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On voit des roues de ce genre qui sont monumentales ; celle dont nous donnons le modèle, fig.459, a près de 60 pi. de hauteur; elle a été construite par M.CoRrRÈGE, mécanicien, rue de l'Ouest, à Paris, pour mettre en mouvement une scierie de planches à Tannery, arrondissement de Fontainebleau (Seine-et- Marne”.
Section V.— Des pièces principales dont se compose le mécanisme des moulins à blé.
Il existe différens systèmes pour moudre le grain, mais ces différences consistent plutôt dans la manière d’appliquer les organes, ou pièces qui effectuent le travail, que dans la di-
versité de ces organes. Ces différences, en général, affectent :
1° La force d’eau, plus ou moins considérable ; la manière d’en disposer et de la diriger sur la roue hydraulique, et de la renvoyer à volonte au moyen d’un système de vannage ;
2° La roue hydraulique montée sur son arbre tournant;
3° Le rouet ou hérisson, et les diverses combinaisons d’engrenages au moyen desquels les meules tournantes sont mises en mouvement.
4° Les meules horizontales superposées, d’un diamètre parfaitement égal, l’une faisant sur son axe des révolutions plus ou moins nombreuses et qu’on appelle meule courante, l’autre inerte nommée gête ou meule gisante;
5° Le gros fer, le pointal, sur lesquels la meule courante est suspendue et équilibrée;
6° L’engreneur ou baille-blé, qui distribue régulièrement le blé sous les meules ;
7° Les récipiens où tombe la farine qui s’échappe des meules par une ouverture on conduit, qu’on appelle anche;
8° Les bluteaux ou bluteries, dans lesquels la farine est séparée des sons, et celles où le son (écoree du blé) est séparé de toutes les parlies non encore réduites en farine, etoüil est aussi divisé en différentes espèces, suivant son degré de ténuité ;
9° Le nettoyage à grains, mécanisme essentiel, dont on a aujourd’hui beaucoup varié la forme et les effets.
10° Enfin toute les pièces accessoires, comme mouvemens de transmission, chaines de godets ou noria, tire-sacs, refroidisseur, etc.
6 Ier.—Des meules.
S'ilest essentiel, pour tirer partie de toute sa force d’eau, de confier à des hommes habiles la construction de la roue hydraulique, il n’est pas moins indispensable, pour obtenir dans la mouture la quantité et la qualité du produit, d'apporter la plus grande attention à tout ce qui concerne les meules, savoir : leur dimension ou diamètre, la qualité de la pierre, leur équilibrage, leur repiquage ou rhabillage.
$ II. — Du choix des meules et de leur confection.
Toutes les pierres ne sont pas également
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convenables pour effectuer la mouture du blé. Les roches calcaires et les grès sont impropres à cet emploi; elles formeraient par leur frottement sur le grain, soit de la poussière, soit du gravier qui, en se mélant avec la farine, en altèreraient la quantité d’une manière désagréable et même nuisible,
Les meilleures pierres à moulin à farine sont celles dont la nature est siliceuse; on les a, pour cette raison, appelées pierres meulières. Il en existe en France d'assez nombreuses carrières; mais les plus renommées sont celles de La Ferté-sous-Jouare, petite ville du département de Seine-et-Marne, sur les bords de la rivière de Marne. Non-seulement c’est là que se fournit de meules une partie de la France et surtout le rayon d’approvisionnement de Paris, mais encore il s’y fait de nombreuses expéditions pour l'Angleterre et l’Amérique du Nord.
Quoique la mouture dite à la française tende chaque jour à perdre de son importance, nous croyons pourtant utile d'entrer dans quelques détails sur les meules qui lui conviennent.
Les meules dites à L française ont le plus généralement 2%,003 (6 pi. 2 po. ); on en voit aussi un assez grand nombre de 1",624 à 1", 787 (5 pi. à 5 pi. 1/2); quelques-unesont 2,437 (7 pi.), mais c’est le plus petit nombre; leur épaisseur est de 12 à 15 po.
La carrière de Tarterel, appartenant à la maison GUEUvVIN, Boucuonx et C*, était la plus renommée pour les meules à la française; c’est une pierre blonde, œil de perdrix, semée de petites parties bleues et blanches, légèrement transparentes.
La meule gisante ne devait pas être si ardente que la courante. Par meule ardente, on entend une pierre qui a des inégalités naturelles qui la rendent coupante ; les inégalités s'appellent des éveillures.
Pour la mouture anglaise ou américaine, le diamètre des meules varie de 1",218 à 1,299 (3 pi. 1/2 à 4 pi.); cette dernière dimension est la plus générale et celle qui permet le mieux d'utiliser la force de l’eau sur les rivières dont le cours est variable. Cette mouture a aussi apporté des modifications importantes dans le choix de la pierre. On veut toujours que la meule gisante soit un peu moins dure que la meule courante ; on ne recherche plus les meules éveillées; mais au contraire des meules pleines, compactes, et d’un silice pur. Le bois de la Barre, près La Ferté-sous-Jouare, d’une couleur bleue ardoisée et d’un grain dur et plein. sont celles qui, jusqu'ici, ont obtenu la préfé- -ence. La raison qui fait qu'on recherche, pour la mouture anglaise, des meules touta-fait pleines, c’est que le rhabillage qui leur est propre est une science qui, au moyen du marteau, pratique elle-même les éveillures au degré qu’elle juge nécessaire. Un défaut essentiel de la pierre et qui la rendrait tout-à-fait impropre à recevoir un bon rhabillage, serait qu’elle éclatät sous le marteau.
Depuis quelques années on a ouvert à Lesigny, près La Haye (Vienne), des carrières de pierres meulières d’un grain moins bleu et plus tendre que la pierre du bois de la Barre, mais elles ont en général la compacité que l’on