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avec de la soie. Paris, qui confectionne, consomme et expédie au loin une quantité considérable de ces objets, vachercher ses ouvriers parmi les populations laborieuses des départemens voisins, surtout ceux de lOise et de l'Aisne, où une femme un peu habile peut, au moyen d'une petite machine importée d'Angleterre, gagner aisément 50 c. par jour par Ja couture des gants.
Un art simple et qui n’exige pas une grande pratique, c’est la fabrication des brosses et des
balais de crin. Les brosses se fabriquent de 2 |
manières : dans la 1r, le dos ou patte de la brosse est percé à jour et les soies ou poils de sanglier ou de porc ayant été peignés et réuuis de longueur, sont pliés en 2, puis insérés en aussi grande quantité qu’on le peut dans chaque trou, au moyen d’une ficelle engagée dans ie pli du poil et qui amène successivement chaque loquet à la surface extérieure du dos de Rh Cela fait, on coule dans chaque trou de la colle forte chaude pour consolider ces poils et, si c’est une brosse propre qu’on fabrique, on la recouvre d'une feuille de bois de placage, plus ou moins précieux, ou d’étoffe. Dans la 2: manière, le dos n’est pas percé à jour; on coupe les poils de longueur et on les fait entrer en aussi grande quantité que possible dans les trous, qui sont plus évasés dans le fond que sur le bord, et on coule ensuite de la colle chaude, fluide et pure pour assujettir les loquets. C’est par ce même procédé qu’on fait les balais de crin. Quand les brosses ou balais sont ainsi préparés et que la colle est refroidie, on coupe et on égalise les soies avec des forces ou gros ciseaux.
Les pinceaux qui servent à barbouiller, à laver et à peindre exigent, surtout les derniers, plus de soin dans leur fabrication. Les uns sont de gros pinceaux ou brosses qui se font en poils de chien, en soies de porc ou de sanglier qu'on assujettit avec une ficelle et qu’on attache à un manche de bois; les autres, où pinceaux proprement dits, sont ordinairement renfermés dans un tuyau de plume ou une petite garniture de fer-blanc et terminés en pointe. On les compose en poils dégraisses de la queue de petit-gris, de martre, de blaireau, de putois, etc.; leur fabrication demande de la pratique et de l’adresse, surtout pour bien former la pointe et pour que ious les poils s’y réunissent bien lorsqu’on les mouille ou les trempe dans la couleur. Les paleties sont des pinceaux plats à garnitures iétalliques, à l’usage des doreurs et de divers autres artistes.
Parmi les autres industries analogues qui peuvent s'exercer sur ies produits des animaux, faisons encore mention de la fabricution des souliers, qui se confectionnent sur une grande échelle dans la commune de Breteuil (Oise) pour l'usage de nos troupes et des h6pitaux de Paris.Les habitans de la commune Lormaison, même département, exercent en ce genre une industrie plus singulière; ils réparent les vieilles chaussures ramassées dans Paris et les autres villes et livrent ainsi par an à laconsommation plus de 15 à 18,000 paires de souliers raccommodés. Enfin, nous rappelierons qu'on fabrique en grand, à Bayonne, des pantoufles où chaussures légères pour la
ARTS AGRICOLES : FABRICATIONS ET INDUSTRIES DIVERSES
chambre; qu’en beaucoup d’endroits on achète les lisières des draps pour les convertir en lenières étroites dont op fait, au moyen d’une forme et d’une aiguille ou carrelet, des chaussons dits de lisière, recherchés par leur äurée et la chaleur qu’ils maintiennent aux pieds dans Ja saison froide. A Saint-Sylvain, à 4 lieues de Falaise (Calvados), on fabrique en cuir, laine, ficelle, etc., des caparagçons pour chevaux el des carnassières à J’usage des chasseurs, fabrication qui s'étend aux 15 ou 20 communes qui environnent ce centre d’activité industrielle et qui trouve un débouché fort étendu dans les départemens du Midi et en Espagne, etc.
SECTION. II.— Produit des végétaux.
On peut voir au tome IV de notre ouvrage, dans le livre qui traite de l’agriculture forestière, et notamment à la page 112 et suivantes, ainsi qu’à la page 136, l'avantage qu'il y a quelquefois pour le cultivateur laborieux d’être à proximité des forêts et de ces grands centres d'exploitation, où il peut trouver, surtout pendant que les travaux des champs sont suspendus, des occupations et un salaire qui augmentent son bien-être et son aisance. Les travaux en forêts de ce genre, tels que l’abattage, l’équarissage, le sciage des arbres, la mise en corde et en fagots, les transports, etc., soni en général assez pénibles, mais ils exigent peu d’outils et un court apprentissage; une scie, une cognée, une serpe suffisent généralement pour abattre et équarrir les arbres.
Mais un homme industrieux ne doit pas se contenter d’abattre les arbres et de les planer sur 4 faces ; ii peut encore, dans les forêts, fabriquer du merrain, de la latte, des éclisses, des echalas, des copeaux de gainiers et de miroitiers et autres objets de fantaisie; il peut aussi dégrossir et même façonner un assez granä nombre de pièces qui entrent dans la construction des instrumens aratcires, des brouettes, des chariots et charrettes, tels que rats, jantes, brancards, limons, essieux, ranches et ranchers, roulons et ridelles, etc.; s’il est plus habile, il peut entreprendre la fabrication des objets dits de réclerie, comme füts de bäts et arçons de selle, attelles de colliers de chevaux, pelles à four et à boue, battoirs de blanciisseuses, elc. Les habitans du département de PAisne, et surtout ceux des environs de Villers-Coterets et de Nouvion-en-Tiérarche, se distinguent par ce genre de fabrication, ainsi que ceux de quelques localités aes Vosges et du Doubs. L'industrie de ces cultivateurs laborieux ne se borne pas en ce genre à ces simples produits ; c’est ainsi qu’à Géradmer (Vosges), déjà connu par ses excellens fromages, un très grand nombre d’habitans sont occupés à la fabrication d’objets de boissetlerie qui se répandent dans une grande parlie de la France, ainsi qu’à celle de boîtes légères, debaignoires, deseauxen sapin, de chauffireties, de bois de soufflets, etc.; que ceux de lAisne et de l'Oise fabriquent en outre des tamis, des boîtes en hôtre pour eau de Cologne, des rouets, des dévidotrs, des bois de cadres, desmontures pour huiliers et porte-liqueurs, des chaises en mérisier, des jouets d'enfans, etc; el que dans
crAP. 27°.
les environs de Beauvais plusieurs villages confectionnent des bois d’éventails. Dans les anciennes provinces de Picardie et de Champagne, on façonne une foule de boîtes carrées en
être qui ont depuis 1 1/2 po. jusqu’à 2 pi. de longueur; le Doubs au contraire fournit une quaulité considérable de boîtes rondes et ovales en sapig. Ces boîtes sont collées ou Lien on leur donne la sclidité convenable au moyen de peu clous d’épingle, de chevilles de bois ou bien de liens ou clous à tranchet, morceaux de fer-blanc mince taillés en coin qu’on enfonce dans le bois aux points de jonction de 2 pièces jusqu’à la moitié de leur longueur et qu’on reploie soit en dehors, soit en dedans de la boîte.
Dans beaucoup d’autres départemens de la France, les habitans des campagnes font des objets de tonnellerie; dans d’autres, tels qu’à Château-des-Prés, à peu de distance de Saint- Claude (Vosges ), ils construisent des buffets. des meubles, des cuveaux en sapin qw’ils portent au loin pour les vendre, ou bien de grandes cuves en sapin, comme à Rivel-de-las-Semals
rès de Limoux (Aude). A l’occasion de la fa-
rication des tonneaux, nous entrerons dans quelques détails sur les perfectionnemens que cet art a éprouvé depuis quelque temps et sur les avantages qu’on pourrait recueillir en l'établissant en grand d’après les nouveaux procédés.
Dans les pays de vignobles où la fabrication des tonneaux est avantageuse, on pourrait former un petit établissement avec les machines inventées par M. le chevalier de MANNEVILLE, de Troussebourg près Honfleur (Calvados).
Un établissement de ce genre, dit l'inventeur, r’exige pas de la part des personnes à qui le brevet serait concédé dans une localité et qui voudront lexploiter avec ordre et économie, l'avance d’un gros capital, surtout s’ils peuvent disposer d’une chute d’eau; voici l’aperçu des frais dans ce dernier cas,
Une scie verticale pour réduire d’une seule opération iles ar-
bres en plateaux. . . . . 2,000
Une collection des machines 10.800 ES. 5, 0) 650017
Deux tables de scies circulaires avecrechanges . . . . . 1,000
Frais divers d'établissement. 1,500
Le capital roulant, ou argent nécessaire pour achat des matières premières, salaire des ouvriers, etc., est peu considérable. M. de ManNeviLe calcule de la manière suivante les frais que l’emploi de ses nouvelles machines nécessiteront dans le 17 mois après qu’elles auront été montées et en état de fonctionner.
Intérêt, pendant 1 mois, des capitaux
avancés pour l’achat des machines. 90 »
Salaire de 7 ouvriers dont 4 pour les
machines brevetées, 1 pour la scie
verticale et 2 aux scies circulaires
à raison de 2 fr. Jun. . . . . 420 »
Un contre-maitre, à raison de 1000 fr.
DS . o « ee 0" 6): 6868 une mes etc. ' . . 0 s 450
Assurance contre l'incendie, frais imprévus L1 LA L] L2 . . L1 . . L2 25 »