‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 70 sur 295 · CHAPITRE. III. — APPRÈT DES PLUMES A ÉCRIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE. III. — APPRÈT DES PLUMES A ÉCRIRE

L'apprêt des plumes à écrire est un art simple, dont les matières premières sont

partout sous la main de l’homme des champs;

nous avons pensé qu'il serait facile de l’exer-

cer sans beaucoup d’avauces et avec avantage dans les campagnes.

SECTION PREMIÈRE. — Des plumes à écrire.

On se sert, pour écrire et pour dessiner, des plumes de plusieurs oiseaux. Celles qu’on prépare ordinairement pour cet objet sont les plumes d’oie, de cygne, d’outarde, de dindon et de corbeau. Les premières sont

celles dont on fait le plus communément

usage pour l'écriture; elles sont recueillies au printemps par les gens de la campagne ou par les conducteurs de troupeaux d’oies, qui les vendent aux apprèteurs.

Pour l'écriture, on ne recueille que les plumes des ailes chez les oies. Ces plumes sont de deux sortes : 1° celles qui tombent naturellement lors de la mue de ces oiseaux, au mois de mai ou juin; 2° celles qu'on arrache sur ces animaux après qu’ils sont privés de la vie. Les premières sont généralement meilleures et préférables aux autres.

Les naturalistes ont observé que les ailes des oiseaux sont en partie formées par un certain nombre degrandes plumes ou pennes, qu'ils ont nommées rémiges. Ces rémiges ont été divisées par eux en primaires, qui sont aa nombre de 10-à chaque aile, et adhérentes au métacarpe de l'oiseau; en secondaires, qui garnissent l’avant-bras ou cubitus, et dont le nombre n’est pas fixe; en scapulaires, où plumes moins fortes atta- PF à l'épaule ou humérus; et enfin en bätardes, qui garnissent l'os qui représente le

ouce. Parmi ces plumes, les primaires sont à peu près les seules qu’on apprête pour l'écriture, et parmi celles-ci il n’y a que 5 plumes qui conviennent à cet usage : 1° celle qu’on nomme bout-d’arle, qui est la plus ronde, la plus courte et la moins bonne; 2° les 2 qui suivent le bout-d’aile, et qui sont les meilleures; 3° enfin les 2 qui viennent ensuile, et sont d’une qualité inférieure à ces dernières.

En examinant une plume, on observe qu’elle est composée d’un tube ou tuyau creux et arrondi qui en constitue la partie inférieure ; d'une tige, prolongement du tuyau, mais qui est presque quadrangulaire et est remplie d’une substance blanche, légère et spongieuse. Celle tige est légèrement arquée, convexe sur sa face supérieure, et marquée inférieurement d’une cannelure profonde. Elle est garnie de 2 barbes composées elles-mêmes de barbules entrelacées les unes dans les autres.

Les barbes d’une plume ne sont pas égales, l’une est plus courte que l’autre, et les barbules de la plus petite en sont plus fermes

et plus solidement entrelacées l’une à l’autre.

Les tiges des plumes ont une double courbure légère et naturelle; les plumes extraites de l’aile droite, en supposant qu'on les tient dans la position que prend la main en écrivant, sont infléchies à gauche, et celles de l'aile gauche infléchies à droite. Ces dernières sont préférables pour écrire, parce qu’elles prennent naturellement une position plus commode dans la main qui les dirige. Il est facile, de suite, de reconnaitre ces dernières plumes à la taille, puisque, lorsqu'on leur fait subir cette opération, l’entaille que le canit y pratique n’est pas placée à droite, mais à gauche de la ligne médiane de la plume.

Une bonne plume à écrire doit être de grosseur moyenne, plutôt vieille que nouvellement apprètée. Elle n’est ni trop dure ni trop faible; elle a une forme régulière et arrondie pour ne pas tourner elle-même entre les doigts, elle est nette, pure, claire, transparente ou à peu près, élastique et sans aucune tache bianche, qui l'empécherait de se fendre avec régularité. En l’appuyant sur le papier, elle doit porter d’aplomb sur le point où on a dû pratiquer le bec. Elle doit se fendre nettement et en ligne droite, sans être aigre et cassante, et ne pas s’'émousser facilement par l’usage.

SECTION 11. — Apprét des plumes.

Le tuyau de la plume est composé d’une substance de nature cornée ou albumineuse, susceptible d'attirer l'humidité de l’atmosphère, de se ramollir d’abord dans l’eau chaude ou quand on lapproche des corps élevés à un certain degré de température, puis de prendre après le refroidissement, et par suite de l’effet de la chaleur, une dureté et une fermeté plus grandes qu'auparavant.

Ce tuyau est recouvert naturellement par une membrane mince, imprégnée d’une natière douce et grasse, et, à l’intérieur, il renferme une substance fine, légère et celluleuse, qui se dessèche après que la plume a été arrachée, et qui porte le nom d’éme de la plume.

Le but de l'apprêt des plumes est : 1° de les débarrasser complètement de la matière graisseuse qui les enduit, et qui empêcherait l’encre de s’y attacher et de couler; 2° de rendre par la chaleur la substance du tuyau compacte, polie, élastique, plus propre à résister à l'usage, et plus facile à fendre avec netteté; 3° de donner au tuyau use forme arrondie et bien parallèle à un axe qui passerait par le centre de la plume; 4° enfin, de lui enlever ses propriétés hygrométriques, pour qu’elle ne s’amollisse pas dans l’encre, et soit d’un service plus prolongé. On désigne sous le nom de plumes hollandées, celles qui ont été ainsi préparées, parce que les

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