TOME JII
ARTS AGRICOLES : INCUBATION ARTIFICIELLE
tuyau DG, sert au dégagement de l’air contenu { tuyaux GG, et passent, à l’aide des ouvertures
dans l’eau ; un autre tube L adapté à l’une des parties inférieures, mais qui monte au niveau des tubes de circulation les plus élevés, est ‘surmonté d’un entonnoir par lequel on remplit l'appareil, et sert en même temps de tube de sûrete. On conçoit facilement comment Feau échauffée dans le calorifère s’élève dans le tuyau D, circule dans tous les tubes, et est ramenée à la chaudière par letuyauR, quand elle a été dépouillée par Pair de la majeure partie de sa chaleur. Ce mouvement, une fois commencé, doit se prolonger tant que l’eau continue à s’échauffer dans le calorifère, et être d’aulant plus actif, que l’eau est à une température plus inégale dans le calorifère et dans les tubes.
Le calorifère À proprement dit, dont on voit 2 sections verticales dans les figures 88, 89, et les plans au niveau de la grille et à la
Fig. 89. Fig. 88.
TON ONE ONNMEENTEnNN
partie supérieure dans les figures 90 et91, est ainsi construit : À fourneau, B grille, C cendrier, D porte du cendrier, E E tuyaux par lesquels la fumée monte en sortant de l’orifice F du foyer; G G autres tuyaux par lesquels redescend Îa fumée pour remonter ensuite en passant par les ouvertures I, et s’échapper par le gros tuyau H; L enveloppe extérieure du calorifère; toute la capacité P comprise entre cette enveloppe et les parois extérieures des tuyaux est remplie d’eau; M bouche dont l'ouverture correspondante sert à allumer le feu et à nettoyer la grille; N couvercle du fourneau. Quand on veut mettre le calorifère en activité, on enlève le couvercle, on remplit le foyer à moitié ou aux 2/3 de charbon de bois, on replace le couvercle, puis on ôte le bouchon M, et l’on introduit par cet orifice quelques charbons embrasés. Lorsque le feu commence à s’allumer, on replace le bouchon, eton ouvre la porte D du cendrier jusqu’à ce que le tirage se soit établi; puis on ferme toutes les issues. Les produits de la combustion qui se dégagent du foyer s’introduisent par l’orifice F dans les 2tuyaux ascendans EE, redescendent dans les
oo
IL, dans le gros tuyau H d’où ils se rendent dans la cheminée. Ainsi, dans le chemin que suivent les produits gazeux de la combustion, on voit qu'ils communiquent à l’eau une grande partie de leur chaleur et sortent de la cheminée à une température peu élevée.
Lorsqu'on veut faire éclore des poulets dans cet appareil, on allume le feu dans le calorifère , et dès qu’on a obtenu dans Pétuve le degré de température de l’incubation, qu’on mesure au moyen des thermomètres placés à l’intérieur, on range les œufs les uns près des autres sur des tablettes à rebords MM, fig. 87, qui sont fixées au-dessous de chaque jeu de tubes; et pour entretenirl'air dans l’état de moiteur nécessaire, on pose à l’intérieur quelques assiettes NN remplies d’eau.
Pour conserver la température de l’étuve au degré déterminé sans nécessiler une surveillance continuelle, M. Bonnemain adapte à son appareil un régulateur du feu qui maintient la température à demi-degré de Réaumur près, et qui est fondé sur ces deux principes de physique : 1° la chaleur dilate les métaux ; 2° Les mélaux soumis à une même température n’éprouvent pas tous une même dilatation. Voici comment ces principes ont servi à établir le régulateur. :
Une tige en fer X (5.92), taraudée à son extrémité inférieure, Fig. 92.
s'engage dans une , embase de cuivre Y =
renfermée dans une L 2A D | boîte ou tube dei plomb terminé par WE
une rondelle de cui- VAE vre Z. Ce tube est | plongé dans l’eau du calorifère à côté du tuyau G (7ig.88, 89).
La dilatation du plomb étant plus grande à température égale que celle à du fer, aussitôt que || la} température s’est À élevée au degré vou- À lu , l’aiongement du À tube met en contact À la rondelle Zavec le À
talon À du levier courbé A B D ; alors le plus léger ac-
croissement de chaleur alonge de nouveau le tube, et la rondelle soulevant le talon du levier , fait abaisser d’une quantité plus considérable son extrémité D. Ce mouvement abaisse à son tour l'extrémité du balancier E qui le trensmet agrandi à la tringle de fer V.Celle-ci est attachée à la moitié inférieure R d’un registre à basculeSS, contenu dans une boite , formant saillie à l'extérieur, et est mobile autour d’un axe U qui diminue en se fermant j’accès de l’air vers le foyer et ralentit la combustion. La température s’abaissant alors dans le calorifère, le tube X se contracte et dégage le talon du levier. Le contre-poids G, fixé au balancier E, en fait relever l'extrémité en soulevant le bout D du levier autant qu’il en faut pour faire porter
cHAP. 4°.
le talon de ce levier sur la rondelle Z du tube; le registre à bascule S, entrainé dans ce mouvement, s'ouvre et offre une plus
rande section de passage à l’air qui active
e nouveau la combustion : ainsi la température estrégularisée dans le calorifère,et par conséquent Îes tubes qui circulent dans l’étuve y portent constamment la même quantité de chaleur dans un temps donné.
Mais cette condition ne suffit pas encore pourentretenir dans l’étuve une température constante, puisque la température almos-
hérique varie beaucoup. Pour balancer cette influence, l'inventeur a terminé la tige en fer X qui maintient le régulateur par une tête de boulon H (2.93): une aiguille adaptée à celle-
Fig. 93.
ci permet de faire tourner la tige et par conséquent la vis Y qui est à l’autre bout, qui abaisse ou élève le tube de plomb.Dansle premier cas, le talon s’abaissant, fait ouvrir le registre à bascule, et il faut une température plus élevée pour le fermer en dilatant le tube; on obtient donc ainsi une température régulièrement plus haute. Si, au contraire, on élève le tube en tournant l'aiguille dans un autre sens, le registre offre une ouverture moindre et se ferme à une température moins haute ; on obtient donc dans ce cas une température constamment plus basse. Il est facile de déterminer ainsi à l’avance le degré de température que l’on veut donner à l’eau du calorifère et des tubes ; et pour faciliter le moyen on trace des divisions sur un cadran placé sous l’aiguille , et on inscrit les mots chaleur faible et chaleur forte, qui indiquent le sens dans lequel on doit tourner pour obtenir l’un ou l’autre effet.
Le calorifère à eau chaude de Bonnemain a été appliqué en Angleterre avec succès au chauffage des serres, et a reçu dans sa forme des modifications qui en ont simplifié et facilité l’usage. Revenu en France avec le nom de thermosyphon, M. Massey, inspecteur des Jardins de la couronne, l’a fait construire au potager du roi à Versailles pour le chauffage des bâches et serres de cet établissement. Sous celte nouvelle forme il ne sera pas moins utile à ceux qui se livreront en grand à l’incubation artificielle.
Le thermosyphon (/g. 94) est formé de deux
Fig. 94.
COUVOIR SOREL.
calottes hémisphériques en cuivre, ou plutôt c’estune espèce de cloche à double paroi, dont l'intervalle B forme la chaudière proprement dite et que l’on remplit d’eau par le tuyau C, qu'on bouche ensuite avec un tampon. Cette chaudière est placée sur un fourneau D en briques , de manière que c’est sa concavité E qui forme la voûte du fourneau; elle es!
soutenue par trois ou quatre pieds étroits F, afin que la fumée puisse circuler tout autour. La paroi extérieure de lachaudièreest percée, près de sa partie supérieure, d’un trou pour recevoir le bout du tuyau de circulation en cuivre ou en zinc, placé bien horizontalement, et qui, après avoir fait un double coude, revient parallèlement à lui-même, se plie deux fois à angle droit, et rentre en Hau point le plus bas de la chaudière. Le fourneau D se compose de deux portes I, l’une pour le foyer Q, l’autre pour le cendrier R, qui sont séparées par une grille P. Les chefs du potager du roi ont apporté à cet appareil un perfectionnement notable : c’est une plaque en tôle S placée verticalement et qui divise le foyer en deux parties inégales. Cetle plaque ne touche pas à la chaudière, et a lavantage que la flamme, en frappant contre la partie la plus élevée de la paroi intérieure de cette chaudière, échauffe davantage l’eau dans cette partie et détermine une circulation plus facile. La chaudière étant en place, on l'entoure d’une maçonnerie M en brique, mortier ou plâtre, en laissant tout autour entre cetle chaudière et la bâtisse quelques pouces de distance pour la circulation de la fumée qui s'échappe enfin par la cheminée O.
Une petite soupape soudée à l’extrémité des tuyaux à l’endroit où ils font le coude, permet de remplir les tuyaux, de voir l’eau et de mesurer sa température si on le juge convenable.
La figure 95 représente un autre thermosy-
Fig. 95.