‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 290 sur 295 · PRODUITS DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

PRODUITS DES ANIMAUX

Pendant ce mois on aura débité du merramn pour 2,000 tonneaux au moins; Ce merrain pourra être vendu avantageusement ou monté en tonneaux à la manière ordinaire, suivant qu’on le jugera converable. '

Avec ces machines brevetées, l’expérience a prouvé qu’un homme, en 4 heures 40 minutes, peut seul fabriquer 2,580 pièces de werrain ; en 3 heures 23 minutes, couper de longueur, jabler, parer et sous-rogner aux 2 extrémités 1830 douves; en 14 heures 10 minutes, joindre parfaitement toutes ces douves ; ep 2 heures 10 minutes, joindre 720 pièces de fonds ; en 4 heures 33 minutes, percer 2,240 trous de vilebrequin dans les différentes pee et placer 1120 goujons; et enfin en 3

ieures 11 minutes, tourner et perfectionner 160 fonds. En tout, 32 beures 7 minutes.

Beaucoup de localités se sont emparées d’un certain genre de travail du bois et en retirent des profits assez considérables. C’est ainsi qu’à Clermont (Oise), on fabrique une grande partie du bois de brosse qui sert à l’approvisionnement de Paris, et que le même produit ainsi que les rouets à filer sont fabriqués en grand à Récicourt, à Saint-André, à Paroy et autres villages du canten de Souilly dans les environs de Verdun (Meuse) ; que lies habitans de Sauve (Gard) cultivent en grand le micocoulier pour en faire des fourches dont ils ont un débit considérable; que ceux des villages de Laroque et de Sorède près Céret et Prats- de - Mollo ( Pyrénées Orientales ), ont imité leur exemple et fabriquent ep micocoulier et en alizier des fourches, des manches de fouets et autres objets qui ont un grand débit en Espagne et qu'on apporte ;usqu’à Paris; que ceux de Hermes près Beauvais ( Oise), fabriquent des queues de billard, des bätons tournés en tout geure

our tapissiers, des cannes en boïs indigènes imitant les bois exotiques, le bambou et le rotin ; des manches de parapluies, etc.

La fabrication des sabots, des formes pour les souliers et des embouchoirs pour les bottes, qu’on exerce principalement dans les environs de Compiègne (Oise), dans la forêt d'Orléans (Loiret), à Villers-Coterets et à Buiron-Fosse { Aisne), ainsi que dans l’Orne, la Haute-Saône et autres lieux, n’exige pas d'outils “ombreux et peut très bien être exercée dans tous les lieux situés à proximité des forêts. Pour faire les sabots, on commence par couper le bais de lougueur au moyen de la scie dans des billes de hètre, noyer, orme où bouleau ; les morceaux sont ensuite dégrossis à la hache, puis ébauchés à lessette. Une paire de sabots ainsi ébauchée est placée sur lencoche, espèce de table ou chevalet en bois où on la retient avec un coin qu’on chasse au moyen du renard ou maillet de bois. C’est alors qu'avec une tarière on perce la place du pied, et qu’avec un outil tranchant appelé cuiller et dont on a plusieurs modèles, on creuse le talon. Le sabot étant creusé, on le pare, c’est-a-dire qu'avec le paroïir, sorte de couteau à manche monté sur un banc, on l’évide à l’intérieur et on le polit. Des räpes à bois suffisent alors pour achever de lui donver la forme élégante et légère qu'on recherche aujourd’hui à la ville dans ces sortes de chaussures.

Dans les montagnes du département de l'Allier, aux environs de Vichy et au bourg de Busset, ainsi que dans le Puy-de-Dôme et le Doubs, les habitans confectionnent des chariots à 4 roues, extrêmement légers et de divers degrés de solidité, dont se servent tous les cultivateurs. Ces chariots, dont un grand nombresontsans ferrures, ne reviennent qu’à 40 ou 50 fr. chacun. Les roues et les essieux seuls sont en bois dur; le corps est en sapin et composé d’un avant-train, de 3 grosses perches brutes et de 2 claies rustiques; ces claies se croisentsous la perche du milieu qui reposesur le train, et s’écartent à leur partie supérieure en s’avpuyant sur les 2 autres perches assemblées grossièrement dans des cornes de ranches également fixées sur le train. Dans les villes de ces départemens, ces chariots sont construits avec plus de soin et de solidité; 1ls sont ferrés et leur prix s’élève de 80 à 250 fr. Chacun de ces chariots porte une charge d’environ 1000 kilog. de marchandises, et 500 kilog. de gerbes, pailles, chaumes, foins et autres fourrages; ils sont ordinairement trainés par 2 petites vaches attelées à des jougs garnis de coussinets en paille portant un filet pour chasser les mouches. On voit combien 1l serait facile dans les campagnes de se livrer à la construction de ces chariots, et combien de services utiles ces machines simples peuvent rendre à la petite culture.

Dans la Haute-Loire, on construit en sapin plus de 200 bateaux pour le transport des houilles. Cette construction produit annuellement dans le département une circulation de plus de 720,000 fr. qui se partagent entre les propriétaires et les habitans industrieux qui scient le bois, le transportent et construisent les bateaux.

Le touret la scie suffisent pour fabriquer un très grand nombre de petits ouvrages en diverses matières qui ont un débit d'autant plus considérable qu’ils sont à bas prix et à la portée de la majorité des consommateurs. Ainsi, avec un tour fort simple, on fait des chaises, des écheiles, des tabatières, des coquetiers, des sebilles, des salières, des jouets d'enfants, etc., et on peut, comme dans nos dépariemens de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe et des Vosges, fabriquer des moules de boutons ou des boutons. Les moules de boutons se font en bois dur et sec; tels que le chêne, le poirier, le frêne, le cormier, etc., ou en corne, en baleine ou en os. Leur fabrication est fort simple: on prend des planchettes minces de bois ou des plaques de corne ou d’os et on les présente à un moule-percoir monté sur un tour, ou simplement placé entre 2 poupées qui lui servent d'appui. Ce moule-perçoir est composé d'un manche et d’un fer; le manche est une boite à forets ordinaire oblongue et le fer une sorte de ciseau terminé par 5 pointes.

Celle du milieu est la plus longue et sert à percer le moule de bouton dans son centre ; les 2 pointes qui suivent tracent des moulures à sa surface et les 2 pointes extrêmes forment les bords du moule et l’enlèvent de la plaque ou de la planchetie de bois. Ce mouleperçoir, dont on a plusieurs modèles suivant la grandeur ou je profil des boutons qu'on veut fabriquer, est mis en mouvement sur le tour soit par le pied au moyen d’une corde,

ARTS AGRICOLES : FABRICATIONS ET INDUSTRIES DIVERSES

d’une pédale et d’une verge flexible, comme dans le tour des tourneurs de chaises, soit par un archet, soit enfin par une grande roue et une corde sans fin. Les autres outils pour celte fabrication sont : des percoirs pour pratiquer différens trous dans le moule ou le bouton, un compas d'épaisseur, une scie à main, un couperet, des limes et râpes et un étau.

Une table solide, percée au milieu d’une fente au travers de laquelle passe la lame d’une scie dont le châssis est attaché à une perche flexible qui la remonte à mesure que le pied la fait descendre au moyen d’une pédale, est une machine suffisante pour confectionner ou découper à jour une foule d'objets d’un débit assez étendu aujourd’hui, tels que lettres majuscules en bois pour enseignes de boutiques et autres, chiffres pour numérotage des maisons et des rues, objets de fantaisie et de goût pour ornement ou décoration des habitations ou fournitures pour bureau, arts du dessin, elc.

Depuis 40 années environ, les habitans de Cumnock, village au comité d’Ayr en Ecosse, se sont appropriés la fabrication de ces tabatières élégantes et légères en bois, connues ici sous le nom de tabatières écossaises, qu’on débite en très grande quantité en Angleterre et sur le continent et qu’on a jusqu'ici vainenement tenté d’imiter ailleurs. Dans ce vilage industrieux, où plusieurs centaines de personnes prennent part à cette fabrication, les unes travaillent le bois de ces tabatières, et avec des outils appropriés et encore secrets en façonnent la charnière en bois si délicatement ajustée qu’elle fait une partie de leur mérite; d’autres en polissent la surface et les livrent aux dessinateurs qui, par le moyen d’un pantographe y retracent en les réduisant, toutes les gravures des plus habiles maîtres ou les estampes les plus populaires; de là elles passent dans les mains des vernisseurs

ui leur donnent l’éclat et le poli. Cette industrie s’est étendue aux communes voisines qui, avec Cumnock, livrent annuellement à la consommation pour 3 à 400,000 fr. de tabatières, qui forment pour elles un bénéfice à peu près net et la récompense de leur industrie; les matières premières rentrant pas pour un demi-centième dans le prix de ces tabatières qu'on vend en fabrique de 8 à 30 fr.

Les nattes qui sont des espèces de tissus de paille de céréales ou de maïs, de jonc, de roseau ou de quelques autres plantes ou écorces faciles à se plier et à s’entrelacer, peuvent offrir danslewr fabrication une occupaiion fructueuse par suite de la grande consommation qu’on en fait pour les aypartemens dans les villes, les clôtures et l'emballage d’un grand nombre de produits industriels. Une natte en paille est composée de divers cordons et les cordons de diverses branches, ordinairement eu nombre de 3. On donne aux cordons depuis 4 jusqu’à 12 brins ou tiges de paille et plus, suivant l'épaisseur qu'on veut donner à la nalte ou selon l'usage auquel on la destine.

On natte chaque cordon à part en attachant la tête de chacun à un clou ou crochet enfoncé dans la barre d’en-haut d’un fort tréteau de bois et en remontant la natte sur le

cHaAP. 2°.

PRODUITS DES VÉGÉTAUX

clou à mesure qu’elle avance, et rejetant par- .

dessus le tréteau la partie quiest déjà nattée. Pour joindre ces branches et en faire des nattes, on les coud l’une à l’autre avec une grosse aiguille de fer de 10 à 12 po. de longueur et de la menue ficelle. Deux grosses tringles de la longueur nécessaire et qu'on éloigne plus ou moins suivant l'ouvrage servent à cette couture, qui se fait en attachant alternativement le cordon à des clous à crochet dont ces tringles sont munies d'un côté, et à 1 po. de distance les uns des autres; c’est ce qu’on nomme ourdir ou bâtir à la tringle. La paille dont on fait les nattes doit être longue et fraiche; on la mouille, on la bat sur une pierre avec un gros maillet de bois à long manche pour l’écraser et l’aplatir,

Le naitier peut voir ses produits exportés au loin, et même les vendre à un prix assez élevé quand ils sont travaillés avec soin et que les matériaux sont propres et peu altérables, et surtout lorsque l’ouvrier sait les combiner avec goût et avec élégante pour en former des dessins ou des ornemens.

Un travail plus délicat que celui du nattier, est celui qui consiste à tresser la paille pour en faire des chapeaux d'hommes et de femmes et divers objets d'utilité et d'agrément. Nous r’entrerons pas ici dans des détails sur la fabrication de ces tresses fines, légères et brillantes, qui servent à fabriquer ces beaux produits connus sous le nom de chapeaux de paille d’Italie et qu’on a imités en France , à Lyon, à Alencon etau Mans et nous nous contenterons d’appeler l'attention sur les tresses ordinaires en pailles entières ou refendues, qui servent à la confection des chapeaux dits de paille cousue et de paille suisse qu'on fabrique dans plusieurs de nos départemens , ou à celle des cabas et de j0lis petits ouvrages en paille tressés ou nattés.

D'après les renseignemens fournis par M. Vizmorin (t. I:", p. 369), on voit que c’est le blé de mars barbu ordinaire qui, affaibli par un semis très épais, donne des pailles qui approchent le plus de celles du blé de Toscané ou à chapeau; mais on en fabrique aussi avec la paille de plusieurs autres céréales qui peuvent donner des tresses d’autant plus fines qu’on a fait choix d’une paille plus belle, plus pure et d’un plus grand éclat. La paille doit être aplatie, coupée de longueur entre les nœuds ou fendue en plusieurs brins à l'aide d’un canif. Si on se sert de paille refendue, on l'enveloppe dans un linge mouillé pour lui donner de la souplesse. On fait des nattes à 7, 9, 11 ou 13 brins de paille et plus. A fin de donner une idée de ce genre de travail nous choisirons une natte à 11 brins, ainsi qu'on le voit dans la fig. 531. Dans celte natte, chaque brin est numéroté de distance en distance, et l’on peut facilement en suivre la marche. Ainsi, en partant de l'endroit marqué A, nous voyons le brin n° 1 se replier sous le n° 2,passer sur les brins 3 et 4 sous les n° 5 et 6, sur 7 et 8, sous 9 et 10 et sur 11, puis, se replier de nouveau au point B pour passer sous 2, sur 3 et 4, et ainsi de suite. De même, le no 2, partant du point inférieur, se replie sous 3, passe sur 4 et 5, sous 6 et 7,sur 8 et 9, sous 10 et 11, sur 1 etse

Fig. 531.

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