‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 245 sur 295 · DES PIÈCES DES MOULINS · texte numérisé non relu

DES PIÈCES DES MOULINS

recherche et supportent très bien l'action du marteau. On a reconnu de bons effets de leur mariage avec des pierres de La Ferté. Lesigny se met alors en gisante.

Autrefois, il n’y a pas encore vingt ans, les meules étaient généralement d’un seul bloc, ou de 2 ou 3 morceaux; aussi était-il très rare de rencontrer une meule parfaite; elle péchait toujours en quelque place. La science, en faisant des progrès, a fait reconnaître qu’il était essentiel, surtout pour le parfait équilibrage des meules, condition première de toute bonne mouture, que les pierres dont les meules sont formées fussent toutes, autant que possible, de qualité homogène. C’est pour atteindre ce but que l’on fabrique maintenant les bonnes meules à l'anglaise, de petits morceaux , de grandeur égale ou inégale, peu importe, pourvu que leur qualité soit bien la même. On les rapproche et on les lie ensemble avec du plâtre. Les joints sont taillés au burin et doivent être faits avec autant de soin à l’intérieur qu'à l'extérieur (fig. 460). Quelques constructeurs de Fig. 460.

meules s’attachent à ca- gt:

cher les joints dans les profondeurs du sillon ou rhabillage ; c'est une très bonne méthode. Le dessus de la meule, ou la face opposée à la mouture, est égalisé avec des débris de / pierre et du plâtre, et le toutestconsolidéau moyen :

de cercles en fer placés autour de la meule , pour empècher l'effet de la forceK centrifuge qui tend, pendant la rotation, à en disjoindre les parties pour les lancer au loin par la tangente.

Nous parlerons de l’équilibrage des meules, en donnant la description du gros fer, de l’anille et du pointal.

$ LIT. — Du rhabillage ou repiquage des meules.

Pour que les meules puissent bien moudre il faut que leurs surfaces soient parfaitement planes. C’est jusqu'ici au moyen de la règle et du marteau qu’on est parvenu à obtenir cette rectitude. La maison GuEUviIN, Boucxox et Cie, de La Ferté-sous-Jouare, donne, dit-on, aujourd’hui à ses meules un riblage parfaitement plane, au moyen d’un procédé particulier.

Une fois les meules bien dressees ou mises en bon moulage, on leur donne la rhabillure convenable. La plupart des meuniers à la française avaient la mauvaise habitude de rhabiller à coups perdus; cette méthode n’est plus usitée que dans les moulins où l'on fait des moutures grossières. Les habiles meuniers à la française pratiquaient des rayons de 12 à 14 lignes de large, venant aboutir insensiblement vers le centre à quelques points de l’anille. La manière de les disposer et de les espacer dépendait de la qualité de la pierre, du plus ou moins de sécheresse des blés; plus les blés étaient secs, plus on ménageait le rhabillage. Ê

Aujourd’hui, ainsi que nous l’avons déjà dit , le rhabillage des meules est une science,

et dans tous les établissemens soigneux de leurs produits, il y a un homme ad hoc, qui occupe le preinier rang dans le moulin.

Ainsi que l’indiquent les fig.461 et462, le rhabillage se divise en plusieurs compartimens contenant chacun un nombre donné de rayons. Ces compartimens sont ordinairement au nombre de 10 ou 12 et contiennent chacun 3 ou 4 rayons ou sillons ; en tout, sur la surface de la meule 36 à 40 rayons, suivant que la pierre est plus ou moins éveillée. Les rayons ou sillons doivent étrecreusés de manière que la profondeur de l’avant-bord ne dépasse pas la grosseur d’un graiu de blé et qu'il suive une pente régulière de 25 millim. jusqu’à l'arrière-bord, dont l'arête doit se trouver sur la surface même de la meule; c'est cette arête qui travaille, qui attaque le bié, et qui développe et nettoie le son.

Ce mode de rhabillage est commun à la meule gisante et à la meule courante, mais avec cette différence que la meule gisante est toujours parfaitement plane, tandis qu’on peut donuer à la meule courante un peu d'ouverture, c’est-à-dire que, depuis le bord de l’œillard jusqu'à 27 centim. au-delà, on eut la creuser de rianière qu'il y ait à ‘ouverture une profondeur égale à l’épaisseur d’un grain de :lé ou d’environ 4 millim., et qu’à partir de ce point la surface suive celle d'un cône très ouvert, dont la plus grande base aurait 4 décimètres de rayon. De cette sorte le grain entre librement au bas de lœillard, et ne se trouve pas subitement attaqué par les meules ; mais entrainé d’abord par la force centrifuge , il est bientôt froissé par les tailles de leurs surfaces, et est d'autant plus pressé qu'il s’éloigne du centre. Les sillons ont pour but de permettre à l’air de pénétrer bien avant sous les meules et de rafraichir ainsi les surfaces en contact.

. Quand les meules sont en travail, leurs cannelures se présentent entre elles, suivant des angles aigus tels qu’on les voit fig. 463 de manière à faire pendant le mouvement l'effet d’une cisaille.

Ainsi, vers l’œillard, quand une cannelure de la meule supérieure rencontre celle correspondante de la meule inférieure , elles forment à elles deux la figure en g?(/ig. 464).

Le grain de blé se trouve logé entre elles et va, dans le mouvement, être entrainé de droite à gauche; à mesure que la meule tourne, sa cannelure glisse successivement sur tous les points de la cannelure inférieure, de telle sorte que le même grain est bientôt développé par l’arête des arrières -bords,

Fig. 461.

Fig. 463.

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