité de liquide recueilli, et en ayant soin d'arrêter un peu plus tôt dans les 1res opérations. On couvre alors le feu, on soutire la matière résineuse fluide restée dans la chaudière, et pour cela il suffit de tourner la poignée G du clapet; on referme ensuite celui-ci en tournant en sens inverse ; on enlève l’obturateur K,on recharge la chaudière et l’on commence une autre disüllation.
La matière fluide tirée ainsi de la chaudière prend, en refroidissant, une consistance de brai gras moins colorée que ce dernier; elle s'applique aux mêmes usages et peut se vendre plus cher, comme de meilleure qualité.
Voici le compte de cette opération, calculé sur les prix à Londres (1830). En supposant un appareil offrant les dimensions que nous avons indiquées, il contiendra 22 quintaux anglais (de112livres environ),ou 2,100 kil. de résine, quantité sur laquelle on pourra opérer chaque jour ou 6 fois par semaine.
fonte:
22 quintaux résine, à 6 fr. 25 ©. 137 50 houille pour chaque distillation
pendant.12 ,heures:12149..1- 40/45
\ main: d'œuyre.se) metre, 4-0 11 NAT
réparations, loyer,assarance,etc. 15 »
Total. ./. MONTS
Frais.
cap. 22e,
[20 gallons huile essentielle analogue à l'essence de térében- fr <-
ire) CN ET NL LS »
& | 180 gallons huile fixe. . . . . . . 210 »
*31] 100 livres brai gras. . . . . . . . 12 50
i: Total des produits 255 50 & [d’où déduisant le montant des
dépenses. . - . . . . . .,. *. .." 173,75
Reste en bénéfice. 81 75
Lorsque l’on veut purifier l’huile fixe de la plus grande partie de l'acide et de l'eau qu'elle contient, il suffit d'y ajouter environ 5 p. 0/0 de carbonate de soude sec, en poudre tamisée (sel de soude du commerce), et de bien brasser le mélange, tandis que l'huile est encore chaude, c’est-à-dire immédiatement après la distillation, de laisser déposer el de tirer au clair.
MM. Marnmræu ont indiqué récemment un
procédé (bréveté) d'épuration de lhuile de
résine ; il consiste à bien battre cette huile d'abord avec 3° de son poids d'acide sulfurique concentré, puis aussitôt après avec parties égales d’eau à 55 ou 60° C., et ensuite filtrer l'huile.
On peut lui enlever son odeur désagréable, d'après M. CnerEau, en la faisant traverser par un courant de vapeur d’eau avant de filtrer.
L'huile ainsi épurée est très propre à l’éclairage au gaz; elle équivaut, pour cet emploi, aux 0,85 environ de l'huile de co!za; on ne pourrait pas la brüler directement dans les lampes ordinaires, parce qu’elle n’est pas suffisamment fluide, et qu’elle produit en brù- Jant une grande quantité de noir de fumée.
On en a fabriqué un savon dont les applications ne sont pas encore déterminées. Elle a servi dabs la confection de peintures pour les ouvrages au dehors des habitations.
Les autres usages de cette huile n’ont pas été assez étudiés pour que nous les décrivions plus complètement iei; ils prendront sans doute une extension plus grande.
SgcTioN III. — De la béluline.
Il exisie un assez grand nombre d’autres résines qui sont même employées dans les arts, telles que la résine élémi, la laque, le mastic, le copal, etc., dont nous ne nous occuperons pas ici parce qu'elles ne sont pas un produit immédiat de notre sol; mais nous dirons un mot de la bétuline et de sa préparalion.
M. CnevrEuUL a nommé béluline une résine qui est sécrétée dans toute l'épaisseur de Pécorce du bouleau , et qui donne aux feuillets enlevés sur cette écorce la couleur blanchâtre etopaque qui les distingue. C’est à la bétuline qu'est due la propriété remarquable de conservation dont jouit l’écorce de bouleau, et qu est tellement prononcée que parfois le bois sous-jacent qu’elle a long-temps garanti
(1) La proportion de cette huile est très variable;
DE LA BÉTULINE.
» finit par s’altérer et se pourrir, tandis que son écorce reste plus où moins conservée.
La bétuline ne saurait exsuder de l'arbre parce qu’elle n’est pas accompagnée d’une proportion sensible d'huile essentielle qui puisse la liquéfier; mais elle pent être utilisée de plusieurs façons quoique engagée dans le tissu végétal.
On sait en effet que les écorces de bouleau servent depuis quelque temps à former de petites boites arrondies, légères et durables, que la même écorce, capable de conserver le bois, peut donner elle-même en brûlant une flamme vive et beaucoup de chaleur (2); mais ce qui caractérise surtout la substance résineuse que renferme celle écorce, | c’est l'odeur balsamique agréable qu'elle répand par une combustion incomplète; chacun peut aisément vérifier cette propriété; il suffit en effet de présenter un fragment d'écorce à une flamme quelconque, elle s’allumera aussitôt et brülera en répandant une lumière vive et un peu de fumée; si, lorsqu'elle sera à demi consumée on l’éteint, elle répandra une fumée blanche, et avec elle l'odeur spéciale qui distingue certains cuirs de Russie.
On emploie maintenant en France l'écorce de bouleau pour communiquer à certaines peaux, préparées pour reliure et autres objets de luxe, la même odeur qui fait rechercher les peaux analogues dites cuirs de Russie; le principe, odorant qui sans doute tient à la production d’une huile essentielle par la bétuline au feu, s'obtient économiquement en distillant l'écorce per descensum dans un appareil qui pourrait servir à préparer le goudron. des bois résineux, où du moins à essayer ces bois relativement aux quantités de goudrons qu'ils peuvent donner. c ,
La fig. 443 indique cet appareil; on voit qu'il secompose d’un Fig 443.
vase cylindrique en fonte À, ouvert ou fermé à volonté à la partie supérieure par un disque B de même métal ; il se ter- | mine à la partie inférieure en un tube court C, que l'on À peut prolonger à Pai- | de d’un ajutage ou | iuyau en tôle D, jus- À que dans un réci- | pient E; un foyer la- | léral F permet de À.
chauffer tout le tour | du cylindre envelop- ” pé comme on le voit par le carneau circulaire G pratiqué dans la maçonnerie H.
Les choses ainsi disposées, voici comment on opère: on emplit d’écorces le vase en fonte À, on allume du feu dans le foyer, puis on chauffe jusqu'à ce que, tout le vase étant rouge brun, les écorces soient charbonnées. Il
elle dépend de ce que la 4'e distillation de Ja téréven-
thine a été poussée plus ou moins loin pour en obtenir davantage quand on emploie le galipot au lieu de résine sèche, et il y a souvent un grand avantage à le faire; en se servant du brai sec de Bordeaux ou de l’arcanson de l'Amérique septentrionale, on n’obtient guère plus de 4 à 8 pour 100 de cette huile volatile.
(2) En supposant à la bétuline la même composition qu’à la résine de térébenthine, elle donnerait à poids égal, en bràlant, une quantité de chaleur plus que double de celle que produit le bais ordinaire.
ARTS AGRICOLES : DES PRODUITS RÉSINEUX
se dégage d’abord de la vapeur d’eau, peu à |
peu de l'acide acétique, un. goudron aromatique et divers auires produits l’'accompagnent et se condensent ensemble dans le récipient inférieur. C’est dans la matière brune goudronneuse que se trouve le produit à odeur balsamique particulière, résultant de l’altération de la bétuline. Ce goudron, mélangé avec des jaunes d'œufs et employé au corroyage des peaux, leur communique l'odeur du cuir de Russie ; employé en encollage entre le carton et les peaux des reliures de livres, il conserve très long-temps cette émanation à odeur spéciale qui éloigne les insectes.
Section IV. — De la préparation des qoudrons.
L'appareil précédent peut, ainsi qu'on le voit, servir à la préparation des goudross ; mais il existe un autre appareil de distillation per descensum plus simple, moins dispendieux el plus durable, qu’on peut appliquer avec avantage à la distillation des écorces de bouleau, et qui est usité en Amérique pour la préparation des goudrons résineux; nous le décrirons, après avoir donné une idée du four le plus anciennement employé en France pour le même usage, mais qui nous semble moins bien approprié à sa destination.
La fig. 444 indique celte disposition; on
Fig. 444.
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AE
voit qu’elle consiste à creuser une cavité circulaire , soit sur une pente de colline, dont on a aplani ue place de 30 à 40 pi. de diamètre, soit sur lesommet également aplani ou coupe d'un tertre.
Cette cavité À, en forme d’entonnoir évasé, communique par un tuyau B, adapté à sa partie inférieure, avec une petite chambre voütée dans le milieu de laquelle se trouve un récipient C.
Les choses ainsi arrangées, on place queiques bûches en travers et horizontalement sur l'ouverture au fond de la cavité A; on remplit ensuite toute cette cavité avec des bûchettes ou büches fendues, ayant 2 pi. à ? pi. 3 po. de longueur, en ayant le soin de les poser couchées suivant l’inclinaison des parois ; puis sur le dernier rang , au niveau du sol, on élève une meule analogue à celles à charbon de bois dans les forêts (voir la p. 370), ei amoncelant des büchettes semblables à celles des rangs inférieurs, mais inclinées en sens inverse.
On implante au 2° rang un poteau dont on entoure le pied de menus débris ligneux très inflammables ; puis, on garnit jusques à 4 po. srès du sol tout le monceau de paille, de feuil-
es ou de gazons retournés ou terre humectée;
CE
on enlève alors le poteau central, on jette dans l'ouverture qu'il laisse des charbons incandescens, puis on laisse le feu faire quelques progrès avant de boucher, à l’aide d’une plaque ou de gazons, l’ouverture supérieure de la cheminée.
L’élévation de la température se propage graduellement dans touie la masse, chasse l’eau en vapeur, rend fluide la matière résineuse mêlée d'huile essentielle dans le bois, décompose et carbonise celui-ci en formant, parmi divers produits, de l'acide acétique et du goudron, qui s'ajoute aux produits résineux et aux matières huileuses provenant de l’altération de la résine. C’est tout ce mélange, qui, coulant ou se condensant vers les parties inférieures de la masse de bois, arrive au tuyau central B, coule dans le récipient C, où se fait un premier départ spontané de la matière goudronneuse et du liquide aqueux, et que l’on traite ultérieurement comme nous le verrons plus loin.
Le principal défaut de ce procédé consiste dans la rapidité de la carbonisation qui surprend, altère et réduit en gaz une grande partie des matières résineuses, donnant ainsi un produit utile moins abondant et d’une plus mauvaise qualité.
On s’est rapproché de circonstances meilleures par les dispositions suivantes , indiquées par la fig. 445. On voit que la cavité, praliquée
Fig. 445.