EXTRACTION DES ARGILES
Marne de Belleville Marne de Viroflay,
près Paris. prés Versailles.
SITICP AE RNA EE 29 Alumine + DCR ER. 11 Peroxidedefels (61 CRE 20 Gavb-‘dechaux: 28 CR ee ea 97 98
Les marnes plus ou moins calcaires ont souvent une grande utilité dans leurs applications à l’agriculture; elles peuvent améliorer les terres soit dans leur constitution physique, soit dans leur composition chimique ( voyez à cet égard le chapitre des amendemens et des engrais, t. 1‘", p. 59 et 82).
La propriété remarqrable dont jouissent toutes les argiles délayables et marnes argileuses, de prendre à la température rouge une dureté telle que l’eau ne les puisse plus délayer, explique lun des effets avantageux de l’écobuage des terres fortes argileuses :
cette calcination change complétement leur pature physique; de grasses et compactes qu’elles étaient, elles deviennent ainsi maigres et graveleuses, susceptibles par conséquent d'amender par leur mélange la terre trop lourde dont elles faisaient naguère partie.
Les argiles, plus ou moios plastiqnes calcinées, donnent des sortes de pouzzolanes artificielles, ou cimens, capables de former avec les chaux de construction de très bons mortiers.
On emploie avec succès les argiles plastiques pour conserver à l’état humide certaines parties des végétaux : c’est ainsi que l'on parvient dans les transports à maintenir fraiches les boutures et greffes, à retenir dans des sols arides l’eau d’arrosage près des racines de divers arbustes, des mères et rejetons en pépinière, etc.
Plusieurs argiles ocreuses sont désignées sous les noms de bols, ( argila bolus, WaALL ; bole, kirwaAN; bol, WERN ); elles contiennent assez d’oxide de fer pour présenter une nuance prononcée de jaune où de rouge, les premières acquièrent la couleur rouge par une calcination à Pair.
La sanguine est rangée parmi les bols ou argiles ocreuses; elle sert à préparer les crayons rouges.
On connait sous ladénomination de bol d’ Armenie une variété de l'argile ocreuse rouge, très estimée autrefois et tirée de l’ile de Lemnos par Constantinople. Les prêtres insulaires, qui la préparaient exclusivement , en éliminaient le sable par lévigation, puis en formaient de grosses pastilles sur lesquelles ils apposaient le sceau de Diane, de là est venu le nom de terre sigillée. On imprime encore sur cette argile le cachet du gouverneur de lile ou celui du Grand-Seigneur avant de le livrer au commerce; une argile ocreuse tirée des environs de Blois et de Saumur est employée en France maintenant pour préparer le bol d'Arménie.
On traite cette argile par lévigations et tamisages à l’eau, on laisse déposer, et la pâte ocreuse mise en trochisques, puis en petits pains arrondis et empreints d’un cachet, constitue le bol d'Arménie vendu chez les pharmaciens et employé en médecine.
Argile ocreuse jaune, ocre jaune. Cette argile
se trouve en France près Vierzon, et dans le département de la Nièvre, à Bitry,non loin de Saint-Amand; elle est exploitée par puits et galeries, puis calcinée, lavée convenablement elle donne un ocre rouge; l’ocre de Bitry, celui de Morague et de Saint- Pourrain se vendent
uelquefois naturels ou calcinés sous les noms
e jaune et rouge d'Italie. On les emploie comme les autres ocres dans la coloration des papiers peints, les peintures communes en détrempe et les peintures extérieures à l'huile, pour défendre les volets, persiennes, instrumens aratoires, clôtures en bois, charrettes, etc, des effets de la pluie ou de l'humidité. Souvent les ocres jaunes sont mélangés avec les bleus de Prusse afin d’obtenir des nuances vertes plus agréables pour diverses sortes de peintures.
Secrion II. — Extraction et emploi du sable.
On désigne sous les noms de sables des substances minérales granuliformes ou pulvérulentes, qui se rencontrent tantôt étendues en couches plus ou moins épaisses à la superficie de laterre, tantôt à une certaine profondeur du sol ou formant le lit des eaux des fleuves, des rivières, de la mer, qui lescharrient continuellement et les déposent sur leurs bords, dans les endraits où le courant est encore trop rapide pour laisser précipiter aussi les matières limoneuses. Parmi ces sables, les uns paraissent avoir existé de tout temps à cet état et être le produit d’une cristallisation plus ou moins confuse, les autres sont évidemmment les détritus deroches quarizeuses, granitiques, micacées où métalliques, divisées où par l’action des eaux qui les entraînent dans leurs torrens, ou par les chocs des fragmens de rochers les uns contre les autres. Enfin, on disüngue encore les sables argileux ou débris pulvérulens naturels ou factices des argiles cuites ; tels sont les pouzzolanes, les divers cimens de briques, tuiles et poteries pilées, des morceaux de gazettes à porcelaine, etc.
Les 1°", qu’on a nommés sables cristallins, sont abondamment répandus dans la nature.
Les plaines immenses, connues sous les dénominations de déserts, de steppes, de landes, etc., si multipliées en Afrique en Asie et en Europe, sont entièrement recouvertes de ces sables ; le fond des fleuves, des rivières en est formé ; l'Océan en rejette sur ses bords une grande quantité qui s’y amoncelle en dunes.
Ces sables, presque entièrement composés de très petits grains de quartz hyalin ou de quartz laiteux, constituent la variété connue sous le nom de quartz arénacé. Le plus souvent ces grains ont une forme irrégulière; ils sont tantôt arrondis, tantôt anguleux.Cependant, dans quelques localités, on en a trouvé qui, vus au microscope, offraient des cristaux réguliers de quartz à deubles pyramides. Les sables cristallins sont souvent mélés de particules d’argile, de paillettes de mica, de sels, de détritus des végétaux etanimaux ; tels sont ceux qu’on appelle vulgairement sables de rivière ou de mer ; selon qu’ils sont purs ou impo ils sont propres à différens usages dans
es arts.
ARTS AGRICOLES : PRODUITS MINÉRAUX
glaces et des verres blancs; ceux qui sont mélés de carbonate de chaux d’oxide de fer et de détritus des plantes servent à la fabrication des verres noirs ; ils sont même plus propres, en ce que ces matières étrangères, en réagissant entre ellesau feu, forment du silicate de chaux, favorisent ainsi la vitrification et qu'on n’a pas besoin d’ajouter autant d’alcali pour l’opérer.
Dans l’art du mouleur, on rejette les sables trop secs et purement quartzeux; on préfère ceux qui, étant mêles d'un peu d'argile et de mica, font corps avec un peu d’eau et sont susceptibles de se comprimer assez pour recevoir le moule des modèles. Dans les fonderies, on recherche aussi les sables légèrement argileux, destinés à former le sol dans lequel en opère le coulage des grosses pièces.
Des sables à gros grains, surtout mêlés de débris d'argile calcinée et de mica, sont préférés pour la fabrication des mortiers, surtout de ceux qui, étant susceptibles de se durcir sous l’eau presque autant que la chaux hydraulique, peuvent remplacer celle-ci aans les constructions humides ou submergées.
Une partie de chaux grasse et 3 ou 4 parties de ces sables, dits arènes. forment un mélange convenable, à défaut de chaux hydraulique.
On se sert des sables de rivière, de carrière ou fossiles pour la fltration des eaux, même dans d’immenses filtres applicables à épurer les eaux après avoir laissé déposer dans des réservoirs la plus grande partie de ieur matière limoneuse ; les eaux de rivière qui doivent être distribuées dans les villes ou celles qu'emploient les fabriques de papiers blancs, les blanchisseries, teintureries, doivent souvent être ainsi épurées; on en forme la cruche supérieure dans les filtres à charbon. On se sert journellement de ces sables pour recouvrir les allées des jardins; par cette addition, qui donne à la terre de la consistance, on prévient la formation de la boue dans les temps de pluie et l’on rend la marche plus agréable.
Un usage bien plus important auquel on emploie les sables cristallins, est celui qui a our objet l'amendement des terres. On donne a préférence aux sables marins, à cause des sels et des détritus de substances animales dont ils sont naturellement imprégnés et qui sont très propres à activer la végétation. C’est une sorte de sable très fin de ce genre qui constitue la fangue ou cendre de mer; elle renferme, sur 100 parties, d’après un échantillon envoyé d’Avranches et qui me fut remis par la société d’horticulture :
Sable et lamelles demica. . . . .
Carbonate de chaux. . .
Matières organiques azotées. . . .
Chlorure de sodium et de magnésium.
Sulfates de chaux, de potasse et de
soude... 2 00 OO TA
ne)
Le sable de cette tangue est assez un pour traverser presque en totalité un tamis de soie ordinaire ; ses grains se trouvent recouveris d’une incrustation formée de carbonate de
Les plus purs et les plus blancs sont em- | chaux et des autres substances, On voit que,
ployés de préférence pour la fabrication des
£ > , :! te ., DEL : » n par selle raison, !l tre regardé comme
cxaP. 26e,
un excellent amendement sableux et calcaire pour les terres argileuses compactes; qu’en outre. la matière azotée et la petite proportion de sels lui donnent une action comme engrais et stimulant ; il pourrait en outre avantageusement entrer dans la composition des terres de bruyères factices.
Les sables Le proviennent de la désagrégation des roches ont été pour la plupart recouverts par des terrains de formation postérieure, très différens par leur composition des sables proprement dits, dont ils n’ont recu le nom que parce qu'ils en ont la forme pulvérulente ou grenue. Les sables aurifères, platinifères, cuprifères, stannifères, titanifères et ferrugineux renferment un grand nombre de substances, indépendamment de celle qui domine dans chacun d’eux, et que, dans beaucoup de cas, on exploite avec avantage, à l’aide des irrigations qui laissent plus abondantes les substances métalliques plus lourdes, après avoir plusieurs fois décanté les parties suspendues dans le liquide.
Les sables fins sont encore employés dans la confection des briques, tuiles et carreaux, soit pour mélanger avec l'argile plastique et diminuer ainsi son retrait à la dessiccation et au feu, soit pour saupoudrer l’intérieur des moules et favoriser le démoulage.
SecTion III. — De l’extraction et de l'usage des cendres pyriteuses.
On connaît sous les divers noms de cendres pyriteuses , cendres sulfuriques végétatives, cendres noires de Picardie, terres noires sulfureuses, soit les résidus des pyrites alumineuses (bisulfure de fer alumineux ), effleuries et lessivées, soit la matière terreuse, brune, pulvérulente qui recouvre en différentes localités, et notamment dans l’ancienne province de Picardie. les amas de pyrites ferrugineuses, ou bisulfure de fer natif. On nomme cendres rouges le résidu de l’incinération des pyrites ou des terres pyriteuses dans lesquelles la combustion du sulfure de fer a laissé former du peroxide ou sesqui-oxide rouge de fer.
Les cendres rouges ayant, relativement à l’agriculture , des propriétés et des applications speciales , nous en traiterons à part. Nous nous occuperons d’abord des cendres pyriteuses, et, pour donner une idée exacte de leur pature, nous exposerons brièvement les opérations industrielles dont elles forment le résidu, et qui d’ailleurs produisent le sulfate d'alumine impur vendu sous le nom de magmas ‘aux fabricans d’aluns par les propriétaires qui se livrent à cette fabrication peu compliquée.
Le sulfure de fer seul, par une calcination ménagée, se transforme au contact de l'air en sulfates de protoxide et de sesqui-oxide de fer ; mais dans les schistes qui renferment en outredel’argile, la présence de l’alumine change les résultats; le sulfate de peroxide de fer se transforme en sulfate d’alumine, et le sesquioxide devient libre, ou du moins passe à l’état de sous-sulfate, en sorte que, si l’on prolonge l’opération de manière à ce que la majeure partie du fer soit peroxidée, on obtient | du sulfate d’alumine presque exclusivement.
Le schiste alumineux le plus convenable à